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02/03/2012

Tangente vers l'est Maylis de Kérangal

Construction-du-Transsiberien--3-.jpgTangente vers l'est, prendre la tangente, sortir de la liste prévue, pour aller voir ailleurs. Va falloir que je me recadre. C'est parce que j'avais un moment à attendre, près d'une libairie, et donc, je suis rentrée dedans :  autant attendre dans un endroit où l'on puisse lire quelque chose plutôt que de rester sur le trottoir à faire semblant de s'intéresser à l'affiche qui trône au milieu de la vitrine d'à côté annonçant la prochaine exposition  de l'aquarelliste local. (Je n'ai rien contre les aquarellistes locaux, je m'empresse de le préciser, juste contre le fait que sur leurs affiches, il n'y a pas grand chose à lire). Et A.B. m'avait touché un mot de cette dernière publication de Maylis de Kérangal, vu qu'on a bien aimé toutes les deux Naissance d'un pont.

Il semblerait que ce soit un ouvrage de commande, un voyage payé dans le Transsibérien contre une production écrite parlant du voyage dans le Transibérien : ce qui se sent un peu, j'ai trouvé. Autant Naissance d'un pont avait réussi à, comme le dit A.B. faire qu'on se retrouve passionnées par des histoires de plaques de béton, de fils aériens en acier et de boulons, autant là, ma foi, les wagons m'ont peu transportée. Pourtant, il est attachant Aliocha : un jeune recru embarqué pour le service militaire et une destination inconnue, quelque part en Sibérie. Et il ne veut pas y aller. Il a tout fait pour ne pas y aller, jusque errer la nuit dans les bars pour se trouver une fille avec qui faire un enfant ( Ben oui, visiblement, un sixième mois de grossesse suffit au pas encore jeune père pour être exempté). Du coup, il est balloté dans ce wagon de troisième classe, où les autres comme lui, éructent, s'imbibent et jouent à qui aura la quéquette la plus grosse. Ce qui l'interesse peu, lui. Donc, déserter, quitter le train, sans même savoir ce qui il y a autour. C'est lourd, collant et poisseux, et en même temps, on lui met un visage, une histoire. C'est lorsque les figures féminines rentrent dans le plan de l'évasion que l'histoire se gâte, quelque chose de plus convenu : la belle étrangère qui fuit un amour qui s'est égaré, deux maternelles protectrices dont ne sait trop ce qui les fait pousser le balai, et la chansonnette presque finale et vraiment de trop.

En attendant le prochain, par conséquent. Et "les prodigieuses créatures" piaffent ...

PS : il y a quand même une scène croquignolesque sur les passagers découvrant le lac Baïkal.

 

25/02/2012

Jaloux Sandra Brown

jalousie-poison.jpgIl a des qualités ce roman , un petit parfum du sud, de celui du Prince des marées, d'un côté et de l'autre, des traces de Woody Allen, ce qui rend du coup l'ensemble un peu décevant, peut-être, en comparaison.

L'intrigue n'a rien à voir avec les deux références ci-dessus évoquées, on est dans un polar plutôt bien fait, avec des intrigues parallèles qui finissent par converger, normal, et un roman dans le roman aussi, là, c'est assez bien vu, le fictif qui rejoint un autre fictif, ça fait deux couches de fictif, et plus il y a de couches, mieux c'est confortable, logiquement, sauf que là, c'est bancal.

Couche numéro 1 : un couple new-yorkais, enfin, un couple, c'est vite dit. Y'en a quand même un, le mari, Noah,  qui prend l'autre,  Maris, sa femme donc,  pour une andouille frigide. Les deux travaillent pour une maison d'édition qui appartient au papa et beau-papa. Tradition oblige, on publie de la qualité et on reste indépendant. Le côté bourgeoisie soft, fauteuil en cuir et pipe en bois du côté de la fille et du papa. Par contre, le gendre, c'est clinquant et sexe libre, il veut secouer les boiseries et revendre en douce l'affaire du beau-papa, et cela fait un sacré moment qu'il y travaille à son complot.

Couche numéro 2 : un prologue arrive dans le bureau de Maris. Enthousiaste, elle décide de rencontrer l'auteur. L'auteur ne veut pas. Elle y va quand même, avec ses habits de petite bourgeoise new-yorkaise quindée, et débarque sur une île perdue, dans une ancienne maison coloniale, où séjournent un étrange majordome et un butor d' handicapé en fauteuil roulant qui se dit auteur. celui-là aussi, cela fait un sacré moment qu'il fourbit sa vengeance ...

Et voilà, c'est tout comme ça, il y a plein d'idées, des pas mauvaises du tout d'ailleurs : entre deux géographies : new-york et le monde de l'édition, les requins qui forniquent, et l'île, le sud étouffant et ses fantômes d'amour et de mort qui rodent et ressurgissent.

Seulement voilà, l' écriture m'a gênée, cédant trop souvent à mon goût à des facilités frisant le cliché, des formules qui se plaquent et claquent la porte au nez de l'émotion et du suspens. Evidemment, je me suis dit "traduction or not traduction" ? Gardons lui le bénéfice du doute ...

Athalie

 

14/02/2012

Le gardien du phare Catherine Hermany-Vieille

imagesCALP07YF.jpgUn roman d'atmosphère, pas vraiment ma tasse de café. Un roman de femmes qui commence par une mystérieuse traversée pour un non moins mystérieux exil. Trois femmes (condamnées ? consentantes ?) se retrouvent coincées sur un îlot minuscule visiblement, sans vivres ni abri, non loin de l'île aux chiens d'où elles viennent. Pas avenant, plein de brumes hivernales du grand nord canadien. Un univers rude de marins et fermé, bien clos, sauf aux vents, évidemment, et aux poissons. Un monde de taiseux rabougris ; le curé, le médecin, le notaire, un père, et de taiseuses sans enchantement ; les mères, l'épicière, les exilées elle mêmes ; Mathilde, la scandaleuse, la révoltée par le sexe, Anne, l'étrangère, venue s'échouer là pour perdre un amour fantômatique, Camille, la fragile aveugle à la peut-être langue de vipère. Chacune va livrer sa petite histoire au compte gouttes. Et encore, on n'a pas toutes les gouttes. Sur l'île aux chiens, ceux qui y pensent donnent d'autres liens bien ténus.

Tout cela respire l'artifice à plein poumons et du coup on sent à peine la mer, ce qui est dommage vu qu'il y en a partout. Remarquez, on ne sent pas non plus les poissons, ce dont on ne peut pas se plaindre. Et puis, le coup du gardien du phare reconverti en ange de la mort ... Et la vie des femmes est parfois bien dure, ben oui, ma bonne dame ! Heureusement, c'est pas mal écrit et tellement court qu'on s'ennuie peu et que l'on passe à autre chose ...

Athalie

10/02/2012

Toute passion abolie Vita Sackeville-West

76704c96b2783fc3ba7a0e1759956f05-300x300.jpgBon d'accord, ce peut être un projet de vie d'abolir toute passion, pourquoi pas. On n'est pas obligé de faire dans le Phèdre tous les jours, ça fatigue le complètement passionnel et ça ne rentre pas toujours, il faut bien le dire, dans les grilles horaire d'une A-lectrice normale. Vous voyez Phèdre faire cuire des pâtes ( voire un boeuf bourguigon) avant d'aller bruler  l'Hippolyte de sa fureur ? Ou madame Bovary mettre une machine de linge à tourner avant de se payer une partie de jambes en l'air avec Rodolphe ?. Mais à force d'abolir, on frise la platitude, quand même.

Le mari de Lady Slane vient de mourir, grande figure de la vie politique anglaise, il a été vice roi des Indes, et elle donc, vice-reine, ce qui aurait pu être palpitant ou romanesque, quand même ... et bien non. Elle a accompli ses devoirs de dame du grand homme, sans grande passion (pas encore abolie, mais presque), et conjugaux sans doute aussi (c'est vraiment pas raconté, cet aspect là des choses, faut dire) mais il faut le croire puisqu'elle se retrouve entourée de ses enfants qui, pas passionnés ni passionnants, la considèrent plus ou moins comme une gentille potiche, quelque peu irresponsable et anecdotique. Faut dire qu'ils lui font concurrence : entre la célibataire pas collectionneuse, le célibataire collectionneur d'astrolabes, les radin-mesquin et l'autoritariste rigoriste, on se demande quelque peu ce que l'on fait là, nous. Il n'y a que la servante, Genoux, toute revêche dévouée, qui palpite un peu, mais comme le Lady n'a pas l'air de s'en aperveçoir, qu'elle a une bonne pleine de potentiel fusionnel, on est bien obligée de la laisser tomber nous aussi. Ce qui m'a fait peine.

Bon, après, ça ne se corse pas non plus. La lady veut refaire sa vie notamment en louant une maison, aperçue trente ans auparavant. C'est dire si elle sait retarder la pulsion. Bon, miracle, elle est à louer. La lady va donc pourvoir y vivre sa nouvelle vie, en compagnie de deux vieux monsieurs excentriques à souhait mais toujours aussi peu explosifs. D'une femme en sourdine, elle devient l'égérie de son propriétaire puis l'héritière d'un viel soupirant, même pas éconduit, pas la peine, pas de passion, je vous dit. Ce qui fait que la Lady, statue de marbre qui se voulait artiste, même en un style joliment tourné, moi, elle a commencé me languir sérieux.

Athalie

 

02/01/2012

Small world Martin Suter

Dernière lecture de 2011, et décevante, sans doute pour de mauvaises raisons, le livre doit être bon, en tout cas meilleur que je ne le pense. C'est à cause du sujet, et je n'aime pas ne pas aimer un livre à cause de son sujet, de son thème, ou je ne sais quoi d'autre dans ce goût-là ( son propos ...) Par exemple, l'histoire d'un couple banal des années cinquante qui fond comme un glaçon hors de l'eau lors de sa nuit de noce, à priori ne me dit rien, ce qui n'empêche pas que Sur la plage de Chesnil soit excellent. A priori aussi, un émigrant allemand qui va refaire sa vie aux USA à l'aide des saucisses qu'il transbahute dans sa valise pourrait ne pas être un sujet crédible, pourtant quand c'est Louise Erdrich qui s'y colle, j'y crois, j'y suis, j'y reste (du moins aurais-je aimé y rester parce que La chorale des maîtres boucher, je l'ai juste avalé trop vite.) Quel est le sujet de L'équilibre du monde ? la misère en Inde ? le sujet de Euréka Street ? La réussite économique en Irlande grâce aux accords de paix ? Qui va lire un roman qui parle de la réussite économique en Irlande après les accords de paix ? Moi, je me serais mise les oreilles dans le sable si A.B. me l'avait présenté comme ça, ce qu'elle n'aurait pas fait d'ailleurs. Ce qui fait que je suis bien embêtée avec mon premier "sujet" de de l'année 2012, moi. Et que je tournicote le poisson en attendant de me noyer.

Bon, ben le sujet, c'est la maladie d'Alzheimer. Tout sujet peut-être romanesque, soit, mais là, c'est la maladie d'Alseimer chez les riches. Enfin, chez un "alter égo" des riches. Conrad Lang est une sorte de serviteur, d'obligé, d'une richissime famille d'industriels suisse, les Knoch. On ne sait pas trop pourquoi mais il en est à la fois craint et méprisé et se méprise lui-même en buvant plus que de raison garder. Mais, quand il incendie, accidentellement, soit, leur villa de Corfou, la chef de famille, Elvira, au lieu de laisser justice suivre son cours, le fait rapatrier et le dote d'une rente à vie.  On apprend que ce traitement singulier est dû au statut d'enfant pauvre recueilli tout petit pour servir de jouet au fils unique d'Elvira, Thomas. Jouet qui s'avérera plus doué qu'il n'aurait dû l'être, et sera pour cela souvent cassé ... Jusqu'à ce que une belle rencontre semble enfin lui permettre d'avoir son destin à lui, rien qu'à lui, mais la maladie progresse, et son histoire s'engloutit, non sans quelques résurgences que la Elvira va chercher à calfeutrer, sans avoir beaucoup d'efforts à faire, en fait, puisqu'Alzheimer s'en mêle. Le récit en suit les étapes, les progrès, l'impossible retour, malgré (ici, en tout cas) les grands moyens mis en oeuvre. Il y a des moments que l'on pourrait dire jolis, presque "intouchables", mais du coup, ça manque de cruauté, de haine, Elvira, en gardienne du temple des secrets, elle ne fait même pas peur ... Thomas est pâlichon dans son rôle de doublure, et le fils successeur désigné fait le bellâtre sur son coin de page ...

Cependant, je ne suis pas de bon conseil sur ce "sujet" là ...

Autre circonstance agravante pour ce roman qui n'en demandait pas tant ... la couverture. Deux images tirées de l'adaptation filmique de Bruno Chiche "Je n'ai rien oublié", et sur l'une, on voit Depardieu. D'abord, j'ai horreur de lire un livre dont la couverture est tirée d'une adaptation (récente) au cinéma, ça ne donne l'impression de m'être faite avoir par une stratégie marketing, et ensuite, ça fait que l'on n'a pas le choix de mettre la tête de qui on veut sur le personnage de papier, et je n'aime pas qu'on me dise qui mettre dans ma tête quand je lis.

Athalie

 PS : en plus, impossible de caser une Barbie en illustration, même quelconque  ...

25/12/2011

Le ciel de Bay city C. Mavrikakis

9782264052100.jpgOn finit par ne plus trop savoir de quelle couleur il est d'ailleurs ce ciel, vu que la narratrice change sans arrêt d'avis, mais ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas rose, mais alors pas du tout, du tout.

Amy est une adolescente quand elle commence à raconter son histoire et celle de sa famille et de ses fantômes. Elle habite une sorte de bunker en tôle surclimatisé et sur "amélioré" par des extensions diverses et variées qu'on ne peut imaginer que de guingois. Bay City est un trou dont elle veut s'échapper, sa maison un étouffoir, une boîte de conserve régulièrement balayée par les crises de propreté intensive de sa tante et vaguement habitée par son oncle, prêtre défroqué, son cousin adulé et plat comme un maillot de football américain. Elle le veut tellement qu'elle va s'accuser de les avoir fait flambler dans la maison, avec aussi le chien, sa mère et son petit frère au soir d'un barbecue qui aurait pu être filmé par Cassavettes, tellement on est dans cette tonalité tremblée d'"Une femme sous influence". C'est dire si on rigole. ( Je précise que j'adule ce film, même si j'évite de le regarder tous les jours ...)

Mais la famille, elle était cramée d'avance. La mère d'Amy la méprise et vit dans le culte de sa "grande soeur" morte née, la tante la prend pour une figure de la révélation, les deux soeurs sont des immigrées venues de France juste après la seconde guerre mondiale, imprégnées du passé, rêvant encore de croissants et de tailleur à la Chanel, inadaptées à ce ciel là. La mère ne veut plus rien savoir de l'Histoire, la tante vit dedans et y entraîne Amy. Et le passé resurgit, par les portes, les fenêtres, la cave, le réduit de la cave ... On étouffe là-dedans.

C'est une lecture cuisante, au sens où l'on y cuit, on y mitonne dans le malheur, dans la complaisance de la répétition du pire, dans le ressassement des couleurs de ce ciel qui prend sans relâche les couleurs de la Shoah. Mais à trop le dire, "Je suis une petite juive, une enfant violée de la vie, une condamnée à mort", qui n'a pas eu "la chance de mourir morte née comme sa salope de soeur", la lecture devient vite stérile. Et la narratrice en prend des allures de fabulatrice gênante, se peignant les ongles en noir et écoutant Alice Cooper en s'envoyant en l'air sur des banquettes arrière, roulant et déroulant les mêmes cauchemars vagues, les brasiers enfumés, les fosses phantasmées. Le souci, c'est que la Shoah, c'est pas un cauchemar d'adolescente tourmentée, c'est du vrai.

Le pire peut-être, la fin crépusculaire : "le ciel mauve de Bay city a gagné la guerre". Rien compris.

Athalie

27/11/2011

Plage Marie Sizun

marie sizun,plageLa couverture est ninichisme  : de de "nini", "ni kitsch ni à faire" et de "chisme", dérivé poli de "à chier". Le ninichisme n'a peur de rien, même du pire. Donc vu que le titre du roman est Plage, la couverture représente une plage, genre bretonne, vu que ça se passe en Bretagne, on reconnait à cause de la petite presqu'île rocheuse qui s'avance vaguement derrière avec la grande maison dessus et les pins parasols. La Bretagne sud quoi ... ou nord d'ailleurs, mais pas Lorient et son port de pêche en tout cas, ni Quiberon et ses baraques à frites, ni Saint Malo et les plateaux de fruits de mer avec les algues en plastique dessous, histoire que les anglais ne les mangent pas en salade, non, la vraie Bretagne, celle des cartes postales ou des aquarelles vendues la peau des fesses à Carnac ... Vu que l'héroïne est une femme seule qui attend son amant marié pour une semaine (sauvage ??? on n'ose y croire, vu comment elle est coincée ...), sur la couverture, on a une femme seule. Elle dessine ou écrit, un grand chapeau de paille sur la tête, avec une fleur rouge dessus (la symbolique de l'âme passionnée qui se cache en elle, on n'ose y croire non plus ...). Coincée, donc, toute habillée, pas le pull habituel et le paréo, mais une sorte de sarreau bleu ( en contre point harmonique avec la couleur de la mer aquaréllisée, je suppose, sinon, je ne vois pas, parce que les vrais sarreaux bretons sont noirs, je le sais, j'en ai un, acheté à la foire à la brocante de Saint Jacut, A.B. peut témoigner)

Mais une couverture peut être trompeuse. Donc, fi des clichés étalés. L'idée me disait bien : une plage et ses estivants, une petite station balnéaire, un rien surannée, un hôtel. Une femme attend son amant marié (je sais, c'est laborieux, mais faut remettre l'ennui en ordre) et regarde les autres, en famille eux. Voilà, c'est ça qui me disait bien au départ, le voyeurisme solitaire, la petite sociologie du quotidien et du rien. La plage, ça révèle des bouts de conversation (la queue aux caisses de Super U aussi, mais là, je suis moins réceptive à l'écoute des petites humanités qui ne sont pas les miennes...), des saynètes drôlatiques, des morceaux d'intime, des sourires vagues que l'on fait caché derrière les pages de son bouquin dont on tourne vaguement les pages, des petits aperçus de la vie des autres, comme la sienne, mais en moins bien quand même (sinon, c'est pas drôle et je n'écoute pas...)

Il y a quelques traits de cela au début, clichés de vacances tristes, nostalgiques, touchantes quand même : l'ado coincée entre ses parents snobinards, la vieille dame au chien super ridée-bronzée qui crève de solitude, la colonie de vacances pour cas sociaux, la jeune femme divorcée et ses deux enfants, les Allemands qui prennent toute la place (pourquoi des Allemands, les Italiens aussi, ça prend de la place sur une plage, mais pas forcément en Bretagne, soit.). Et puis vient la pluie, et l'ennui, pas seulement celui du personnage, du coup. Y'a bien la virée lamentable à la pointe du Raz, un ratage touristique qui aurait pu être troussé, mais non, les couleurs de l'aquarelle se diluent ... Le pire, c'est qu'après, comme elle perd son portable, l'amant ne peut plus la joindre. Là ça devient vraiment dindissime, tellement qu'on en craint un rebondissement. Le pire, c'est qu'il y en a des tentatives, aussi plats qu'une mer d'huile sans sardines.

Mais je ne vous dirai pas si l'amant arrive ou non, trop fastoche ... De toute façon le quatrième le dit "Qu'il vienne ou non, elle ne sera plus jamais la même", un bouleversement intime les pieds dans le sable et le chapeau de paille sur la tête.

Athalie

PS : explication pour l'illustration : je voulais trouver aussi ninichisme que la couverture, mais trop de choix. Du coup, là, c'est du sable de Gâvres, du vrai. Gris. Avec des cailloux dessus. En face de Lorient.

05/11/2011

Une femme simple et honnête Robert Goolrick

imagesCA8GXVG8.jpgHeureusement que j'ai pris une dose de grâce divine avec Port Royal avant d'entamer cet opus de la lubricité et du mensonge, après La cucina, je fais finir damnée, même par les jésuites, qui pourtant ....

Raph Truit est richissisme, un magnat local tout puissant dans une petite ville perdue sous la neige du Wisconcin. Ce qui n'est pas une raison pour être obsédé par le désir de la femme et poursuivi par des rêves oncessants de luxure, mais lui, il l'est depuis tout petit. Pourtant, sa maman (genre mormonne gorgonne plutôt janséniste dure) l'a puni, mais ça n'a pas suffi. Du tout. Il s'est (plus ou moins joyeusement ...) vautré dans la luxure, puis amoureux, a pris belle jeune femme italienne et est rentré refaire fortune dans son petit enclos. Heureux qui comme Ulysse, disait l'autre ? Ben pas vraiment ... Vingt ans de veuvage plus tard, il a passé une petite annonce pour rompre sa solitude et surtout arrêter de luxurer tout seul en rêve, et on le trouve sur le quai de la gare, sous la morsure des regards et du froid, à attendre celle qu'il a choisi parce qu'elle avait commencé sa lettre par "Je suis une femme simple et honnête" et que sur la photo, elle en avait l'air. Le train est en retard, il attend, et on va dans le train, pendant ce temps, pour faire connaissance, avant lui, de la dulcinée destinée à éteindre "honnêtement" les désirs par les feux sacrés du mariage.

Catherine Lang est en train de se déguiser en celle attendue, elle révise son rôle, repasse son objectif : l'amour et l'argent, l'amour et l'argent, l'amour et l'argent, (l'argent, on sait de qui déjà mais l'amour du même ? Cela parait improbable vu comment elle se récite une vie autre que la sienne. Evidemment la photo n'est pas la bonne, évidemment elle a une explication et puis de mensonges en mensonges, se met en place l'intrique : une chatte et une souris, plus un piège à rats et comment on élimine les rats ? et les souris ?

Il y a des trucs qui ne tiennent pas : ce qui m'a le plus génée c'est les changements de psychologie par à coups brusques et revirements à 120 degrès et les montagnes russes, ça finit par donner le tourni, à force, on ne sait plus si on monte ou si on descend : Catherine change de vérité, de facettes, de certitudes aussi vite de garde robe, Ralph pas mieux, le seul qui reste sur ses positions, c'est le rat qui grignote les cales du navire. Mais lui, il est monolythique, et monobloc, ce qui gêne aussi finalement vu que les autres font l'inverse.

Finalement, je ne suis pas descendue en route (même si j'avoue une certaine lecture en diagonale vers la fin) parce qu'il y a aussi une certaine atmosphère cotonneuse et lentement piègeante (ben oui on quand même envie de savoir comment ils vont finir, la chatte, la souris et le rat ..) Et puis aussi à cause de "La sirène du Mississpi", ce pourquoi je l'avais acheté ce livre. Du coup, j'ai appris le titre d'un de mes Truffaut préféré en italien " La mia drogua si chiama Julie". Aucune trace de palourde par contre.

Athalie

 

 

 

22/10/2011

Le roman de Bergen Gunnar Stalessen

bibliotheque_xix_eme_siecle2.jpgOu les Rougon Macquart en Norvège. Vu que Zola n'est plus disponible, c'est un autre qui s'y est collé. Pas sûre que c'était vraiment son but à notre norvégien d'auteur, mais comme j'ai du Zola sur la planche en ce moment ...

Ce livre, ça faisait un moment que je lui tournais autour, il a dû sortir au moment de du début de la vague du nord, du côté de Millénium et Indridarson, seulement, il était bien gros, il y avait plusieurs tomes, du coup, je l'ai souvent reposé, après avoir souvent lu le quatrième, et la première page qui s'annonçait engageante, un bon vieux meurtre d'un notable, genre on va sortir les affaires sordides du placard, les odeurs de renfermé et d'alcoves d'un autre siècle, des relents de cuisine de sous les dentelles et les haut de forme. Alors, comme il vient de sortir en poche, cette fois, il s'est retrouvé dans mon sac.

Le notable assassiné à la première page avait bien une sordide histoire aux fesses, une maîtresse, et cette maitresse avait bien d'autres amants, notables aussi, mariés de même , les deux policiers, lancés illico sur l'enquête, sont bien chargés de faire la lumière sans faire de vagues, l'affaire tourne bien court. Le scandale mis au panier.

Mais alors du coup, il se passe quoi, après ? Ben, qu'il faut faire rentrer les autres classes sociales dans les étagères du placard, après les notables et la courtisane libérée, place au peuple ! Seulement voilà les pauvres en Norvège avant 1914, ils ne semblent pas trop il y en avoir plusieurs sortes, alors, on a le premier paysan qui arrive en ville après l'épisode construction du chemin de fer, le deuxième paysan qui arrive en ville, puis la paysanne qui arrive aussi, et ça copule entre classe sociale, comme convenu, les maitres troussent les bonnes, les bonnes aiment les valets, les femmes des notables se voilent la face, la courtisane est toujours dans les parages, mais bon le temps passe et la saga se répète, la lectrice se lasse ... Le placard est rangé, on a les torchons et les serviettes, soit. Mais alors ? le coup de pied dans le linge propre ? ou sale, pas grave, on triera après. ça doit être pour le deuxième tome....

Au moins Zola, on s'en paye une tranche, comme dirait la Gervaise, du bon vieux gras de sous les aisselles, là, ça pue doucement, seulement.

Athalie

12/10/2011

L'affaire Furcy M. Aïssaoui

Garreau1849.jpgOu comment retarder la lecture du Sanctuaire du coeur, en douceur. Un prétexte, une lecture entre deux, c'est bien, aussi. Un petit bouquin, à intérêt documentaire : avec des intrusions d'auteur quand même ( c'est une manie actuelle, ou c'est moi qui tombe dessus ???) : donc, moi auteur, je vous explique que je reconstitue une histoire vraie, avec de la documentation ( ben, encore heureux) mais aussi de la fiction, parce que je, auteur, suis bien obligé d'inventer pour vous interesser, vous lecteurs .... Mais bon, la quantité reste raisonnable.

L'histoire reconstituée avec des trous est celle de Furcy, esclave qui n'aurait pas dû l'être, parce que sa mère avait été affranchie, deuis bien longtemps, et qu'il était, en fait, né libre. Mais, elle ne le lui avait pas dit, ou alors, elle ne le savait pas trop elle-même, c'est un des points d'interrogation de l'auteur, ce qui est légitime. En tout cas, Furcy va mettre 27 ans à faire reconnaître cette liberté à l'administration française.

La Réunion se nomme encore l'île de Bourbon, les blancs commandent et exploitent. Sauf que dans le livre, on pourrait être en Belgique (j'exagère, évidemment ... mais peu) ce serait un peu la même chose, pas pour les personnages, bien sûr, le Belge était lui aussi du côté des colonisateurs mais sans avoir importé chez lui, comme le Français., mais pour le cadre. Je croyais que c'était exotique, moi, l'île de Bourbon, ben là, c'est plat. Il n'y a pas de couleurs, pas d'odeurs, pas de bruits ... Tant pis pour les palmiers, finalement, c'est l'histoire d'un esclave, on peut supposer que les cocotiers c'était pas son truc.

Sauf que c'est plat aussi pour le reste, peu de sensations, de plantations, le minimum pour situer. Quelques figures d'esclavagistes se dessinent puis renoncent à vraiment exister, absorbés par le plat. Même Furcy, on ne le voit pas bien, noyé dans une histoire qui n'a pas été écrite, qui n'a laissé de traces, la sienne, celle de l'esclavagisme du côté des esclaves. c'est le mérite de ce petit bouquin, il sort quand même d'une totale obscurité une petite silhouette.

Autre intérêt complètement égoïste, celui là, c'est que cette petite lecture de transition m'a donner envie de m'attaquer au troisième tome de la trilogie de Smartt Bell ( superbe premier tome Le soulèvement des âmes). Et puis, on se rapproche du Vietnam, géographiquement parlant.

Athalie

 

 

06/10/2011

Seul dans Berlin Hans Fallada

Curieuse lecture, un entre deux pas confortable, faut dire aussi que comme au départ c'était pour le boulot, ça m'engageait moins.

L'histoire se passe à Berlin, dans les deux premières années de la seconde guerre mondiale, plus ou moins, et met en scène des petits personnages,  petits et obscurs, les sans pouvoir, les qui subissent ou qui profitent, comme ils peuvent, du troisième reich millénaire, ceux, plus rares, qui tentent de petitement résister à la puissance de la peur nazie, insidieuse et couvercle invisible mais nauséabond, par en-dessous.

les bas fonds.jpgOn entre dans un immeuble-microcosme où se concentrent les facettes des insectes : les Persicke, SS alcooliques de père en fils, glauques, brutaux, ridicules, prétentieux sans envergure véritable, des cloportes, qui songent rapines mesquines; madame Rosenthal, vieille juive du dessus, le mari a déjà disparu, elle l'attend, terrée dans l'appartement, une cible à portée des mains envieuses, notamment de l'autre minable, celui du milieu de la cour, Borkhaussen, pas de marques politiques ni autres, juste celle de la débrouille ratée, de toutes les arnaques qui passent, ratées, un faible malsain qui fait entrer dans la danse macabre Enno Kluge, pas mieux, triste figure de lâche s'empêtrant dans ses lâchetés, lâché à la dérive, et sa femme, Eva, une sorte de mini mère courage de la lutte quotidienne, la seule qui arrivera, plus ou moins, à choisir un chemin plus solaire, dans l'ombre. Il reste les héros, si l'on peut dire, un menuisier taciturne, radin et tétu, sa femme, souris grise. A la nouvelle de la mort de leur fils au front, ils vont se sentir tigres de papier, et écrire sans relâche et avec application des cartes postales dénonciatrices, accusatrices, lyriques, le dimanche, pour les déposer, au hasard dans des cages d'immeubles, vite, au rythme de leurs peurs. Ils pensent vraiment que leurs mots vont changer les choses, au moins un peu, au moins y croire, penser que leurs mots volent de mains en mains, font parler d'autres mots ... au moins.

Et puis de dominos en dominos, la cascade va se casser la figure, les erreurs vont entrainer des fautes, les fautes, des faux coupables, les vrais étant de l'autre côté de la pile de jeu, les mécanismes et les rouages nazis se déroulent, le défi des deux humbles prend des allures de sacrifice, un chemin de croix sans utilité, mais avec quelque grandiose trace d'humains normaux.

C'est ce qui m' a gêné dans cette histoire parce qu'ils sont où, dans ce Berlin là, les gens normaux ? Il n'y avait quand même pas que des SS ivrognes, des voleurs, aventuriers du minable burlesque, des asociaux, des protituées ... Les autres, les moyens, les transparents, les qui se vautraient pas dans la frange en aimant çà, les tout propres en façades, ils étaient bien là aussi ? Ou non, ce qui excuserait, ce qui me gêne, que ça excuse. Hitler élu par les bas fonds, ça me gêne aux entournures. Mais ce n'est pas la faute du bouquin.

Athalie

26/09/2011

Les souvenirs de Foekinos

pavillon.jpgAlors, là, moi, c'est bon, j'arrête les goncourables et consorts, je ne frise pas l'overdose, j'ai dépassé la coulpe, je tends le cou au sacrifice, je freine l'hémorragie de mes neurones, je me rends, je passe les deux mains et je ferme le bouquin, définitivement, à la moitié. Je l'avais laissé en l'état, il y a quelques jours, pour faire quelques autres choses, et j'ai voulu, quand même, y revenir. Pas pu. ( Ce que va apprécier A.O. vu que je ne risque pas, du coup, de dire la fin. Ce qu'elle m'accuse injustement de faire ici.) L'ennui a eut raison de ma bonne volonté, de ma conscience de lectrice, pourtant capable de plus de jusqu'auboutisme.

Le grand-père qui meurt, c'est triste. La grand-mère qui reste, c'est triste pour elle, c'est dur pour ses fils de la mettre en maison de retraite, pour elle aussi, vu qu'elle n'avait pas envie (mais QUI pourrait avoir ENVIE de ça !!!) et quand on vient lui rendre visite, c'est triste aussi parce que les autres petits vieux, ils sont pas en bon état et les tableaux sur les murs, ils sont tristes. Et puis après, je ne sais pas, mais je suppose que ça continue à être dur et tristre et que les chapitres se coincent toujours dans les portes ouvertes.

"Littérature pavillionnaire" en a dit E. Chevillard, ( excellentissisme Les absences du capitaine Cook et jubilatoire L'oeuvre posthume de Thomas Pilastère ). Alors déjà que j'y habite, dans un pavillon castor des années cinquante, que j'y ai passé toute mon enfance, avec les chromos au mur, les tapisseries à galons, la baignoire sabot, le jardin de devant, avec les fleurs, le jardin de derrière, avec le potager ... j'en ai des souvenirs, moi aussi, pas forcément tristes, mais je ne les raconte pas. D'abord, je ne saurai pas, et puis, cela n'interresserait personne. Comme moi, ceux de Foekinos.

Je vais reprendre le cours de mes lectures normales, celles qui racontent des histoires que je connais pas, des maisons autres que la mienne, de quartiers plus exotiques ... ou encore recycler de bonnes vieilles lectures, n'en déplaise à A.P. qui attend impatiemment la note promise sur Le livre de Dina.

Athalie

http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1154

21/09/2011

Rien ne s'oppose à la nuit Delphine Le Vigan

imagesCANI25S9.jpgRien ne s'oppose non plus au jour, normalement. C'est juste que Bashung, le jour, il ne devait pas avoir envie de le raconter, le livre non plus, ce qui fait que c'est cohérent . On le comprend vite vu que ce roman commence par le récit de la découverte par l'auteure (je ne dis pas narrateur, et j'ai pas faux puisque c'est dit, c'est autobiographique, ni narrateure, parce que cela ne veut rien dire) du corps de sa mère qui vient de se suicider, macabre et sordide. ça finit d'ailleurs sur la même scène (je ne sais pas si c'est parce qu'elle avait peur qu'on ait oublié entre temps ...) A.O. va me maudire parce que je dis la fin, mais l'auteure, elle a mis la fin au début, alors c'est pas ma faute, et ça ne change rien à l'intérêt (ou non) du bouquin.

 La première partie retrace l'enfance de sa mère, Lucille, deuxième d'une famille de 9,10,11, enfants, je ne sais plus (et puis en plus il y en a qui disparaissent en route plus un qui s'ajoute, pas pour le meilleur), des parents improbables, mais haut en couleur, une tendresse pour tous ces gens-là, ce bruit, que l'on devine, cette douceur et cette inconscience, celle rêvée des familles nombreuses, des complicités particulières et des relations que l'on voudrait proches, cette époque, celle des années 50, à peine, mais justement, esquissée. Il y a de l'allant, de l'humour, une faille évidemment se ligne, sinueuse, vu le début, on se doute que ça va pas durer comme ça, que l'explosion de l'illusion de la cohésion (c'est une allitération) ne va pas tarder. Mais c'est un beau tableau de personnages qu'on nous présente là. La belle Lucille qui fait des photos de mode, les moments de complicité avec sa maman, à elle rien qu'à elle, pour une fois, son silence, son retrait ... Et puis après, ça glisse, ça se délite, ça commence à pourrir ... et au bout d'un moment, je n'en pouvais plus des drames et des peines, de la folie de Lucille, qui glisse aussi, qui plonge et replonge et ses filles qui surnagent, à leur tour, de l'adhésion que nous demande cette voix d'auteure, sûrement sincère, qui demande qu'on ne la juge pas, qui souffre de dire la violence de sa mère, et la violence que l'on a faite à sa mère, belle, si belle, jeune, si jeune, fragile, si fragile, dure, si dure, si pas là, si ailleurs, si autre, si aimée, malgré tout.

Moi, je me demandais comment on pouvait sortir d'une enfance comme ça, mais aussi si ça allait s'arrêter bientôt, si on allait pas nous laisser quitter le manège à tragique avant qu'il aille dans le mur, je voulais bien lire jusqu'au bout, mais sans être obligée d'attraper le pompom pour faire un nouveau tour gratis. Pitié. Ben non, jusqu'au bout.

Ce n'est pas un livre pour moi, c'est tout.

Athalie

PS : désolée pour les familles nombreuses ....

 

31/08/2011

Tsubaki Aki Shimazaki

imagesCABUZ9EF.jpgHistoire de changer de l'indien, vu que j'allais attaquer L'équilibre du monde, un pavé de Mystri, je me suis dit : tiens, je vais faire dans le japonais, et dans le livre court. La littérature japonaise, en général, je n'y arrive pas, soit ça me barbe, soit je n'y comprends rien. C'est comme le cinéma japonais, enfin, le peu que j'ai réussi à voir sans trop m'ennuyer. Mishima ne m'a jamais fait délirer, la torture mentale, ça doit pas être mon truc, enfin, pas à la sauce japonaise.

Mais, comme j'avais vu de bonnes critiques (je ne sais plus où  et je le regrette car je suis devenue une pro de l'expression de mon mécontentement par mail depuis que j'en ai envoyé un à l'office du tourisme de Carcassonne, histoire de causer dans le vide ...) et qu'il est vraiment très très court, je me suis dit que, vu que je m'étais bien mise à aimer les sushis ... et bien non.

Ce n'est pas que je n'ai rien compris pour cette fois, c'est que justement, on comprend tout très vite et qu'en plus, c'est même pas intéressant ce qu'il y avait à comprendre.

Une femme meurt en laissant à sa fille une enveloppe qu'elle ne doit pas ouvrir (pas déjà vu, le truc) et une lettre mystérieuse (pas déjà vu non plus) où elle explique pourquoi elle a tué son propre père le jour où la bombe est tombée sur Hiroshima. La fille lit donc la lettre, et nous aussi et voilà. Sauf que la fille, elle n'est quand même pas rapide, parce qu'elle lit jusqu'au bout pour savoir le secret alors que le lecteur, lui, il pourrait s'en passer, vu qu'il est gros comme une pastèque chinoise. Ah oui, j'allais oublier le top du gratin : avant la lettre, la tueuse de son papa, elle explique aussi à son petit fils les tenants et les aboutissants de la politique américaine pendant la seconde guerre mondiale, en à peine deux coups de cueillère à petit pot. Il fallait oser le cours d'histoire en intro et en version light, tellement light qu'on voit à travers.

C'est le premier opus d'une série de cinq sur le même sujet. Pour moi, ça ira merci. Même si c'est bon, les shushis.

Athalie 

30/08/2011

Belibaste Henri Gougaud

book_cover_belibaste_460_250_400.jpgUne lecture en forme de devoir de vacances … l’année dernière à Banon, j’avais lu deux trois  Magnan que je ne connaissais pas ( dont l’excellent Les charbonniers de la mort, de mémoire). Donc, cette année, étant en pays cathare, je me suis dit « je vais lire un Gougaud », vu que la  A. banlieusarde m’avait signalé la qualité du régionaliste de l’étape annuelle. Renseignement repris auprès d’elle, vu que j’avais oublié le titre conseillé, me voilà à la recherche dans les libraires plus ou moins locales de L’homme à la vie inexplicable. Epuisé, fut le verdict du fort aimable libraire de Castelnaudary (faudra que je fasse une note sur cette librairie là, même si rien à voir avec Banon et les bleuets redoutables et fourmillants, il faut quand même avoir la foi pour tenir une bonne librairie dans une ville aussi tristounette, en gardant le sourire. C’est là qu’un client m’a affirmé que les cathares étaient un mythe. Mais comme je suis une bonne élève, j’ai quand même acheté Les cathares  en Découvertes Flammarion, après m’être assurée auprès du libraire que je ne risquais pas le délire mystique. Faut dire que mon historien de référence m’a lâchement laissée tomber sur ce coup là ! ).

Bref, je me retrouve en possession, malgré tous les vents cathares contraires de Bélibaste. Achat par défaut, qui se présente comme un bon vieux roman à la couenne historique et à la plume conteuse : pas d’état d’âme de l’auteur narrateur qui nous dit combien il peine à transcrire une vérité qui sans nul doute n’est pas vraie, à la hHhh par exemple.  Une lecture chausson, c’est bien.

Sauf que … j’ai pas dû bien comprendre l’intérêt d’écrire sur les cathares sans les cathares et après les cathares, mais je pense que ma lecture a été faussée parce que je cherchais de l'historique "documentaire" et qu’il ne s’agit pas de cela. Du coup,  ça m’a donné l’impression de lire un faux. Belibaste se retrouve Parfait à défaut lui aussi. Sa famille est suffisamment habile pour avoir échapper jusque là aux persécutions, elle est prospère, il est marié, il a un fils, n’est pas spécialement croyant, et un soir, tue, presque par hasard un espèce de vagabond berger même pas du coin mais qui menaçait de les dénoncer comme hérétiques. Pour échapper à la justice, il est embarqué par un Parfait, un vrai lui, un des derniers vrais, qui passait par là, pour devenir Parfait à son tour, même si imparfaitement. Là, je me suis dit que pour échapper à la justice, devenir le représentant d’une religion martyrisée, pourchassée et moribonde,  ce n’était pas une bonne idée. Ce en quoi, je n’avais pas tout à fait tort, parce que le pauvre Bélibaste, malgré quelques moments de répit, ben il n’y arrive pas vraiment   Il tord les dogmes, s’arrange de ses pêchés, se les excuse tout seul, en commet d’autres, est  immonde avec à peu près tout le monde, devient un espèce de mythe sans n'avoir rien fait d'autre que fuir et sans cesser de réclamer à son dieu qu’il se manifeste ou qu'il lui foute la paix.

Finalement, Il ne fait ni l’un l’autre.

Athalie

PS : mais cette petite déception ne m'empêchera pas de lire celui conseillé par la A. conseillère.

 

12/08/2011

Chocolat amer Laura Esquivel

chocolat-amer-laura-esquivel-L-ZT7pgd.jpgComme un goût de déjà dégusté, déjà consommé, même si c'est bon, cela ne surprend en rien. Bien dommage, un ressucé réchauffé de réalisme magique à la mode sud américaine, c'est mijoté mais peu relevé, même en intercalant de joyeuses odeurs poivrées et en mélangeant les sucrés salés, pour moi, cela n'a pas pris.

Tous les ingrédients attendus sont utilisés : une famille de filles, une mère acâriatre, un désir de fuite et de révolte, une obéissance à sa destinée, la révolution mexicaine, chaud chaud bouillant les sens, l'amour impossible né d'un seul regard torride, le sacrifice de soi, la puissance du don aux aliments mêlés, et attention aux fées qui se nichent au fond des marmites.

Tita est au centre du roman, avec Pedro, celui qu'elle ne peut épouser et pourtant qu'elle doit côtoyer tous les jours. C'est la plus jeune, elle est née dans une inondation de larmes, au milieu des oignons. Courroux de la mère et destin bouclé, dans cette famille, la plus jeune doit rester célibataire pour s'occuper de la mère jusqu'au bout, et la mère Héléna, faut se la coltiner !!! En attendant sa disparition, pour cause de naissance malencontreuse et d'amour interdit, la Tita, elle est exilée dans la cuisine, avec la vieille bonne indienne, mére de substition et Pygmalion en chef de l'art de la tambouille à double tranchant. L' affreuse mère veille au grain, mais les effluves passent les portes et Tita apprend à cuisiner, et à faire consommer, de drôles de recettes, qui au gré de ses humeurs et sensations amoureuses peuvent se rélèver aux conséquences aléatoires voire regrettables. Se méfier surtout des cailles aux pétales de roses qui vont entraîner Gertrudis, la seconde, vers des chemins de perdition et Rosaura, malgré une forme d'abstinence ... carrèment sans gout au départ, mais point sans odeur à la fin, n'aura finalement que ce qu'elle mérite.

On cuisine beaucoup dans ce livre, on mange souvent, presque sans faim, on malaxe odeurs, coups de théâtre et coups du sort, mais sans trop d'appétit.

Peut se lire ; mais il faut alors oublier Cent ans de solitude, ce qui n'est quand même pas évident.

Athalie

02/08/2011

Tom, petit Tom, tout petit Tom, Tom Barbara Constantine

sommer.jpgBen, si j'avais su, j'aurais pas lu ...  J'avais pas vu que c'était de la même auteure que Mélie sans mélo, parce que dans Mélie sans Mélo, du mélo y'a que ça ! C'est l'histoire d'une grand mère et de son adorable  sa petite fille, genre Martine au pays de Oui Oui mais sans les Stroumphs, ce qui fait que c'est moins drôle ..... La grand mère, elle vit seule, à la campagne, dans une campagne où y' a pas de bouse de vache ni d'élevage de cochons qui pue, ni d'engrais qui pollue, un truc qui doit dater des fims de Bourvil, genre vélo qui s'ébroue sur les routes bordées de platanes ... Connais pas, je ne connais pas beaucoup la campagne, faut dire. La petite fille, elle adore sa grand-mère, un peu fofolle, genre indépendante, originale, mais profonde, dans sa philosophie de la vie, dégoulinante de bons sentiments, la philosophie, faut aimer et en retour, hop ! y'a l'ami Ricoré qui arrive en vélo ... ou la mère Denis qui enlève la blouse pour un streep super hop, mais dans des draps blanc bien propres, quand même.

Tom, c'est pareil ou presque, presque pire, j'entends. Tom vit dans un mobil home avec sa mère qui l'a eu à treize ans, à cause de ses gros seins, c'est pour cela qu'elle veut se les faire enlever, logique. Joss, donc, s'occupe peu de son fils et l'envoie voler de quoi se nourrir dans le jardin des voisins, qui, coup de bol, sont aussi gentils et mignons que des nains de jardin, logique encore. Elle le laisse seul pour boire des coups, ou se payer une semaine de vacances à la mer. Bien sûr, Tom sait où est la réserve des économies pour l'opération des gros seins. Mais, il ne la prend pas, non, non, à la place, il va secourir une vieille grand mère et son vieux chat et son vieux chien et fait des bocaux de confit de tomates pour les nains de jardin, attendris par cette touchante attention, mais pas dupes, non, non !!! finauds !!!! Ils laissent faire, en fait !!!!! ( Désolée, je dévoile un scoop), sans compter que la grand-mère pendant ce temps, elle ressuscite à coup de madeleine (finaud aussi, c'est son prénom !!!!!), sans oublier le bon croque mort ex-taulard ...........

J'attendais le retour de monsieur propre, mais finalement, il avait un rencart, sûrement avec la fée du logis, qui était occupée avec Belle des champs, allez savoir à quoi faire !!! Et les platanes regardaient passer Bourvil.

Athalie

 

27/07/2011

La terre des mensonges Anne B. Ragde

1ggpiq.jpgVu que ce bouquin est en présentation sur toutes les gondoles des supers et "recommandé par vos libraires", que je me suis faite avoir par le quatrième et les premières pages, je chronique juste pour avertir qu'on peut facilement s'en passer et perdre son temps à autre chose, regarder sa pelouse pousser, la pluie tomber, le linge à repasser s'amonceler ... à moins d'être passionné par l'élevage porçin en Norvège, évidemment. Auquel cas, il doit être d'une lecture fascinante (du moins, je le suppose).

Au départ, il n'y a pas trop de cochons, ce qui fait que c'est trompeur. Les toutes premières pages résonnent un peu à la Wasmo, une attente fébrile érotisante qui fleure bon l'étreinte dans le foin. Puis, un suicide bien troussé, inquiétant, violent, et toujours pas de cochons, mais un croquemort, passionné par son métier, absorbé même dedans, englouti dans une torpeur mentale qui s'annonce bien psy ... Vu que le quatrième annonce une sombre histoire de famille et un huis clos sanglant, ça colle, c'est un peu long, mais on veut bien admettre qu'il faut présenter les protagonistes, le décor du drame annoncé qui ne saurait tarder, classique. Puis, le deuxième frère, quelque peu frapadingue aussi : lui, son truc, c'est les vitrines, c'est son métier et sa passion les bidules qui brillent, les bibelots qui clinquent, obsédé jusqu'au sapin de Noël. Homosexuel jusqu'à la caricature ... ( On est pas obligé d'être homo pour aimer les préciosités débiles qui servent à rien et encombrent les étagères et passer son temps à les bouger d'un millimètre ou deux pour voir si ça fait mieux, j'en sais quelque chose ....). C'est encore un peu long, mais bon, faut bien attendre le troisième frère, ça va peut-être se décoincer, on attend le secret, le huis clos et qui attendait qui pour faire des choses bien chaudes dans le foin, on voit le suicide prendre du plomb dans l'aile de la fiction, par contre.

Là où j'ai commencé à sérieusement sentir le filoutage de la quatrième, c'est au troisième frère, parce que lui, son truc, c'est son élévage de cochons, on apprend aussi qu'avant, il avait des vaches, et qu'avec les vaches, il avait moins de travail parce que là ses truies sont en train d'accoucher, et qu'il y en a une qui a du mal, alors, il faut qu'il s'en occupe jour et nuit .... Alors quand la mère se met à calencher, le père à baver, la petite fille inconnue à faire le ménage là dedans, et que l'autre, il est toujours avec ses petits cochons, moi, je suis retournée regarder ma pelouse pousser, la pluie tomber. Ce qui est quand même plus passionnant. En tout cas, pendant ce temps-là, le tas de linge à repasser n' a pas diminué. Ce qui aurait été étonnant.

Athalie

 

 

13/06/2011

Blues pour Elise Léonora Miano

26351643_jpeg_preview_large.jpgMoi, et je suis loin d'être la seule, j'aime bien Léonora Miano. D'abord, elle a écrit de superbes textes dont Contours du jour qui vient, angoissants et âpres comme des coups de poing cauchemardesques, le genre qui vous colle dans vos draps, les yeux au plafond dans le noir, vu qu'il est deux heures du matin et que vous ne pouvez pas rallumer la lumière que vous venez d'étendre après avoir fini le livre à cause de l'homme qui dort à côté de vous et qui va finir par râler si vous continuez à faire n'importe quoi au milieu de la nuit.... Ensuite, parce ce qu'elle a une voix extraordinaire, qu'elle est sacrement belle et qu'elle dit des trucs avec lesquels je suis d'accord (en étant toujours loin d'être la seule) sur l'Afrique et la violence faite à ce continent, entre autre colères et virulences stylistiques.

Mais là, Léonora Miano s'est adoucie et c'est bien dommage, retrouver de la colère éviterait une certaine fadeur ... Il est sûrement drôlement juste de vouloir montrer que les françaises de couleur ont des blessures d'enfance et des amours contrariés comme les françaises blanches, qu'être noires ce n'est pas seulement être sans papier et vivre dans la misère, qu'on peut être noires et avoir des problèmes "normaux" ( donc d'enfance et d'amour ...) l'intention, oui, on adhère, à priori, mais l'intention ne faisant pas le bon livre, à la lecture, j'ai moins suivi.

"Les bigger than life" : Asaska, Estelle, Elise, Shade, Malaïka sont des femmes, noires, françaises, qui ont fait des études, ont un travail et pas de problème de carte de séjour, ni d'intégration : un groupe de bonnes copines, solidaires et tout, qui jouent du portable, se donnent rendez-vous dans des bistrots et cherchent le "bon" mec, parfois le trouvent ou l'ont trouvé ... So what ? A lire des histoires banales de femmes noires, soit, mais banales, comme des blanches, moi, j'ai fini par me demander quel était l'intérêt du bouquin, pas de l'intention, mais de ce que je lisais. Je ne doute pas que les femmes noires aient les mêmes soucis que les femmes blanches, je doute juste de l'intérêt de le lire, pas de le dire, mais d'en faire un roman. Blanches et noires, c'est pareil, ben oui, et alors ?

Sauf que, quand même, même si elles ont un air de préfabriqué ces femmes quelque peu "barbies girls" : il y a la voix de Bijou dans dans son taxi phone et un moment de "vrai" très drôle dans la tactique de la séduction et dans sa langue, il y a la scène dans le salon de coiffure où se pose une autre question, pour moi incongrue : garder les cheveux crépus est-il un acte politique ou doit-on s'en contre fiche ? j'avoue que je n'avais jamais réalisé que se faire couper les cheveux (ou non) puisse être un acte politique. Le dialogue avec ma coiffeuse s'aventure rarement sur ce terrain. Il faut dire que la longueur ou la couleur de mes mèches ne m'engage à pas grand chose, sauf à être plus ou moins bien coupée. Pas elles. Et encore, je n'avais jamais pensé à Obama comme modèle encombrant d'un noir devenant un homme blanc réussi.

Et je ne sais pas si je lirai la suite puisque suite il y a aura, mais cela n'enlève de toute façon rien du tout à la profondeur de la voix d'une femme noire et alors ...

Athalie

PS : oui, je sais, ça fait un peu lyrique comme fin, et je n'aime pas le lyrisme, mais vous me rectifirez.....

Mauvaise pente K. Ridgway

mauvaise pente.jpgRoman désolant sur des vies désolées.... La couverture devrait être totalement grise, remarquez, elle l'est plutôt, mais il y du vert, un vert qui fait gris, déjà. C'est plat, comme livre, vous me direz, tous les livres le sont, plats, oui, mais celui-là, il est aussi plat à l'intérieur, platement triste. L'héroïne est comme délavée, elle doit porter du vieux bleu marine assorti à du liberty moche (parce qu'il peut y avoir du liberty joli, la preuve, la dernière tunique que je me suis achetée) et des chaussures sans âge. Comme un papier peint oublié des années cinquante, ou un truc poussièreux dont on n'a pas envie d'enlever la poussière, parce que ce doit pas être plus joli, sans. Le fils est pas mieux, il est d'un gay triste.

C'est l'histoire d'une femme battue, violentée, par un mari alcolique et sans remords de l'être, et un jour, elle se décide à l'écraser en lui roulant dessus avec sa voiture. Elle y arrive sans trop de problèmes (faut dire qu'il était un peu assassin aussi, ça l'a aidé, sa femme). On se demande un peu pourquoi ça lui prend comme ça d'éliminer son tortionnaire de longue date, mais bon, ce doit être pour commencer le bouquin par un pic dramatique ... Après, elle part de chez elle, normal, sauf qu'elle a un peu mal nettoyé la voiture après le meurtre, qu'elle le sait et pourtant qu'elle ne nettoie pas mieux, à la place, elle fait sa valise. Soit. Et part chez son fils, chassé de la maison paternelle des années auparavant par le tristre sire maintenant liquidé.

Parce que le fils est gay, mais plat et triste aussi, dans sa petite maison de gay triste parce que son copain, qui a l'air plus rigolo, n'est pas là (on le comprend). Ils ne font pas grand chose, ce qui attriste la maman et elle s'en va donc seule un peu plus loin et se fait arrêter, ce qui était prévisible. C'est même le fils qui l'a dénoncée parce que ce que tuer son père, il ne trouve pas ça bien.

Ce qui laisse un tant soit peu perplexe ... platement perplexe puisque plutôt contente d'en avoir fini, de la fausse pente. En plus, ce n'est parce que l'histoire se déroule en Irlande, qu'il fallait faire pleuvoir tout le temps. On a l'impression d'être mouillé.

Athalie

PS : il parait qu'on en a fait un film, moi, j'irai pas.