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19/06/2011

Le goût des pépins de pomme Katarina Hagena

936fdef3oc-playtime.jpgY'a des lectrices qui sont piègeuses ... j'ai connais une, on pourrait faire un concours, mais pire, je ne connais pas ... elle ne lit pas, elle dévore, elle ne vous parle pas d'un livre, elle vous fait saliver et croustiller sous la dent un festin de mots à venir ... Du coup, vous avez toujours l'impression d'être passées à côté du dernier chef d'oeuvre inconnu et frustrées et bavantes d'envie, après vous courez vers le premier point de vente venu..., carte de fidélité en main (retrouver vite faite la bonne, je veux dire celle correspondant au point de vente où vous vous trouvez, n'étant pas toujours chose facile, surtout en salivant ...).

C'est ainsi, qu'il y a déjà un certain temps, (parce que maintenant, je me méfie de ma diseuse de belles aventures ..), je me suis retrouvée avec Le goût des pépins de pommes dans les mains....

Le titre est joli, la couverture aussi, d'ailleurs, et il y a (au départ, du moins) pas mal de choses que j'ai trouvées aussi jolies dedans. Et pour faire métaphore facile, un goût de pépins de pommes, un goût d'enfance et de jardin d'enfance, un goût de fleurs fleuries et puis fanées (je vous épargne les confitures, mais y'a aussi) un goût de verre de vin, le soir, bu après un jour de soleil, les fesses sur le perron en ciment de la maison, encore chaud, puis tiède. (pas le vin, il reste frais, sinon, ce n'est pas romanesque, ça devient réel, ce qui est moins drôle). La maison, pour moi, c'est la seule vraie héroïne du roman. Iris, la narratrice vient d'en hériter, elle ne s'y attendait pas, a sa vie ailleurs et ne sait qu'en faire (des deux, d'ailleurs), et, en attendant de se décider, elle reste quelque temps, s'occupe du jardin ... cette maison, celle de Bertha, la grand-mère, elle transporte ses ombres, cette grand-mère d'abord, fragile comme une figure qui s'effrite, une mémoire qui tremble, celles des trois soeurs, chemins un peu brisés, dont celui de la soeur rousse, celle qui aimait trop les pommiers. Leurs vêtements laissés là, sont comme des petits fantômes dont Iris se déguise pour aller (entre autre) en vélo, se baigner dans un lac aux eaux trop fraiches.

Et c'est là que ça commence à sentir le roussi, le sombre secret de famille, un plat mijoté et déjà consommé, et puis l'histoire d'amour entre Iris et un lointain camarade d'enfance, au départ, une sorte de lourdaud campagnard quelque peu collant, puis prenant de l'ampleur, romantique chevalier servant. On glisse vers la plus convenue des eaux de rose pâlichone,(du jardin de la grand-mère ou pas ...)  surtout dans les dialogues de ces deux amoureux qui ne le savent pas encore mais qui, tout en le sachant, mais en ne le sachant pas ...

Du coup, ça contamine un peu les restes : " Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli." Soit. " J'en déduisis que l'oubli n'est pas seulement une forme de souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l'oubli". Resoit.

Remétaphore trop facile, (mais ne serait-ce pas plutôt une synecdoque ...?), un goût de réchauffé ..

Athalie