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19/01/2013

Les visages Jesse Kellerman

les visages,jesse kellerman,romans,romans policiers,romans américainsAujourd'hui, je me discipline, point de soeur prise en otage, point de divagations, genre l'anniversaire de ma cousine ou le réveillon de mon beau-frère : un résumé (court avec des paragraphes, m'a dit A.M.), opinion, conclusion.

Il était une fois un jeune marchand d'art à qui tout réussissait, sauf qu'il était fâché avec son richissime papa. Galerie d'art dans un quartier top classe under ground à New York, avant garde contemporaine, ou contemporaine d'avant garde, des trucs qui choquent et qui se vendent. En gros, un manager pour artistes bancales mais bancables, vie privée comblée, fiancée (amoureuse vache) mais séduisante, influante, amour libre ( enfin, qu'il croyait).

Après une enfance meurtrie de petit garçon riche, mais mal aimé, une  jeunesse mouvementée, Ethan Muller, puisque tel est le nom de notre héros de papier glacé pour people en manque d'investissement artistique, est donc un marchand d'art comblé. Il a trouvé sa voie. Sympathique, ouvert, mais très pressé, il aime l'Art et pas forcément l'argent qu'il procure (faut dire que le besoin le taraude peu).

Comme Ethan ne parle plus à son méchant papa, c'est le bras droit de celui-ci, son mentor, qui va l'amener au trésor : une oeuvre d'art brut, délirante mais fascinante de rigueur, un projet colossal mais labyrinthique et surtout anonyme. Des milliers de dessins ont été retrouvés entassés dans un appartement crasseux ( dans un immeuble appartenant à la famille d'Ethan, ce qui aura bien sûr son importance). Un des soucis, donc, c'est que le créateur a disparu, sans qu'un quelconque portrait robot puisse en être établi. Ce qui ne chaut guère à notre dynamique marchand qui se sent pousser une âme d'artiste en reconstruisant le projet, en l'exposant, en le médiatisant, en le vendant.

Et c'est là que l'engrenage s'engrenage, se chausse-trappifi; Un vieil inspecteur (en très mauvais état et à la retraite, mais avec une jolie fille) reconnait dans le puzzle imaginaire les cinq visages de cinq jeunes garçons, victimes trente ans auparavant d'un tueur sexuel en série, anonyme lui aussi. Ces cinq visages avaient disparu, oubliés, et les voilà qui ressurgissent là, sur du papier fragile, aux yeux du presque tout New-York. Voilà qui est effectivement dérangeant, un peu pour tout le monde.

Mais pas dérangé. Le puzzle du labyrinthe temporel est clairement balisé, les morceaux de l'histoire ; l'enquête, les amours, le papa richissime, les coups du sort, les états d'âme ... Tout est très bien huilé, et même si l'on voit parfois les chevilles d'assemblage, l'architecture tient debout et se laisse lire. Evidemment, en acceptant la loi du genre ... Ethan est bien un peu crispant, genre joli coeur malgré lui, mais gars honnête dans un monde de requins, les artistes sont forcément déjantés et les acheteurs richissimes, les secrets de famille bien gardés et les histoires de cœur compliquées avec ce qu'il faut d'eau de mélasse dedans ...

Un parcours de lecture sans grands risques, agréable, en suivant les chemins requis.

 

Athalie

 

 

 

13/01/2013

La vérité sur l'affaire Harry Quebert Joël Dicker

la vérité sur l'affaire harry quebert,joël dicker,romans,romans français,rentrée littéraire 2012,prix goncourt lycéenJe marchais dans le long couloir qui caractérise ( entre autre mais non des moindres) mon lieu de travail, et comme il est très, très, long, il laisse largement le temps de papoter bouquins (entre autre). Nous devisions  donc avec un habitué des lieux, comme moi, qui avait la poche de la veste déformée par un gros bouquin mais crapahutait sans vergogne pour rejoindre le bus qui lui permettrait, dixit, de se caler. Je m'intrigue : " C'est La vérité sur l'affaire Harry Quebert, peux plus m'arrêter, je me leste avec, au cas où j'aurais un trou." Un trou ?

Un livre qui leste et fait se caler son lecteur dans le bus, c'est pour moi. Sauf que moi, j'ai attendu l'option en vacances, fauteuil face à la mer. Sauf que la mer, je ne l'ai pas beaucoup regardée ...

Avec ma soeur, on est allée faire des courses à la superette du village de nos vacances de Noël, qui ferme à 7.00 pile et qu'après, t'as plus rien. c'est dire l'urgence pour que je sorte de mes pages, parce qu'autrement, j'aurais pas bougé de mon fauteuil, et pas à cause de la mer.

A l'aller :

" Alors tu comprends, un jeune écrivain vient de faire un succès public énorme, Marcus Goldman. Ben oui, il est juif, pourquoi ? Mais non, ça n'a rien à voir avec Mauss. Si, il y a bien sa mère qui le tanne au téléphone pour qu'il se marie, paranoïaque et complétement égocentrique, elle le prend pour un génie et elle a peur qui se loupe. Tu vois ? Non. Pas grave, elle n'a pas beaucoup d'importance dans l'histoire, en fait, mais le personnage est drôle. Non, je ne m'égare pas. La superette est toujours ouverte, tu vois bien ? Donc, depuis toujours, Marcus veut être un écrivain, un grand, écrire le live, le grand livre. Non, ce n'est pas un arriviste, il croit vraiment à sa quête, mission, oui, comme tu veux ... Des rillettes de sardine, non, je n'aime pas trop, prends plutôt au maquereau. Il nage en plein succès, en pleine euphorie, son premier livre a été un succès énorme, médias, sa tête en tête des gondoles, agent, secretaire,  starlette ... Mais après, impossible d'écrire le deuxième, panne séche, complétement vide, il tente plusieurs retraites, se cherche. Oui, c'est un peu creux en fait, mais je ne sais pas pourquoi, je te jure qu'on est happé dedans. C'est comme les craquelins ? Oui, c'est ça, avec de la compote de pommes. Alors, Marcus va se tourner vers son ex-mentor, Harry Quebert, qui gite dans un petit village tout mignon où tout le monde se connait et les connait, le grand écrivain qui a bouleversé la littérature avec son premier roman, "Les origines du mal", et lui, l'ex petit Marcus, son protégé, son poulain, son double en plus jeune, son fils par procuration. Ils se retouvent tous les deux dans La Grande Maison d'Ecrivain au bord de la mer. Ben oui, c'est cliché, complétement même, tu as l'impression de regarder une carte postale. Non, je n'ai pas dit que c'était de la grande littérature, non plus. J'ai pris le vin blanc pour les moules ? Tu es sûre ? C'est bon, on peut y aller."

Sur le chemin du retour :

" J'en étais où ? Je ne te saoule pas là, t'es sûre ? Donc, Marcus n'arrive pas à écrire là non plus, mais par contre il va trouver la  boite de Pandore, une boite qui renferme le grand secret du grand écrivain,  son amour pour une jeune fille de quinze ans, un amour impossible, évidemment, vu que Harry est beaucoup plus âgé et que cela ne se fait pas, un amour clandestin, quoi ! Ben oui, c'est poncif, et encore je ne te dis pas tout. La jeune fille a disparu depuis trente ans, un meurtre non élucidé, tu penses bien, et l'affaire Harry Quebert va pouvoir commencer et Marcus devenir grand. On peux changer le sac de côté, c'est lourd, là.  En plus, ce n'est même pas bien écrit, la jeune Nola, Nora ? non Nola, je crois, elle sonne faux, comme une Lolita ratée, tu vois ? Sauf que le bouquin, il te retourne comme une crépe, t'as plein de pistes, tu fonces dedans comme une voiture de patrouille lancée en plein galop et tu te retrouves comme une mouette happée en plein vol, je te jure, c'est efficace, mal écrit et tout ce que tu veux mais rudement bien."

Je vous passe le rangement des courses et la cuisson des moules.

 

Athalie

 

PS : merci à ma soeur !

 

 

10/01/2013

Danse avec l'ange Ake Edwardson

dandy_list.pngJ'ai commencé cette série policière par le troisième ( en le sachant quand même, pas bête, mais un peu joueuse sur ce coup-là ...). Comme l'inspecteur, Eric Winter, me plaisait pas mal ; dandy, amoureux, angoissé mais pas trop, pas dépressif ; que sa copine, Angéla, commençait à prendre de l'épaisseur, que la vie de la brigade à la Mac Bain, j'aime plutôt bien, que les personnages secondaires, la pasteure, sa fille, avaient suffisamment de tourments mais pas trop graves pour être un peu consistantes sans être croustillantes (finalement il n'y avait que les meurtriers et les victimes qui étaient falôts). Je me suis dit, je vais commencer par le premier, histoire de refaire connaissance à l'endroit et de partir d'un pied logique et cohérent.

Je ne sais pas si j'aurais dû. Des fois, la logique, c'est décevant.

Le quatrième annonce qu'il s'agit d'une autopsie, celle " des affres d'une âme nordique en proie aux pires maux des sociétés contemporaines". C'est pompeux et tartignole, comme si "polar" était un mot honteux et qu'il fallait le gonfler avec du sens profond, mais comme sur celui que j'avais déjà lu, c'était la même phrase et que la ville de Göteborg ( l'autopsiée) ne s'était pas avérée pire qu'une autre ville littéraire de polar en terme de meurtres, de dépression, d'ados rebelles et d'ados battus presque à mort par un père alcoolique, je ne me suis pas inquiétée. Sauf que cette fois-ci la moitié de l'intrigue se situe à Londres (mais l'inspecteur anglais est plutôt grungie, ce qui est censé faire contraste avec Winter, I suppose).

Il se trouve que dans ces deux villes, sévit un tueur de jeunes hommes, tendance solitaires homos. Le tueur les attache sur une chaise, pour regarder on ne sait quoi, les saigne à blancs et danse dans leur sang épandu. Un tueur qui ferait des aller-retour ou deux tueurs qui feraient un copier-coller. Soit. En arrière-fond, se profilent un commerce de vidéos pornos. Les deux inspecteurs s'y collent et pataugent. Ils pataugent longtemps, en fait. Faut dire que les témoins n'ont rien vu, les indics ne sont pas plus fiables, les suspects ont la résistance d'une huitre plate et les indices, ben il n'y en a pas. Donc effectivement, les vérifications sont longues, voire très longues .... Ce qui fait que pour l'histoire, ma foi, je ne sais trop comment la résumer.

A Londres, Winter en profite pour faire ses courses, cigares et costumes (les chaussures, il n'a pas trouvé), il a la consistance d'un porte-manteau et Angéla celle d'un parc à moule. Je vous passe la fin qui tombe comme un flan à vanille.

Pas sûre de me combler une dent creuse avec le deuxième, moi.

 

Athalie

 

29/12/2012

Cold in hand John Harvey

cold in hand,john harvey,romans,romans anglais,romans policiersMa foi, j'ai dû louper un épisode ou deux de la série, moi. D'abord, je ne savais pas qu'Harvey avait repris la série de Nottingam, celle avec Resnick. Du coup, bien contente, la Athalie se lèche les babines. J'ouvre, et oh ! nouvelle surprise, v'là Resnick, qui s'est mis en couple ! Ma foi encore, ça m'a fait un choc ! Un peu comme si Wallander sortait de sa dépression chronique ou que Erlendur retrouvait enfin son frère ( Oui, je sais qu'il est mort, le frère, mais bon, c'est pour dire l'ampleur du choc)

Resnick, l'immigré polonais qui trainait sa langueur au rythme du jazz à l'ancienne, celui qui n'avait jamais rien de normal à manger dans son frigidaire, ce qui ne l'empêchait pas de se tacher la cravate avec, celui qui se contentait très bien de ses trois chats pour seule conversation humaine... Bon, ben le voilà maqué, et amoureux, sacrément même, avec la petite dernière de sa brigade, la Lynn Kellog, qui débarquait juste de sa campagne mais apprenait vite. Ben, elle a gravi les échelons, la jeunette... Et aussi au commissariat.

Resnick, non, pas vraiment, il attend plus ou moins la retraite, alors que elle, elle vient de mettre fin avec brio et douceur à une prise d'otage d'un pauvre forcené à bout de course. Tambour battant, elle file rejoindre le resnick pour une douce soirée de la saint valentin quand sa route va croiser celle de Kelly Brent qui est en train de transformer une jalousie amoureuse en une rixe entre deux bandes adolescentes. Lynn s'interpose, deux coups de feux éclatent. La policière n'a presque rien, la jeune fille est morte.

Très vite, le père accuse, Lynn se serait servie de Kelly comme bouclier. Elle est responsable, elle doit payer pour ça et aussi pour toute sa haine au père, haine de tous et surtout des blancs : un sacré provocateur au bagout bien senti. Resnick se retrouve responsable de l'enquête pour innocenter sa belle, ce qui va lui faire tourner ses cornichons au vinaigre.

Une deuxième enquête commence, Lynn toujours en première ligne, au centre d'une nébuleuse : prostitution, traffic d'armes, corruption. Un requin lui offre des fleurs et tourne autour des pots. Rien n'amadoue la Lynn jusqu'à ce que tout s'arrête et que Resnick ne soit bien obligé de reprendre là où Lynn est tombée.

A la fin, on ne saura pas vraiment tout sur tout, des bouts d'histoires flotteront encore, perdus en route par inadvertance narrative ou lectrice. Mais ces changements de rythme, de la description d'états d'âme souffreteux, de colère sociale et frustration raciale, de la description flaneuse d'une boutique de masseuses importées, d'une banlieue, lents et fouillés, sans en avoir l'air, mènent aux moments de charme d'un repas partagé, ces coups d'yeux incisifs mais dans les coins, mènent son lecteur par le bout du nez.

Pourvu que Resnick ne prenne pas encore sa retraite, même si sur ce coup-là, il aurait de quoi se reconvertir au jardinage.

 

Athalie

 

Du même auteur sur ce même blog : http://aleslire.hautetfort.com/archive/2011/12/22/traquer...

 

21/11/2012

Betty Indridasson

betty,indridasson,romans,romans islandais,romans policiersIntérieur noir, noir et blanc, la vamp en robe de soie descend les marches d'un cinéma salle de conférence où vient d'avoir lieu une intervient sur la régulation des quotas de la pêche des poissons et ses incidences dans le marché européens (pas glop, pas glop, Pussy cat ...). Betty tient la rampe, le décolleté  sur les seins nus, chevillette chera entourée d'une mince chainette, la soie se tend sur la cuisse .... Clic clac. Le narrateur est dans dans la boite. Betty est une femme fatale, Betty fume des cigarettes grecques qui lui font un long cou et la voix rauque, Betty a un mari violent mais riche, si riche ... Betty est audacieuse, Betty est sensuelle, Betty ment, un peu beaucoup énormément, comme un exercice de style sur le glamour.

"Hollywood en Islande" =  engrenages machiavéliques, coups tordus, mais tordus dans dans l'autre sens, pas le même que, mais presque, sauf que c'est dans l'autre.

A lire

 

Athalie

 

PS : ai-je fait assez court, A.M. ? En plus long, mais tout aussi élogieux ( et préservant tout le mystère de ce retournement d'un sens mais pas dans l'autre quoique ...)  :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2012/04/betty-arnaldu...

 

Du même auteur sur ce même blog :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2011/03/12/la-rivi...

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/05/29/la-mura...

18/11/2012

Ombre et soleil Ake Edwardson

ombre et soleil,ake edwardson,romans,romans suédois,romans policiersAlors, pour celui-là, ce n'est pas comme pour "Le septième fils", j'ai vraiment regretté d'avoir pris la série en route ( c'est le troisième, si j'ai bien compris). Le premier, c'est "Danse avec l'ange", le titre que j'avais noté sur mon-petit-carnet-qui-ne-me-quitte-pas-ou-presque sauf que le livre n'était pas sur les étagères devant lesquelles j'étais et que comme j'avais une fringale de polar, j'ai pris le dessert avant l'amuse gueule.

Ceci dit, ce n'est pas vraiment gênant pour la compréhension de l'histoire, même si l'on sent que les personnages ont déjà du vécu ensemble. Du coup, j'aurais préféré les cueillir encore tout frais et sans histoire : le beau Winter et son allure de Dandy, sa dulcinée d'Angéla avant qu'elle ne soit enceinte, j'aurais aimé les prémisses, quoi ...

Nous sommes donc dans une série, un série que je sens bien "chausson", du genre Ed Mac Bain ou John Harvey, dont on reprend sans faim mais avec appétit. On a une ville, une brigade, un tueur, des équipes qui patrouillent et quadrillent. Sauf qu'au début, le chef n'est pas là, Winter a dû partir pour Malaga, son père s'y meurt. Dans la banlieue espagnole pour Suédois en retraite, Winter s'observe avec quelques détours plus exotiques dans la vieille ville. Ce qui n'a rien à voir avec la suite policière, mais un peu avec la suite sentimentale.

Pendant qu'il déambule, il retrouve sa mère, puis arrive sa soeur, retardée par une grippe. Evidemment, dit comme cela, on ne transpire pas trop nous, mais on s'installe en famille et dans un confort de lecture certain.

En Suède, les choses tranaillent aussi, les équipes rôdent dans les rues de l'avant an 2000 en ayant à l'oeil la jeunesse suédoise qui y vadrouille, dont une fille de pasteur (e) et son ami, attachant fils d'alcoolique avant de devenir témoin numéro un d'un meurtre sonorisé et macabre à souhait. Les choses s'accélèrent un peu au retour de Winter, alourdi quand même par sa future maternité, sans compter que le téléphone traque Angéla et que le tueur semble bien plus proche qu'on ne le souhaiterait ...

Une intrigue un peu convenue et balisée, mais je sens que je vais rapidement récidiver ...

 

Athalie

09/11/2012

Le septième fils Arni Thorarinsson

le septième fils,arni thorarinsson,romans,romans islandais,romans policiers"AhhhAhhhAhhh",AhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh", comment dit-on baillements en islandais ?

A peu près au milieu de la lecture en survol de plus en plus plané de cette lecture , je me suis dit "Tiens je vais prendre celle-là en note". Vu que, pour une fois, je lisais près d'un stylo, je l'ai fait. Le narrateur-journaliste mène l'enquête et en même temps, il pense à des choses essentielles, comme les rapports hommes-femmes, ce qui donne : " Tandis que je rentre à l'hôtel dans l'air froid et tranquille, une phrase d'Agatha Christie me revient en mémoire : un archéologue est le meilleur des époux que puisse trouver une femme : plus elle avance en âge, plus il s'interresse à elle".

Je me suspecte moi-même ne n'avoir poursuivi que pour en trouver d'autres, des comme celle-là. Plus loin encore : " Mon appel de ce matin l'a déconcertée, mais grâce à ma dextérité et et la souplesse naturelle qui me caractérise dans les échanges humains, elle m' autorisé à passer la voir (...)" On pourrait se dire que c'est de l'autodérision, ben non. Parce que notre narrateur, il est cultivé, faut pas croire. Ainsi : " Ainsi, le temps a suspendu son vol numérique pendant que la maison brûlait" ou encore " La vue qui s'offre (...) sur le rivage et sur le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle" ou alors le traducteur s'ennuyait autant que moi, je compatis ... Faut dire que des fois l'action est palpitante : " Des filets de pluie s'écoulent le long de la vitre. j'attrape un morceau d'essuie-tout pour éponger l'eau qui a goutté par terre". Ouf, j'avais eu peur ... Il se serait passé un truc que j'aurais loupé pendant les trois ou quatre derniers chapitres ? Heureusement, non. Faut dire qu'il ne se passe pas grand chose, mais qu'est-ce qu'il en cause, le gars ....

Une maison incendiée, une vieille, historique, dans le fin fond de l'Islande, un camping car volé à des touristes lithuaniens dont on peut,évidemment, se demander ce qu'il font là, trois adolescents gothiques, une commissaire revêche qui fait de la poèsie, un brigadier chef plus réactionnaire qu'alccolique, des avions qui passent leur temps à ne pas décoller, et donc notre journaliste-enquêteur-narrateur, plus une palanquée de personnages qui n'ont pas vraiment d'utilité utile à une intrigue plate à n'en plus pouvoir d'attendre qu'elle se termine ....

Sur la couverture, il est marqué "l'autre islandais", je préfère l'autre.

 

Athalie

 

 

08/10/2012

Nature morte Louise Penny

imagesCAKRTUHM.jpgJ'étais plantée devant mon étagère des "pas encore lus", cherchant un bouquin léger à me mettre sous la couette, un livre demandant quelques neurones mais pas trop quand même, genre qui coule sans faire trop d'histoires, fraises tagada sans trop de crème glacée à l'intérieur. Pas du Oates, quoi. Et Sandor Marais me faisait de l'oeil, mais je n'avais pas envie de gâcher. "Nature morte", donc,  Louise Penny, donc. Je ne sais plus où je l'ai déniché celui-là, un nom qui me disait quelque chose, un jour où j'avais oublié mon carnet de "pile prévue" et que j'ai dû voir sur un étal de " auteure féminin à série à succès". A moins que je n'ai fait un gloubibalga entre Louise Penny, Anne Perçin et Anne Perry. Trois auteures que je n'ai jamais lues, mon blog s'en souviendrait.

Quelques neurones plus tard, me voilà dans un village québécois de carte postale, "Three Pines", avec presque dans l'ordre d'apparition le couple d'homosexuels réfugiés là pour être loin du monde perfide des hommes, des vrais (je blague là !), respectivement amateur d'antiquité et fin cuisinier, hôtes charmants du café tiré à quatre épingles et du confortable hôtel (le seul d'ailleurs) du coin. Et là je ne blague pas, il y a même un moment où le fin cuisinier apparaît ceint d'un sain tabler ... Dans la même presque première scène, on a le reste de la bande : un couple d'artistes peintres, qui font plutôt dans l'abstrait, elle Clara, est très intuitive, et lui, Peter, très renfermé, Ben le gentil garçon un peu poussé en graine quand même, et un peu castré par sa maman, mais depuis qu'elle est morte, il va mieux, et surtout Jane Neal, l'institutrice à la retraite, aimée de tous et de toutes (oserai-je vous dire qu'elle est aussi charmante que vieille fille ? ben oui, faut tout oser quand on a commencé !). doit avoir lieu la sélection des oeuvres pour le prix de peinture local et séïsme de l'amitié, Jane propose au jury pour la première une des oeuvres de sa composition. Jusque là, elle les a si bien cachées qu'on pourrait croire qu'elle en a honte.Je commençais à espérer une grosse cochonnerie (je sais, j'ai mauvais esprit), mais point du tout, c'était juste l'évocation d'un "Jour de foire" dans le village. Ce qui a l'air pour certains membres du jury, d'être une grosse cochonnerie. Ou un chef-d'oeuvre ? Le jury est en émoi. Surtout que le lendemain, la gentille Jane est retrouvée morte dans les bois.

Peut-on assassiner une vieille femme respectable, peintre de croutes à énigmes, membre respectable de l'association des femmes anglicanes, sans être un dangeureux prédateur aux mobiles obscurs et inavouables ? C'est que va devoir découvrir l'inspecteur Gamache, fin observateur de ce petit monde, notamment en restant assis sur un banc au petit matin, mastiquant le croissant frais du fin cuisinier.

Bon, je mets le point final à mes neurones, parce qu'ils ont eu ce qu'ils ont cherché et que ce livre à un mérite, il a un certain exotisme ( quebecois ? point d'interrogation, car je n'y connais rien en littérature québécoise, mais je me renseigne via http://ray-pedoussaut.fr/) et il se laisse lire, et c'est parfois tout ce que l'on peut demander.

 

Athalie

 

16/08/2012

Nager sans se mouiller Carlos Salem

nager sans se mouiller,carlos salem,romans,romans policiersMes ami(e)s ne me prêtent jamais de livres. Non pas que je n'ai pas d'ami(e)s pouvant me passer leurs lectures, et souvent de très bons conseils, mais j'ai une certaine résistance au prêt : un livre que je ne pourrais pas garder et ranger/classer dans mon complexe système névrotique qu'est ma bibliothèque me décourage de lui corner les pages ou de casser la tranche en deux, si je veux. ( ce aussi pourquoi je ne fréquente pas les bibliothèques, établissements fort respectables par ailleurs). Cet été fait donc exception à la régle "on ne me prête jamais de livres" puisque que c'est le troisième que A.L.M. me confie et que je lis. Elle m'a dit en me tendant l'objet "Tu vas voir, un polar sympa, mais sans plus", et elle a raison. Mais un polar sans "nature writing" et sans shériff tellement cracounet qu'on a l'impression de faire partie d'un fan clud pour alcoolique dépressif, finalement, ça me tentait bien.

Juanito Perez Perez mène une double vie, côté pile il a l'allure d'un VRP minable et transparent, anodin personnage qui a négligé ses rêves d'enfants, de pirate et de capitaine, côté face, le numéro trois d'une organisation qui gère les crimes commandités comme d'autres les séjours en club vacances sur la côte sud de l'Espagne. Divorcé de la belle Leticia, qui a préféré larguer le minus qu'il semble être pour s'éclater vers des cieux plus ambitieux, il est quand même père de deux enfants et est censé les prendre en charge pendant une partie des vacances. Tâche dont il compte s'acquitter, sans grand enthousiasme, quand l'organisation lui change le décor prévu. Il doit aller passer des vacances studieuses (opération de surveillance d'une cible) dans un camp naturiste. A partir de là, les hasards, rencontres s'enchainent, les pistes font du surplace et s'embrouillent. La cible devient floue, qui piège qui ? Le fantôme du numéro quide ses pas. D'abord se servir de sa tête, puis de ses poings et si rien ne marche, de ses couilles. C'était (en gros) l'adage de son père de substitution, sauf que Juanito a tendance a faire les choses dans l'ordre inverse et se sert beaucoup de ses couilles. Ce qui fait que l'on attend quand même  un peu longtemps avant que le pseudo VRP a la technique sexuelle parfaite et sa partenaire à la plastique pareille finissent de mettre le camping en émoi avant que l'intrigue ne redémarre, ce qu'elle finit par faire dans un coucher de soleil de soleil à la James bond, avec Sean Connery en arrière plan .... ( ce qui vaut le shériff cracounet)

Athalie

29/07/2012

Ce crétin de Stendhal Jean Bernard Pouy

gare.jpgJ'adore Jean Bernard Pouy pour plein de raisons plus ou moins valables et pas vraiment littéraires et surtout pas objectives. D'abord, il dit qu'il aurait voulu être Pérec à la place de Pérec, ensuite, il a écrit "La Belle de Fontenay", un de mes polars français néo-polar préférés ( que je continue à conseiller sans jamais vouloir le relire, de peur d'être déçue, je préfère rester dans le flou de mes souvenirs de mon panthéon mythique), et "Larchmütz 5632" : un homme qui donne un pouvoir télépathique à une vache ne peut pas être foncièrement écolo-puriste, troisièmement, il a une maison en Bretagne et parle de cette région avec un regard qui sélectionne les instantanés décalés du tourisme, les papis mamies dans  des cafés en formica, les mamies derrière le comptoir, les papis devant, avec la mer en toile d'horizon, celle qui sert à pêcher des palourdes et des tourteaux, celle du lisier et des algues vertes. Il retourne la carte postale en restant dedans, et ça c'est fort. Et enfin, enfin, je ne sais pas, elle me touche, cette grande gueule des combats perdus, du temps où j'avais pris le néo polar français pour mes bibles, où  je découvrais Oppel avec "Brocéliande sur Marne", Daeninckx avec "Meurtres pour mémoire", "Le bourreau et son double", Dessaint et ses escargots dans la télé, Benaquista et ses madonnes-maldonnes .... et tous les autres, je vibrais aux social-traitres, et Jonquet balançait "Les orpailleurs" (soupirs et nostalgies ..... smileys à imaginer)

Depuis un moment cependant, je ne lis plus les polars de Pouy, souvent seuls les titres m'amusent et ses intrigues, trop farfelues et répétitives m'ont lassée. Ce qui n'enlève rien au goût que l'on peut avoir pour le bonhomme et ses idées rocailleuses, ses trouvailles tirées par le goût du jeu de mots. "Ce crétin de Stendhal" est donc arrivé par un chemin de traverse. "Le monde" a lancé pour cet été une série de publications de "petits polars" le jeudi, et A.L.M. lit le "Monde", donc en passant par le jardin, elle me l'a laissé. Evidemment, Stendhal n'a rien à faire dans cette histoire de vengeance improbable. L'intrigue ne vaut pas le début de la ficelle pour la nouer, je passe donc à l'essentiel de l'intérêt, pour moi, de cette nouvelle anecdotique : Pouy y décrit comme personne l'arrivée d'un train dans dans la gare de Rosporden. Et ça, c'est pas dans beaucoup de romans qu'on le trouve, il faut le dire. Juste une phrase pour le clin d'oeil : "Seuls quelques rares TGV s'y arrêtent, comme à contrecoeur, pour déverser des touristes qui ont décidé d'aller, coûte que coûte, se faire piéger dans la ville close de Concarneau." Effet facile, mais ça me fait rire, je visualise ...

A suivre, peut-être, dans la série des " petits polars du monde" : Caryl Ferey, le chouchou du moment, parce que j'arriverai peut-être enfin à lire un de ses textes jusqu'au bout, et Michel Quint pour retrouver, peut-être, le charme de "Cake walk".

Athalie

 

 

19/07/2012

Allmen et les libellules Martin Suter

imagesCAE6C2MW.jpgIl n'y a pas que les pavés compassés, il n'y a pas que les histoires glauques menées à un train d'enfer, il y a aussi les plans plan-plan, légers et courts, catégorie à laquel appartient ce policier atypique ( dans mes lectures à moi, mais pas que ...). Dans ce premier tome de ce qui commence à être une série (le second vient de sortir), on passe plus de temps à découvrir le décor, suisse, et les caractériques du personnage, suisse aussi, Allmen donc, qu'à suivre son enquête. D'ailleurs, d'enquête, on ne peut pas dire qu'il y en ai vraiment une, c'est plutôt une suite de tuiles, qui mises bout à bout font un bien agréable passe-temps.

Allmen a été riche, collectionneur de bon goût, voyageur de curiosités, dandy. Allmen est ruiné mais garde de son faste beaucoup de séduisants vestiges.

Allmen n'a pas d'argent, mais il fait (très bien) semblant d'en avoir beaucoup. Ce qu'il a en trop, c'est des dettes. Pour y échapper, il n'ouvre pas son courrier, ce qui est une tactique qui a ses limites.

Allmen a beaucoup, beaucoup, beaucoup de chance, trop pour être honnête, ce qu'il n'est donc pas.

Allmen n'est pourtant pas érotique. La seule conqûete qu'il va subir n'est pas vraiment à la hauteur de ses goûts raffinés.

Allmen vit dans la maison du gardien de ce qui fut sa propriété. La serre y est devenue son salon, il peut y jouer du piano ou contempler ses rayonnages. Allmen est un grand lecteur.

Allmen est un homme d'habitudes : il fait une sieste tous les après-midi, et quand il se résoud à voler quelque chose, c'est toujours la même chose.

Allmen est protégé par un domestique, Carlos, clandestin et bénévole, sans conteste le meilleur cireur de chaussures du monde mais très, très cachotier et très peu loquace.

Et l'intrigue ? Une histoire de libellules pas en toc dont Allmen et Carlos se sortent très bien, en attendant leur prochaine aventure.

Athalie

PS : friandise qui a sauté dans mon escarcelle grâce à

http://voyelleetconsonne.blogspot.fr/2011/06/une-enquetre...

 

06/07/2012

Bleu catacombes Gilda Piersanti

bleu catacombes,gilda piersanti,romans,romans policiersUn petit polar bien énervant et frustrant.

J'aurais dû m'en douter parce que cela a commencé dès le moment du choix devant les rayonnages. Je savais qu'il s'agissait d'une série de quatre romans, formant un cycle saisonnier ( "Les saisons meurtrières"), mais je voulais le premier, or pas moyen de savoir lequel l'était. Chaque titre comportant une couleur, je me suis dit bêtement que la couleur était symbolique de la saison. Donc, j'ai procédé logiquement (pour moi) : "Rouge abattoir" ? le rouge, c'est l'été, donc pas le premier. " Vert Palatino", le vert, c'est le printemps, donc pas le premier. Que je sache, l'année débute par l'hiver, même si on apprend à réciter les saisons à partir du printemps à l'école, ce qui n'est pas logique. (mais bon, c'est peut-être parce l'année scolaire commence en automne qu'après, c'est tout chamboulé, allez savoir ...). Le "Jaune ..." n'était pas là, mais je me suis dit que c'est n'était sûrement pas le premier, parce jaune, c'est proche de l'orange, et que donc, c'est l'automne. Donc, j'ai pris "Bleu catacombes", un peu par déduction, comme je viens de l'expliquer quelque peu longuement, et aussi parce que les catacombes, c'est la mort, le bleu celui des glaciers (très logique avec les catacombes), et donc l'hiver et donc le premier et enfin parce qu'il fallait bien que je me décide. Ben non, c'est le troisième de la série et c'est le printemps. (le bleu du ciel, sans doute ?)

Rome, le printemps, des têtes coupées en série, une escapade à Venise, un fond d'histoire de l'art (Judith et Holopherne, Arthémisia ...), un soupçon d'histoire romaine, le tout shaké bien malsain, il y avait tout pour me plaire.

Sauf que :

  • On connait les coupables dès le premier chapitre et les coupables sont des femmes fatales au charme envoutant.
  • Le récit s'attarde sur la description détaillée des sous-vêtements de l'enquêtrice avant leur lavage. Vu qu'elle ne veut pas les laver chez son nouvel amant qu'elle aime et qui l'aime ...
  • Que le commissaire a une otite et que son fils a disparu depuis longtemps (en Inde, je crois), que sa femme est malade depuis et que l'enquêtrice, c'est comme sa deuxième famille, parce que la première, elle n'est pas terrible.
  • Le petit copain de l'enquêtrice, il est historien d'art et sa collaboratrice lesbienne, ce qui ne change rien à leurs rapports ni à l'absence d'enquête (mais pas à l'absence d'enquêtrice, on ne voit qu'elle !)
  • Les concierges raisonnent en flic et les flics en concierge.
  • Les victimes sont aussi transparentes qu'un glacis sur une fresque du quatrocento ( ce qui ne veut rien dire, mais c'est exprès)

Pour conclure, des ingrédients savoureux noyés dans une sauce insipide.

Athalie

La note que j'aurais dû lire avant :

http://echappees-livres.blogspot.fr/2012/04/bleu-catacomb...

29/05/2012

La muraille de lave Indridason

imagesCAC52HOL.jpgSigurdur Oli, j'ai mis un moment à le resituer. Il fait partie de l'équipe d'Erlendur, soit mais où ? à droite au fond, sûrement, derrière la plante verte, petit falôt formé à des méthodes américaines, ce coup-ci, c'est lui qui mène l'enquête. Les enquêtes, en fait, enfin enquêtes, c'est un bien grand mot et menées aussi. Le dépressif principal est parti en vacances on ne sait où et ne donne pas de nouvelles, comme dans le dernier du même auteur, La rivière noire où c'était Elinborg qui s'y était collée. Sauf que elle au moins, elle était toujours pressée, surbookée, les courses, les enfants qui posent problème, elle s'endormait en zappant devant la télé et tout et tout. Normale. Alors que Sigurdur Oli, c'est le genre belvédère qui a perdu son gaz, il a égaré sa femme sans s'en rendre compte, ne boit pas, ne fume pas, regarde des matchs de sports pas islandais comme d'autres regardent les vaches regarder passer les trains. D'où des enquêtes à sa mesure.

D'abord, sa mère veut qu'il retrouve l' infâme voleur qui pique le journal d'une de ses amies vieillissantes, de droite, comme elle, tous les dimanches matins. Il se met en planque, et râte l'infâme. Ce pourrait être drôle, ça ne l'est pas.  Mais notre sobre enquêteur n'a pas qu'une mère snob et vaguement castratrice, il a aussi  (ben oui) des amis, dont un qui va lui demander de régler "à l'amiable" une affaire de chantage bricolée par des amateurs pour le compte d'une vague connaisance de l'autre qui ne veut pas que ses partouzes nuisent à sa carrière politique. Ce que l'on peut comprendre, en soit, mais c'est long à écrire et en fait, ne mène pas à grand chose. Sigurdur s'en mêle donc, se prend les pieds dans le tapis de sa hiérarchie et de fausses pistes en vrais leurres, confond tout sauf les coupables : accuse un mari, et finit de perdre sa femme ( ce que l'on comprend  ...) . Quand on arrive enfin dans les hautes sphères du pouvoir financier, dont les vrais coupables attendent l'explosion, ben, c'est tellement loin du point de départ, la collusion d'intérêt, le blanchiment d'argent sale, les taux d'intérêt factices et tout le tremblement des geysers artificiels, qu'on y croit plus vraiment. Sauf à une sorte de hasard qui nous a amené là. On monte quand même jusqu'à la montagne de lave, mais uniquement parce que c'est trop tard pour faire demi tour.

Les recherches tâtonnées de Sigurdur Oli s'entrecoisent avec le récit de la vengeance pathétique du "petit Drési" sur le salaud qui a fait de lui une épave, peut-être le meilleur du roman, mais les deux fils sont mal raccrochés et ça balotte.

Bref, la figure de l'enquêteur alcoolique et fatigué est peut-être lassante à force de redites ( voir Ellory Les anges de New-York) mais alors celle de l'enquêteur et propre sur lui et sans compassion et presque sans faille est lisse comme des pages où il ne se passe pas grand chose ...

Athalie

07/05/2012

Les anges de New York R.J Ellory

images.jpgTraduction du billet d'Anonymous par Athalie ( traduction libre de droits) :  " C'est quoi cette putain d'enquête avec ce putain d'inspecteur dans cette putain de ville qui avait des putains de saints ... ? "

Ce en quoi Anonymous exagère quelque peu parce que si les saints sont bel et bien vérolés, il n'y a qu'une prospituée réelle dans cette histoire, elle est même plutôt sympa, même si pas souvent là, et de toute façon, elle s'appelle Eve, ce qui doit être un clin d'oeil appuyé ou je ne m'y connais pas en références bibliques. Et Franck Parish, l'inspecteur, le héros, il a bien besoin d'une âme charitable pour s'étancher vu qu'il se trouve dans une sorte d'impasse, un petit enfer qu'il s'est fait avec les dents. Divorcé, sa femme le déteste encore, un grand fils auquel il n'a pas parlé depuis déjà un certain temps, sans qu'il sache vraiment pourquoi,, une grande fille qu'il bichonne tellement que l'amour paternel vire au harcèlement, et une culpabilité qui vire à l'obsession, sans compter la mort de son dernier coéquipier, son alcoolisme persistant, la moitié de sa paie en moins et plus de permis de conduire. Il est collé de près par sa hiérarchie qui lui a collé une psy, d'office et obligatoire. Ce qui fait beaucoup pour un seul homme, même si il l'a bien cherché son carcan.

On comprend aussi que sa dépendance principale, c'est son boulot, l'honneur de son boulot, même si cet honneur se passe de la légalité, sur la tangente des règles et des cadres, un gars pas droit mais pour le droit.

Une nouvelle enquête commence, un corps d'une jeune fille de seize ans, pas violée, en apparence, ( ben oui, faut des stades dans l'horreur ...), mais aux ongles bien vernis et aux cheveux coupés, pas comme elle devrait être : une puis deux, puis trois, puis ... et même si notre enquêteur plombé trouve rapidement le lien et tente de tisser la toile, les fils sont si tenus que l'enquête n'avance pas et ça le mine et le plombe encore plus. Sans compter l'autre mine, la souterraine, le père et sa toile d'araignée à lui, l'intime, et l'officielle. L'officielle : John Parish faisait parti des "Saints de New-York", et il a nettoyé la ville de la pègre et la mafia, il est mort au champ d'honneur, couvert de médailles et de gloire sanctifiée.  L'intime : John Parish  est un immonde salaud corrompu. Comme Franck est sommé par sa hiérarchie de suivre une psychanalyse en interne, le lectuer oscille entre les les deux lectures, l'épique et l'incertaine.

La construction du roman est dans la plus classique de celle des romans d'Ellory que j'ai lus jusqu'ici, un coup d'enquête dans le présent, un coup d'enquête dans le passé, et on recommence, sauf que comme l'enquête sur les meurtres avance doucement, et que la psychanalyse aussi, au bout d'un moment, on n'avance plus tellement ni sur un des terrains, ni sur l'autre, on piétine, et de redites en redites, le côté inspecteur au bout du rouleau mais tellement humain, lasse. Une petite déception donc, mais qui ne m'empêchera pas de me jeter sur le prochain du même auteur.

Athalie

PS : les anciens du même auteur : Seul le silence, Vendetta, Les anonymes

 

02/05/2012

Saints of New York R.J. Ellory

imagesCA6T3Z07.jpgHell! What am I supposed to say about that fucking story? Well that guy, Frank Parrish, from the NYPD is sure in deeeeeep trouble right from the beginning. To start with, his last partner Mike was killed and we don't really know why the fuck he was. Of course, Frank is divorced, has two kids and spends most of his free time hitting the bottle. Franck sees a shrink everyday because he's a liability to the NYPD. Needless to say, Franck's dad was a cop too, one of the best: a Saint of New York. He thinks the cops are doing their job, but nobody cares. Sounds like we heard the story so many times, doesn't it?

STEREOTYPED BULLSHIT?

Well, I wouldn't say so. Why? you may ask. Because the fucker knows how to tell a story. Not because he did creative writing studies like so many do now in the States (besides, Ellory's a fucking Brit) but because of of his skill to fathom the darkness of Joe Blog and write about it, like it is. Saints of New York is more ... let's say, blunt, than his previous books, not darker. The reader gets hooked right from the beginning and the end of the story, how's that for a change, is not anticlimactic. Just started reading his latest one: Bad Signs. 'tell you about it soon, in French. This was just a private joke.

Anonymous

20/04/2012

L'île des chasseurs d'oiseaux Peter May

Gugas_at_Port_of_Ness.jpgFin est écossais, et policier. Il voudrait bien être autre chose, ingénieur en informatique par exemple, mais pour l'instant, non. Comme il vient perdre son fils de huit ans, il est plutôt mal en point, son couple avec Mona bat de l'aile et lui aussi. Juste avant ce drame personnel, il y avait le professionnel : un meurtre avec pendaison et éventration post mortem. Fin vit à Edimbourg mais vient de l'île de Lewis, qu'il a fui dix-huit auparavant, il va devoir y retrouner parce qu'un meurtre similaire au premier vient d'y être commis, une île sombre comme sa mémoire, comme échappatoire imposée à sa douleur intime, une cautère sur une aile de bois .... Pas vraiment chargé de l'enquête, pas vraiment de retour non plus, entre deux, il retrouve, suit des fils, des trames qui se dispersent dans la brume, des vieux copains qui se trainent des souvenirs pas en meilleur état que les "black house" qui se délitent face à la mer, et le souvenirs font des trous à l'âme.

C'est un policier pluvieux et venteux, avec un enquêteur à qui il arrive plus de tuiles en une vie qu'un toit écossais puisse en perdre pendant une tempête, sans compter qu'on y glisse beaucoup, des toits, des falaises, des illusions, dans ce roman. 

L'île de Lewis est un drôle de monde, à l'écart des siècles, avec ses croyances qui vacillent mais plombent quand même sacrément l'atmosphère. Fin y a vécu, d'abord dans une maison repeinte en violet parce que son père avait dégotté sur la plage un énorme baril de peinture, comme un naufrageur des temps d'avant, quand la fureur des tempêtes était aidée par les feux que la pauvreté des hommes allumait sur les rives. Puis, la première tuile est tombée.

D'autres relents des temps anciens taraudent encore, surtout une, celle de la chasse aux bébés oiseaux des albatros, les gugas. Une fois par an, douze hommes de Lewis partent pour ce rite initiatique et fondateur : pas moyen d'y échapper. Quinze jours en autarcie sur un rocher pour massacrer des oiseaux sur un îlot rocheux qui pue et qui glisse, pour ramener sur la terre ferme ce met de choix, qui sera savouré sans savoir, délicate chair en bouche, ce qu'il en coûte vraiment. C'est un peu comme la lectrice de polar, en fait, qui s'en délecte les babines, des tuiles de Fin.

La cruauté de la lectrice n'a d'égal que celle des amatueurs de tourbe brûlée. ( dicton dictée par une faute de faute, et complètement idiot, j'assume)

 

Athalie

PS : merci A.B. encore un conseil qu'Ark vAdor aurait  gardé pour elle (lui ?)

12/04/2012

La souris bleue Kate Atkinson

la souris bleue kate atkinson,roman anglaisMon homme vient de le commencer, et il me dit, "ça commence, bien, La souris bleue", un bain de sang ! Moi "Ah tu es au troisième antécédent ?" Lui : "Non, au deuxième". Il a raison. J'avais oublié les bains de sang. C'est parce qu'ils sont en sourdine, giglant mais en sourdine, comme une douleur qui ne jaillirait pas vraiment, du moins dans l'écriture qui tournicote autour.

La souris bleue est le nom du doudou d'Olivia, une peluche rapée et un poil fatiguée d'avoir été tortillée, un doudou normal. Olivia est la soeur cadette d'une famille de quatre filles, c'est elle la parfaite, la mignonne, l'attachante, la seule aimée, la future victime, la disparue depuis trente ans, un soir d'été, de la tente surchauffée dans le jardin, elle n'est jamais revenue. Fille de Victor et Rosemary ; Victor, pas vraiment un père, une ombre de grand mathématicien et un pauvre type, Rosemary, une mère déjà lassée de l'être à force de l'être trop souvent et de l'avoir été trop tôt. Les trois autres soeurs ont survécu. Premier antécédent.

Deuxième antécédent ; Théo et Laura. Théo, le père en mère poule bien ronde, et Laura, sa fille préférée et parfaite. Un hasard ou deux et le sang gicle.

Troisième antécédent ; Michelle, Keith et le bébé qui pleure, les heures de sommeil qui se grapillent, le temps pour soi contre le temps de la perfection, sauf que l'exaspération rode et la hache flotte par là.

Ouais, mon homme a raison, ça a l'air grave, finalement.

Fin des antécédents ; arrive Jackson, il est détective privé, enfin plutôt vaguement quand même, parce qu'il a surtout mal aux dents et recommencé à fumer. Avant, il avait une femme, une maitresse femme depuis  reconvertie en femme d'intérieur, mais avec un autre, et il a lui aussi une fille : huit ans, elle lui claque le coeur comme une petite bombe qu'elle menace d'être. Lui aussi, il a un antécédent, le numéro quatre, mais on ne le saura que quand les fils des autres seront emmélés les uns dans les autres, sans que l'on ai vu vraiment comment. Pas grave.

Jackson rêve d'une retraite dorée dans un pays de cocagne où la baguette pousserait sur les placettes à pétanque. Sans rire. En attendant, il n'a qu'une enquête sur le feu, et elle ne brûle pas, ni ne fait bouillir la marmite : une hôtesse de l'air bonâsse soupçonnée d'infidélité par son mari idolâtre alors qu'elle passe son temps à tondre sa pelouse, faire des courses et la gueule. Il la suit d'ennui, clopes au bec. Une vieille aux chats lui fait faire quelques premiers détours : toquée fasciste persuadée qu'on ne lui vole que ses félins négros.

De fil en pas d'aiguilles, de suiveur pépére en séducteur malgré lui, de détours en méandres, Jackson va arriver au bout du labyrinthe ; et nous avec, accrochés aux fils de ses virages, circonvolutions, têtes à queues improbables et illusoires romanesques, on s'accroche à la lenteur d'enquêtes qui n'en sont même pas. Enfin, pas des vraies, sauf que c'est juste à savoir comment les pères aiment leur filles, que deviennent les filles disparues (ou pas) dans la tête des autres, ceux qui restent à compter leur âge, trouver, retrouver leur visage et que sont les pères devenus.

C'est drôle et triste comme une souris bleue au fond d'un tiroir, comme une vieille fille qui va à l'enterrement de son père en collants rouges, comme une comédienne ratée mais super sexy.

Une histoire de gâteau en chocolat avec de la crème anglaise dessus et un couteau à l'intérieur. Un vrai régal.

Athalie

 

 

 

 

 

 

01/04/2012

Code 1879 Dan Waddel

image_sorties_id34.jpgBon, il faut que je me dépêche de le noter celui-là, avant qu'il ne disparaisse de ma mémoire, vu que j'ai déjà un peu perdu le fil. Heureusement, y'en a pas deux.

Le fil : en gros, une série de meurtres qui se rattachent rapidement les uns aux autres, comme des petits clips qui se clipsent en faisant "hops, c'est là que je suis, moi". Sur les corps, il y a des codes à décrypter (ça ce fait super vite en plus, dès le premier "et hops, voilà ça de fait !"), et voilà le généalogiste qui passait par là embauché pour sonder le passé. Ben oui, parce qu'il y a aussi une mise en scène des corps et des "modes préparatoires" qui laisse penser, que la série est une redite, que la pièce a déjà été jouée une fois, avec une autre série de corps, dans un Londres plus brumeux, celui des bas-fonds de l'ère victorienne. Tout ça pour dire qu'on peut tous avoir un cadavre logé dans le placard du passé et qu'il faut faire gaffe quand la porte s'ouvre.

Les personnages, l'inspecteur, le généalogiste et l'inspectrice sont juste à point, comme il faut, retournés sur les deux côtés, pas trop saignants et avec tous un petit "poids" sur la conscience : le père tant aimé, une étudiante un peu trop aimée, et l'inspectrice on ne sait pas trop encore, mais comme il semblerait que ce soit le premier d'une série, on sent bien qu'elle va se taper l'incruste chez le génénéalogiste et peut-être même mettre un peu d'ordre dans le tiroir des tire-bouchon.

Dans la narration, il n'y a pas de tiroirs (juste un petit placard à la fin) donc, y a qu'à suivre l'enquête en double, si l'on veut, avec cinq meurtres commis dans le passé brumeux et donc cinq qui vont l'être aujourd'hui, avec indices concordants et course contre la montre pour le dernier. Du balisé.

Moi j'aurais bien aimé un peu plus de victorien à la Jack l'éventreur, avec du relent bien malsain et des miasmes bien putrides. Mais, bon, quand y'a pas, y'a pas.

Un roman à réserver à un après-midi dans un transat, une soirée sous la couette, selon saison ou degré de frilosité.

Athalie

En illustration, une spéciale dédicace en forme de blind test pour Anonymous.

25/02/2012

Jaloux Sandra Brown

jalousie-poison.jpgIl a des qualités ce roman , un petit parfum du sud, de celui du Prince des marées, d'un côté et de l'autre, des traces de Woody Allen, ce qui rend du coup l'ensemble un peu décevant, peut-être, en comparaison.

L'intrigue n'a rien à voir avec les deux références ci-dessus évoquées, on est dans un polar plutôt bien fait, avec des intrigues parallèles qui finissent par converger, normal, et un roman dans le roman aussi, là, c'est assez bien vu, le fictif qui rejoint un autre fictif, ça fait deux couches de fictif, et plus il y a de couches, mieux c'est confortable, logiquement, sauf que là, c'est bancal.

Couche numéro 1 : un couple new-yorkais, enfin, un couple, c'est vite dit. Y'en a quand même un, le mari, Noah,  qui prend l'autre,  Maris, sa femme donc,  pour une andouille frigide. Les deux travaillent pour une maison d'édition qui appartient au papa et beau-papa. Tradition oblige, on publie de la qualité et on reste indépendant. Le côté bourgeoisie soft, fauteuil en cuir et pipe en bois du côté de la fille et du papa. Par contre, le gendre, c'est clinquant et sexe libre, il veut secouer les boiseries et revendre en douce l'affaire du beau-papa, et cela fait un sacré moment qu'il y travaille à son complot.

Couche numéro 2 : un prologue arrive dans le bureau de Maris. Enthousiaste, elle décide de rencontrer l'auteur. L'auteur ne veut pas. Elle y va quand même, avec ses habits de petite bourgeoise new-yorkaise quindée, et débarque sur une île perdue, dans une ancienne maison coloniale, où séjournent un étrange majordome et un butor d' handicapé en fauteuil roulant qui se dit auteur. celui-là aussi, cela fait un sacré moment qu'il fourbit sa vengeance ...

Et voilà, c'est tout comme ça, il y a plein d'idées, des pas mauvaises du tout d'ailleurs : entre deux géographies : new-york et le monde de l'édition, les requins qui forniquent, et l'île, le sud étouffant et ses fantômes d'amour et de mort qui rodent et ressurgissent.

Seulement voilà, l' écriture m'a gênée, cédant trop souvent à mon goût à des facilités frisant le cliché, des formules qui se plaquent et claquent la porte au nez de l'émotion et du suspens. Evidemment, je me suis dit "traduction or not traduction" ? Gardons lui le bénéfice du doute ...

Athalie

 

17/02/2012

Meurtres en bleu marine C.J. Box

meurtres en bleu marine,roman américain,roman policierVoilà du bon vieux polar, robuste, bien calibré, solidement mené. Les bons et les méchants, bien nets, bien brillants, les intrigues croisées qui se nouent au bon endroit juste comme on avait compris, mais trop trop non plus. Et puis, on a bien peur, peur entre autre de céder à la tentation d'aller voir plus loin, juste quelques pages, juste pour voir si ou deux ou trois noms sont bien toujours là. Heureusement, les chapitres sont courts, ce qui fait qu'on peut vite être rassurée, ou non, faut quand même se méfier ....

D'abord, il y a Annie et son petit frère, William, leur mère Monica. Maman pas très sage, un peu cabossée de l'amour. Est passé par son lit un un beau mâle, Tom, ce qui ne serait pas trop grave, sauf qu'il n'a pas eu la délicatesse de s'éclipser avant le petit déjeuner des enfants et voilà la maman prise en flagrant délit de promesse non tenue et sa Annie en colère. William pas trop, il est très content de pouvoir, peut-être aller à la pêche ... Autre promesse non tenue. Sauf par Annie, qui de colère l'entraine au bord de la rivière.

De pêcheurs potentiels, les deux enfants deviennent gibier, parce que'ils vont voir ce qu'ils n'auraient pas dû voir : l'excécution froide d'un homme par quatre autres. Et ces quatre là, ce ne sont pas des gardons ni des truites d'élevage, plutôt le genre brochet mâtinés barracuda. Et ils savent lancer le filet, resserer les mailles et manipuler le menu fretin de ce coin perdu des USA, l'Idaho, petit coin de bouseux qui menacent parfois ruine.

Heureusement, parmi les bouseux manipulés, il y a aussi les gentils, surtout un en fait. Cabossé aussi, taiseux, et les deux bottes du bon côté de la cloture : un homme bien des grandes montagnes, enraciné dans son ranch, l'intégrité faite cow-boy, et aussi d'autres figures qui relancent l'allure : une postière de mauvaises rumeurs, un banquier qui a peu dérapé, un flic à la retraite débarqué là et accroché à sa derniere quête sans avoir vraiment l'habitude de la pêche au gros.

Du classique donc, les méchants puissants et retors, les gentils impuissants, mais tellement mignons, qu'on ne voudrait pas, surtout pas,  d'une surprise loin des sentiers battus, qu'un ours mal placé sorte du bois, qu'un cheval au galop ne saute pas les obstacles.

Athalie

PS : merci Annie pour ce joli passe vacances.