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12/08/2009

La route Mac Carthy

Puisqu'il faut bien parler aussi des livres que l'on a pas aimé. Dont celui-là. Celui-là particulièrement ( parce qu'il y en d'autres qui me sont tombés des mains)  à cause d'une virulente discussion avec les copines A. alors qu'on était sur la route vers les soldes .... (comme quoi trois nanas sérieusement armées d'une carte bleue peuvent aussi se distraire avec un peu de littérature futile ...) Où il s'est avéré qu'elles l'avaient aimé et pas moi. Ce cas de figure étant plutôt rare, je veux dire qu'en général, on est plutôt d'accord sur les bouquins et qu'on lit, d'ailleurs plus ou moins les mêmes ... J'avais, pour une fois, pas mal d'arguments à ce moment-là, arguments que j'ai d'ailleurs plus ou moins oubliés et que je ne pourrais retrouver avec précision. Mais l'impression d'ensemble demeure malgré tout.
Je n'ai pas compris l'engouement autour de ce livre. Je l'ai commencé avec pourtant enthousiame et confiance. Juste pour la frime, c'est A.L Bondoux (écrivain jeunesse) qui m'en avait parlé. Vu que j'aime bien ce qu'elle écrit .... j'avais acheté tout de suite.
Et bien, j'ai dû passer complètement à côté du "message philosophique" (puisqu'il parait qu'il y en a un ...) du bouquin, moi : L'homme est méchant ? l'homme est un loup pour l'homme ? En cas de catastrophe nucléaire, on est mal barré ?  Quand toute la terre sera polluée, on fera moins les malins ? Il faut quand même garder espoir parce que même quand tout le monde se mange pour survivre, il reste quelques gentils ? Forcément, entre gentils on se comprend et on se reconnait et on s'aide ? Niveau message, je vois pas mieux ...
L'écriture n'aide pas, il faut dire, un faux style torturé, des répétitions à n'en plus finir, l'absence de ponctuation pour faire je sais pas quoi :  moderne et "post-nouveau roman" ? Sauf que ça fait un moment qu'il est "post", "le nouveau roman" ...
Un "road book" has been, du sous Bordage. (si, si, on peut faire pire que Bordage, la preuve ...)

Athalie

PS : ce qui n'enlève rien au talent d'Anne Laure Bondoux, lire Les larmes de l'assassin et Pépites

05/08/2009

Love médecine Louise Erdrich

La suite donc du précédent ou du suivant, je comprends pas tout à l'ordre des articles sur le blog, moi ... Depuis La chorale des maîtres bouchers, j'ai lu deux autres livres de Louise Erdrich, Ce qui a dévoré nos coeurs et je viens donc de finir Love médecine, où je n'ai pas vraiment retrouvé la magie de la dernière page de La chorale, mais peut-être, sans doute même, parce que l'effet de nouveauté s'est envolé. La première fois qu'on lit certains auteurs, il faudrait arriver à se dire que c'est peut-être la dernière fois qu'on les lit avec autant de bonheur. Mais c'est une remarque aussi vaine que de vouloir retrouver le fugace et l'éphémère.
Ces deux livres-là parlent des indiens, donc, de ceux de maintenant, dans les réserves de maintenant. Ce qui a dévoré nos coeurs est cependant plus noir et revendicatif que Love médecine qui raconte plus posément, ou plus plutôt avec une plume moins taillée dans le vif, l'histoire croisées de deux familles indiennes de la même réserve, sur plusieurs générations. Mais cela n'a rien d'une saga. C'est la succession d'événements parfois vécus par plusieurs personnages qui les racontent ensuite selon leur point de vue. Pas de jugement direct, juste une suite d'amours enfuis, de maris qui boivent, d'enfants sans père, d'enfants recueillis, de tentatives de sortir de la réserve, de tentatives d'y vivre. C'est simple comme un constat, triste et doux comme des destins de gens presque ordinaires. "Presque" parce qu'ils sont indiens, et que du coup, comme une évidence qui n'est même pas remise en question, ils ne peuvent pas faire autrement que le désespoir et la tristesse.

Athalie

02/12/2008

La chorale des maîtres boucher Louise Erdrich

Louise Erdrich est sans doute l'écrivain des amerindiens. Moi, je n'y connais rien aux amerindiens d'Amérique, enfin, pas plus que tout le monde en Europe 

image_12000985.jpg : l'injustice en tout cas, souvent très belle en littérature. Pour ne penser qu'à Dalva de Harisson. La tragédie historique donnerait-elle lieu à des chefs d'oeuvre littéraires ? ça se saurait. ça ne marche pas pour la Shoah, par exemple.ice terrible qui leur a été faite, et qui perdure sûrement, du fond de mon ignorance. Le paradoxe, c'est que la littérature sur leur misère est, dans ce que j'ai lu

Je n'ai lu que trois livres de Louise Erdrich. Le premier ne parle pas d'indiens. La chorale des maîtres bouchers raconte une immigration, celle d'un ancien soldat allemand de la première guerre mondiale dans l'Amérique de tous les possibles, celle du rêve encore intact et des chercheurs d'or, cet univers mythique des westerns glorieux. Dans ce livre, c'est plutôt La ruée vers l'or de Chaplin, pas encore Les temps modernes. Le personnage de l'ancien soldat, il est aussi boucher, il finira par faire son trou, son coin de petite réussite à lui dans un trou oublié de cette glorieuse Amérique, un coin perdu, justement. Pas tout seul, mais entouré de figures de femmes toutes plus fortes les unes que les autres, et de paumés, tous plus paumés les uns que les autres. Un bel envers du décor.
Ce livre, c'est encore une histoire de lectrice à "Etonnants voyageurs". Louise Erdich y était invitée, mais elle n'était pas là. (En fait, au fil des années, on se rendra compte qu'elle est toujours invitée et ne vient jamais : une fois, elle a sa fille à marier, l'autre son fils à soigner .... presque une joke du festival, faut dire qu'elle en a huit des enfants, ça fait encore plein d'idées pour ne pas venir ! )
Comme elle n'était donc pas là, donc, sur le plateau des invités, il n'y avait que son éditeur. Et il a lu la dernière page. Seulement la dernière page. Jamais une dernière page ne m'aura touchée à ce point. Dès fois, je la relis encore, seulement la dernière, et la magie fontionne encore.

Sur ce blog, du même auteur, Love médecine . A lire absolument, "La malédiction des colombes", pas de note ici, mais plein ailleurs ... A recommander aussi "Ce qui a dévoré nos coeurs", pas de notes ici non plus, mais d'autres ailleurs aussi ...