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05/10/2012

Pour seul cortège Laurent Gaudé

pour seul cortège,laurent gaudé,romans,romans françaisQuand Gaudé fait du Gaudé, ce n'est plus du souffle épique qui tournoie les pages, c'est de la marche forcée de la lectrice essouflée quelque peu, vers le sublime grandiose, ou le grandiose sublime, de la destinée brisée par l'histoire.

Je ne peux pas dire si j'ai aimé ce livre ou pas en fait, toujours pas, ce qui me contrarie. En plus, tout le monde, ou presque, connaît l'histoire, sait que Gaudé a une fois de plus, prit l'Histoire Antique à bras le corps des mots pour étreindre rien de moins que la figure d'Alexandre Le Grand et lui trousser sa chemise romanesque à sa sauce Gaudé. Pimentée ou pas ? Je ne sais toujours pas.

Aux premières pages, Le Conquérant danse le pas de deux avec sa Douleur, dans la flambloyance de sa Gloire en son Palais. Puis Le Conquérant tombe, se meurt doucement, puis définitivement. Mais avant le dépeçage des héritiers guerriers autour de la dépouille, le texte convoque : en un, l'âme chevauchante d'un de ses anciens fidèles, toujours fidèle, qui vient lui dire sa conquête et sa Gloire pour le ramener vers la vie dare-dare, en deux, une princesse oubliée. Enfin, qui voudrait bien être oubliée, parce que le Sublime et le Grandiose, elle a déjà eu sa dose. Enfermée volontaire loin de l'Empire, l'Empire va venir la tirer par les pieds hors de son monastère où les moines l'allégeaient du poids du monde en suivant son corps des mains et en balançant du safran en l'air. ça a l'air simple, comme ça, mais en fait, ça ne marche pas vraiment.

La princesse qui voudrait bien que le Grandiose Sublime lui fiche un peu la paix, c'est Drytéis, fille de Darius, le vaincu d'Alexandre, elle a déjà vu une civilisation se casser la figure et elle n'a pas envie de recommencer, en plus, elle a eu un fils, et de la Malédiction du Pouvoir, elle ne veut plus, surtout pas pour lui, l'enfant. Et pourtant, le seul cortège vrai d'Alexandre, ce sera Elle, Elle, et les chevaliers du Gandhara, exilés volontaires et fantômatiques, déserteurs des combats fratricides que les héritiers du Grand Empire ne pouvaient que se livrer pour que le monde soit monde.

La quête du Pouvoir, la soif de Gloire, l'Humilité d'une femme et d'une Mère, le Sacrifice de Soi pour un grain d'Humanité planté quelque part, ou quelque chose comme ça ... c'est parfois beau comme un chromo, parfois essouflant comme une écriture tellement flambloyante que j'en devenais sourde. Un parfum de relu jusqu'à plus soif, et pourtant ....

Ai-je aimé, je crois que oui, mais je n'en suis pas sûre. Ce qui M'énerve, maintenant.

 

Athalie

Un autre commentaire en demi-teinte : http://jemelivre.blogspot.fr/2012/09/pour-seul-cortege-la...

Et sur ce même blog du même auteur : Le soleil des Scorta, un must pour moi, avec La mort du roi Tsongor et aussi Eldorado (moins mais quand même ...)

25/09/2012

Séréna Ron Rash

ron rash,séréna,romans,romans américainsAnnée 30, USA, crise financière, les patrons ont tous les droits et en usent en en abusant, une exploitation forestière, des ouvriers remplaçables, un projet de réserve naturelle, des expropriations rentables, enfin, pour certains.

Georges, le patron, il ramène de Boston, fraîchement marié, sa femme, Séréna, qui n'a peur de rien ni de personne, évalue la coupe de bois plus vite que n'importe quel contre maître chevronné et se moque des règles morales comme de son premier copeau. Séréna de son passé a fait table rase, son seul présent est son homme, et son seul rêve, faire du domaine de son mari à Smoky Mountains, un désert à son profit pour filer faire la même chose au Brésil. Séréna est une sorte de statue de marbre, insensible à tous sentiments humains sauf à faire fusion avec Georges, être les mêmes dans la même ambition, indifférente à tous, sauf à ceux qui tentent de s'opposer, même d'un regard ou d'un poil de cheveux, car alors, elle sort l'artellerie lourde, très lourde, et les créatures qu'elles s'attachent ne sont que des ombres avalies. Elle fait froid dans le dos, mais le Georges, mis à part quelque soubresauts, reste fasciné par sa sorcière en robe de soie verte ou en bottes, à cheval sur son panache blanc. Même lorsque Rachel, la brave fille qui lui a donné un fils, bien gentille, elle, bien brave et bien mignonne devient la cible du délire paranoïaque de la prédatrice, il bouge à peine. Des destructeurs nés et assoiffés, malfaisants et implacables : collaborateurs, investisseurs complices, arbres, serpents, même un pauvre cirque ambulant qui passait par le campement, tout est bon à la démonstration de leur puissance.

Je n'ai pas réussi à monter sur leur buldozer, non pas qu'il allait trop vite, mais que trop de trop, c'est trop, pas de chair où s'accrocher, pas de faille à explorer, un bloc qui va en broyant tout, Séréna "vade rétro" et satanas plus loin ... par contre, j'ai bien aimé les conversations des forestiers-ouvriers qui, quand ils voient passer l'avalanche Séréna, ramassent leurs oripeaux pour aller philosopher plus loin : " Ecoutez les gars, y a une raison philosophique qui fait qu'une façon positive de voir les choses, on appelle ça une disposition ensoleillée (...) Celui qui se trouve dans un endroit où que le soleil, y brille toute la sainte journée, l'a pas un souci en tête" et l'autre de répondre : " Alors, comme ça, si que j'étais au milieu du désert et que j'avais plus d'eau et qu'y en avait pas une goutte à des mille à la ronde, j'aurais pas le mondre souci en tête ?" Le premier de reprendre : "Je t'ai d'jà expliquer la science qui se cache là derrière ... Et c'est toujours ça pour le scientifique ou le philosophe. La plupart des gens, y restent dans le noir et puis y se plaignent qu'y s'y voit rien". Ouaips ! C'est bancal, mais ça m'a fait rire et, moi, j' vous l'dis, la Séréna, elle a manqué de disposition ensoleillée, et la Rachelle, elle a intérêt à courir vite si elle veut pas tomber dans l' chaudron d'la sorcière.

Athalie

Une petite déception parce que j'avais vraiment aimé Un pied au paradis, du même auteur, mais je lirai quand même le suivant !

 

30/08/2012

Black Mamba Boy Nadifa Mohamed

black mamba boy,nadifa mohamed,romans,romans anglais,yémenVoilà un livre dont j'aurais voulu qu'il soit un vrai grand coup de coeur, un sans conditions et sans restrictions. A cause de l'histoire et de l'homme qui l'a vécue, le père de l'auteure dont elle dit se faire le griot, un homme qu'elle présente de sagesse contenue avant de se lancer sur ses traces de petit gamin des rues d'Aden, au Yémen, en commençant presque au début, en 1935. Jama est alors encore le fils d'Ambaro, la courageuse, à peine tolérée sous le toit des autres, elle trime pour quelques sous dans la grande ville, elle peine à trouver la force de s'occuper de lui, Jama, tout en os et en faim. Accolytes d'infortunes plus ou moins fiables, mendicité, débrouillardises, les gamins rêvent d'ailleurs, de sacs d'or et de grosses voitures au milieu des ordures. Mais Ambaro le lui répète, pour lui, Jama, ce sera différent, il est né sous une bonne étoile, elle le sait parce qu'un énorme serpent, le Blak Mamba, lui passé sous le ventre alors qu'elle état enceinte et et il est reparti, sans piquer. Elle y croit, son fils moins, surtout lorsqu'elle meurt. Commence sa quête au gamin, la recherche de son père qui est parti depuis longtemps, lui, le fantasque joueur de luth, derrière une frontière, chercher fortune. Par petits bouts de rencontres et à sacrés coups de volonté, Jama avance vers les déserts instables et la guerre que mène les Italiens contre les anglais pour le contrôle d'un empire fascite qui vu de là-bas, se délite déjà. L'armée enrôle et utilise avec dédain pour ses fanfaronades criminelles et cruelles les hommes de ce pays-là pour leur pitoyable défaite. Jamba ne se perd pas, se décourage, fait des détours mais ne perd pas de vue le destin que lui a donné sa mère. Et pourtant, l'odyssée est long d'être terminée avec qu'il n'écoute la voix de sa Pénélope pour revenir, peut-être à un apaisement.

L'histoire de Jamba est exemplaire, presque hagiographique, une farouche résistance tranquille aux mépris, aux humiliations, pas après pas, murs après murs, frontières après frontières, Jamba va son pas. Un héros admirable, donc, mais pourtant un roman qui ne m'a pas emportée avec lui. Il m'a manqué un souffle plus fort, un ouragan plus stylistique et plus romanesque pour être vraiment soulevée. Mais j'ai trouvé plein d'excuses : la force de l'histoire vécue, en vrai, par son propre père ne doit pas être facile à s'apprioprier, et puis, c'est un premier roman. Enfin, je dis ça, mais je ne suis pas écrivain pour un sous, moi, c'est juste que quand un bonhomme a vécu un truc comme ça, ben, chapeau bas.

Athalie

28/08/2012

En cuisine Monica Ali

4447130-chef-de-desespoir.jpgJe pourrais faire le coup des ingrédients pas frais, de la recette manquée, du soufflé qui retombe ... etc ... Mais non, c'est plutôt une erreur d'aiguillage ( et puis, je me suis défoulée sur Angot, donc, là, j'ai la mandoline paresseuse). Alors je vais juste dire est long, trop long et la quatrième de couverture m'a fourvoyée. Elle annonce " une radiographie sans concession de l'Angleterre actuelle" à travers la prise de conscience d'un chef de cuisine de la condition sociale précaire et de l'injustice humaine faite aux hommes composant sa brigade, qui d'une situation honorable dans leur pays d'origine, se retrouvent à suer sur des grills à viande, ou à touiller les sauces avec grumeaux. Donc une critique sociale, me suis-je dit. Or, que nenni. Y'a pas plus de radiographie que de lait sur le feu de la béarnaise. Ou plutôt si, mais le seul radiographié, c'est le chef, Gabriel, dit Gabe. Il a la crise de la quarantaine, tout l'énerve, sauf se sentir seul aux commandes de son navire de bras cassés exilés. Et encore. Son égo (surdimensionné) ne supporte pas ce qui est autre chose que lui et ses ennuis, bref, il déprime, réalise que cela fait un sacré moment qu'il se goure sur pas de choses et pète les plombs. Sauf qu'arrivée là, il m'avait déjà tellement ennuyée le pauv'gars qu'une marmite lui serait tombé sur le début de calvitie que j'aurais volontiers jeté mon tablier. Seulement voilà, je suis consciencieuse et suis allée jusqu'au bout.

Donc, Gabriel est à la tête des cuisines d'un grand hôtel londonien, mais son but secret est seulement d'y rester le temps de monter sa grande affaire, son propre restaurant de cuisine française. Accessoirement, Yuri, un plongeur obsur est découvert la tête fracassée dans les caves, jusque là invisible, laissé pour compte, un intello exilé réduit à une ombre. Seulement voilà, sa mort donne des cauchemards culpabilisés à notre quarantenaire de plus en plus instable. Il croise le regard de Léna, plongeuse aussi, passée par les limbes de la prostitution forcée, et elle l'emplit d'un tel désir, la maigrelette biélo-russe, qu'il en néglige la superbe créature, chanteuse de cabaret matînée femme fatale, qui lui servait de fiancée jusque là. Comme tout cela le fait pédaler dans la garniture, il se venge sur ce qui lui passe sous la main, entre autre Oona, autre employée qu'il tente de faire virer sous prétexte qu'elle s'obstine à lui proposer des tasses de thé .... (remarque accessoire : autre chose qui m'a énervée, cette dame étant censée être originaire des îles, la transcription de ses paroles fait dans le petit nègre, genre "Tintin au Congo", alors que les autres "étrangers" parlent un français traduit de l'anglais parfaitement correct ....)

Ah oui, le père de Gabe se meurt d'un cancer, sa soeur a grossi, sa mère était bipolaire, un de ses associés pontifie longuement sur les choix gouvernementaux, mais à la fin Gabe sauve le monde, donc tout va mieux, finalement, et lui aussi.

Athalie

 

14/08/2012

L'année brouillard Michelle Richmond

imagesCAGOBWIY.jpgAbby aime Jack et Jack aime Abby. Abby a la trentaine, des aventures amoureuses passées, et est photographe. Elle aurait aimé d'art, mais pour l'instant, c'est de mariage et d'anniversiares. Jack est prof. Il a eu une femme, Lisbeth, qui lui a donné une fille et est partie sans plus en prendre de nouvelles, ni de l'un de l'autre. Emma est la fille de Jack, elle a six ans, c'est une adorable petite fille au caractère bien trempée et qui a peur de l'eau. Abby commençait à l'apprivoiser, à l'aimer, et l'inverse. Abby et Jack allait se marier. Un truc à l'eau de rose, quoi. Sauf que (ben ouais, il faut bien un "sauf que", sinon, on n'aurait pas de roman, du moins, pas un plutôt bon roman).

Emma portait des chaussures bleues pointure trente trois le matin où elle est allée se promener sur la plage d'Océan Beach avec sa presque future belle-mère qui lui a lâché la main juste un moment. Le temps était au brouillard épais, la plage est réputée dangereuse, il y a souvent des lames de fond. La petite s'est un peu éloignée, Abby a pris une photo d'un bébé phoque, elle voulait le montrer aussi à la petite, mais la petite n'est plus là. Quelques secondes avant qu'Abby ne plonge dans l'irrémédiable espace temps qui sépare la normalité de la stupeur. Drôlement bien raconté d'ailleurs. Abby cherche aux alentours, logiquement, puis plonge dans la bascule et réalise : Emma n'est pas derrière la digue, Emma n'est pas retournée à la voiture, Emma a disparu et personne n'a rien vu.Il faut téléphoner à Jake, organiser les recherches, lancer des appels, distribuer les affichettes. L'affaire Emma monopolise les médias, puis moins, le temps l'éloigne, les éloigne, éloigne tout le monde d'Abby, la responsable, même pas l'accusée.

Seule, Abby reste sûre qu'Emma est vivante, que le secret des retrouvailles est dans les quelques images qu'elle a gardées dans sa rétine ; une moto, un van, un postier ... En même temps quadrille absurdement la ville, affichettes à la main, déteste les enfants encore là, ceux qui n'ont pas été enlevés, les familles normales, ce qu'ils auraient dû être, elle, Jack et Emma si, si, si, elle n'avait pris le temps d'une photo de bébé phoque.

On suit Abby dans les différentes étapes de cette perte, de cette histoire rythmée par le temps qui passe et qui efface les maigres pistes  de sa mémoire, et de celle des autres, la perception du temps devient autre, quand la répétition devient ressassement. Un roman qui parle aussi des mécanismes de la mémoire, de l'oubli, de ses rapports avec la photographie aussi, et ce que les photos ont de liens avec les traces de la réalité, mais pas forcément avec la vérité.

Athalie

10/08/2012

Porterhouse Tom Sharpe

preservatifs92.jpgPorterhouse est une sorte de Thélème à l'envers,  enclavée, figée, une université anglaise fortifiée de l'intérieur contre le reste du monde ( dirait l'agent OOO7 dans son ultime combat contre les forces du mal ...) . Depuis des siècles, les mêmes traditions y sont perpétrées, les mêmes cérémoniaux, les mêmes idées courtes, ces idées se limitant en gros à la reprise des mêmes, toujours dans le même sens, ce qui fait que cela fait un moment qu'il n'y a pas eu d'air frais à ciculer entre ces hauts murs. Marmiton en est le gardien (portier, officiellement) depuis quarante-cinq ans il protège les intérêts de Porterhouse, dont il a fait son âme. Dévoué à cette unique perpétuation de ce qui existe : les aristocratiques en haut et les autres en bas, et c'est comme ça. il va rentrer en guerre contre le nouveau maître, désigné par le pouvoir, Sir Godber. Ce sir-là se dit de gauche, a perdu ses illusions en route, subit sa ladie de femme, véritable tyran des causes humanitaires, et livre ici son dernier round pour exister. Modernisation, dit-il dans cette enceinte décrépite. Modernisation voulant ici dire mixité, self-service, recrutement des étudiants en fonction de leurs compétences et non de leur pédigré ... Les membres ventrus du "comité directeur" sonnent la révolte, pas question de toucher à quoique ce soit et surtout, surtout, pas à la cuisine, le principal pilier porterhousien. Amidonnés, tous vont tenter de résister à cette révolution. Leur agitation de perruques poudrées se limitent à quelques pantalonnades peu efficaces, car, mine de rien, le Sir Godber posséde des atouts que les vieux schnocks ont bien du mal à parer, jusqu'à ce qu'une histoire de distributeur de préservatifs ne mette en branle la machine Marmiton, le portier se met à bouillir et la grand bouffe se transforme en grande lessive où tout va y passer, les torchons, comme les serviettes.

Evidemment, une peinture de l'université anglaise pas à prendre au sérieux du tout, mais loufoque et bien construite, on tombe de scènes vraiment drôles ( j'ai adoré le combat titanesque entre l'homme-étudiant et l'animal-préservatif, qui semble s' autoreproduire au fur et à mesure de sa destruction , génial !) à d'autres plus plates, mais sans langueur.

A savourer les deux pieds dans un tube de crème autobronzant.

Athalie

PS ! et comme ça, A.B. ne pourra plus me dire "Mais comment est-ce possible ? Tu n'as jamais lu Tom Sharpe ? Et toc ! dirait la Gidouille.

08/08/2012

Le serpent du destin Igor Stiks

icones_00140.pngQuand à trop vouloir tirer sur la pépite de l'auteur inconnu, on tombe sur un os qui sonne creux.

Richard Richter est un écrivain reconnu, la cinquantaine, plus ou moins coincé dans son marasme intellectuel, après avoir été un jeune homme en colère et un écrivain engagé. Séparation, crise identitaire, il décide de retourner se ressourcer dans l'appartement natif, celui qu'occupe toujours sa tante, à Vienne. Tante Ingrid l'a élevé et lui a servi de mère, vu que la sienne, elle est morte juste après sa naissance, pendant la seconde guerre mondiale, et son père, juste après aussi, en revenant du front de l'Est. Un écrivain bavard qui traîne sa peine, et moi aussi. Vu que ce n'est que le début, c'est inquiétant. A Vienne, Richard décide de faire des travaux dans l'appartement de sa tante, histoire de passer le temps, sans doute. Donc, la tante s'en va faire un tour et il commence à abattre les murs, enfin, un seul, ce qui suffira ( d'ailleurs, il n'est jamais dit ce qu'il advint des gravats, ni comment la tante va virer la poussière, ce qui est un sujet qui peut, parfois, m'intéresser). Et là ! qu'estce qu'il trouve caché dans le mur ? Non, pas le coup du coffret et de la lettre secrète ? Ben si ! Un carnet bleu, la vérité sur sa naissance, sa conception plutôt, rédigée de la main de sa mère alors qu'il gigotait encore dans son bidon. Son père n'est pas son père, sa mère l'a épousé pour éviter de se retrouver dans la mouise, et le vrai était juif d'origine yougoslave, et communiste, et a disparu, dénoncé par on se sait qui. Sauf qu'on se doute quand même un peu ... mais on n'a la confirmation à la fin, seulement, ce qui laisse encore pas mal de pages à lire.

Evidemment, cela lui fait un choc à l'écrivain, surtout que la tante ne veut rien dire de plus. Qu'à cela ne tienne, l'écrivain va partir à la recherche de son géniteur, dans Sarajevo assiégé, muni de sa seule aura d'intellectuel ex-engagé.  Après maints bavardages et considérations verbeuses sur le rôle du journalisme en temps de guerre, et de l'évolution de ses états d'âme, grâce à une succession de hasards, à des rôles figés ( l'ami fidèle, Ivor, la femme séduisante , Alma, mais mariée et doublement piégée, Simon, le sage mystérieux qui a les clefs mais les donne quand il veut, en plus, il a des faux airs de l'ermite dans "Le retour à la terre", ce qui ne m'a pas aidée), Richard arrivera à la réécrire sa tragédie oedipienne et moi à finir le livre.

Même si je me suis globalement ennuyée à cause de la sempiternelle parole de cet écrivain plein de mots, annonciateur de son propre malheur, l'évocation de Sarajevo, abandonnée de tous, des dérisoires humanités de ses habitants, m'a souvent rattrapée de justesse, comme on fait de la varape en fait (du moins j'imagine ...). Il est aussi beaucoup question d'un texte que je ne connaissais absolument pas "Homo Faber" de Frisch, un auteur suisse allemand qui, semble-t-il , est un un classique, et que j'ai fichtrement envie de lire maintenant. Un classique suisse découvert dans un roman serbe, ça vaut la boîte secrète dans le mur, mais c'est tout.

Athalie

11/07/2012

La septième vague David Glattauer

la septième vague,david glattauer,romans,romans autrichiensBon, vu la stricte alternance que je tente en ce début d'été ( une recette, un livre), aujourd'hui aurait dû être jour de recette, mais une règle étant faite pour être déviée, ce sera jour de livre, la suite de Quand souffle le vent du nord, parce je vais vite fait trousser la bluette.

Je n'ai donc guère tardé à me procurer "La septième vague", me doutant bien que la grâce épistolaire serait éphémère, et bien non, c'est pire, le charme n'a pas du tout, du tout, du tout opéré, et l'ennui s'est très, très,très rapidement installé.

Rappel ( quand même, je trousse, soit, mais point trop n'en faut) : Emmi ne s'est pas rendue à l'ultime rendez-vous et Léo est parti comme prévu à Boston, toujours sans l'avoir vue en vrai, pour sauver son mariage (à elle) et raison retrouver. Emmi envoie des messages au manager du système .... Léo rentre et finit par répondre, nouveaux échanges sur le même modèle que ceux d'avant le départ, et c'est reparti.

Le but de la lecture de cette suite se réduisant à savoir :

  1. Si les deux tourtereaux en puissance vont enfin se décider à se rencontrer en vrai une bonne fois pour toute et qu'on en parle plus (enfin, si quand même un peu mais qu'on passe aussi à autre chose)
  2. Si cette rencontre va se conclure par la fin heureuse prévisible, et qu'on ne passe pas à autre chose, sinon, je ne crois plus aux contes de fées, et ce serait dommage, quand même à mon âge.

Les réponses sont tellement évidentes que les mails se rabachent : "Alors, tu m'as trouvé(e) comment ? - Toi d'abord, tu m'as trouvé comment ? - Non, toi ....", quelques mails plus tard (où ils se sont plus ou moins dit comment ils se trouvaient, bien, évidemment, ( et non, Emmi n'est pas obése et n'a pas de poil aux pattes, et non, Léo n'est pas obèse mais a du poil aux pattes) : "On arrête là, ce n'est pas possible - Oui, on arrête - Toi d'abord. - Non, toi d'abord, c'est toi qui as qui l'a dit. - Là j'arrête pour de vrai, j'écris le mot FIN"

Tiens, bonne idée.

Athalie

PS :  pour l'illustration, je cherchais quelque chose autour de "vague d'ennui", j'ai trouvé ce tableau. Sans commentaire.

REPS (post publication) : je ne résiste pas à ajouter deux liens vers des articles divergents mais  très drôles

http://croqlivres.canalblog.com/archives/2011/08/25/21742...

http://www.audouchoc.com/article-la-septieme-vague-daniel...

 

06/07/2012

Bleu catacombes Gilda Piersanti

bleu catacombes,gilda piersanti,romans,romans policiersUn petit polar bien énervant et frustrant.

J'aurais dû m'en douter parce que cela a commencé dès le moment du choix devant les rayonnages. Je savais qu'il s'agissait d'une série de quatre romans, formant un cycle saisonnier ( "Les saisons meurtrières"), mais je voulais le premier, or pas moyen de savoir lequel l'était. Chaque titre comportant une couleur, je me suis dit bêtement que la couleur était symbolique de la saison. Donc, j'ai procédé logiquement (pour moi) : "Rouge abattoir" ? le rouge, c'est l'été, donc pas le premier. " Vert Palatino", le vert, c'est le printemps, donc pas le premier. Que je sache, l'année débute par l'hiver, même si on apprend à réciter les saisons à partir du printemps à l'école, ce qui n'est pas logique. (mais bon, c'est peut-être parce l'année scolaire commence en automne qu'après, c'est tout chamboulé, allez savoir ...). Le "Jaune ..." n'était pas là, mais je me suis dit que c'est n'était sûrement pas le premier, parce jaune, c'est proche de l'orange, et que donc, c'est l'automne. Donc, j'ai pris "Bleu catacombes", un peu par déduction, comme je viens de l'expliquer quelque peu longuement, et aussi parce que les catacombes, c'est la mort, le bleu celui des glaciers (très logique avec les catacombes), et donc l'hiver et donc le premier et enfin parce qu'il fallait bien que je me décide. Ben non, c'est le troisième de la série et c'est le printemps. (le bleu du ciel, sans doute ?)

Rome, le printemps, des têtes coupées en série, une escapade à Venise, un fond d'histoire de l'art (Judith et Holopherne, Arthémisia ...), un soupçon d'histoire romaine, le tout shaké bien malsain, il y avait tout pour me plaire.

Sauf que :

  • On connait les coupables dès le premier chapitre et les coupables sont des femmes fatales au charme envoutant.
  • Le récit s'attarde sur la description détaillée des sous-vêtements de l'enquêtrice avant leur lavage. Vu qu'elle ne veut pas les laver chez son nouvel amant qu'elle aime et qui l'aime ...
  • Que le commissaire a une otite et que son fils a disparu depuis longtemps (en Inde, je crois), que sa femme est malade depuis et que l'enquêtrice, c'est comme sa deuxième famille, parce que la première, elle n'est pas terrible.
  • Le petit copain de l'enquêtrice, il est historien d'art et sa collaboratrice lesbienne, ce qui ne change rien à leurs rapports ni à l'absence d'enquête (mais pas à l'absence d'enquêtrice, on ne voit qu'elle !)
  • Les concierges raisonnent en flic et les flics en concierge.
  • Les victimes sont aussi transparentes qu'un glacis sur une fresque du quatrocento ( ce qui ne veut rien dire, mais c'est exprès)

Pour conclure, des ingrédients savoureux noyés dans une sauce insipide.

Athalie

La note que j'aurais dû lire avant :

http://echappees-livres.blogspot.fr/2012/04/bleu-catacomb...

04/07/2012

La carte du monde invisible Tash Aw (1)

la carte du monde invisble,tash aw,romans,romans nouvelle zélandeTash Aw, c'est le beau jeune homme sur lequel on a été plusieur(e)s à craquer lors du dernier "Etonnants voyageurs" (pas quand même à la hauteur du sombre solaire Joseph Boyden, mais presque). Charmant, intelligent, conquérant .... sauf que moi, finalement, je n'ai pas été si conquise que cela par ce roman présentée lors du festival comme "à l'origine d'une littérature du post-colonialisme", pas par l'auteur, évidemment, qui est trop chou pour ne pas être également modeste .... (rien que cela !) Je n'en attendais pas tant, bien sûr, ç'aurait été faire fi d'oeuvres "post coloniales" bien trop conséquentes pour je me lève de mon fauteuil de bureau pour aller en retrouver les titres sur mes étagères ... Mais je pensais avoir à faire à une sorte de fresque historique, plus historique que fresque et aussi plus au vitriol, et que finalement, l'histoire est bien là mais par petits morceaux et que le vitriol est un peu trop dilué à mon goût.

La fresque attendue s'entrevoit par l'évocation de parcours intimistes, des parcours croisés de personnages plongés dans la complexité de leur rapport avec l'Indonésie, avec leur origine, avec eux mêmes. Le personnage central est un jeune garçon, Adam. Il a vécu en orphelinat avec son grand frère avant d'être recueilli par Karl. Karl est hollandais et blond, comme les colonisateurs de l'île dont il a fait son pays, Nusa Pedro, au large très large de la ville pieuvre de Jakarta. Il s'est installé là après des années à fuir l'Europe. En voulant se plonger dans un exotisme à la Gauguin, il va s'en éloigner petit à petit, notamment en croisant Margaret. Margaret l'a aimé, jeune fille, puis elle a aussi croisé Bill et Mick. Mais ces croisements sont pour plus tard, et pas forcément amoureux. Il y a aussi le grand frère et sa famille d'adoption, mais ça va devenir compliqué comme note.

L'histoire commence alors que Karl est arrêté par les militaires indonésiens en pleine chasse anti communistes, dans les années soixante, avec des échos de guerre froide et de révolution de l'indépendance qui tourne à la dictature. . Karl n'est ni communiste, ni révolutionnaire de rien, mais bon, il fallait bien commencer par sa disparition pour que Adam se mette à sa recherche et avec de vagues indices, ne retrouve Margaret, Bill et Mick et que les fils se nouent. Des fils peu solides quand même et un tissage tellement lâche que souvent j'ai flotté. L'arrière fond politique est confus, les émeutes claquent en permanence et les manigances américaines pour conserver des liens avec le pouvoir en place se mêlent artificiellement à cette quête identitaire d'un orphelin suffisamment näïf et pataud qu'il manque devenir poseur de bombes entourloupé par la bonne parole d'un diablotin au double visage, universitaire le jour, extrémiste la nuit. Heureusement, il va être cueilli au passage par une princesse activiste. (Bon, là je suis un peu dure quand même ...)

Une première déception de la pêche ramenée de ce festival, mais pourtant ce roman a quelque chose, que je n'ai pas su saisir. Donc, je me garde de côté en session de rattrapage, le premier roman du même auteur "Le tristement célébre Johnny Lim".

On a toutes nos faiblesses ...

Athalie

 

29/05/2012

La muraille de lave Indridason

imagesCAC52HOL.jpgSigurdur Oli, j'ai mis un moment à le resituer. Il fait partie de l'équipe d'Erlendur, soit mais où ? à droite au fond, sûrement, derrière la plante verte, petit falôt formé à des méthodes américaines, ce coup-ci, c'est lui qui mène l'enquête. Les enquêtes, en fait, enfin enquêtes, c'est un bien grand mot et menées aussi. Le dépressif principal est parti en vacances on ne sait où et ne donne pas de nouvelles, comme dans le dernier du même auteur, La rivière noire où c'était Elinborg qui s'y était collée. Sauf que elle au moins, elle était toujours pressée, surbookée, les courses, les enfants qui posent problème, elle s'endormait en zappant devant la télé et tout et tout. Normale. Alors que Sigurdur Oli, c'est le genre belvédère qui a perdu son gaz, il a égaré sa femme sans s'en rendre compte, ne boit pas, ne fume pas, regarde des matchs de sports pas islandais comme d'autres regardent les vaches regarder passer les trains. D'où des enquêtes à sa mesure.

D'abord, sa mère veut qu'il retrouve l' infâme voleur qui pique le journal d'une de ses amies vieillissantes, de droite, comme elle, tous les dimanches matins. Il se met en planque, et râte l'infâme. Ce pourrait être drôle, ça ne l'est pas.  Mais notre sobre enquêteur n'a pas qu'une mère snob et vaguement castratrice, il a aussi  (ben oui) des amis, dont un qui va lui demander de régler "à l'amiable" une affaire de chantage bricolée par des amateurs pour le compte d'une vague connaisance de l'autre qui ne veut pas que ses partouzes nuisent à sa carrière politique. Ce que l'on peut comprendre, en soit, mais c'est long à écrire et en fait, ne mène pas à grand chose. Sigurdur s'en mêle donc, se prend les pieds dans le tapis de sa hiérarchie et de fausses pistes en vrais leurres, confond tout sauf les coupables : accuse un mari, et finit de perdre sa femme ( ce que l'on comprend  ...) . Quand on arrive enfin dans les hautes sphères du pouvoir financier, dont les vrais coupables attendent l'explosion, ben, c'est tellement loin du point de départ, la collusion d'intérêt, le blanchiment d'argent sale, les taux d'intérêt factices et tout le tremblement des geysers artificiels, qu'on y croit plus vraiment. Sauf à une sorte de hasard qui nous a amené là. On monte quand même jusqu'à la montagne de lave, mais uniquement parce que c'est trop tard pour faire demi tour.

Les recherches tâtonnées de Sigurdur Oli s'entrecoisent avec le récit de la vengeance pathétique du "petit Drési" sur le salaud qui a fait de lui une épave, peut-être le meilleur du roman, mais les deux fils sont mal raccrochés et ça balotte.

Bref, la figure de l'enquêteur alcoolique et fatigué est peut-être lassante à force de redites ( voir Ellory Les anges de New-York) mais alors celle de l'enquêteur et propre sur lui et sans compassion et presque sans faille est lisse comme des pages où il ne se passe pas grand chose ...

Athalie

14/05/2012

Zarbie les yeux verts Joyce Carol Oates

9782070508587FS.gifZarbie les yeux verts a un beau papa, une belle maison, une mignonne petite soeur et un grand frère peu attentif, mais normal. Zarbie les yeux verts est le double "révolté" intérieur de Frankie, l'ado narratrice qui vit dans une grande et belle maison entourée de sa famille géniale. C'est ce que dit et impose le papa génial, à coup de torsions de bras s'il le faut, tout est génial, surtout lui et sa réussite, on fête ses super nouvelles de super promotion à coup de super repas en faisant des super sourires à la télévision ( dans les deux sens, quand il est dedans et quand on le regarde dedans). Faut dire qu'il est un super présentateur sportif, avec une super carrière et que tout le monde l'aime et qu'il encore beau et encore jeune ... Alors quand super papa dit que maman est méchante parce qu'elle veut faire de la poterie peinarde dans son "monde à elle", un bungalow minuscule mais avec des volets bleus et des tournesols peints dessus, dans un village aux pentes douces et aux voisins chaleureux, et bien papa a forcément raison. Sauf que, pas bête l'ado narratrice, il y a des signes que la façade de super papa, elle est quand même lézardée par la racine.

Bon, y'a tromperie sur la marchandise, c'est un roman pour ado, bien fait, mais pour ado. Parce que c'est un peu simpliste tout cela : côté "père de télévision"  : grande maison modernissisme mais en verre et froide comme tout de l'âme, les conventions sociales et le despotisme latent, du côté de la "maman rangée qui tente la femme libérée" : le bungalow chaleureux, la vie de bohème, (mais sage quand même), l'amour sincère et sans façade.

On peut passer sans complexe et sans acné.

Athalie

PS : je viens de vérifier, c'est effectivement un livre publié au départ dans une collection pour ado (la preuve en illustration), je veux bien rester jeune, mais cela aurait été mieux de pas le publier en douce en folio pour grand. Tant pis, je le passerai à ma fille quand les boutons germeront.

10/05/2012

La brocante Nakano Kawakami Hiromi

la brocante nakano,kawakami hiromi,romans japonais,romansLa littérature nipponne envahit mon horizon de lectrice-blogueuse, j'en vois partout. La vague japonaise ne me léchouille point trop le bout des pieds vu que mes rares tentatives d'immersion se sont souvent soldées par des marées d'ennui ( sauf pour Kafka sur le rivage, je l'avoue). Cependant, comme je peux varier d'avis, face à l'enthousiasme d'une amie, me voilà avec La brocante Nakano entre les pattes. On aurait pu faire pire, même si ma conviction n'est pas débordante. 

Nakano est le drôle de petit patron, ni despote, ni généreux, ni compatissant, ni vraiment attentif, d'une brocante à l'écart des mouvements citadins trépidants, au fond d'un quartier vague. Sont posés là les fruits de ses récoltes, de ses débarrassages de grenier : des objets anonymes, uniquement des "utilitaires de l'ère Showa" ( des survivants de, si j'ai bien compris, la "mode" décorative des années d'après guerre nipponne). C'est un bric à brac, un peu comme ses histoires de rien, ses trois femmes, sa maîtresse, la belle Sarako qui ne crie pas au lit et écrit des trucs érotiques trop compliqués pour lui.

Dans ce petit monde, il y a peu d'habitants : Nakano " règne" sur deux employés. Il a aussi une soeur. La première employée est sa vendeuse, Hitomi, c'est son regard que l'on prend sur la brocante et ceux qui en poussent parfois la porte : quelques vendeurs, des acheteurs du quartier, la soeur, le patron donc, elle et l'aide déménageur. Ils se posent là, au milieu de la vaisselle dépareillée, entre une affiche publicitaire géante vantant les mérites d'une machine à coudre d'un autre âge et un poële encore un peu en état de marche. Hitomi semble immobile dans ce temps-là, ce petit temps de la brocante, suspendue à un autre immobile, l'autre employé de Nakano, l'aide déménageur, Takéo. L'aime-t-elle ? on ne sait ... L'aime-t-il ? On ne sait ... Dès fois, ils lâchent des phrases, dès fois non, dès fois on peut penser que, et puis non. Ce qui fait que quand l'histoire s'esquisse, on a eu le temps de voir venir. De fois en fois, le temps s'écoule. La soeur passe, repasse, reste, ressort, revient, son amant disparait, revient. C'est tout de l'ordinaire, du pas dit, du pas vécu et pourtant si.

Lectrice qui cherche de la trépidation sentimentale, passe donc ton chemin, inutile de fouiller davantage dans ce bric à brac, ni joyeux, ni jouissif, plutôt gris et terne, d'objets, parfois vendus, parfois achetés, de personnages, comme une famille d'occasion recomposée, dans ce microcosme sans ordre ni necessité d'être là, ils semblent en aussi posés en attendant qu'il leur arrive quelque chose d'autre. Ce n'est pourtant pas ennuyeux, juste ciselé dans un presse papier ébréché en forme de grenouille.

Athalie

28/04/2012

Bifteck Martin Provost

bifteck,martin provost,romans françaisIl était une fois un bébé boucher, baptisé platement André. Il n'a pas ni chateau, ni coursier blanc mais des parents, propriétaires d'une boucherie, à Plomeur, en Bretagne, Bretagne  qui semble profonde. Prédestiné successeur de ce royaume étriqué, son premier mot sera "Bifteck", ses lectures du soir se contenteront d'un os à moelle à ronger, son alphabet à la liste des noms des morceaux d'animaux tranchés et découpés, qui en deviennent parfois poétiques. Il n'est même pas beau, cheveux gras et corps adipeux, quand il est content, il se tâte les entrecôtes. La bidoche comme passion, ça sent pas le prince charmant. Et pourtant ... L'acorte Jeannine Le Meur, comme un aimant attiré, va être la première à profiter et à gouter de ses talents jusque là ignorés  : il fait " chanter la viande" et vibrer d'extase celle de sa conquête involontaire. La langue de Jeanine ne va pas en rester là et soucieuse du bien être de ses congénères, dont les maris sont partis à la guerre, elle répand la nouvelle merveille. c'est alors que la queue se fait devant la boutique pour tâter de la bestiole sous couvert de ravitaillement ( j'ai oublié de dire que cela se passe pendant la première guerre mondiale ...) : il y en a tellement que l'élue sait qu'elle est l'élue lorsque le morceau de choix, l'araignée, lui échoit.

Evidemment, toutes ses copulations mirifiques ( et derrière la cathédrale) ne sont pas sans conséquences ... Et comme les six mains et une princesse au petit pois, arrive l'élément perturbateur. Les maris au front reviennent du front et l'amant va devenir papa-bifteck et entrainer ses petits dans une étrange odyssée,bien loin de la boucherie et des femmes à la chair blanche.

Un conte, une fable, une affabulation, un Rosa Candida mais à la sauce bien mineure, pas sanguine, mais moins lumineuse, sans roseraie mais avec île. Ce n'est pas le même étrange charme mais pourtant le même fil de ce que l'amour paternel fait aux grands enfants. C'est drôle et distancié au début, et puis on finit  on finit par s'égarer dans une sorte de remake de Vendredi ou les limbes du pacifique, plutôt pas appétissant et dans le pied de nez final, j'avais perdu l'entrain.

Athalie 

25/04/2012

La salle de bain du Titanic Véronique Ovaldé

titanix.jpg"Tous ceux qui n'ont pas de nombril sont des martiens". Deux enfants sur une plage en été scrutent les ventres des vacanciers : Jules, neuf ans et Vienna, six. Quelques étés plus tard, sur la même plage, elle, elle, ne quitte plus sa serviette, assise près de sa mère qu'un cancer oblige à porter perruque, et Jules,lui,  n'a plus de consistance. Parce que cet été-là, elle n'a pas trouvé de martiens, non, mais deux orques se sont échouées sur la plage et qu'un matin de cet été -là, la petite fille blonde, blonde sable, dont le père s'est assoupi un moment, va aller un peu trop loin et pas toute seule dans les dunes.

J'ai échoué sur ce livre-là, entre autre, mais principalement parce que la petite fille blonde qui est allé trop loin dans les dunes toute seule, et qui ne va rien dire à son papa assoupi,  aurait mérité un traitement littéraire moins par dessus la jambe. J'ai échoué parce qu'après le premier chapitre, je n'ai plus vu l'intérêt du second, ni du troisième (encore moins du troisième en fait, mais comme il n'y en a que trois, ça fait quand même deux en trop, enfin, à mon petit avis).

Selon A.B., qui avait mis son veto sur cette lecture, Véronique Ovaldé s'est égarée dans la pub pour Citroën, ( Renault, Twingo ... pas retenu le nom du truc qui roule et qui ne vogue pas, ça c'est sûr). Le Titanic s'est échoué aussi, ce qui n'est pas une raison pour surfer sur la vague de la commémoration. Je ne sais pas si cela a un rapport, ni cela vaut vraiment la peine de se poser la question, tellement le charme, volatile, de cette lecture anecdotique ne passe pas les premières pages. Passons donc notre chemin et voguons vers d'autres moyens de locomotion littéraires.

Athalie

Du même auteur sur le même blog : Des vies d'oiseaux

PS : ce qui ne remet pas en cause, le beau principe de l'échange des A. Je finis de digérer Bifteck (offert par A.B). 

REPS : A.B. avait raison

Im-renault.jpg

15/04/2012

La noce d'Anna Nathacha Appanah

Elle m'a bien énervée, celle-là, la narratrice, la mère d'Anna, Sonia, qui en ce jour, marieimagesCA5E1FTT.jpg sa fille. Depuis quand les mères qui marient leur fille se mettent à être plus jeunes que moi, qui fais toujours des couettes à la mienne. ça m'a fichu un coup de vieux ! presque un coup de cafard. En plus, ce mariage la déprime, la contraint, l'afflige et lui nuit. Je me suis dit que j'étais bien partie là pour poser le bouquin. J'avais craqué sur la couverture, elle m'avait fait penser à Coeur cousu, un beau tissu moiré et de fines mains qui brodent ...

Que nenni ! Que nous en sommes aux antipodes de la mère courage hispanique et féérique. Nous sommes dans l'ici et le maintenant. Mais, elle a aussi son courage à elle, cette mère qui marie sa fille, finir la journée sans faire honte à Anna, c'est son chemin de croix à elle.  

Pensez ! Elle est ultra normée, Anna, et sa mère est trop originale pour elle. Pensez ! Anna ne boit pas, ne fume pas, a fait des études scientifiques, se marie en blanc ivoire, des petites fleurs discrètes dans les cheveux, a fait l'emploi du temps chronométré de la journée de sa mère, surtout, pour que cette dernière ne fasse pas un pas de travers. C'est vrai que moi, ça me ferait un peu peur une fille pareille. En plus, elle se marie avec un notaire, un jeune, qui semble aussi lisse qu'une page blanche. On espère juste qu'ils ont un peu consommé avant, quand même, ces extra terrestres.

Sonia fait tâche parce qu'elle est originale. Pensez ! elle écrit des livres, aime les vieux bouquins qu'elle stocke dans des caisses, fume des cigarettes et aime parfois marcher pieds nus ( comprendre qu'elle a une fois enlevé ses chaussures pour se poser dans l'herbe, et elle a même une photo de son pied, avec tatouage, prise par un inconnu qui flashait par là. C'est dire la classe). Le livre raconte donc ses efforts pour se contenir dans les marques posées par sa fille, car c'est son jour à elle, son grand jour, et Sonia se contient. Un flash-back nous explique sa solitude, le mal-être ne date pas d'Anna, mais d'avant, de son départ d'origine, celui de son île paradisiaque d'enfance, de ses parents jamais revus, de son silence à la fin de l'histoire avec Marc, le père inconnu d'Anna, un père au corps constellé d'étoiles filantes et qui a filé, sans savoir qu'il était père. Jamais elle ne l'a recherché et jamais elle n'a connu sentiment aussi entier et serein que cet amour-là. Mis à part cette nostalgie qui la tient, cette mère finit par toucher juste dans cette pudeur impuissante des mots, cette voix qui ne peut dire son amour à sa fille, sa si aimée et si différente fille, qu'elle voit partir, qu'elle a toujours vu partir en fait, qui l'a toujours retenue aux bords des paroles. Dans cette relation mère fille si fragile que finalement, tout bien compté, l'époque des couettes, je veux bien qu'elle dure plus longtemps.

Athalie

10/04/2012

Une journée avec monsieur Jules Diane Broeckhoven

une journée avec monsieur jules, diane broeckhoven, roman belgeMonsieur Jules devait être un insipide tartignole de son vivant, charentaise en éventail, les sentences hautes et le canapé en skaï comme domaine. Seulement voilà, on ne le saura jamais vraiment, puisque quand le livre commence, il est déjà mort.

Comme tous les matins, visiblement, il s'est levé avant Alice sa femme, a fait passer la café, unique concession aux tâches ménagères, a disposé comme en ordre de bataille bols et confitures. Et puis, la faille silencieuse, il s'est assis sur le canapé, sans ses pantoufles, et il y est mort. Alice s'est levée, après lui, comme tous les matins, prête à suivre sa, leur, routine, mais l'a trouvé là. Nuque raide. Définitivement muet.

Alice s'en trouve remise à elle même, ce dont elle n'a pas du tout l'habitude, toujours obéissante, toujours aux désirs de ce monsieur Jules, qui savait tout faire, édictant les règles de leur bonne conduite. Que faire maintenant ? Comment aller chercher le journal quotidien dans la boîte aux lettres ? Lui, il y allait après le petit déjeuner, douche prise et dans une tenue décente. Pas comme les autres voisins de l'immeuble qui se contentent de mettre un peignoir par-dessus le pyjama. Mais elle, Alice, quelle option va-t-elle choisir ? sans le cadre, elle est toute décentrée.

Sans compter le repas du midi programmé ; que faire des côtelettes d'agneau prévues, elle ne les aime pas. Peut-elle maintenant manger des crevettes ? faire une mayonnaise maison ? Monsieur Jules péférait les toutes faites en bocal.La tête lui valdingue à Alice, parce qu'elle n'aimait peut-être pas les côtelettes d'agneau mais elle l'aimait son Jules, son mari, son homme, elle avait encore des secrets à lui dire, enfin un surtout. Et puis, c'était le sien d'homme, de mari, de jules, dès qu'elle aura pris son téléphone, appelé son fils, mit en branle le rituel social de la mort, il ne sera plus à elle, plus jamais. Alors, elle va retarder, se donner des prétextes, du temps. David, le fils autiste de Béa la voisine de trois étages en dessous, va lui donner le coup de main pour, entre ordre et désordre, passer cette dernière journée, entre deux temps. Parce que  le corps de monsieur Jules pèse, se refroidit, se raidit, malgré la couverture écossaise et qu'il faudra bien que le temps arrêté se remette en route, en réalité vraie, de la mort de l'autre.

Un joli temps de lecture que la figure d'Alice, ses sous entendus et ses petites tentatives d'être elle, avec lui, en bout de temps. Mais peut-être pas assez charpentée pour le rôle, elle s'essoufle, se dilue dans une trâme un peu mince, qui ne mène pas vraiment à un point final.

Athalie

 

 

08/04/2012

Le garçon dans la lune Kate O'Riordan

Piquets01.jpgDans la lune, c'est là où je devais être en le lisant, sur une autre orbitre, ma fusée a eu des ratées, je ne suis pas partie à l'allumage, et j'ai mal arrimé ma capsule spatiale. Suis passée à côté de la cible. sans exploser en plein vol, malgré tout.

Je me disais, voili voilà une histoire de garçon rêveur, terre à terre que je suis. Mais en fait non. Il y en a quand même un, au centre d'une galaxie nébuleuse, ses parents. Sam a sept ans. pas plus. Définitivement. Etoile filante.

Les deux satellites en orbitre autour de leur étoile solaire, leur centre du monde, Sam, donc, c'est Brian et Julia. Ils n'ont rien de brillant, sauf ce gamin, le leur. Un couple, marié depuis 10 ans, ils s'aiment, pas sûrs de ça et pas contre ça, ils montent et ils descendent, sans trop de roulis. Ils s'agacent, sans plus, sans vraiment d'éclats ni de raison raisonnable. Brian est est son bain, Julia prépare leur départ pour le séjour traditionnel de la petite famille chez le père, celui de Brian, en Irlande, après un passage sur le ferry et une visite chez le frère. Les talons de Julia claquent dans le couloir, elle couche son fils, respire son odeur, claque les portes, met tout en ordre, occupée, autoritaire, responsable. Brian traine dans son bain, la désire, elle se laisse faire. Ils partent, reproches quotidiens. Rien ne se remet en cause.

Je m'étire un peu. ça ne m'agace pas, non, ça pourrait, ça sonne à côté pour moi, je ne sais pas pourquoi, je n'entends pas les reproches de Julia, les excuses de Brian.

Et puis, le Noël va prendre une autre trajectoire et c'est Brian et Julia qui vont exploser en plein vol, sans parachute.

On change de fusée. Ce sont les familles qui deviennent les cibles. Celle de Brian dont on découvre l'enfance déchirée à coups de coups de ceinture par son père et d'amour pour ses frères, un Brian qui s'entortille dans une culpabilité indicible, comme dans des barbelés d'une enfance sans couleur, dans une ferme qui suinte la crasse : quelques moments de bravoure contre la loi paternelle, celle du plus fort, de la sélection pas naturelle, seuls les plus forts de ses enfants seront dignes de vivre ( de survivre) . Celle de Julia est sans violence, juste une soeur plus aimable que sa mère a mieux aimé, un père qui est plus souvent au fond du jardin à faire pousser ses fleurs qu'à regarder et entendre grandir sa fille.

Une histoire simple, dramatiquement simple. Je suis juste rester les regarder s'agiter, sans trop savoir pourquoi je suis restée au bord ...

Athalie

 

 

06/04/2012

Corps Fabienne Jacob

épilateur.jpgDès la première page, je me suis dit : "Mince (en pire), ça sent le Angot, ce truc ! ". Angot, je peux pas, j'ai lu deux pages il y a très longtemps mais je n'ai jamais oublié le goût qui me grince : les phrases courtes, le verbe comme comme un glas, le JE qui tonitrue l'intime glauque du JE, dressé comme un étendard phallique. Je peux pas.

Là, j'ai pu parce qu'il y a des moments pas trop Angot, mais d'autres si quand même.

La narratrice adulte (le "Je indéfini qui nous parle de nul part" ....) est esthéticienne : elle cotoie, malaxe, les corps des femmes qui ont pris rendez-vous pour (ce qui me fait froid dans le dos, moi aussi, je me fais épiler les gambettes par une spécialiste du poil, la prochaine fois, je vais la regarder autrement, me méfier, c'est un coup à retourner à l'usage du rasoir, je vous le dis les A. !). Elle n'a pas que du beau et jeune corps bien ferme qui défile sur la table ( d'opération ? de dissection ...), les flasques, les tout maigres, les gélatineux, les fripés aussi. Et quelques spécimens nous sont ainsi livrés : la bouchère, Adèle, Ludmilla, Grâce.... Elles passent par ses mains et son regard, scalpel silencieux et sentencieux qui sort des vérités premières à la vitesse à laquelle mon épilatrice à moi arrache les bandes de cire : "La perception des corps que j'ai est la mienne", " Je sais moi quand elles sont belles. Les femmes, c'est mon métier, elles sont belles quand elles sont dans leur vérité" ( J'en frissonne encore). Sans compter les classements péremptoires, les femmes qui ressortent de là tartinées de crème stigmatisante : quoi ? Il y en a qui regrettent leur peau lisse, n'acceptent pas leurs rides, ni leur cellulite, ni le flasque de dessous des bras. Honte à elles ! 

Elle se prend pour qui l'esthéticienne-philosophe ? j'en ai le poil qui se durcit.

 Et la bouchère, la pauvre bouchère, la potiche derrière le comptoir qui a perdu ses rêves d'enfants, tas de chair blanche, molle et frigorifiée, le boucher, lui ,évidemment et rustaud et rougeaud. Ben oui. Forcément. La bouchère littéraire devrait quand même se décider à faire une pétition pour avoir un mari bronzé, svelte et fan de Proust.

Pourtant, quand on sort de l'institut ( pas épilées mais bien rasées de près), il y a des moments qui font de la douceur : les deux soeurs ( la narratrice adulte et Else), en grande extase interrogative devant les bas de soie de leur mère, soigneusement étalés sur le couvre lit bien tiré du domaine conjugal, cherchant le mystère des draps froissés, le grand mystère de ce que font les parents la nuit ; la cinématographique Grâce, la grâce d'une route blanche et les deux yeux d'un phoque, la tristesse de Ludmilla, de ses caleçons moulants et du gloss juvénile, qu'elle ne devrait pas, soit, mais pour qui on a envie de demander grâce, pitié pour nous, pauvres corps livrés au sadisme de l'âge !

Si en plus, les esthéticiennes s'y mettent, je renonce à ma carte de fidélité et aux échantillons gratuits de crème anti-rides.

Athalie

01/04/2012

Code 1879 Dan Waddel

image_sorties_id34.jpgBon, il faut que je me dépêche de le noter celui-là, avant qu'il ne disparaisse de ma mémoire, vu que j'ai déjà un peu perdu le fil. Heureusement, y'en a pas deux.

Le fil : en gros, une série de meurtres qui se rattachent rapidement les uns aux autres, comme des petits clips qui se clipsent en faisant "hops, c'est là que je suis, moi". Sur les corps, il y a des codes à décrypter (ça ce fait super vite en plus, dès le premier "et hops, voilà ça de fait !"), et voilà le généalogiste qui passait par là embauché pour sonder le passé. Ben oui, parce qu'il y a aussi une mise en scène des corps et des "modes préparatoires" qui laisse penser, que la série est une redite, que la pièce a déjà été jouée une fois, avec une autre série de corps, dans un Londres plus brumeux, celui des bas-fonds de l'ère victorienne. Tout ça pour dire qu'on peut tous avoir un cadavre logé dans le placard du passé et qu'il faut faire gaffe quand la porte s'ouvre.

Les personnages, l'inspecteur, le généalogiste et l'inspectrice sont juste à point, comme il faut, retournés sur les deux côtés, pas trop saignants et avec tous un petit "poids" sur la conscience : le père tant aimé, une étudiante un peu trop aimée, et l'inspectrice on ne sait pas trop encore, mais comme il semblerait que ce soit le premier d'une série, on sent bien qu'elle va se taper l'incruste chez le génénéalogiste et peut-être même mettre un peu d'ordre dans le tiroir des tire-bouchon.

Dans la narration, il n'y a pas de tiroirs (juste un petit placard à la fin) donc, y a qu'à suivre l'enquête en double, si l'on veut, avec cinq meurtres commis dans le passé brumeux et donc cinq qui vont l'être aujourd'hui, avec indices concordants et course contre la montre pour le dernier. Du balisé.

Moi j'aurais bien aimé un peu plus de victorien à la Jack l'éventreur, avec du relent bien malsain et des miasmes bien putrides. Mais, bon, quand y'a pas, y'a pas.

Un roman à réserver à un après-midi dans un transat, une soirée sous la couette, selon saison ou degré de frilosité.

Athalie

En illustration, une spéciale dédicace en forme de blind test pour Anonymous.