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10/02/2012

Toute passion abolie Vita Sackeville-West

76704c96b2783fc3ba7a0e1759956f05-300x300.jpgBon d'accord, ce peut être un projet de vie d'abolir toute passion, pourquoi pas. On n'est pas obligé de faire dans le Phèdre tous les jours, ça fatigue le complètement passionnel et ça ne rentre pas toujours, il faut bien le dire, dans les grilles horaire d'une A-lectrice normale. Vous voyez Phèdre faire cuire des pâtes ( voire un boeuf bourguigon) avant d'aller bruler  l'Hippolyte de sa fureur ? Ou madame Bovary mettre une machine de linge à tourner avant de se payer une partie de jambes en l'air avec Rodolphe ?. Mais à force d'abolir, on frise la platitude, quand même.

Le mari de Lady Slane vient de mourir, grande figure de la vie politique anglaise, il a été vice roi des Indes, et elle donc, vice-reine, ce qui aurait pu être palpitant ou romanesque, quand même ... et bien non. Elle a accompli ses devoirs de dame du grand homme, sans grande passion (pas encore abolie, mais presque), et conjugaux sans doute aussi (c'est vraiment pas raconté, cet aspect là des choses, faut dire) mais il faut le croire puisqu'elle se retrouve entourée de ses enfants qui, pas passionnés ni passionnants, la considèrent plus ou moins comme une gentille potiche, quelque peu irresponsable et anecdotique. Faut dire qu'ils lui font concurrence : entre la célibataire pas collectionneuse, le célibataire collectionneur d'astrolabes, les radin-mesquin et l'autoritariste rigoriste, on se demande quelque peu ce que l'on fait là, nous. Il n'y a que la servante, Genoux, toute revêche dévouée, qui palpite un peu, mais comme le Lady n'a pas l'air de s'en aperveçoir, qu'elle a une bonne pleine de potentiel fusionnel, on est bien obligée de la laisser tomber nous aussi. Ce qui m'a fait peine.

Bon, après, ça ne se corse pas non plus. La lady veut refaire sa vie notamment en louant une maison, aperçue trente ans auparavant. C'est dire si elle sait retarder la pulsion. Bon, miracle, elle est à louer. La lady va donc pourvoir y vivre sa nouvelle vie, en compagnie de deux vieux monsieurs excentriques à souhait mais toujours aussi peu explosifs. D'une femme en sourdine, elle devient l'égérie de son propriétaire puis l'héritière d'un viel soupirant, même pas éconduit, pas la peine, pas de passion, je vous dit. Ce qui fait que la Lady, statue de marbre qui se voulait artiste, même en un style joliment tourné, moi, elle a commencé me languir sérieux.

Athalie

 

23/12/2011

Traquer les ombres John Harvey

imagesCAS788FS.jpgIl y a tout ce que l'on peut apprécier (ou pas ..) d'un bon vieux polar à atmosphère comme on peut les aimer (ou pas ...) dans ce John Harvey-là. Soit on aime et on se coule dedans comme on enfile des chaussons, les deux pieds biens à plats, tranquilles .... soit on n'aime pas et alors on reprend ses talons aiguilles pour faire de la haute voltige en parachute. Ce qui fait que moi, j'aime bien les chaussons.

Deux enquêteurs dans une ville moyenne, plutôt bourgeoise, en Angleterre ... avant l'ère de la clef USB, sinon, il y aurait deux trois trucs qui ne tiendraient pas dans l'intrigue (il y en a d'autres d'ailleurs, pas mal, mais ce n'est pas très grave, les chaussons peuvent être troués, il n'en restent pas moins confortables). Les deux enquêteurs, confrontés à un meurtre violent, pratiquement sans indices et sans mobile, évidemment, vont dérouler la pelote en faisant un pas en avant et un pas en arrière. Lui, Will, est un jeune père de famille, quelque peu débordé et légèrement rétrograde, mais sympathique ; elle, Helen, femme seule et pas dérangée de l'être, l'alter égo efficace mais point sans vie personnelle quelque peu complexe, ce qui nous fait  "couple littéraire" gentillement formaté. La victime est Stephen, jeune universitaire fondu de cinéma, retrouvé assassiné dans sa douche au milieu d'une maison dévastée. Seulement voilà, il est homosexuel et il avait un amant. Lisses comme des sous neufs, les gars : unis depuis trois ans, intégrés, sans bavures.  Il y a juste que Stephen tentait de faire la biographie d'une ancienne star du cinéma, Stella Léonard, et qu'il venait d'éconduire l'amant, qui avait du mal à s'en remettre. Le lien entre les deux ? Ben, comme dit, ça se tricote. Ou pas.

Du coup, si je n'avais pas d'autres propositions alléchantes à me mettre sous les lunettes, je serais bien retournée faire un tour du côté du bon vieux "cycle de Charles Resnick" (l'enquêteur de Coeurs solitaires, Scalpel, Lumière froide, Proie facile etc et dans le désordre), histoire de retrouver tranquillement un terrain connu et balisé ...

Athalie

11/08/2011

L'affaire Jane Eyre Jasper Fforde

dim11.jpgDeux FF comme totalement déjanté, complètement foutraque et fortement plaisant !!!! A réserver pour un trou entre pavés nostalgiques (ou pas) ; "saga familliale et lourds secrets" et pavés " le monde comme il devrait être et nature humaine comme elle n'est pas".

Ici l'Angleterre des années 1980 prend des airs de science fiction et de monde parallèle, mais parallèle à quoi, c'est pas clair ... sauf que la littérature y est la valeur suprême, que les vaisseaux spatiaux sont des dirigeables, y'a pas de martiens, mais les héros de fiction peuvent se matérialiser, mais dans quel espace ??? Pas clair non plus. Mais il y a des bons et des méchants. Le bon, c'est Thursday Next, jeune enquêtrice, sorte de détective littéraire appartenant au corps de police qui doit préserver les manuscrits et histoires originelles en débusquant les tentatives de faux et les trafiquants de versions non conformes aux chef d'oeuvres littéraires, une sorte de répression des fraudes pour objets de grande valeur à la marque déposée que sont les Dickens et autre Wordsworth (sorte de Chanel ou de Vuitton, en quelque sorte, par chez nous). Le méchant, c'est Achéron Hadès. Il a volé soit disant le manuscrit d'un Dickens, mais en fait, c'est pour mieux trafiquer la fin de Jane Eyre. Le Brontë est en danger, à moins qu'une énorme rançon ne soit versée ... Auquel cas, il laisserait (peut-être) tranquilles Jane et Rochester. Faut dire que dans ce monde là, le lecteur (bien ou mal intentionné) peut (sous certaines conditions quand même) rentrer dans les intervales de la fiction, dans les moments pas racontés par l'auteur entre deux scènes et changer deux ou trois petits trucs qui vont faire se détricoter les mailles prévues à l'envers à l'endroit. Ou l'inverse. En plus, si l'original est modifié, c'est toutes les éditions qui se modifient en même temps, et définitivement si l'original est détruit ... D'où l'urgence, évidemment ! (je ne sais pas si je n'ai pas perdu deux troix A. en cours de lecture moi, par contre).

La course contre la montre est trépidante, surréaliste, insuivable, drôle, sans compter que d'autres trucs s'emmêlent sans arrêt : Shakespeare a des troubles identitaires, un père fantôme déboule quand ça lui chante, le dodo est calineur mais un peu encombrant, les amoureux aussi, ou pas, ça dépend lesquels ... On perd le fil, on en retrouve un autre, en fait, coup de bol, c'était le même. A la fin, je me suis retrouvée sur mes pattes mais Rochester avait pris un coup de chaud et Jane s'était un peu cramé la jupette. La fiction se dédouble encore, vrai jeu de miroir où apparaissent et disparaissent des pions-personnages, à en donner le tournis au lapin d'Alice.

Du coup, j'ai lu Jane Eyre, le vrai, enfin, logiquement. Ben, c'est drôlement bien aussi.

Athalie

28/07/2011

Meurtres entre soeurs W. Marsh

cds50.jpgUne autre lecture quelque peu anodine, mais point sans un certain charme à l'anglaise, un certain suranné, un côté mug de thé avec des roses roses dessus, un thé de Noël, un peu épicé et bien sucré, avec des buches dans le feu et un chat persan sur les genoux ( ce me change des cochons). Mais ce n'est pas la saison, enfin, normalement ...

J'attendais quelque chose du type Le divin secret des petites yaya (bouquin que j'avais adoré mais lu il y trop longtemps pour que j'en retrouve la saveur, même tenace, et qui était plutôt celle du gin amer que du thé sucré ) Quoique du gin, il y en a aussi dans Meutres entre soeurs, mais il fait plutôt sourire. En fait ce serait peut-être plus une flagrance d' "Arsenic et vieilles dentelles".

L'histoire commence dans les années d'après deuxième guerre mondiale, d'abord un veuf et une veuve, qui s'unissent, chacun solitaire avec une fille chacun, puis qui deviennent Mo et Pa, figures fantôches, dont les deux petites capricieuses tirent les ficelles, très facilement. Puis arrive Rosie, la seule commune de Mo et Pa, leur princesse, la aussitôt détestée des demi, qui vont s'unir pour l'empêcher de vivre. Sauf que la vraie nuisance, c'est la petite, qui dès le berceau va s'arranger pour la leur pourrir leur vie, et en grandissant, elle va sacrément bien y arriver, n'hésitant devant aucune trahison, aucune vengeance, plus pourrie et cynique comme soeur, y'a pas, même en demi, celles de Cendrillon, à côté, c'est des  mollasses... Pourtant, tout cela reste si léger qu' on n'y croit pas deux secondes, faut dire qu'il n'y a pas idée d'être aussi naïves que les deux anciennes stratéges de la manipulation qui se laissent avoir comme deux godiches télécommandées par une sorte de poupée mécanique aux plans clairs comme de l'eau du puits.

ça se laisse lire, parce qu'il y a, en plus de l'odeur de thé, celle des petites tartelettes qu'on peut manger avec. Sauf que la tartelette peut être fourbe ...

Athalie

 

29/06/2011

Vendetta Ellory

gomorra3.jpgTroisième Ellory "noté" ici, à croire que j'ai des auteurs fétiches .... "Vendetta", moi, je le mettrai entre "Seul le silence", en un pour l'instant, malgré une intrigue quasi inexistante et une fin pas palpitante, un très bon bouquin ( Je sais, c'est pas logique. Mais mon homme vient de le finir et il est d'accord avec moi, comme quoi on est super raccord dans nos in-cohérences ...), et "Les anonymes" en trois.

"Vendetta", ça se lit comme un thriller et une saga sur la mafia, en alternance. Y'a un héros de chaque côté, un du côté du bien, et un, donc, du côté du mal. Pour l'alternance, c'est bien, ça équilibre le rythme de la lecture, ça rassure. Du côté du bien, un obscur agent du FBI ( il n'en est pas vraiment d'ailleurs, mais on va dire, pour simplifier, parce que autrement, il faudrait que je me lève pour aller chercher le bouquin et là, j'ai la flemme), et du côté du mal, un tueur de la "Cosa nostra", mais cubain, ce qui a son importance, que je ne dirai pas, évidemment.

Suite à un enlèvement et des concours de circonstances plus ou moins improbables (pas grave), les deux se retrouvent enfermés pendant une semaine et quelque. Le Bien doit écouter le Mal lui raconter sa vie, toute sa vie, et c'est pas agréable à entendre (mais à lire si, y a plein de pages bien sanglantes ...) mais c'est la condition pour résoudre le problème du début (l'enlèvement). Le Bien subit donc l'autobiographie du Mal, qui en profite pour retarder la révélation finale en retraçant une certaine histoire du crime et de la souterraine politique ... passionnant, en fait. Le Bien, il est aussi un peu impatient parce que amoché, violemment alcoolique, obsédé par son boulot, quitté par sa femme et sa fille qu'il aime, et que elles, elles l'aiment aussi, sauf qu'il a un tant soit peu exagéré, qu'il pourrait se faire pardonner mais qu'il faudrait pour cela que le Mal se dépêche un peu. Ce que l'autre n'a pas envie de faire et nous non plus.

Il n'y a qu'au bout d'un moment que ça a commencé à me démanger les entournures, parce que le Mal, il se met à exprimer des sentiments humains, voire nobles, on commence à le comprendre, plus ou moins ... et moi, je n'ai pas envie de sympathiser, même en fiction, avec un tueur de la mafia. La mafia, on sait bien que ce n'est pas le Parrain, la fidélité à la parole donnée, aux valeurs de la famille et tout le romantisme de Little Italie ...

Mis à pas ce petit bémol, "Vendetta" se dévore, sauf la fin qui est naze, mais bon là aussi, c'est normal dans le genre, et puis on lira le quatrième, pour voir.

Athalie

 

 

21/06/2011

Dans les coulisses du musée Kate Atkinson

imagesCAISFYN0.jpgDans les coulisses du musée, il y a vraiment plein, plein de trucs tout foutraques et de traviole, de guingois, et ça brasse les personnages et les époques au point que, des fois, on se perd un peu dedans, et brasse les sentiments aussi, au point qu'on les retrouve, mais au détour, par hasard, juste dans le petit coin de la page.

Les amours sont des désamours, les soeurs disparaissent, les mères aussi parfois ; des photos vont et viennent, anciennes et menteuses, un médaillon passe de main en main, trace d'un temps qui n'était pas mieux, en fait ...Les mariages s'enchaînent et les morts se succèdent, cocasses ou pas, la tristesse est rattrapée dans la vision d'un sapin de Noël qui est resté un peu trop longtemps se dessécher, avec les boules de verre toujours accrochées, dans un fer à repasser oublié, dans un grand placard aux objets trouvés.

Le manque d'amour enfante des filles qui luttent contre les monstres de dessous les lits et les vampires des escaliers, qui aiment Edvis Presley, puis les Beatles, se coiffent les cheveux à la Joan Baez, finalement, des garçons aux cheveux blonds, bouclés comme des anges et des yeux myosotis, du même myosotis que le décor des tasses de café et qui disparaissent ...

Ce sont des histoires, des scènes de comédie, vaudevilles quotidiens où une ménagère pourrait bien s'enfuir avec le perroquet mais finalement non, où un mariage pourrait se dérouler normalement et finalement non, où un voyage en Ecosse pourrait être des vacances et finalement, non (mais ça, on s'en doutait dès le départ ...), où des jumelles pourraient bien avoir quelque chose d'extraterrestre et finalement oui, un peu ...

Valse même pas mélancolique, un joli moment de lecture.

Merci à Agnès de m'avoir fait découvrir cet auteur (entre autres) ....

Athalie

PS : un résumé "normal"

Dès l'instant précis de sa conception, une nuit de 1951, Ruby Lennox commence à voir, à comprendre, à sentir. En particulier, elle sait qu'on se serait bien passé d'elle... Et elle raconte son histoire, celle de ses parents George et Bunty, petits boutiquiers d'York, de ses soeurs, de toute une famille anglaise moyenne, on remonte dans le passé, dans l'arbre généalogique de la famille. Moyenne et ordinaire, sans l'être.

16/06/2011

Testament à l'anglaise Jonathan Coe

Encore un en langue anglaise (j'avais écrit "encore un anglais", ça sonnait mieux comme attaque, mais c'était pas vrai, par rapport à Auster, je veux dire ...), encore un jubilatoire, (sauf que là, c'est parce qu'on aime les détester les personnages, pas qu'on aime les aimer, mais ça fait le lien, aussi), encore un que sûrement beaucoup ont déjà lu.

MEISTE~1.JPGOn peut ne pas aimer la fin (mon homme, par exemple, a émis quelques réserves) : artificielle, soit, incohérente, soit, un pastiche revendiqué d'une Agatha Christie qui aurait trop bu de thé aux alouettes, ou toute autre substance particulièrement explosive, soit. Moi, j'ai adoré, quand la satire sociale se déjante, et bien fait pour eux à tous ces salauds, et que ça saigne, et qu'on se venge, nous les lecteurs, qu'on les crucifie et les égorge. ça fait du bien, par procuration, d'avoir du sang de pourris sur les lignes ...

Le principe narratif est simple : Mickaël Owen est un écrivain raté, à peine raté en fait, puisqu'il n'écrit rien. Il végète, fait sa plante verte solitaire devant sa télé ... quand le vase Mingh lui tombe dessus dans la personne de Tahiba Winshaw, vieille folle incertaine, du moins décrétée telle par les membres de sa puissante famille depuis qu'un certain frère est mort quelque peu étrangement ... Tribu puissante, que les Winshaw, arbre aux branches obscures qui se déploient largement sur toute l'Angleterre, voire sur le monde capitaliste dans toute sa splendeur déjà éclose : Roddy, branche artistique, un parfait dégueulasse, même pas haut en couleur, Hilary, cactus médiatique, arriviste bling bling, le genre à écraser la bluette, Thomas et son frère Henry, rameaux jumeaux et venimeux qui étendent un système politico-financier terriblement efficace dans son cynisme abouti, le rouleau compresseur qui fait fi des marguerites et des petites fleurs des champs qui regardaient encore passer les jaguars de l'économie tatchérienne en croyant que c'était juste des gros chats .... et la dernière prédatrice, Dorothy, s'engraisse conscieusement en distillant dans notre mère nature tous les poisons qui viendront mourir dans nos assiettes, et nous avec.

Un roman construit comme une machine de guerre, aussi bien romanesque que politique. Jubilatoire, redis-je ... Même si de son côté, Mickaël  ...  même si rire de notre monde qui va de traviole alors qu'on voit bien qu'il va de traviole ... Farce satirique, oui, quoique ... peinture acerbe et acérée de notre société, oui, quoique ... Jubilatoire, quoique finalement ...

Athalie

 PS : à lire du même auteur : Bienvenu au club, Le cercle ferméLa pluie, avant qu'elle ne tombe, La vie très privée de Mr Sim

01/06/2011

le scandale Modigliani Ken Follet

modigliani.jpgPour une fois, je vais faire une note sur un livre que je n'ai pas encore fini. Mais ce n'est pas très génant, ce pourquoi je le fais quand même. Je suis ainsi sûre, entre autre, de ne pas dévoiler le nom du coupable. De toute façon, je pense que je l'aurais oublié la dernière page tournée. Et même avant.

"Du plaisir qu'il y a parfois à lire un mauvais livre" pourrait aussi être le titre de cette note. Parce que c'est pas bon, Le scandale Modigliani, mais pas bon du tout, pas mauvais au point d'être énervant, juste pas bon. Mais, quand on le sait d'avance, ce peut être aussi des moments "à les lire", ces livres bientôt oubliés. tout le monde en a, on les garde quand même. ça délasse un livre qui ne retiendra pas votre mémoire, plein de poncifs et clichés, de fils fluo à force d'être blancs, surtout avant la perspective de quatre jours à pouvoir lire autre chose vu que c'est grand week-end, ça compte aussi le contexte de la lecture d'un mauvais livre. La Banche de Jacut, notamment, est pas mal aussi. Mais en fin d'été, parce que au début, on a hâte de pouvoir s'avaler un bon vieux pavé, acheté depuis longtemps et mis de côté exprès pour.

En plus, là, j'avais plus rien à lire, pas de conseil des A ou autres ... Le vide. Un alibi culturel, y'a Modigliani dans le titre, au pire j'apprendrai des choses sur lui. Ben non, en fait. Sur le marché de l'art ... ben non, en fait aussi ... sur l'Italie, ben, l'Italie ... non plus.

Donc, un livre sur rien et une note sur pas grand chose. Promis, je ne vous donne pas la suite demain.

Athalie

PS : pour l'illustration, je sais, c'est nul ... mais c'est pour aller avec

08/05/2011

Les anonymes RJ Ellory

imagesCAHU691W.jpgUn Américain tout rouge sur la terrasse de "l'univers", qui ressemble à un anglais et boit comme un irlandais ???? et auteur de romans policiers : Ellory à "Etonnants voyageurs" ....

J'avais beaucoup aimé Seul le silence : thriller plutôt classique, tueur en série de petites filles (miammm ...) sur fond d'Amérique profonde, plouc, raciste et violente de stupidité comme j'adore m'imaginer les fameux bas-fonds ruraux du pays de la toute puissance moralisatrice. (on a les fantasmes qu'on veut bien avoir ...). Des petites faiblesses vers le milieu de l'intrigue et un goût de too much catasphophes, mais bon, vraiment bien.

Les anonymes, c'est autre chose, d'abord, on y comprend rien, ensuite, on ne comprend pas grand chose, puis, rapidement, on décide que ce n'est pas très grave, finalement. On a le tueur en série ( de femmes mûres, moins suintant, tant pis !), le détective brillant mais seul, qui carbure au boulot, au café mais pas clope, à l'humanité déchirée, au looser qu'il aurait pu être, et son fidèle second, image inversée de lui même : le mec normal avec enfants qui ne se prend pas trop la tête, lui, une idylle naisante avec un médecin légiste (trop top la nana des experts ...) etc, etc ... Je ne fais pas faire tous les poncifs du genre non plus.

Ce qui est super bien, c'est que ça va à toute vitesse, alors qu'il ne se passe vraiment pas grand chose en fait, tout bien considéré, mais on en a l'impression, on court après les phrases pour savoir, enfin, ce que la CIA et les "contras" du Niacaragua ont à faire là dedans, pourquoi l'inspecteur a rompu avec sa copine, pourquoi les identités des victimes sont fausses, pourquoi les étiquettes, pourquoi la lavande, qu'est-ce qui vient faire là le mec qui cause en italiques, comment les deux narrations vont se rejoindre ... Comment ça va se rabibocher tout ce fatras ???? On court, on arrive tout essouflé à la fin, la bouche ouverte (surtout que moi, c'est avec clopes !), on cherche de l'air, on tourne les dernières pages. Et hop ! c'est fini. Belle course, mais il est où le lièvre qui était devant ? Pas grave, on a dû le perdre entre deux "lignes".

Il doit en prendre un peu le Ellory pour courir aussi vite. Le problème, c'est un peu quand même de savoir vers où ....

Ainsi, Seul le silence aurait mérité une note à lui tout seul.

Athalie

Solaire McEwan

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Pas solaire pour un sous ! plutôt crépusculaire ... mais excellent ! on ne dirait pas du McEwan, même pas obligée de sauter quelques pages de temps en temps ( les opérations du cerveau dans Samedi) ou d'attendre quelque peu que l'action se décide à avoir un sens (Expiation, le tout début). Non, on ne s'arrête pas, pas de trous. On dirait un mélange de David Lodge (du temps où cela se faisait encore de lire David Lodge) et du meilleur Coe.

Comment faire croire que l'on veut sauver le monde en étant uniquement préoccupé de ses propres intérêts ?

Le personnage principal est une ordure totale, sans rachat possible, cynique, lâche, répugnant, profiteur sans conscience ni remords. La narration le suit, en trois parties, trois étapes dans la déchéance, la recherche du profit et du sexe sans amour et sans gloire. Sans jugement, elle fout en l'air le politiquement correct : "sauvez la planète" n'est plus ici qu'une opération commerciale, une aubaine dont il faut profiter, le plus rapidement possible, avant l'explosion finale.

Sexuellement, il est immonde, sentimentalement, il est immonde aussi. Il a parfois la nausée et on le comprend, on l'aurait aussi à sa place, mais pas forcément pour les mêmes raisons ...

On le déteste, le méprise, mais on lit. On plaint les femmes qui le croisent ou qui l'ont croisé, mais que peut-on trouver à un type pareil, escroc de la pensée et du sentiment, uniquement préoccupé par la satisfaction sans encombre de sa libido? De toutes ses envies, sans retenue et sans frein, gaspillage de lui-même, comme nous gaspillons la terre, remettant toujours au lendemain les décisions du changement. Cela en devient une fable, catastrophique et immorale, parabole percutante d'une catastrophe programmée.

Les autres personnages masculins ne valent pas beaucoup mieux : chercheurs ou profiteurs de tous poils, amoureux incompétents. Ce monde là est noir, mais drôle : burlesque (la virée en moto ski ...), farce (le lancer de tomate molle), satire des milieux universitaires scientifiques, imposture (le prix Nobel)  au vitriol !

Athalie

23/03/2011

La vie très privée de monsieur Sim J. Coe

LA-VIE~1.JPGLe dernier Coe, c'est comme le dernier Indridasson : je le vois, je le prends, je le lis le (la ?) quatrième de couverture dans la file d'attente de la caisse, si il y en a une, ou dans le bus, si il n'y en avait pas.

Après, il reste deux ou trois semaines sur l'étagère des "pas encore lu" et les vacances d'après l'achat, hop ! dans le sac !

Ce n'est pas vrai pour celui-là, mon homme l'a lu avant moi, je lui ai dit que c'était un cadeau pour lui, vu qu'il m'avait signalé deux trois jours avant, que nos finances étaient quelque peu en baisse, ça passait mieux, en cadeau, vu qu'avec le dernier Coe, j'en avais acheté deux ou trois autres, et que il y a mon fils aussi. Je peux lui refuser plein de choses à mon fils préféré : une DS, une heure sur internet à jouer à des jeux idiots ( auxquels je joue, d'ailleurs, plus ou moins en cachette ...) mais pas une chemise rose ou violette (qu'il ne réclame pas) ni un livre. Surtout pas un livre, évidemment. (Il faudra que je raconte la librairie de Banon, un de ces jours).

Donc, le dernier Coe, au début, je suis partie comme une flèche, puis quelque peu déçue, je trouvais que le rythme lambinait, le personnage par trop décalé pour qu'on y croit, trop "has been" qui le sait, trop réflexion sur la société ; la société, elle ne va pas bien, on communique sans communiquer, (la preuve ce blog où je suis en train d'écrire une note au lieu de téléphoner à une A, voire de boire un coup d'apéro avec une A, ou un ou une non A ...), voire même de parler à mes enfants, mon homme ... oui, OK, les nouvelles technologies, c'est pas bien, sauf que moi je m'en sers sans arrêt (à ma mesure) et que je trouve ça "vachement bien", combat d'arrière-garde, un peu ... quelques morceaux de bravoure qui racrochaient quand même : la discussion sur les brosses à dents qui tiennent la société de consommation, d'autres moments : la découverte du père, endormi, après s'être branlé, la goutte blanche qui coule encore ... Un sentiment mitigé, jusqu'aux derniers chapitres qui donnent leur sens au pitoyable.

Finalement, je l'aime bien ce Coe, pas un grand, soit, mais un rendez-vous pour le prochain.

Athalie

12/03/2011

La pluie avant qu'elle tombe Jonathan Coe

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C'est toujours une bonne surprise sur les rayonnages des grandes surfaces de livres de retrouver quelqu'un qu'on aime bien, c'est comme un clin d'oeil dans l'anonymat de toutes les autres couvertures, de tous les noms de ces intellos franchouillards genre Marc Levy et autres ... Au milieu des livres-objets de vente, dont les médias causent, un nom dont on reconnait la qualité, fait signe et plaisir : "Tiens, un nouveau ..."
Donc, je me souviens, il pleuvait et j'avais des courses à faire, des copies à corriger et surtout des cours à préparer, vu que j'avais donné à lire à mes élèves un livre, que l'on allait commencer à étudier et .... comme d'hab' pressée, dont je n'avais pas auparavant vérifier la présence sur les rayonnages de mes "livres pour le travail".
Donc, bingo, pas de bouquin pour préparer mes cours et ça commençait à urger .... 

Mais, comme, même pressée par le temps, le regard d'une lectrice qui vient racheter un livre qu'elle a dû prêter à un collègien qui ne le lui a pas rendu, et qui peste parce que acheter un livre uniquement pour préparer ses cours, ça énerve ....ce regard donc, jette un oeil de travers vers les nouveautés.
La pluie avant qu'elle tombe, donc. Jonathan Coe.
Déjà, le titre, je l'ai trouvé génial.
J'ai pas mal lu de Jonathan Coe, et j'ai bien aimé, surtout Le cercle fermé et Bienvenu au club (c'est peut-être dans l'autre sens d'ailleurs ...).
Le livre tout de suite en main, lecture de la première page, même pas en entier, le premier paragraphe, et l'évidence, là, c'est du tout bon qu'on dans la main.
J'ai dû acheter aussi le livre à étudier, mais là ....
Mon homme a lu avant moi, faut dire que je lui en ai fait cadeau en rentrant, donc, c'était plutôt normal.
Mais, je sais pas pourquoi, même si il m'a dit l'avoir beaucoup aimé, je trouve que c'est quand même plus un livre de filles.
Un livre qui a quelque chose à voir avec la maturité et l'acceptation que l'on y perd quelque chose à devenir une femme mature, contrairement à ce que les magasines féminins voudrait nous faire croire à grand renfort de couvertures pour "femmes matures qui s'éclatent dans leur maturité". Mon oeil, la maturité, c'est les rides, et les rides, c'est pas l'éclate.
La pluie avant qu'elle tombe parle donc tranquillement des choses qui auraient pu être dans la vie d'une vieille dame, des choix faits, des choix imposés, de ce que ces choix ont fait finalement un chemin qui a l'air d'être tracé, mais qui ne l'est que par sa fin. Un chemin tendre à lire pour le lecteur, attachant, de failles en images. Un roman intime mais pas intimiste, qui touche sans mièvreries. Un parcours que l'on suit. Presque comme le sien.

Athalie

08/09/2010

Sur la plage de Chesil, MacEwan

Bien obligée donc, de lire le dernier Ian MacEwan. Et, mon homme avait comme souvent, raison, là on est dans le top.
imagesCA0ZIMVS.jpgUne histoire de trois fois rien ou plutôt l'inverse, de deux fois tout, une nuit de noce dans les années soixante, juste trop tôt pour une jeune fille de bonne famille musicienne accomplie, et un fils de famille modeste qui a tracé son chemin social sans calcul et sans reproche.
Ils sont bien tous les deux, ils s'aiment tous les deux, ils sont jeunes et sûrement beaux. Ils se trouvent beaux et ils se disent qu'ils s'aiment .... La fête a été belle, sûrement la robe était belle aussi et blanche. Ils ont dû sourire en se disant "Oui", essuyer les larmes de  maman, serrer la main de papa et de beau papa, embrasser les enfants, les garçons et les demoiselles d'honneur, couper la pièce montée avec les colombes en plastique dessus (ou peut-être en tissu et broderies) et les applaudissements.... Sûrement. C'est pas dit, mais c'est sûr.
La fête a été belle mais la fête est finie. Place à l'acte suivant, et c'est là seulement que le livre commence, en fait.
Le reste d'avant,  je l'ai vu dans ma tête, avec la photo de mariage de mes parents, dans les mêmes années, plus ou moins, juste avant 68, juste avant. Je les revois, si beaux, si jeunes. Une jolie photo.
Et Sur la plage de Chesil raconte l'après-fête, l'après photo. Le livre est juste touchant, même pas mélancholique, même pas cynique. Juste un instantané un peu surrané et pleinement juste.
Du coup, j'attends le suivant.... C'est pas malin !

Athalie

PS : A ne pas oublier Samedi du même auteur

04/12/2009

La reine des lectrices, A. Bennet

0052-0241_du-nain-francisco_lezcano.jpgUne pause après les grandes fresques et autres coletages avec l' histoire tragique du monde comme il va. Une idée drôle et une écriture légère. La reine d'Angleterre devient, par hasard, une lectrice assidue et de plus en plus pertinente. Quelques désordres s'en suivent, plutôt amusants mais anecdotiques. Une fable sur la culture et le pouvoir aussi. Quelques coups de griffes sur les mondanités royales et littéraires au passage. Court et drôle.
Par contre, ce livre ne semble pas être une ode à la lecture, ni une illustration du pouvoir subversif des livres, contrairement à ce qu'annonce le quatrième. Il me semble qu'il va plutôt vers l'inquiétude que la lecture crée. Cette impression qu'on est dans un monde infini, qu'on ne pourra jamais épuiser. Les livres se multiplient, sans compter tout ceux déjà écrits, ce n'est pas un ensemble fini, que l'on peut compter, dénombrer et clore. Il me semble qu'au delà de l'humour, le livre parle aussi de cela.
D'où ce goût que l'on peut avoir en tant que lecteur, de l'organisation de sa bibliothèque (c'est un ensemble classifiable, lui), de constituer des listes de lectures à venir (j'en ai fait des séries régulièrement mises à jour pendant des années, titres barrés une fois lus, titres plusieurs fois recopiés sur de nouvelles listes parce que toujours pas lus...) et du soin de tenir son blog de lectrice à jour .....
Dans La reine des lectrices, l'impuissance de pouvoir tout lire mène le personnage à l'écriture, plus active .... je ne sais si cette théorie serait validée par les illustres critiques structuralistes qui m'ont fait adepte de "l'écriture en tant que machine à analyser", mais le pied de nez final du personnage à son entourage renvoie finalement au rapport de l'écriture au pouvoir. Et c'est plutôt finement joué ....

06/10/2009

Tableau d'une exposition Patrick Gale

L'auteur est charmant, anglais jusqu'au bout de son col de chemise. Il explique qu'il ne peut écrire que sur certains cahiers, certains papiers et à la plume, enfin, au stylo plume quand même. Et au milieu des champs, avec des vaches si possible. Il vit en Cornouailles, où les vaches ne doivent pas manquer avec tout ce vert autour ... (je précise que je n'ai jamais mis les pieds en Cornouailles, mes a priori parfaitement injustes contre les anglais m'interdisant de traverser la Manche) Un récent article de "Ouest France "précise " qu'il y vit avec son compagnon, fermier". On imagine bien le fermier, gentleman farmer en tweed, pas le genre "trou du cul des vaches" ....
C'est le quatrième de couverture qui m'avait dès le départ retenue au milieu du Salon du livre de Saint Malo. Et il faut le faire, avec autant de livres autour .... Une certaine délicatesse justement, alors que le thème annoncé parait douloureux : une femme peintre sacrifiant sa famille à son art, nourrie de cachets, alternant amour et violence....
Je ne sais pas si, comme le dit l'article de "Ouest France", le livre traite des rapports entre la folie et la création ... Moi, je trouve plutôt qu'il parle de la difficulté d'aimer tout le temps, parfaitement, ses enfants, et aussi ses parents. Parce que le livre donne la parole à plusieurs des membres de cette famille, si fragile, si forte pourtant. Il dit la complexité des liens, l'absence d'acquis de cet amour familial, qu'on dit évident, mais qui ne l'est pas justement, sa construction ou sa destruction, sa disparition qui ne peut être, en fait, que temporaire.
La figure de la mère est belle et douloureuse, surtout lorsqu'elle est racontée par ses enfants qu'elle a maltraités, négligés, qui lui doivent leurs angoisses, leurs fragilités, mais qu'elle a aimés aussi et qui l' aiment.
Les secrets sont à peine levés, certaines scènes seulement esquissées. Mais il n'y a pas besoin de tout dire, c'est suffisant, ce que l'on devine, de drames et d'erreurs,de fuites.
Même si le livre a parfois quelques moments plus faibles, il y a la belle idée des galets ( il faut lire, sinon en expliquant, la belle idée tombe à plat) et la description des tableaux peints par la mère est si évocatrice qu'il m'a semblé les avoir déjà vus, les connaître, quelque chose entre Rothko et des collages subtils.
Ce serait bien s'il avait un peu de succès ce livre, parce que j'aimerais bien lire les autres, moi ....

Athalie

01/09/2009

Samedi, MacEwan

8119011.jpgC'est une belle histoire , lorsque de livres en livres, on trouve que c'est de mieux en mieux .... McEwan, j'ai commencé avec Expiation, sur les recommandations de la copine A.B. Pas évident comme début entre ce livre et moi. Posé, recommencé, reposé, recommencé, oublié, repris ... et finalement lu et aimé. Pourquoi cet acharnement ? L'impression de passer à côté de quelque chose de bien. Pourquoi cette difficulté ? Je ne sais pas, peut-être un univers victorien (celui de la première partie) que je n'arrivais à saisir.
Sur les conseils de la copine Zizou, j'ai poursuivi avec Un jardin de ciment. J'ai plusieurs fois résisté à l'envie de le fermer. Je l'ai fini quand même et moyennement aimé. Trop glauque, un peu cousu d'avance. Là, pause, Ian McEwan. Je laisse tomber. Peut-être bien, mais pas pour moi finalement.
Deuxième opus, mon homme préféré se met à Expiation, sur mes conseils malgré ce que je viens d'écrire. Le trouve génial. Bon, soit. Et il poursuit avec Samedi. Regénial me dit-il. Insiste avec Sur la plage de Chesil. Le top me dit-il.
En femme et en lectrice consciencieuse, je m'y remets. Et sans effort, avale Samedi, dévore Sur la plage de Chesil.
Samedi, il faut quand même passer les premières pages neurochirugicales, elles ont sûrement leur raison d'être mais moi j'ai pas vu laquelle.
Après, le rythme de lecture s'installe, on accepte de suivre les activités habituelles du samedi de cet homme a qui tout réussi, même ses enfants, même sa femme, même sa cuisine ... Il pourrait être très énervant, en fait ... Le  petit bourgeois sans histoire, honnête, travailleur, les enfants un peu bohèmes mais complices, aimants ...
Si ce n'est de toutes petites failles, comme les nôtres, finalement ... Pas plus grandes ni plus petites : l'enfance, la mère, la peur de l'avenir, l'angoisse des temps devenus terroristes, les petites douleurs d'un corps qui veilli, mais pas trop encore.
Un bout de parcours d'un homme presque bien qui dérape, pour rien, pour un tout petit rien qui aurait pu être sans conséquence, même pas tragique ni grandiose.
Et on suit encore, lorsque l'univers cossu-bobo de cet homme et de sa famille se fait violenter et tangue et vacille. L'extérieur va faire irruption dans ce monde ordonné. On l'a vu depuis un moment que l'édifice n'allait pas tenir debout comme ça et pourtant on suit encore, sans suspens et sans angoisse. On accepte que l'histoire se déroule, finalement, construite et maitrisée, jusquau bout.
Sur la plage de Chesil, donc, je n'avais plus le choix.

Athalie