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21/11/2012

Betty Indridasson

betty,indridasson,romans,romans islandais,romans policiersIntérieur noir, noir et blanc, la vamp en robe de soie descend les marches d'un cinéma salle de conférence où vient d'avoir lieu une intervient sur la régulation des quotas de la pêche des poissons et ses incidences dans le marché européens (pas glop, pas glop, Pussy cat ...). Betty tient la rampe, le décolleté  sur les seins nus, chevillette chera entourée d'une mince chainette, la soie se tend sur la cuisse .... Clic clac. Le narrateur est dans dans la boite. Betty est une femme fatale, Betty fume des cigarettes grecques qui lui font un long cou et la voix rauque, Betty a un mari violent mais riche, si riche ... Betty est audacieuse, Betty est sensuelle, Betty ment, un peu beaucoup énormément, comme un exercice de style sur le glamour.

"Hollywood en Islande" =  engrenages machiavéliques, coups tordus, mais tordus dans dans l'autre sens, pas le même que, mais presque, sauf que c'est dans l'autre.

A lire

 

Athalie

 

PS : ai-je fait assez court, A.M. ? En plus long, mais tout aussi élogieux ( et préservant tout le mystère de ce retournement d'un sens mais pas dans l'autre quoique ...)  :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2012/04/betty-arnaldu...

 

Du même auteur sur ce même blog :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2011/03/12/la-rivi...

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/05/29/la-mura...

18/11/2012

Ombre et soleil Ake Edwardson

ombre et soleil,ake edwardson,romans,romans suédois,romans policiersAlors, pour celui-là, ce n'est pas comme pour "Le septième fils", j'ai vraiment regretté d'avoir pris la série en route ( c'est le troisième, si j'ai bien compris). Le premier, c'est "Danse avec l'ange", le titre que j'avais noté sur mon-petit-carnet-qui-ne-me-quitte-pas-ou-presque sauf que le livre n'était pas sur les étagères devant lesquelles j'étais et que comme j'avais une fringale de polar, j'ai pris le dessert avant l'amuse gueule.

Ceci dit, ce n'est pas vraiment gênant pour la compréhension de l'histoire, même si l'on sent que les personnages ont déjà du vécu ensemble. Du coup, j'aurais préféré les cueillir encore tout frais et sans histoire : le beau Winter et son allure de Dandy, sa dulcinée d'Angéla avant qu'elle ne soit enceinte, j'aurais aimé les prémisses, quoi ...

Nous sommes donc dans une série, un série que je sens bien "chausson", du genre Ed Mac Bain ou John Harvey, dont on reprend sans faim mais avec appétit. On a une ville, une brigade, un tueur, des équipes qui patrouillent et quadrillent. Sauf qu'au début, le chef n'est pas là, Winter a dû partir pour Malaga, son père s'y meurt. Dans la banlieue espagnole pour Suédois en retraite, Winter s'observe avec quelques détours plus exotiques dans la vieille ville. Ce qui n'a rien à voir avec la suite policière, mais un peu avec la suite sentimentale.

Pendant qu'il déambule, il retrouve sa mère, puis arrive sa soeur, retardée par une grippe. Evidemment, dit comme cela, on ne transpire pas trop nous, mais on s'installe en famille et dans un confort de lecture certain.

En Suède, les choses tranaillent aussi, les équipes rôdent dans les rues de l'avant an 2000 en ayant à l'oeil la jeunesse suédoise qui y vadrouille, dont une fille de pasteur (e) et son ami, attachant fils d'alcoolique avant de devenir témoin numéro un d'un meurtre sonorisé et macabre à souhait. Les choses s'accélèrent un peu au retour de Winter, alourdi quand même par sa future maternité, sans compter que le téléphone traque Angéla et que le tueur semble bien plus proche qu'on ne le souhaiterait ...

Une intrigue un peu convenue et balisée, mais je sens que je vais rapidement récidiver ...

 

Athalie

09/11/2012

Le septième fils Arni Thorarinsson

le septième fils,arni thorarinsson,romans,romans islandais,romans policiers"AhhhAhhhAhhh",AhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh", comment dit-on baillements en islandais ?

A peu près au milieu de la lecture en survol de plus en plus plané de cette lecture , je me suis dit "Tiens je vais prendre celle-là en note". Vu que, pour une fois, je lisais près d'un stylo, je l'ai fait. Le narrateur-journaliste mène l'enquête et en même temps, il pense à des choses essentielles, comme les rapports hommes-femmes, ce qui donne : " Tandis que je rentre à l'hôtel dans l'air froid et tranquille, une phrase d'Agatha Christie me revient en mémoire : un archéologue est le meilleur des époux que puisse trouver une femme : plus elle avance en âge, plus il s'interresse à elle".

Je me suspecte moi-même ne n'avoir poursuivi que pour en trouver d'autres, des comme celle-là. Plus loin encore : " Mon appel de ce matin l'a déconcertée, mais grâce à ma dextérité et et la souplesse naturelle qui me caractérise dans les échanges humains, elle m' autorisé à passer la voir (...)" On pourrait se dire que c'est de l'autodérision, ben non. Parce que notre narrateur, il est cultivé, faut pas croire. Ainsi : " Ainsi, le temps a suspendu son vol numérique pendant que la maison brûlait" ou encore " La vue qui s'offre (...) sur le rivage et sur le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle" ou alors le traducteur s'ennuyait autant que moi, je compatis ... Faut dire que des fois l'action est palpitante : " Des filets de pluie s'écoulent le long de la vitre. j'attrape un morceau d'essuie-tout pour éponger l'eau qui a goutté par terre". Ouf, j'avais eu peur ... Il se serait passé un truc que j'aurais loupé pendant les trois ou quatre derniers chapitres ? Heureusement, non. Faut dire qu'il ne se passe pas grand chose, mais qu'est-ce qu'il en cause, le gars ....

Une maison incendiée, une vieille, historique, dans le fin fond de l'Islande, un camping car volé à des touristes lithuaniens dont on peut,évidemment, se demander ce qu'il font là, trois adolescents gothiques, une commissaire revêche qui fait de la poèsie, un brigadier chef plus réactionnaire qu'alccolique, des avions qui passent leur temps à ne pas décoller, et donc notre journaliste-enquêteur-narrateur, plus une palanquée de personnages qui n'ont pas vraiment d'utilité utile à une intrigue plate à n'en plus pouvoir d'attendre qu'elle se termine ....

Sur la couverture, il est marqué "l'autre islandais", je préfère l'autre.

 

Athalie

 

 

20/06/2012

Pas facile de voler des chevaux Per Petterson

20060514220716_0144_zen_wood_bois_flotte.jpgUn vieil homme, Trond Sander, s'est retiré dans une vieille maison à rafistoler, l'hiver va arriver, les nuits sont noires, la nature entoure l'exilé volontaire, accompagné dans sa solitude de son seul chien, quelques courses indispensables, les tâches du quotidien : couper du bois, faire le feu, aller jusqu'au lac, clouter quelques lames de parquet. Peu de projets, mais pas non plus d'ennui. On en saura quelques vagues causes, esquissées, de cette solitude choisie, un peu plus tard.

C'est le cadre, mais le vrai fond est le retour en arrière, les autres personnages et une autre époque occupent son esprit : un été, lui et son père dans un autre chalet, d'autres projets, tout aussi simples, fâner le champ, donner un coup de main au voisin ... Rien de désespéré à la Sukkand Island, c'est au contraire une relation de l'un à l'autre ensoleillée de fierté, de tendresse, de complicité. On est en 1948, dans cet autre chalet, trois ans après la fin de la guerre, et ce sera le dernier été comme cela. Le narrateur a quinze ans et un ami Jon avec qui il va "voler des chevaux" une nuit. Jon n'habite pas loin, avec ses deux frères jumeaux, plus petits, son père, sorte de rival silencieux du père du narrateur et sa mère, lumineuse. sauf qu'au retour de cette nuit-là, Jon devra disparaitre. Et c'est encore quelques disparitions plus tard que les deux temps se retrouvent, le voisin de Trod, tout aussi solitaire que lui, se révèlera être Lars, un des frères jumeaux.

Dans une atmosphère de pas feutrés, et pas à pas, l'histoire découvre ses méandres, au bord d'une rivière frontière et laisse dans les sous-bois s'épaissir des mystères, les non-dit. Qu'on se le dise, on ne saura pas tout des drames, des félures qu'a laissé cet été là, et un autre temps encore, celui de la guerre et de la résistance clandestine, des fuites et des lâchetés, des jalousies ( peut-être ...) entre les deux pères, la mère.

Un roman qui oscille entre ces trois temps, en évitant la rigidité de l'alternance passé, présent, présent, passé, deux narrateurs mais une seule voix, celle du fils, celui de quinze ans, celui de soixante sept ans, et le souvenir d'émois, de scènes vues mais toujours comprises, et surtout celui d'un père radieux, aimant, encore pour un moment, séducteur de son propre fils au point que Trond garde encore en son corps le souvenir de ses gestes appris. Le lyrisme est complètement mis en sourdine, le pathétique étouffé, et c'est vraiment bien.

Athalie

29/05/2012

La muraille de lave Indridason

imagesCAC52HOL.jpgSigurdur Oli, j'ai mis un moment à le resituer. Il fait partie de l'équipe d'Erlendur, soit mais où ? à droite au fond, sûrement, derrière la plante verte, petit falôt formé à des méthodes américaines, ce coup-ci, c'est lui qui mène l'enquête. Les enquêtes, en fait, enfin enquêtes, c'est un bien grand mot et menées aussi. Le dépressif principal est parti en vacances on ne sait où et ne donne pas de nouvelles, comme dans le dernier du même auteur, La rivière noire où c'était Elinborg qui s'y était collée. Sauf que elle au moins, elle était toujours pressée, surbookée, les courses, les enfants qui posent problème, elle s'endormait en zappant devant la télé et tout et tout. Normale. Alors que Sigurdur Oli, c'est le genre belvédère qui a perdu son gaz, il a égaré sa femme sans s'en rendre compte, ne boit pas, ne fume pas, regarde des matchs de sports pas islandais comme d'autres regardent les vaches regarder passer les trains. D'où des enquêtes à sa mesure.

D'abord, sa mère veut qu'il retrouve l' infâme voleur qui pique le journal d'une de ses amies vieillissantes, de droite, comme elle, tous les dimanches matins. Il se met en planque, et râte l'infâme. Ce pourrait être drôle, ça ne l'est pas.  Mais notre sobre enquêteur n'a pas qu'une mère snob et vaguement castratrice, il a aussi  (ben oui) des amis, dont un qui va lui demander de régler "à l'amiable" une affaire de chantage bricolée par des amateurs pour le compte d'une vague connaisance de l'autre qui ne veut pas que ses partouzes nuisent à sa carrière politique. Ce que l'on peut comprendre, en soit, mais c'est long à écrire et en fait, ne mène pas à grand chose. Sigurdur s'en mêle donc, se prend les pieds dans le tapis de sa hiérarchie et de fausses pistes en vrais leurres, confond tout sauf les coupables : accuse un mari, et finit de perdre sa femme ( ce que l'on comprend  ...) . Quand on arrive enfin dans les hautes sphères du pouvoir financier, dont les vrais coupables attendent l'explosion, ben, c'est tellement loin du point de départ, la collusion d'intérêt, le blanchiment d'argent sale, les taux d'intérêt factices et tout le tremblement des geysers artificiels, qu'on y croit plus vraiment. Sauf à une sorte de hasard qui nous a amené là. On monte quand même jusqu'à la montagne de lave, mais uniquement parce que c'est trop tard pour faire demi tour.

Les recherches tâtonnées de Sigurdur Oli s'entrecoisent avec le récit de la vengeance pathétique du "petit Drési" sur le salaud qui a fait de lui une épave, peut-être le meilleur du roman, mais les deux fils sont mal raccrochés et ça balotte.

Bref, la figure de l'enquêteur alcoolique et fatigué est peut-être lassante à force de redites ( voir Ellory Les anges de New-York) mais alors celle de l'enquêteur et propre sur lui et sans compassion et presque sans faille est lisse comme des pages où il ne se passe pas grand chose ...

Athalie

18/05/2012

Les mains rouges Jon Christian Grondhal

l-allemagne-a-efface-la-bande-a-baader,M15023.jpgDerrière le comptoir de la gare de Copenhague, un jeune étudiant solitaire réserve une chambre d'hôtel pour Sonja, une jeune fille qui descend du train, un grand sac à la main, l'air d'être là sans être là, charmeuse un peu. Suffisamment pour lui en tout cas. Avant de quitter la gare, elle lui confie la clef de la consigne où elle vient de déposer le grand sac. Elle disparaît, il garde la clef, il cherche son inconnue, la retrouve, la reperd, se retrouve toujours avec la clef, et seulement la clef et le souvenir d'elle, même une fois la clef déposée, pour cause d'ouverture de consigne, dans un poste de police. Fin du premier acte. Je me dis, que la valise va être légère à porter si l'histoire continue à faire autant de trous.

Un autre trou de quinze ans et l'on retrouve le narrateur, le jeune homme qui ne semble être devenu qu'un adulte terne, dont la seule vivacité semble être de ne jamais avoir oublier Sonja et sa petite cicatrice moqueuse sur le coin de la joue. Marié, sans enfant, sans passion, il retrouve Sonja par hasard, mariée, sans enfants. Il va la faire revenir sur ses pas perdus, de rencontres furtives dans des chambres d'hôtel en entretiens confidences, pour connaître l'histoire dont l'épilogue suivra.

Dans l'Allemagne des années 75, celle de la bande à Baader, Sonja flotte, sans passion, ni intérêt, sans aucune conscience politique, elle profite d'un moment vide de temps, dans la villa luxueuse de ses employeurs, partis en vacances. Une rencontre de hasard, elle se retrouve à cohabiter avec ceux qui agissent dans une violence revendiquée et légitimée. Sonja fait parti d'eux, sans le savoir, sans le vouloir voir, jusqu'à ce qu'elle se fasse, au détour d'une absence d'indifférence fugace, complice de ces terroristes à la grande cause finale. Quinze après, ces "années de plomb" version allemande, l'histoire la rattrape, sans qu'elle ait vraiment fui d'ailleurs, et le narrateur va suivre cette espèce de prise de conscience presque inutile, finalement, de sa responsabilité, qu'elle esquisse alors qu'elle aurait pu l'éviter. Ce qui a été un acte sans morale peut-il en prendre une si on le veut vraiment ? Il n'y a que le romanesque pour ne pas y répondre.

Dans une écriture très sèche et elliptique, le roman ne psychologise rien, et ce qui est sûrement son défaut en a fait pour moi, sa principale voire son unique qualité, vu que l'intrigue ne tient pas debout. Il ne démonte aucun mécanisme, ne pratique aucune fouille sociologique, c'est sûrement une tentative de dire l'histoire "autrement", mais du coup, c'est un peu froid.

Athalie

PS : le commentaire par où cette lecture est arrivée :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/search/label/Danemark

10/04/2012

Une journée avec monsieur Jules Diane Broeckhoven

une journée avec monsieur jules, diane broeckhoven, roman belgeMonsieur Jules devait être un insipide tartignole de son vivant, charentaise en éventail, les sentences hautes et le canapé en skaï comme domaine. Seulement voilà, on ne le saura jamais vraiment, puisque quand le livre commence, il est déjà mort.

Comme tous les matins, visiblement, il s'est levé avant Alice sa femme, a fait passer la café, unique concession aux tâches ménagères, a disposé comme en ordre de bataille bols et confitures. Et puis, la faille silencieuse, il s'est assis sur le canapé, sans ses pantoufles, et il y est mort. Alice s'est levée, après lui, comme tous les matins, prête à suivre sa, leur, routine, mais l'a trouvé là. Nuque raide. Définitivement muet.

Alice s'en trouve remise à elle même, ce dont elle n'a pas du tout l'habitude, toujours obéissante, toujours aux désirs de ce monsieur Jules, qui savait tout faire, édictant les règles de leur bonne conduite. Que faire maintenant ? Comment aller chercher le journal quotidien dans la boîte aux lettres ? Lui, il y allait après le petit déjeuner, douche prise et dans une tenue décente. Pas comme les autres voisins de l'immeuble qui se contentent de mettre un peignoir par-dessus le pyjama. Mais elle, Alice, quelle option va-t-elle choisir ? sans le cadre, elle est toute décentrée.

Sans compter le repas du midi programmé ; que faire des côtelettes d'agneau prévues, elle ne les aime pas. Peut-elle maintenant manger des crevettes ? faire une mayonnaise maison ? Monsieur Jules péférait les toutes faites en bocal.La tête lui valdingue à Alice, parce qu'elle n'aimait peut-être pas les côtelettes d'agneau mais elle l'aimait son Jules, son mari, son homme, elle avait encore des secrets à lui dire, enfin un surtout. Et puis, c'était le sien d'homme, de mari, de jules, dès qu'elle aura pris son téléphone, appelé son fils, mit en branle le rituel social de la mort, il ne sera plus à elle, plus jamais. Alors, elle va retarder, se donner des prétextes, du temps. David, le fils autiste de Béa la voisine de trois étages en dessous, va lui donner le coup de main pour, entre ordre et désordre, passer cette dernière journée, entre deux temps. Parce que  le corps de monsieur Jules pèse, se refroidit, se raidit, malgré la couverture écossaise et qu'il faudra bien que le temps arrêté se remette en route, en réalité vraie, de la mort de l'autre.

Un joli temps de lecture que la figure d'Alice, ses sous entendus et ses petites tentatives d'être elle, avec lui, en bout de temps. Mais peut-être pas assez charpentée pour le rôle, elle s'essoufle, se dilue dans une trâme un peu mince, qui ne mène pas vraiment à un point final.

Athalie

 

 

29/02/2012

Rosa Candida Véra Olafsdottir

ange6213.gifPas facile de noter un livre plume ou papillon dont le titre est le nom d'une fleur. ça fait beaucoup de nature légère tout cela ... ça fait peur de mettre des mots dessus, ils vont peser trop lourds et ça va se casser la figure, si ça se trouve.

Donc juste le titre, un joli titre, le nom d'une rose, variété exceptionelle à huit pétales. Du coup, je me suis demandée combien de pétales avait une rose, cela n'a pas vraiment retardé ma lecture, non plus, vu que je me suis dit que :

  1. C'est un roman.
  2. Sortir vérifier dans mon jardin combien de pétales avaient mes variétés à moi n'était pas productif a) Il fait froid b) Il n'y a pas de roses en fleurs, ce n'est pas la saison, juste un début de camélia maigrichon c) Même si c'était la saison, je me voit mal en arrêt devant mes rosiers pour compter les pétales des fleurs, en plus je suis sûre que le nombre de pétales n'est pas le même pour chaque rose, même sur le même rosier. ( Mais sur ce point, j'accepte la contradiction)

Donc, je me suis contentée de continuer à effeuiller les pages, sans épines non plus, comme la Rosa Candida.

Arnljotur, là c'est le nom du candide héros, vingt deux ans, est père par hasard, au détour d'une halte dans une serre, d'une petite fille aux cheveux blonds, mais rares, sauf un accroche coeur que l'on voit bien sur la photo, celle où elle sort du bain. De la mère, Anna, il sait peu de choses, sauf que dans la serre, en ce quart de nuit partagé, une ombre de plante faisait image sur son ventre, son accroche coeur à elle. Depuis, il ne s'est plus rien passé. Marin au mal de mer, depuis peu orphelin d'une mère qui faisait pousser les roses et savait faire les boulettes et la soupe au cacao, fils d'un père qui tente de faire la même chose, sauf faire pousser les tomates et les roses, et frère jumeau d'un autiste élégant, il a décidé de rejoindre un vieux monastère, quatre frontières plus loin, plus au sud, où un jardin précieux necessite réparation. Il prend son premier avion avec ses boutures de Rosa Candida dans le sac à dos et au sauce verte dans le ventre. Ce qui fait que les débuts hors serre ne seront pas des plus évidents.

Un père enfant, qui fait les choses quelque peu dans le désordre, s'attarde aux bords des choses, des lits, des sentiments, une fille fleur, la sienne,  Flora Sol, un monastère plutôt endormi où les manuscrits passent avant les roses, un moine alcoolique cinéphile mentor improbable qui pense que "La grande bouffe" peut donner des idées de recettes familiales et Antonioni des leçons de psychologie amoureuse, un tableau de l'enfant Jésus, un lièvre à la moutarde, un canard farci, une robe jaune à collerette et un manteau rouge (sans oublier le pyjama avec des myosotis dessus), et quelques rosa candida plus tard, on termine dans une jolie lumière. Aussi jolie que le titre. Et voilà.

Athalie

 

19/02/2012

Purge Sofi Oksanen

mouche1.jpgDans la toile de l'araignée, il y a une mouche, ou deux mouches. Dans la vieille maison de la vieille Allide, sa vieille ferme estonienne, celle qui a tout connu, il y a plusieurs toiles d'araignées et plusieurs mouches. Et la mouche change de taille selon la possibilité grossissante de la loupe à travers de laquelle on la nous donne à voir. C'est la même chose pour les araignées.

La première mouche, c'est celle que tente d'attraper Allide dans sa cuisine, celle qui veut pondre dans la saucisse. Allide veut finir de préparer ses conserves. Dans la pièce, tout semble épais, on dirait qu'il y a plusieurs couches et que ça gratte en dessous. La mouche va conduire Allide à la fenêtre, et dans la cour, elle voit, un tas de vêtements, puis une jeune femme toute abimée et pas très cohérente, terrorisée, Zara. La vieille Allide n'aime pas les mouches, mais pas vraiment les humains non plus. Faut dire qu'il n'en reste pas beaucoup autour d'elle, on dirait que l'Histoire a fait le ménage ... Faut dire aussi qu'au moment où l'Estonie se dégage de l'emprise de l'URSS et veut courir vers sa démocratie, une femme, même veuve, d'un fidèle excécutant du parti communiste, n'est pas forcément en position de force. On pourrait presque même en avoir pitié ...

C'est un drôle de ballet qui va se jouer entre ces deux mouches là, la Allide et la Zara, quasi à huis-clos, toujours au milieu des bocaux, des conserves, des remèdes, des choses qui cuisent, des souvenirs qui rampent et éclosent des oeufs. Des oeufs d'enfance, de tresses, d'écuissons de pionnères, de jalousies aussi, de l'autre côté le silence et une grand mère exilée qui ne voit dans le ciel nocturne qu'un grande ourse. Des oeufs bien puants : Zara est en fuite, poursuivie par son souteneur, Sacha, un russe aux rêves plein de dollars, pour lesquels elle a payé la fin des siens, de rêves. Il va la retrouver, elle en est sûre. Acculée là, face à la vieille dans la tête grouille de méfiances, de mensonges, de caches. Une vraie poupée russe à elle toute seule. Mais qui ne s'ouvre pas beaucoup.

Les deux femmes s'épient, on attend qu'elles se confient, se sauvent peut-être, en finissent avec les conserves. On se dit que les bocaux, on les fait pour nourir une famille, autour d'une grande table, un cliché comme ça ... Mais la logique des poupées russes est parfois sinueuse, alors que c'est un roman qu'on lit tout droit, vite, les informations arrivent lentement mais prennent exactement une place dans la toile, alors on plonge dans le poisseux de l'histoire, vu du côté du coprs des femmes.

Très fort !

Athalie

 

06/01/2012

L'art de pleurer en choeur Erling Jepsen

L-Archange-Gabriel.jpgUn livre qui m'a rappelé une très ancienne lecture qui m'avait fichu des frissons, Le dîner de moules de Birgit Vandebeke : même oppression familliale d'autant plus oppressante qu'elle est confinée et normalisée sous la plus lisse apparence de la banalité, quand le monstrueux est la norme et la jauge. Mais, autant qu'il m'en souvienne, dans Le dîner de moules, le rideau de la scène familiale met un peu plus de temps à se dévoiler, alors que dans L'art de pleurer en choeur, ce qui est troublant, c'est que le décalage est d'emblée posé comme rassurant.

C'est parce que le narrateur, jamais nommé, est le plus jeune fils d'une famille de trois enfants et de parents complèment déjantés. Sauf que lui, il trouve le déjanté normal, je veux dire que le normal c'est pas déjanté, c'est le normal, c'est ceux qui font autrement qui font mal, qui agissent avec "mauvais goût".

Il a onze ans, des préoccupations plutôt de son âge ; être bien vu de sa maîtresse, aimé de ses camarades et soigner ses lapins. Innocent et naif, il ne voit pas toujours pourquoi les autres le regardent parfois d'un drôle d'oeil, sauf ses lapins, cela va sans dire. C'est par sa voix déformée, par le trou de cette serrure, que le lecteur va distinguer, vaguement ou par brusques à-coups, les contours d'une réalité aux facettes de plus en plus glauques. Entre deux mondes, le narrateur y maintient le lecteur qui croise les fausses innocences et les vrais fils : à l'image de l'ange gardien que le narrateur s'invente : un Tabriel aux ailes d'anges et au short léopard, étrange hybride de super Gabriel et d'unTarzan peu pacifique.

La figure centrale, au milieu de la scène, c'est son père, son héros, admiré inconditionnellement par son fils pour son "pouvoir des mots", pouvoir dont il se sert principalement pour débiter des inepties moralistes qui pour le narrateur ont force de lois morales et de hautes valeurs à respecter. Auprès de la communauté villageoise, ça marche un peu moins bien, sauf pendant les enterrements où le père fait preuve, en un numéro bien rôdé, d'une éloquence visant à arracher larmes et explosions de tristesse dans l'assistance. Quand  le discours déclenche des déluges (et notamment grâce à l'aide de son fils, en cas de défaillance), il y gagne aussi un cigare, un peu de considération et des clients qui affluent à nouveau vers son épicerie, qui, cette manne se déglonflant au bout de quelques jours, risque à nouveau la faillite. En plus, il faut au père cette satisfaction d'amour propre pour calmer sa dépression hystérique, et ses succès  apportent un moment de calme dans la vie familiale où la tension est constante, car en milieu clos, le "héros" se targue moins de paroles que de coups et de consolations malsaines.

C'est ainsi que l'idée surgit chez l'enfant :  pour que le paternel brille, il faut qu'il ait des morts, et des morts bien choisies, pour aider l'éloquence. Quitte à y laisser un peu de sa propre innocence et à calquer, ou couvrir, les manoeuvres hypocrites de son modèle. Parce qu'il l'aime ce père, même humilié, même humiliant, même frappé, même frappant. Pour le satisfaire, pour qu'"il soit bien", le petit garçon se plie volontiers, voire anticipe, favorise, la satisfaction de des pauvres et minables ambitions et statégies paternelles. Et il élève alors l'immoralité en posture angélique.

Ne pas oublier la mère qui, elle, fournit les petits pains comme des pains bénis, les prières comme des ritournelles et se réfugie à la cave quand les choses commencent à vraiment mal tourner ... La grande soeur, Nasse, tente de se sortir du canapé mais comme il n'est pas question qu'elle parle de ce qui s'y passe, va se faire piquer dans les grandes largeurs. Un grand frère passe vaguement, sans vraiment mettre le nez dans l'engrenage.

Troublant, donc, une sorte de Il faut qu'on parle de Kévin, mais à l'envers.

Athalie

26/11/2011

Une saison à Venise W. Odojewski

une saison à venise,odojewskiSauf que lui, le petit Marek, il n'ira pas à Venise, pas comme son grand-frère, sa mère, ses tantes, avant, destination de villégiature traditionnel pour cette famille polonaise aisée, on imagine la Venise des cartes postales du temps d'avant, celle de "Mort à Venise", mais sans le choléra (le typhus ? je ne sais plus ...) 1939, la Pologne va être envahie, tout s'arrête et son rêve de Venise aussi, sa légende fabriquée, sa collection d'images découpées. Son père file dare dare à la guerre, sa mère se plonge dans ses comités de soutien aux soldats, et le voilà expédié en quelques pages dans la maison de sa tante, une grande maison art déco avec plein de recoins, mais en pleine campagne, plantée au milieu des jardins, sans gondoles. La tata est un peu doucement frapadingue, le reste de la famille arrive, une autre tante, et Marek va avoir sa Venise ...

C'est ouaté, en sourdine, des petites fuites ou fugues mineures avant qu'une source ne coule dans la cave ... un plein d'images flottantes. Un tout petit roman, comme un point de suspension, une lanterne aux fées, un jeu de masques et de bergamasques dirait Verlaine,  et d'ombres délicieusement, hop, pas vu pas pris ... La fable, les lampions d'une lagune souterraine et les notes d'un violon font un temps se taire les fracas qui arrivent. Un moment. Et puis, la Pologne sera bien envahie, la réalité rattrapera bien la fausse insouciance de l'enfance. Faut pas rêver.

Mais la mascarade était bien jolie.

Athalie

22/10/2011

Le roman de Bergen Gunnar Stalessen

bibliotheque_xix_eme_siecle2.jpgOu les Rougon Macquart en Norvège. Vu que Zola n'est plus disponible, c'est un autre qui s'y est collé. Pas sûre que c'était vraiment son but à notre norvégien d'auteur, mais comme j'ai du Zola sur la planche en ce moment ...

Ce livre, ça faisait un moment que je lui tournais autour, il a dû sortir au moment de du début de la vague du nord, du côté de Millénium et Indridarson, seulement, il était bien gros, il y avait plusieurs tomes, du coup, je l'ai souvent reposé, après avoir souvent lu le quatrième, et la première page qui s'annonçait engageante, un bon vieux meurtre d'un notable, genre on va sortir les affaires sordides du placard, les odeurs de renfermé et d'alcoves d'un autre siècle, des relents de cuisine de sous les dentelles et les haut de forme. Alors, comme il vient de sortir en poche, cette fois, il s'est retrouvé dans mon sac.

Le notable assassiné à la première page avait bien une sordide histoire aux fesses, une maîtresse, et cette maitresse avait bien d'autres amants, notables aussi, mariés de même , les deux policiers, lancés illico sur l'enquête, sont bien chargés de faire la lumière sans faire de vagues, l'affaire tourne bien court. Le scandale mis au panier.

Mais alors du coup, il se passe quoi, après ? Ben, qu'il faut faire rentrer les autres classes sociales dans les étagères du placard, après les notables et la courtisane libérée, place au peuple ! Seulement voilà les pauvres en Norvège avant 1914, ils ne semblent pas trop il y en avoir plusieurs sortes, alors, on a le premier paysan qui arrive en ville après l'épisode construction du chemin de fer, le deuxième paysan qui arrive en ville, puis la paysanne qui arrive aussi, et ça copule entre classe sociale, comme convenu, les maitres troussent les bonnes, les bonnes aiment les valets, les femmes des notables se voilent la face, la courtisane est toujours dans les parages, mais bon le temps passe et la saga se répète, la lectrice se lasse ... Le placard est rangé, on a les torchons et les serviettes, soit. Mais alors ? le coup de pied dans le linge propre ? ou sale, pas grave, on triera après. ça doit être pour le deuxième tome....

Au moins Zola, on s'en paye une tranche, comme dirait la Gervaise, du bon vieux gras de sous les aisselles, là, ça pue doucement, seulement.

Athalie

20/10/2011

Les limons vides (tome 1) du Livre de Dina Wassmo

imagesCA1GCXGY.jpgChose promise, devant être faite, j'ai ressorti de mes étagères, cette très, très ancienne lecture, un peu une lecture fondatrice du blog, en fait, (je crois bien que c'est un des premiers livres que A. B. m'a conseillé. C'était une époque où je datais encore mes lectures sur la première page, ce pourquoi cela semble plausible, il y a écrit aout 2000 ...)

Chose promise, chose devant être faite. Je tente de me souvenir de cette impression délicieuse de découvrir une lecture qui décoiffa sa lectrice. Nouvel exercice. Il faut refeuilleter les pages, se replonger, du coup, j'ai failli le relire en entier.... faut dire que c'est un tourbillon, ce bouquin, court mais long comme une épopée, dense comme une fureur, ça charrie de la passion et de la mort. Bref, Eros et Thanatos, comme d'hab'.

ça commence par un monologue qui annonce le flot poétique sang écarlate : "Je suis Dina, qui regarde le traineau et sa charge dévaler la pente. D'abord, il me semble que c'est moi qui y suis attachée. Parce que la douleur que je ressens est plus forte que tout ce que j'ai ressenti jusqu'à présent", puis une scène de meurtre, aussi glaciale que sanguinolente, puis la folie muette, et ça s'enchaine comme ça, sans s'arrêter, de retour arrière en retour arrière, on comprend que ça saigne tragique depuis le début : la mort de la mère, l'enfance sauvage, la maudite, toute dans l'excès de la crasse et des chevaux. Dina ne connait pas les règles, dérange, on la laisse, asociale plutôt qu'insoumise, pas du tout à sa place dans ce monde policé et régulé par les saisons et la place dans le monde social, les conventions et la norme, puis,  le mariage, le pauvre Jacob, il ne pouvait pas faire le poids ... d'autres personnages apparaissent entre deux bourrasques; Oline, la cuisinière, Mère Karen, Tomas... Une saga, mais qui tranche et qui taille. L'histoire ne tient pas debout, (Zola n'aurait pas aimé), tant pis. (En plus, Zola, il est mort)

Dina, c'est une sorte d'ogre baroque pas à sa place dans le froid et les glaces norvégiennes, ou alors comme un volcan islandais qui aurait percuté une banquise (la banquise n'a aucune chance).

Les deux autres tomes sont à dévorer à la suite, pas de baisse de régime du cyclone.

Athalie

PS : pour une fois, une explication pour le choix de l'illustration de la note, j'ai cherché quelque chose entre "Millénium" et Esclarmonde (  Du domaine des murmures)... et puis y'a banquise dedans ...

27/07/2011

La terre des mensonges Anne B. Ragde

1ggpiq.jpgVu que ce bouquin est en présentation sur toutes les gondoles des supers et "recommandé par vos libraires", que je me suis faite avoir par le quatrième et les premières pages, je chronique juste pour avertir qu'on peut facilement s'en passer et perdre son temps à autre chose, regarder sa pelouse pousser, la pluie tomber, le linge à repasser s'amonceler ... à moins d'être passionné par l'élevage porçin en Norvège, évidemment. Auquel cas, il doit être d'une lecture fascinante (du moins, je le suppose).

Au départ, il n'y a pas trop de cochons, ce qui fait que c'est trompeur. Les toutes premières pages résonnent un peu à la Wasmo, une attente fébrile érotisante qui fleure bon l'étreinte dans le foin. Puis, un suicide bien troussé, inquiétant, violent, et toujours pas de cochons, mais un croquemort, passionné par son métier, absorbé même dedans, englouti dans une torpeur mentale qui s'annonce bien psy ... Vu que le quatrième annonce une sombre histoire de famille et un huis clos sanglant, ça colle, c'est un peu long, mais on veut bien admettre qu'il faut présenter les protagonistes, le décor du drame annoncé qui ne saurait tarder, classique. Puis, le deuxième frère, quelque peu frapadingue aussi : lui, son truc, c'est les vitrines, c'est son métier et sa passion les bidules qui brillent, les bibelots qui clinquent, obsédé jusqu'au sapin de Noël. Homosexuel jusqu'à la caricature ... ( On est pas obligé d'être homo pour aimer les préciosités débiles qui servent à rien et encombrent les étagères et passer son temps à les bouger d'un millimètre ou deux pour voir si ça fait mieux, j'en sais quelque chose ....). C'est encore un peu long, mais bon, faut bien attendre le troisième frère, ça va peut-être se décoincer, on attend le secret, le huis clos et qui attendait qui pour faire des choses bien chaudes dans le foin, on voit le suicide prendre du plomb dans l'aile de la fiction, par contre.

Là où j'ai commencé à sérieusement sentir le filoutage de la quatrième, c'est au troisième frère, parce que lui, son truc, c'est son élévage de cochons, on apprend aussi qu'avant, il avait des vaches, et qu'avec les vaches, il avait moins de travail parce que là ses truies sont en train d'accoucher, et qu'il y en a une qui a du mal, alors, il faut qu'il s'en occupe jour et nuit .... Alors quand la mère se met à calencher, le père à baver, la petite fille inconnue à faire le ménage là dedans, et que l'autre, il est toujours avec ses petits cochons, moi, je suis retournée regarder ma pelouse pousser, la pluie tomber. Ce qui est quand même plus passionnant. En tout cas, pendant ce temps-là, le tas de linge à repasser n' a pas diminué. Ce qui aurait été étonnant.

Athalie

 

 

21/07/2011

Entre dieu et moi, c'est fini K. Mazetti

ma-soeur.jpgHier, je suis allée m'acheter des livres, cartes de fidélité en poche (plus ou moins au complet, cause, j'en ai paumé une mais c'est pas grave, je suis dans la machine informatique, et une autre, cause, il faut la faire valider avec une pièce d'identité, trop dur de penser à tout en même temps) et ma liste de "lectures prévues pour un été lourd" dans une autre poche de mon sac. Blindée, prête à faire une bonne razzia (genre certaines chez IKKS pendant les soldes). Je n'en avais plus que quatre ou cinq d'avance, par conséquent, angoisse possible devant un possible manque de choix et, de poids : ceux d'avance, c'étaient que des gros. Par contre une inconnue de taille : en avait-il des petits dans la liste des "prévus" ?

Suspens insoutenable ... D'autant plus que sur les rayonnages, juste un des "prévus". Mais, petit, donc, pris. Hors de question de rentrer avec si peu, on va en trouver des pas prévus sur les présentoirs ... Résultat, retour avec un petit tas de petits "pas prévus" en alternance avec des sujets lourds (L'origine de la violence, HHhH,  ... ) et des légers dont Entre dieu et moi s'est fini de K. Mazetti, parce que j'avais bien aimé Le mec de la tombe d'à côté.

Les quelques 20, 30 premières pages, j'ai vraiment eu envie de le laisser tomber. Envie de légereté, mais quand même ... j'avais l'impression de lire un des sélectionnés du prix ado, je n'ai rien contre le prix ado, bien au contraire, mais bon, là je suis en vacances ... C'était drôle et bien écrit mais bon, sujet grave d'ado ... UNE HISTOIRE D'AMITIE BRISEE PAR LA MORT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

La narratrice Linnéa, ne peut accepter la disparition de sa meilleure amie, Pia, son double, son âme soeur. Pia était une tombeuse, Pia était drôle, Piapiapia ... Mais voilà, Pia a gardé son secret et est partie avec. Linnéa n'a gardé qu'une grand-mère excentrique tireuse de cartes, son petit frère adoré, les soucis amoureux de son mère, son mur des lamentations perso et même plus de chagrin d'amour.

Résumé comme ça, évidemment, ça fait ado grave. Pourtant, au fil des pages, l'impression de s'être égarée dans le rayon taille 16 ans, et "vous n'auriez pas le même mais en rose avec des paillettes et des bretelles transparentes" (citation véridique que je tiens de ma frangine préférée, responsable du rayon vêtement dans une grande enseigne, aussi fréquentées par les A., mais où on va moins faire les soldes, vu que ...), s'estompe. Car c'est quand même fitrement bien écrit, de moins en moins drôle et de plus en plus attachant. J'ai fini par lire avec un brin de sourire nostalgique aux coins des lèvres. Ben, oui, pas si loin d'une certaine tristesse, celle de cet âge là et puis comment on fait avec la peine, celle que les autres n'ont pas, quelque chose comme ça.

Pas tout à fait une bluette rose bonbon, et sans paillettes, finalement.

Athalie

 

17/06/2011

Le diner Herman Koch

le-diner.jpgAujourd'hui, pour changer quand même, une lecture récente, toute fraîche même, comme le homard qu'on voit sur la couverture du livre ( mais je crois que frais, ce n'est pas rouge un homard ???), comme le magnet qui est sur mon frigidaire, parce que oui, en achetant le livre, vous avez droit à un magnet, encore mieux que la carte de fidélité .. Enfin, à Virgin, je ne sais pas si ils le donnent, mais au salon du livre d'"étonnants voyageurs", si. Ce qui fait que j'ai peut-être un collecteur sur mon frigidaire, qui en rougit de plaisir, je le sens) ...

Le roman commence comme une étude sociologique, sur le politiquement correct, pense-t-on, et c'est déjà assez réjouissant, et ça se termine comme un roman noir, il commence à se lire avec un sourire distant, voire supérieur, et il se termine avec une vague envie de vomir ...

Le livre est découpé selon les étapes d'un repas entre deux frères et leurs femmes dans un restaurant bobo, total bio et total énervant : apéro, plat, dessert, digestif (mais ils ne mangent pas de homard ... ) Le narrateur est le frère d'un  homme politique célébre, en passe même de devenir le premier ministre des Pays Bas, et lui le narrateur, ça l'énerve, voire ça l'expère, cette célébrité assumée, pour lui imméritée et injustement révérée. Paul, le narrateur, donc, lui, il estime avoir réussi sa vie, avoir une famille vraiment heureuse, pas qu'une façade pour les média. L'écriture est alors une loupe qui scrute le minuscule psychologique, une loupe des sentiments, comme dans un aquarium (d'où le homard peut-être ...)

Critique amusante et doucement ironique des moeurs et travers de notre temps, pense-t-on ... oui, mais petit à petit ça bascule grave. D'accord, depuis le départ, on sait que les deux couples sont réunis pour parler de leurs enfants, qu'il y a un secret, que le secret est grave ( c'est marqué sur le quatrième, donc, je n'ai rien dit ...), on attend le drame, la révélation ... d'abord en Dordogne, tableau désolant d'un microscome un peu ragoûtant et quelque peu pitoyable, mais non, ce n'est pas encore là, on continue à glisser ... Moi, je n'ai pas pu m'arrêter de descendre avant le vrai nauséabond, des salauds (je ne dit pas qui ...) prêts à s'aveugler pour la pire des causes, le bonheur. Le bonheur prêt à s'accommoder de tout, de la banalité du mal, au nom d'un amour perverti ( je ne peux rien dire, c'est frustant, ce truc ...)

Ce n'est peut-être pas de la grande littérature, mais que c'est percutant ! Par contre, si quelque'une A. trouve l'explication pour le homard ...

Athalie

PS : un commentaire plus récent que le mien :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/search/label/Romans