Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/07/2011

Entre dieu et moi, c'est fini K. Mazetti

ma-soeur.jpgHier, je suis allée m'acheter des livres, cartes de fidélité en poche (plus ou moins au complet, cause, j'en ai paumé une mais c'est pas grave, je suis dans la machine informatique, et une autre, cause, il faut la faire valider avec une pièce d'identité, trop dur de penser à tout en même temps) et ma liste de "lectures prévues pour un été lourd" dans une autre poche de mon sac. Blindée, prête à faire une bonne razzia (genre certaines chez IKKS pendant les soldes). Je n'en avais plus que quatre ou cinq d'avance, par conséquent, angoisse possible devant un possible manque de choix et, de poids : ceux d'avance, c'étaient que des gros. Par contre une inconnue de taille : en avait-il des petits dans la liste des "prévus" ?

Suspens insoutenable ... D'autant plus que sur les rayonnages, juste un des "prévus". Mais, petit, donc, pris. Hors de question de rentrer avec si peu, on va en trouver des pas prévus sur les présentoirs ... Résultat, retour avec un petit tas de petits "pas prévus" en alternance avec des sujets lourds (L'origine de la violence, HHhH,  ... ) et des légers dont Entre dieu et moi s'est fini de K. Mazetti, parce que j'avais bien aimé Le mec de la tombe d'à côté.

Les quelques 20, 30 premières pages, j'ai vraiment eu envie de le laisser tomber. Envie de légereté, mais quand même ... j'avais l'impression de lire un des sélectionnés du prix ado, je n'ai rien contre le prix ado, bien au contraire, mais bon, là je suis en vacances ... C'était drôle et bien écrit mais bon, sujet grave d'ado ... UNE HISTOIRE D'AMITIE BRISEE PAR LA MORT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

La narratrice Linnéa, ne peut accepter la disparition de sa meilleure amie, Pia, son double, son âme soeur. Pia était une tombeuse, Pia était drôle, Piapiapia ... Mais voilà, Pia a gardé son secret et est partie avec. Linnéa n'a gardé qu'une grand-mère excentrique tireuse de cartes, son petit frère adoré, les soucis amoureux de son mère, son mur des lamentations perso et même plus de chagrin d'amour.

Résumé comme ça, évidemment, ça fait ado grave. Pourtant, au fil des pages, l'impression de s'être égarée dans le rayon taille 16 ans, et "vous n'auriez pas le même mais en rose avec des paillettes et des bretelles transparentes" (citation véridique que je tiens de ma frangine préférée, responsable du rayon vêtement dans une grande enseigne, aussi fréquentées par les A., mais où on va moins faire les soldes, vu que ...), s'estompe. Car c'est quand même fitrement bien écrit, de moins en moins drôle et de plus en plus attachant. J'ai fini par lire avec un brin de sourire nostalgique aux coins des lèvres. Ben, oui, pas si loin d'une certaine tristesse, celle de cet âge là et puis comment on fait avec la peine, celle que les autres n'ont pas, quelque chose comme ça.

Pas tout à fait une bluette rose bonbon, et sans paillettes, finalement.

Athalie

 

10/07/2011

Dans la main du diable Anne Marie Garat

montreux_bateau.jpgUne rencontre sur un plateau littéraire à Saint Malo, je suis avec la copine A.O., je ne sais plus pourquoi on avait décidé de voir ce plateau-là, pour garder nos bonnes places pour le suivant ? comme souvent ? parce que l'on était interessées par un des auteurs ? autre que Anne Marie Garat, puisque elle, et là j'en suis sûre, on ne connaissait pas, niet, nada ... qui  n'a d'ailleurs pas vraiment parlé de son livre, plutôt de l'acte d'écrire, en général, comme habitée par ça, allumée de l'intérieur par ça ... Une drôle de bonne femme, s'est-on dit (A.O. dira).

Après, passage au salon du livre, juste pour un dernier tour, il est tard, on va partir, et puis Anne Marie Garat est aussi entourée de ses lectrices, admiratrices, ferventes, elles aussi. Elles parlent, mais parlent vraiment, comme je ne savais pas qu'un auteur pouvait parler à ses lectrices, l'auteure est dans son oeuvre et parle de ses personnages, elle semble là encore les habiter, comme si ils étaient vivants, elle cause sans arrêt, ne les vend pas, elle les retrouve. Impressionnant.

Et c'est comme cela que je me suis retrouvée avec un gros pavé écrit tout petit entre les mains, énorme paquet de mots. Pas livre, mais un navire, un paquebot, un transaltantique de la Belle époque avec des femmes en voilettes qui passent dans la brume. L'équipage, les personnages sont chacun bien à leur place, à leur poste : au premier plan, l'héroïne, Gabrielle, orpheline d'origine hongroise, recueillie par sa tante et la servante, amoureuse transie du beau cousin aventurier ténébreux qui a disparu ..., par grand amour desespéré, elle se fait passer pour une institutrice et s'introduit espionne, galvanisée par un mystérieux "ami", aux motivations d'emblée énigmatiques, dans une famille fortunée pourvandeuses de gâteaux en sachets. Il y a aussi la petite fille oubliée par son "papa" mais qui va retrouver goût à la vie ;  la vieille grande bourgeoise, chef de famille tyrannique et égoîste, fidèle fiffille de son père tutélaire, qui ne quitte pas du coeur un vieux bol de café, mais ses enfants, si ;  le fils médecin, bel homme sensuel qui s'ignore, rongé par un mal secret, mais fidèle à la parole donnée ; l'autre fils, enfiévré de cinématographe, pionnier insouciant à la recherche de sa muse ; les deux filles, l'hystérique amoureuse de son fils, et l'autre, la délaissée genre Madame Bovary des temps post modernes ... Ne pas oublier la grande amie fidèle, pianiste aux tendances saphiques, le jeune anarchiste aux yeux de biche, le commissaire débonnaire mais dont il faut se méfier, son parapluie est "piégeux" dirait Vargas et plein d'autres, les bonnes, les gouvernantes, le père grand voyageur collectionneur aristrocratiquement détaché de ce monde, le jeune patron d'industrie juif, dont on se doute que ... au prochain tome .... (parce qu'il en a trois comme ça)bi3ba3qv.jpg

C'est gros, donc, ça foisonne, parfois de clichés,47980324.jpg comme un bon gros roman noir populaire à la Eugène Sue, les bas fonds, les crimes impénitents, un petit tour à Venise qui se berce au Lido, croisement de "Mort à Venise" et de dévociatons (j'assume ce néologisme incongru) révolutionnaires . Parfois, des longueurs, des répétitions, mais aussi des gourmandises, des trouvailles de rythme, des tournures, pas seulement de robes, mais aussi de mots, les dernières pages : descriptions de photos, une analyse du rapport au temps et aux souvenirs qui bruissent d'un temps qui était aussi celui de Proust.

Une jolie lecture, mais pour s'embarquer là dedans, beaucoup de temps devant soi, pas grand chose à faire, juste tourner les pages, et il y en a beaucoup.

Athalie

 

02/07/2011

Les fleurs de lune Jetta Carleton

fleur_de_lune.jpgJe ne savais plus quoi lire et c'était avant "Etonnants Voyageurs", donc je rechignais à entamer le potentiel des découvertes, et ne souhaitais guère dilapider, dans tous les sens du terme, le capital à investir dans du papier qu'on tourne en gardant les yeux dessus et en ayant la tête ailleurs. (Ce qui veut dire que l'on ne REGARDE même pas ce que l'on achète ...)

Donc, recours à d'autres sources pour avoir une idée ou deux pas trop nazes. En l'absence de conseils des copines ou de mes collègues grandes lectrices, deux moyens possibles et récurrents : les blogs de lectrices (dont je me méfie à cause des trop grandes tentations) ou la sélection des librairies.

Les fleurs de lune, ce fut donc la sélection des librairies. A priori, avis favorable, quoique le bouquin était aussi estampillé " sélection du Prix des Lecteurs", dont je me méfie comme de la promotion des éditions du livre de poche, vu que les lecteurs d'une seule maison d'édition, c'est pas fiable, et que je ne les connais pas, en plus. Pas comme les A. Donc erreur possible.

Finalement, pas une erreur, pas une découverte. Classique sans plomber le poncif (ou juste ce qui est supportable) Il faut quand aimer le thème "histoire de famille avec secret caché se déroulant dans l'Amérique profonde des années 50". Moi, je suis fan, donc ça fausse.

Les fleurs de lune, ce sont des fleurs qui s'ouvrent quelques instants à la tombée de la nuit, spectacle rare et précieux, du moins pour la famille à secret caché dont il est question. Ce sont, je le suppose, symboliquement, aussi les quatre filles de Matthew et Callie Soame, dont on suit tour à tour les secrets de vie, en alternant les points de vue, évidemment, classique et pas déroutant, j'ai dit, on suit. (Le premier chapitre a quand même un goût de pépin de pommes au pays de Oui-Oui : on fait des confitures toutes ensemble, on se baigne toutes ensemble dans la rivière ... Papa est quand même quelque peu absent, mais bon, comme on sait qu'il y a un secret , on s'attend, on suit.)

Les quatre fille ont chacune leur destin , leur récit, leurs tentatives de sortir du carcan moraliste de cette époque-là, de cette société-là. Pas plus, pas moins. Plus ou moins féministes ou révoltées. Pas plus pas moins. Le carcan s'ouvre petit à petit, mais reste un carcan, quelque chose par rapport à quoi on est jugée, jaugée, conventions sociales, familiales, religieuses. Et, finalement, ce que j'ai trouvé de plus interressant, c'est les deux récits des parents qui encadrent quasiment ceux de leurs filles : le père à double face et la mère à fond secret, alors que tout paraissait si limpide de son côté à elle et si trouble, de son côté à lui.

Lecture balisée, soit, mais moi, j'ai suivi jusqu'au bout le chemin de lectrice que l'on m'avait tracé.

Athalie

19/06/2011

Le goût des pépins de pomme Katarina Hagena

936fdef3oc-playtime.jpgY'a des lectrices qui sont piègeuses ... j'ai connais une, on pourrait faire un concours, mais pire, je ne connais pas ... elle ne lit pas, elle dévore, elle ne vous parle pas d'un livre, elle vous fait saliver et croustiller sous la dent un festin de mots à venir ... Du coup, vous avez toujours l'impression d'être passées à côté du dernier chef d'oeuvre inconnu et frustrées et bavantes d'envie, après vous courez vers le premier point de vente venu..., carte de fidélité en main (retrouver vite faite la bonne, je veux dire celle correspondant au point de vente où vous vous trouvez, n'étant pas toujours chose facile, surtout en salivant ...).

C'est ainsi, qu'il y a déjà un certain temps, (parce que maintenant, je me méfie de ma diseuse de belles aventures ..), je me suis retrouvée avec Le goût des pépins de pommes dans les mains....

Le titre est joli, la couverture aussi, d'ailleurs, et il y a (au départ, du moins) pas mal de choses que j'ai trouvées aussi jolies dedans. Et pour faire métaphore facile, un goût de pépins de pommes, un goût d'enfance et de jardin d'enfance, un goût de fleurs fleuries et puis fanées (je vous épargne les confitures, mais y'a aussi) un goût de verre de vin, le soir, bu après un jour de soleil, les fesses sur le perron en ciment de la maison, encore chaud, puis tiède. (pas le vin, il reste frais, sinon, ce n'est pas romanesque, ça devient réel, ce qui est moins drôle). La maison, pour moi, c'est la seule vraie héroïne du roman. Iris, la narratrice vient d'en hériter, elle ne s'y attendait pas, a sa vie ailleurs et ne sait qu'en faire (des deux, d'ailleurs), et, en attendant de se décider, elle reste quelque temps, s'occupe du jardin ... cette maison, celle de Bertha, la grand-mère, elle transporte ses ombres, cette grand-mère d'abord, fragile comme une figure qui s'effrite, une mémoire qui tremble, celles des trois soeurs, chemins un peu brisés, dont celui de la soeur rousse, celle qui aimait trop les pommiers. Leurs vêtements laissés là, sont comme des petits fantômes dont Iris se déguise pour aller (entre autre) en vélo, se baigner dans un lac aux eaux trop fraiches.

Et c'est là que ça commence à sentir le roussi, le sombre secret de famille, un plat mijoté et déjà consommé, et puis l'histoire d'amour entre Iris et un lointain camarade d'enfance, au départ, une sorte de lourdaud campagnard quelque peu collant, puis prenant de l'ampleur, romantique chevalier servant. On glisse vers la plus convenue des eaux de rose pâlichone,(du jardin de la grand-mère ou pas ...)  surtout dans les dialogues de ces deux amoureux qui ne le savent pas encore mais qui, tout en le sachant, mais en ne le sachant pas ...

Du coup, ça contamine un peu les restes : " Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli." Soit. " J'en déduisis que l'oubli n'est pas seulement une forme de souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l'oubli". Resoit.

Remétaphore trop facile, (mais ne serait-ce pas plutôt une synecdoque ...?), un goût de réchauffé ..

Athalie

 

16/06/2011

Testament à l'anglaise Jonathan Coe

Encore un en langue anglaise (j'avais écrit "encore un anglais", ça sonnait mieux comme attaque, mais c'était pas vrai, par rapport à Auster, je veux dire ...), encore un jubilatoire, (sauf que là, c'est parce qu'on aime les détester les personnages, pas qu'on aime les aimer, mais ça fait le lien, aussi), encore un que sûrement beaucoup ont déjà lu.

MEISTE~1.JPGOn peut ne pas aimer la fin (mon homme, par exemple, a émis quelques réserves) : artificielle, soit, incohérente, soit, un pastiche revendiqué d'une Agatha Christie qui aurait trop bu de thé aux alouettes, ou toute autre substance particulièrement explosive, soit. Moi, j'ai adoré, quand la satire sociale se déjante, et bien fait pour eux à tous ces salauds, et que ça saigne, et qu'on se venge, nous les lecteurs, qu'on les crucifie et les égorge. ça fait du bien, par procuration, d'avoir du sang de pourris sur les lignes ...

Le principe narratif est simple : Mickaël Owen est un écrivain raté, à peine raté en fait, puisqu'il n'écrit rien. Il végète, fait sa plante verte solitaire devant sa télé ... quand le vase Mingh lui tombe dessus dans la personne de Tahiba Winshaw, vieille folle incertaine, du moins décrétée telle par les membres de sa puissante famille depuis qu'un certain frère est mort quelque peu étrangement ... Tribu puissante, que les Winshaw, arbre aux branches obscures qui se déploient largement sur toute l'Angleterre, voire sur le monde capitaliste dans toute sa splendeur déjà éclose : Roddy, branche artistique, un parfait dégueulasse, même pas haut en couleur, Hilary, cactus médiatique, arriviste bling bling, le genre à écraser la bluette, Thomas et son frère Henry, rameaux jumeaux et venimeux qui étendent un système politico-financier terriblement efficace dans son cynisme abouti, le rouleau compresseur qui fait fi des marguerites et des petites fleurs des champs qui regardaient encore passer les jaguars de l'économie tatchérienne en croyant que c'était juste des gros chats .... et la dernière prédatrice, Dorothy, s'engraisse conscieusement en distillant dans notre mère nature tous les poisons qui viendront mourir dans nos assiettes, et nous avec.

Un roman construit comme une machine de guerre, aussi bien romanesque que politique. Jubilatoire, redis-je ... Même si de son côté, Mickaël  ...  même si rire de notre monde qui va de traviole alors qu'on voit bien qu'il va de traviole ... Farce satirique, oui, quoique ... peinture acerbe et acérée de notre société, oui, quoique ... Jubilatoire, quoique finalement ...

Athalie

 PS : à lire du même auteur : Bienvenu au club, Le cercle ferméLa pluie, avant qu'elle ne tombe, La vie très privée de Mr Sim

15/06/2011

Brooklin follies P. Auster

guimauve.jpg"Il ne faut jamais sous estimer le pouvoir des livres" (Paul Auster dans l'avant dernier chapitre de Brooklin follies, justement). Ni d'un manège pour enfants (ça c'est de moi, par contre) et parfois, ils se ressemblent.

En général, je n'aime pas P. Auster. Pour être plus juste, je ne sais pas si c'était pour faire mon interessante rebelle et contre tout, ou si c'était vraient sincère, mais à la grande période du Léviathan partout, non seulement je ne l'avais pas lu, je crois même ne pas avoir dépasser la dixième page, mais j'en disais même beaucoup de mal. Trop, pour à peine 10 pages vaguement lues. Je le reconnais, pour les A qui s'en souviendraient encore. Surtout la A lozérienne qui aimait Paul Auster, mais elle, elle l'avait lu.

Et puis, un jour, quelque peu lointain maintenant, mon homme m'a dit : " Tu devrais lire Brooklin follies". Il avait raison.

" Un livre sur le désir d'aimer" dit la présentation de l'éditeur. Ben oui, dans ce livre là, faut pas la bouder sa joie d'aimer, aimer les personnages, Nathan, Tom, Lucy et tous les autres, y'en a plein à aimer, faut profiter. Et puis Brooklin aussi qui devient un village à taille humaine, sans grandes avenues, ni voitures qui klaxonnent, ni drogues, ni dealers, ni violences (je ne sais pas si Brooklin est comme ça, non seulement, je n'aimais pas Paul Auster, mais en plus je n'ai strictement aucune attirance pour New-York, mais pas le brin d'un début d'intérêt, même après cette lecture réjouissante ...) C'est comme le Vermont, on aime tout, la pelouse, la soupe au cresson, les haricots, c'est tout vert, même pas de neige ... (parce qu'un moment les personnages vont dans le Vermont, faut dire, et ça, je le sais, il fait froid, normalement dans le Vermont).

C'est un livre qui tient chaud, il y a de la bluette et de la guimauve, c'est vert donc,  et rose, rose-violet, tout doux.

Nathan, le personnage principal, est au départ un vieux grincheux, atteint d'un cancer et ancien vendeur d'assurance vie. Il vient à Brooklin pour finir, solitaire, une vie peu remplie et tristounette. Et puis, le manège se met en route, d'abord parce qu'il tombe amoureux d'une jeune serveuse et puis parce qu'il y a Tom qui arrive, le dépressif qui aime les livres, et puis Lucy, sa nièce qui ne parle plus sans que l'on sache pourquoi. Et puis le destin qui tourne, le coeur qui repart ... les bras cassés qui se réparent, plus ou moins, entre burlesque idéaliste et tendresse apaisée. On n'a pas envie qu'il leur arrive d'autres accidents, d'autres cognages de la vie ; on se sort des sectes, de la pauvreté, de la solitude ... on se prend à y croire, et si nous aussi, un jour ça nous faisait ça, une paix, un berceau, comme si c'était facile et qu'il suffisait de le vouloir pour aimer et, enfin, laisser aller, enfin, le monde comme il devrait aller.

C'est peut-être un peu long, un peu mièvre, un un peu trop rose, violet et violet et rose, mais après tout, on n'est pas toujours obligé d'espérer "une fin silencieuse à une vie triste et ridicule" (paroles de Nathan au début du premier chapitre)

Athalie

PS : cette note pour A. B. (entre autres) en rattrapage pour celui sur Blues pour Elise ... Vu que Brooklin Follies, les A l'ont déjà lu.

 

27/05/2011

Hyacinthe et Rose F. Morel

hyacinthe_et_rose_400.jpgJ'ai mis du temps à la lire en entier, cette chose atypique, entre recueil de souvenirs et album illustré. Un album illustré pour adultes, pas une bande dessinée, pas un roman, pas une autobiographie. Un grand format, comme pour les enfants. Dès fois, que des images, grandes, belles, des fleurs qui envahissent la page, prennent toute la place dans les yeux, s'incurvent, et on reste devant, révassant, comme devant les herbiers que l'on a fait en sixième et retrouvé plusieurs années plus tard, quand on part de la maison pour aller à la fac et que l'on revient pour le week-end, que l'on pousse le fatras des feuilles de cours du lycée et que l'on retrouve l'enfance. Sauf que les herbiers, ils sont tout fanés et pas les fleurs de Martin Jarrie. Au contraire.

Hyacinthe et Rose, ce sont les grands parents de François Morel. Ce sont les Deschiens de sa tendresse. des petits moments de rien, d'une époque qui est passée, de souvenirs qui restent, disparates, de bric et de broc, de bouts de ficelle, il est communiste, elle aime les blouses en nylon, ils ne s'entendent sur rien mais ils aiment tous les deux les fleurs, Hyacinthe traine dès fois au bistrot, va à la messe, mais en trainant des pieds, conduit une diane, le monde de la modernité s'est arrêté là. Et Rose, bien sûr, ne conduit pas, porte des fleurs en cachette à la sacristie, aime les toiles cirées (et j'imagine le formica), fait des pommes de terre rissolées et manger son petit fils amoureux.

Hier soir, au lieu de picorer dans les textes, je les ai lus à suivre et suis ensuite aller regarder mes fleurs pousser. Elles n'étaient pas aussi belles que dans mon souvenir. Mais les fleurs du jardin de mes grands-parents, elles, étaient splendides. Et pourtant depuis longtemps disparues.

Athalie

 

26/05/2011

Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary Doumenc

affiche_Madame_Bovary_1933_1.jpgC'est mon côté "prof de lettres qui se la pète". Comme je ne vais quand même pas me lancer sur une note critique d'Emma Bovary (pourquoi pas Phèdre, tant qu'on y est), je botte en touche sur cette petite curiosité (que j'ai lu il y a longtemps, pour éviter l'ire des A, qui elles, vont au cinéma).

L'idée de départ est drôle, pas extraordinaire, non plus, pas super originale, mais quand on aime Emma, ça accroche. Emma ne se serait pas suicidée, elle aurait été assassinée, il s'agit donc de savoir par qui et pourquoi. Comme dans un roman policier logiquement construit, je veux dire pas comme dans un Fred Vargas, ni un Indridarson, il y a enquête, témoignages des suspects possibles, suppositions et solution. Pas très logique, d'ailleurs la solution ... mais ce qui est plaisant, je ne dis pas tordant, mais amusant, c'est de voir les personnages de Flaubert dire autre chose que ce qu'il leur a fait dire, mais faire ce qu'il leur a fait faire. C'est un peu comme dans un musée de cire, où les traits étaient figés et qu'ils se mettent à bouger. Léon, Rodolphe, Charles témoignent, des scènes sont revues, pas changées, revues sur un autre angle, des silhouettes entrevues prennent corps, la caméra change d'épaule.

Juste plaisant, donc, pour les amoureux et les inconditionnels.

Athalie