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08/09/2011

Y'a les feuilles d'automne qui tombent

270px-Goncourt_FR_(april_2008).jpgOn s'y colle ou pas ??? aux goncourables, je veux dire ... pas aux feuilles, j'ai déjà les rides  automnales ... ( c'est l'effet rentrée, retrouver la jeunesse qui n'a jamais lu Madame Bovary ni la 73, ni l'autre.)

 Stéphane Audeguy, Rom@ : a l'air vide et prétentieux.        

Emmanuel Carrère, Limonov : ben, ça doit être du Carrère ...           

Sorj Chalandon, Retour à Killybegs  : Mon traitre ne m'avait pas emballée ... mais je crois que A. M.L. avait bien aimé, Anonymus aussi, ça doit être le côté angliciste....            

Charles Dantzig, Dans un avion pour Caracas (Grasset) : genre snob grave, sans a priori aucun évidemment, vous me connaissez ... En plus ça se passe dans un avion ...           

David Foenkinos, Les Souvenirs (Gallimard) : La délicatesse, c'était pas trop mal, mais bon, pas de quoi sauter de branches en branches non plus ...            

Alexis Jenni, L’Art français de la guerre  (Gallimard) : pas d'infos pour l'instant.             

Simon Libérati, Jayne Mansfield 1967 (Grasset) : peut-être pas mal, et puis ça me changera de Sissi l'impératrice et autre Marquise des anges.           

Ali Magoudi, Un sujet français : ????            

Carole Martinez, Du Domaine des Murmures  : respect.            

Véronique Ovaldé, Des vies d'oiseaux une jolie musique.         

Eric Reinhardt , Le Système Victoria : il parait que Cendrillon était mieux, mais comme je n'ai pas lu Cendrillon ...            

Romain Slocombe, Monsieur le Commandant : ???            

Morgan Sportès, Tout, tout de suite : ???          

Lyonel Trouillot, La belle amour humaine : a l'air pas mal du tout, je compte me l'acheter demain.        

Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit : Les heures souterraines avaient quelque chose.

Sur le site Gallimard, on peut lire les livres en numérique : "Book" quand tu nous tiens !!!

Athalie            

05/09/2011

L'origine de la violence Fabrice Humbert

Entre Un secret de Grimbert et hhHh de Binet, c'est-à-dire à la fois une romanesque histoire d'un amour impossible, jusque là bien enterré, et une tentative d'écrire l'histoire hideuse avec les points d'interrogation qui vont avec et la trame qui transparait. Ce n'est pourtant pas aussi systématique que dans hhHh et moins fleur bleuette que dans Un secret (y'a pas Cécile de France, non plus, faut dire).

Le narrateur est prof (lycée franco allemand en plein centre de Paris, mais il a conscience de son privilège et il a fait un peu de ZEP avant, d'ailleurs il a trouvé la ZEP plus difficile, le finaud, mais quand même la ZEP, ça le rend plus "normal"....) Lors d'une visite de Buchenwald, il voit (hasard, hasard ...) une photo : un médecin nazi repertorié et un détenu inconnu. Détenu qui a la particularité de porter un étrange regard sur son tortionnaire mais surtout celle de ressembler fortement à son propre père, figure d'ailleurs peu paternelle, une sorte de proue dans le brouillard, à part des autres composants d'une famille grande bourgoise, le genre terres et traditions. ( comme les voisins de A.O., mais en pire parce qu'avec de plus grandes maisons, et donc plus d'enfants et toujours sans game boy, ce qui n'est pas le sujet du roman, du tout, mais c'est juste un aparté pour la A. qui ne savoure pas à leur juste titre mes digressions sans qui pourtant ... )

Le statut de ce père fantomatique, plus la photo, vont conduire le narrateur à détricoter le fil : un fil, pas toujours blanc, mais cousu plutôt solidement, même si c'est parfois à gros points. Celui qui m'a le plus gênée aux entournures, c'est celui fait entre une violence intime et personnelle, celle que le le narrateur ne peut que laisser sortir parfois ( peu quand même, cause bonne éducation et par conséquent retenue de rigueur, coincée et de bon ton, ( et non, je ne ferai pas une autre digression sur les voisins de A.O. Il n'y avait qu'à être là quand "Tout ce qu'il peut y avoir à voler est dans la voiture" ou "Tu sais,papillons-autres-animaux-knokke-belgique-1737024189-588304.jpg ma soeur, je crois qu'elle a un problème d'infériorité vis-à-vis de moi, je ne sais pas pourquoi...") et pourtant, ça me démange) et la violence que l'histoire humaine a faite à l'humain interné.

La violence des bourreaux serait transmissible à la descendance des victimes ? ça fait un peu mélange des genres, le lien entre Shoah et "Un jour j'ai cassé la figure à un type qui m'a embêté en voiture"

Mais bon, je tatillosine sûrement.

Athalie

PS : l'illustration c'est pour papilloniser

 

30/08/2011

Belibaste Henri Gougaud

book_cover_belibaste_460_250_400.jpgUne lecture en forme de devoir de vacances … l’année dernière à Banon, j’avais lu deux trois  Magnan que je ne connaissais pas ( dont l’excellent Les charbonniers de la mort, de mémoire). Donc, cette année, étant en pays cathare, je me suis dit « je vais lire un Gougaud », vu que la  A. banlieusarde m’avait signalé la qualité du régionaliste de l’étape annuelle. Renseignement repris auprès d’elle, vu que j’avais oublié le titre conseillé, me voilà à la recherche dans les libraires plus ou moins locales de L’homme à la vie inexplicable. Epuisé, fut le verdict du fort aimable libraire de Castelnaudary (faudra que je fasse une note sur cette librairie là, même si rien à voir avec Banon et les bleuets redoutables et fourmillants, il faut quand même avoir la foi pour tenir une bonne librairie dans une ville aussi tristounette, en gardant le sourire. C’est là qu’un client m’a affirmé que les cathares étaient un mythe. Mais comme je suis une bonne élève, j’ai quand même acheté Les cathares  en Découvertes Flammarion, après m’être assurée auprès du libraire que je ne risquais pas le délire mystique. Faut dire que mon historien de référence m’a lâchement laissée tomber sur ce coup là ! ).

Bref, je me retrouve en possession, malgré tous les vents cathares contraires de Bélibaste. Achat par défaut, qui se présente comme un bon vieux roman à la couenne historique et à la plume conteuse : pas d’état d’âme de l’auteur narrateur qui nous dit combien il peine à transcrire une vérité qui sans nul doute n’est pas vraie, à la hHhh par exemple.  Une lecture chausson, c’est bien.

Sauf que … j’ai pas dû bien comprendre l’intérêt d’écrire sur les cathares sans les cathares et après les cathares, mais je pense que ma lecture a été faussée parce que je cherchais de l'historique "documentaire" et qu’il ne s’agit pas de cela. Du coup,  ça m’a donné l’impression de lire un faux. Belibaste se retrouve Parfait à défaut lui aussi. Sa famille est suffisamment habile pour avoir échapper jusque là aux persécutions, elle est prospère, il est marié, il a un fils, n’est pas spécialement croyant, et un soir, tue, presque par hasard un espèce de vagabond berger même pas du coin mais qui menaçait de les dénoncer comme hérétiques. Pour échapper à la justice, il est embarqué par un Parfait, un vrai lui, un des derniers vrais, qui passait par là, pour devenir Parfait à son tour, même si imparfaitement. Là, je me suis dit que pour échapper à la justice, devenir le représentant d’une religion martyrisée, pourchassée et moribonde,  ce n’était pas une bonne idée. Ce en quoi, je n’avais pas tout à fait tort, parce que le pauvre Bélibaste, malgré quelques moments de répit, ben il n’y arrive pas vraiment   Il tord les dogmes, s’arrange de ses pêchés, se les excuse tout seul, en commet d’autres, est  immonde avec à peu près tout le monde, devient un espèce de mythe sans n'avoir rien fait d'autre que fuir et sans cesser de réclamer à son dieu qu’il se manifeste ou qu'il lui foute la paix.

Finalement, Il ne fait ni l’un l’autre.

Athalie

PS : mais cette petite déception ne m'empêchera pas de lire celui conseillé par la A. conseillère.

 

27/08/2011

Des vies d'oiseaux Véronique Ovaldé

imagesCA4PRP2L.jpgJ’avais bien aimé l’année dernière Ce que je sais de Véra Candida, malgré le côté un peu roman de fille qui se bat contre le dur destin et le côté réalisme magique, dont depuis qui on sait n’est pas facile à suivre.

Mais là, Des vies d’oiseaux, m’a pas mal énervé parce que je l’ai acheté hier à Carcassonne (parce qu’à Carcassonne il n’y a pas que des boutiques à touristes et des guides qui prennent ces mêmes touristes pour des cons finis en dégoisant des blagues creuses et des approximations historiques d’un air supérieur de monsieur je sais et toi t’es qu’un pauv’ ignare, il y a aussi une librairie normale,  avec un rayon catharisme, quand même …). Et voilà, je viens de le finir. Pas pu m’en empêcher. Pas vraiment essayé. J’ai lu dans la voiture, j’ai même failli continuer sur le bateau à promenade touristique ( et oui, j’ai dit concession, les enfants en rêvaient) sur le canal du midi. Mais, là j’ai résisté parce que la guide était sympa et qu’elle avait l’air de bien l’aimer son canal. Donc, j’ai passé deux heures sans lire.

Les deux premières parties sont un vrai bonheur, la troisième, j’ai trouvé que le rythme se tassait un peu. Mais, c’est peut-être parce que j’étais trop dans l’immersion. Et puis la jolie Paloma est peut-être un peu lisse, si sa mère est floue, sa fille (oui j'avais oublié de dire que, c'est entre autre, l'histoire d'une mère et d'une fille) est peut-être un peu trop claire, en sur exposition.

Le style est ciselé à souhait, mais pas moyen d’en donner un exemple, pourtant j’ai cherché, pour une fois, c’est trop dentelle à voir dans l’ensemble. La lecture danse entre les mots, palpite et papillonne, arabesque et virevolte pour une histoire toute simple, celle d’une solitude, d’une rencontre et puis d’une autre solitude et d’une autre rencontre.

Vida Izzara se vit par procuration, elle est la femme de Gustavo, en robes d’intérieur surannées, elle a pris place dans sa cuisine, devant la baie luxueuse, d’une maison luxueuse, construite par son mari luxueux et regarde pousser les roses parfaitement ordonnée. Ce n’est même pas de l’ennui, c’est une forme d’acceptation dans une ville luxueuse et vide d’une existence immobile. Le mari, il n’est même pas atroce, juste pas là, dîners d’affaire et symposiums, assistante et non secrétaire. Sa femme  a visiblement cessé de l’intéresser depuis un certain temps déjà, puis a décidé ne pas s’en inquiéter, enfin, c’est vague et confus, une esquisse , comme elle, une jolie fille que le beau jeune homme plein d’avenir qu’était Gustavo, a choisi de tirer de la fange de Irigoy, une ville de la misère de nulle part, pour la placer dans un tableau où elle a dû avoir une place. Sa fille est partie, elle n’a pas vraiment su faire non plus avec elle. C’est une sorte de femme sans squelette, en décalé. Et puis, elle rencontre Taïbo. Et puis, ne pas s’attendre à un raz de marée amoureux, se laisser bercer par les vaguelettes.

C’est doux, c’est tendre, découpé en petits chapitres, des touches qui rajoutent et complètent, parfois s’arrêtent sur un moment en dehors : la scène du diner de « Mais qui saura d’où je viens ? », les deux pages de « Mon cœur en sautoir », quelques lignes par ci par là, une sorte de collections éphémères de petits mots de grâce. Peut-être bientôt oubliés … je me méfie de l’effet immersion en fin de vacances !!!!

Autre bonne nouvelle de la journée, mis à part que l’on foutra plus les pieds à Carcassonne, c’est que d’après mon homme, Carole Martinez a sorti un nouveau bouquin.

PS : cette note a été écrite avant que je revienne de l'Aude et retrouve Internet, d'où l'inutilité de ma dernière annonce .... devancée par A. finaude.

 

 

02/08/2011

Tom, petit Tom, tout petit Tom, Tom Barbara Constantine

sommer.jpgBen, si j'avais su, j'aurais pas lu ...  J'avais pas vu que c'était de la même auteure que Mélie sans mélo, parce que dans Mélie sans Mélo, du mélo y'a que ça ! C'est l'histoire d'une grand mère et de son adorable  sa petite fille, genre Martine au pays de Oui Oui mais sans les Stroumphs, ce qui fait que c'est moins drôle ..... La grand mère, elle vit seule, à la campagne, dans une campagne où y' a pas de bouse de vache ni d'élevage de cochons qui pue, ni d'engrais qui pollue, un truc qui doit dater des fims de Bourvil, genre vélo qui s'ébroue sur les routes bordées de platanes ... Connais pas, je ne connais pas beaucoup la campagne, faut dire. La petite fille, elle adore sa grand-mère, un peu fofolle, genre indépendante, originale, mais profonde, dans sa philosophie de la vie, dégoulinante de bons sentiments, la philosophie, faut aimer et en retour, hop ! y'a l'ami Ricoré qui arrive en vélo ... ou la mère Denis qui enlève la blouse pour un streep super hop, mais dans des draps blanc bien propres, quand même.

Tom, c'est pareil ou presque, presque pire, j'entends. Tom vit dans un mobil home avec sa mère qui l'a eu à treize ans, à cause de ses gros seins, c'est pour cela qu'elle veut se les faire enlever, logique. Joss, donc, s'occupe peu de son fils et l'envoie voler de quoi se nourrir dans le jardin des voisins, qui, coup de bol, sont aussi gentils et mignons que des nains de jardin, logique encore. Elle le laisse seul pour boire des coups, ou se payer une semaine de vacances à la mer. Bien sûr, Tom sait où est la réserve des économies pour l'opération des gros seins. Mais, il ne la prend pas, non, non, à la place, il va secourir une vieille grand mère et son vieux chat et son vieux chien et fait des bocaux de confit de tomates pour les nains de jardin, attendris par cette touchante attention, mais pas dupes, non, non !!! finauds !!!! Ils laissent faire, en fait !!!!! ( Désolée, je dévoile un scoop), sans compter que la grand-mère pendant ce temps, elle ressuscite à coup de madeleine (finaud aussi, c'est son prénom !!!!!), sans oublier le bon croque mort ex-taulard ...........

J'attendais le retour de monsieur propre, mais finalement, il avait un rencart, sûrement avec la fée du logis, qui était occupée avec Belle des champs, allez savoir à quoi faire !!! Et les platanes regardaient passer Bourvil.

Athalie

 

25/07/2011

HHhH Laurent Binet

9782253157342.jpgPour ce livre là je me suis dis, "je crois que je vais déléguer",non pas qu'il ne soit pas bon, mais le sujet m'est par trop sensible. Finalement, je tente quelque chose.

"Pour que quoique ce soit pénètre dans la mémoire, il faut d'abord le transformer en littérature. C'est moche mais c'est comme ça". Y'a mon historien de prédilection qui n'aimerait pas ça. Et pourtant, je trouve cette phrase de Laurent Binet profondement juste, c'est la fiction qui fait voir la réalité du monde, plus que les reconstitutions historiques qui se veulent être parfois d'une telle précision qu'on se perd dans les détails. (Bon, je sais, c'est pontifiant et sûrement faux, mais tant pis, j'assume mon manque de logique, moins le côté donneuse de leçon moraliste sur comment on écrit un livre sur le nazisme, un nazi, une résistance).

Laurent Binet retrace un épisode historique : l'attentat qui causa la mort d'un SS particulièrement efficace et redoutable, Reinhard Heydrich, surnommé "le boureau de Prague", entre autre, perpétré par deux résistants tchèques, parachutés de Londres pour accomplir cette mission "suicide". Et l'auteur se bat aussi contre l'histoire, la tentation de romancer, d'inventer, de combler les incertitudes avec des certitudes fictionelles. Le livre alterne donc, entre reconstitutions et commentaires. c'est pas mal fait du tout et on se laisse prendre aux deux.

Je ne connaissais pas du tout cet épisode de la seconde guerre  mondiale, je ne connaissais pas non plus Heydrich, "le cerveau d'Himmler s'appele Heydrich", d'où le titre, et puis depuis La mort est mon métier et Les bienveillantes, rentrer dans le cerveau de ces gens-là me répugne quelque peu. Mais qu'est-ce qu'une répugnance individuelle quand quelqu'un veut dire ce qui ne peut être dit, n'aurait pas de mots si quelqu'un ne s'y lançait pas finalement.

L'auteur est peut-être trop présent, dès fois, dans ses interrogations sur comment dire cette histoire, dans ses commentaires sur ceux qui l'ont écrite avant lui, dans ses commentaires sur ses propres commentaires, dans ses doutes : il dit ne pas vouloir céder au lyrisme, et y cède, même si on le comprend, cela gêne parfois. Après on se rue sur internet pour voir si cela a vraiment existé, si ils sont vraiment morts, Gabck et et Kubis, parce que on aimerait bien que non. Mais si.  Le roman avait raison.

Athalie

PS : http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/03/02/le-prix-...

17/07/2011

Tonton Clarinette Nick Stone

Edouard_Manet_018.jpgBon, alors le titre ... ma douce  a eu un petit sourire moqueur quand je l'ai acheté surtout que le bandeau rouge qui barrait la couverture indiquait "Grand Prix SNCF"... bon ben j'ai pris quand même. J'avais vu et écouté l'auteur dans un salon feutré de l'hôtel Chateaubriand le matin même: Nick Stone, beau métis d'une quarantaine d'année (çà, c'est pour les A, elles vont m'en vouloir à mort de donner ce genre de précision) et surtout possédant une connaissance impressionnante des milieux criminels de Miami, Haïti et d'ailleurs.

-une A: "Bon allez, çà va, çà vaut le coup ou pas?"

Un peu ma nièce (faut qu'je féminise...): on rentre tout de suite dans un polar d'une noirceur totale et dans la vie, évidemment cabossée, d'un privé, Max Mingus employé par un certain Carver (les noms, fallait oser mais ça passe) pour retrouver un môme à Haïti, je n'en dirais pas plus sur l'intrigue. Nick Stone nous prépare le terrain dans les bars de Miami à la façon noire des années quarante avant de nous balancer sans bouée ni parachute dans l'enfer de l'île -ça fait un peu cliché mais il n'y a pas d'autre mot- victime de toute la rapacité humaine, indigène ou autre. Malgré des scènes de violences inouies et des tableaux faisant passer Jérome Bosh pour Walt Disney, on suit Mingus de Port au Prince à Piétonville jusqu'à la frontière Dominicaine sans jamais vouloir s'arrêter. Tonton Clarinette nous mouille, nous rend tout crasseux, un peu plus lucide? Je ne sais pas.

Anonymus

13/07/2011

Les derniers jours de Stephan Zweig Laurent Sekick

vangogh-ennui.jpgStéphan Sweig, je le connais peu, voire pas. Je me souviens de n'avoir rien compris à ce qui est considéré comme son chef d'oeuvre, Le joueur d'échec, et d'avoir eu de l'intérêt pour sa Marie Stuart. Mais bon, cela ne veut rien dire, il y a bien des fous de Joyce, ce que mes petits neurones ne peuvent envisager, et de certains qui pensent que La recherche du temps perdu est trop longue, (c'est vrai qu'avant de le retrouver, cela demande un certain temps), mais c'est pas long, c'est juste trop beau pour être plus court. Sans compter des gens qui ne pensent pas comme moi que Le combat ordinaire ou Le chat du rabbin sont des oeuvres majeures et que La route tient de la masturbation intellectuelle .... Donc, pas de préjugés. On peut écrire un bon livre sur un "auteur symbolique de la fin d'un  siècle finissant". On peut même le lire.

Donc, j'ai commencé avec un certain enthousiasme, l'idée de cette biographie restreinte et sans suprise, je me demandais bien ce que l'on pouvait en faire, puisque la fin est connu et le suspens nul. L'auteur  ne pas faire que Zweig ne se suicide pas, au Brésil, avec sa femme, en exil, en fuite. Et puis quelques jours, je me disais que ça allait me reposer du voyage au long de Dans la main du diable. Je me mise dans mon transat pas fin de siècle pour naviquer quelque peu dans d'autres eaux, calmes.

Juste quelques jours et seulement deux personnages, Sweig et sa femme, Lotte, un seul lieu, Pétropolis au Brésil ( quelques retours arrière quand même, la regrettée Vienne, Londres embrumée et New-York, vite expédiée), pas de quoi se perdre. Les quelques jours se suivent, dans l'ensemble et puis rapidement atones, se suivent toujours mais se ressemblent. Zweig est à la fois désespéré et écoeuré, de la victoire du nazisme, de lui même, de sa lacheté, de ceux qui ont décidé de lutter même en de l'exil, de ses dents qui tombent, du carnaval de Rio... On compatit et on comprend pour le nazisme, évidemment, puis, comme tout est sur le même plan, on se lasse. On s'ennuie un peu, la compassion ayant des limites en littérature. En plus, ils ne sont que deux, et le personnage de Lotte, sa femme, qui est désespérée aussi, mais surtout inconsistante, genre flan gélatineux qui tremble d'amour passif. Zeig n'a pas l'air d'en faire une grande consommation d'ailleurs. Ce que l'on comprend, elle fait pas envie.

Un petit livre, une longue note, pour une anecdote.

Athalie

10/07/2011

Dans la main du diable Anne Marie Garat

montreux_bateau.jpgUne rencontre sur un plateau littéraire à Saint Malo, je suis avec la copine A.O., je ne sais plus pourquoi on avait décidé de voir ce plateau-là, pour garder nos bonnes places pour le suivant ? comme souvent ? parce que l'on était interessées par un des auteurs ? autre que Anne Marie Garat, puisque elle, et là j'en suis sûre, on ne connaissait pas, niet, nada ... qui  n'a d'ailleurs pas vraiment parlé de son livre, plutôt de l'acte d'écrire, en général, comme habitée par ça, allumée de l'intérieur par ça ... Une drôle de bonne femme, s'est-on dit (A.O. dira).

Après, passage au salon du livre, juste pour un dernier tour, il est tard, on va partir, et puis Anne Marie Garat est aussi entourée de ses lectrices, admiratrices, ferventes, elles aussi. Elles parlent, mais parlent vraiment, comme je ne savais pas qu'un auteur pouvait parler à ses lectrices, l'auteure est dans son oeuvre et parle de ses personnages, elle semble là encore les habiter, comme si ils étaient vivants, elle cause sans arrêt, ne les vend pas, elle les retrouve. Impressionnant.

Et c'est comme cela que je me suis retrouvée avec un gros pavé écrit tout petit entre les mains, énorme paquet de mots. Pas livre, mais un navire, un paquebot, un transaltantique de la Belle époque avec des femmes en voilettes qui passent dans la brume. L'équipage, les personnages sont chacun bien à leur place, à leur poste : au premier plan, l'héroïne, Gabrielle, orpheline d'origine hongroise, recueillie par sa tante et la servante, amoureuse transie du beau cousin aventurier ténébreux qui a disparu ..., par grand amour desespéré, elle se fait passer pour une institutrice et s'introduit espionne, galvanisée par un mystérieux "ami", aux motivations d'emblée énigmatiques, dans une famille fortunée pourvandeuses de gâteaux en sachets. Il y a aussi la petite fille oubliée par son "papa" mais qui va retrouver goût à la vie ;  la vieille grande bourgeoise, chef de famille tyrannique et égoîste, fidèle fiffille de son père tutélaire, qui ne quitte pas du coeur un vieux bol de café, mais ses enfants, si ;  le fils médecin, bel homme sensuel qui s'ignore, rongé par un mal secret, mais fidèle à la parole donnée ; l'autre fils, enfiévré de cinématographe, pionnier insouciant à la recherche de sa muse ; les deux filles, l'hystérique amoureuse de son fils, et l'autre, la délaissée genre Madame Bovary des temps post modernes ... Ne pas oublier la grande amie fidèle, pianiste aux tendances saphiques, le jeune anarchiste aux yeux de biche, le commissaire débonnaire mais dont il faut se méfier, son parapluie est "piégeux" dirait Vargas et plein d'autres, les bonnes, les gouvernantes, le père grand voyageur collectionneur aristrocratiquement détaché de ce monde, le jeune patron d'industrie juif, dont on se doute que ... au prochain tome .... (parce qu'il en a trois comme ça)bi3ba3qv.jpg

C'est gros, donc, ça foisonne, parfois de clichés,47980324.jpg comme un bon gros roman noir populaire à la Eugène Sue, les bas fonds, les crimes impénitents, un petit tour à Venise qui se berce au Lido, croisement de "Mort à Venise" et de dévociatons (j'assume ce néologisme incongru) révolutionnaires . Parfois, des longueurs, des répétitions, mais aussi des gourmandises, des trouvailles de rythme, des tournures, pas seulement de robes, mais aussi de mots, les dernières pages : descriptions de photos, une analyse du rapport au temps et aux souvenirs qui bruissent d'un temps qui était aussi celui de Proust.

Une jolie lecture, mais pour s'embarquer là dedans, beaucoup de temps devant soi, pas grand chose à faire, juste tourner les pages, et il y en a beaucoup.

Athalie

 

29/06/2011

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter Darina Al-Joundi, Mohamed Kamici

Hezbollah_missile_type.jpgSéance de rattrapage, à l'écrit, cette fois, j'ai déjà loupé l'oral : un truc incohérent  et décousu, aussi incohérent et décousu qu'un mezzé râté. Sauf que le mezze, il ne l'était pas lui, moi, si. On pourrait même dire, mais je laisse les copines A seules juges, que j'ai rarement fait aussi foutraque...

Je vais tenter de rendre compte de cette (ancienne) lecture, avec plus de claireté (moins, j'aurais du mal, mais je n'ai pas pris d'apéro, cette fois, je pars confiante ...)

Donc, un bouquin en forme de coup de poing (ce qui pourrait, en plus de l'apéro,  aussi, expliquer l'oral pitoyable), ramassé, dense, intense, plutôt que belle plume et effets stylistiques. C'est quelque chose entre le cri d'une descente aux enfers,  le témoignage d'une intimité qui se déballe. (Je vous rassure, c'est pas du Angot quand même ...). Brutalité d'un texte qui dit ce que la guerre fait aux filles, aux hommes aussi, mais surtout aux jeunes filles, puisque la narratrice en est une au début. A la fin,  plutôt une poupée cassée, explosée.

Elle a été élevée au Liban, est née juste avant que la guerre n'éclate, elle dit rapidement ce Liban multiforme et surprenant, cosmopolite et brillant d'intellectuels et de poètes, mélange de communautés rapidement armées par d' autres puissances et dont les illusions n'étaient qu'illusions.

Son père est ainsi, dans illusion aussi,  d'une bonne cause dans cette guerre, où il se révelera ne pas y en avoir. Cultivé, agnostique, séducteur, il fascine la petite fille, modèle illusoire là aussi, car ce qu'il va lui donner, le goût de la liberté, va l'amener à la perdre et à devoir tricher, finalement. Rapport au père mais aussi à la guerre, quand tout se mélange, les cadavres, les bombes, la faillite des politiques , l'alcool, la fête, la drogue, le sexe et puis, le goût de la guerre, finalement, de la violence. La violence comme dépendance et addiction.

Ce que j'ai trouvé de plus fort dans ce texte, c'est ça : la guerre détruit soit, mais aussi elle donne une structure, et cette structure devient normale. Celle de la paix, la narratrice ne la connait pas, alors tous les excès de la guerre deviennent sa vérité, son existence. Elle ne les remet plus en cause et ils lui manquent, même, lorsqu'ils doivent disparaitre, parce que la paix revient et que tout est fini.

C'est peut-être trop une littérature des "tripes", et en général, j'aime pas trop ça, moi, qu'on me déballe en hurlant son intérieur, cause c'est souvent tout pourri et pas beau à voir, merci, mais là j'avais trouvé que la parole sonnait juste, ça m'avait même fait un peur, en fait ...

Ceci écrit sans apéro ni mezzé, c'est moins drôle, mais peut-être un peu moins foutraque, du moins, je l'espère ...

 

Athalie 

 

 

 

23/06/2011

Mardochée Kébir-Mustapha Ammi

220px-Rabbi_Mordechai_1870s.jpgJe vais faire une note plus claire que d'habitude avec un plan en deux parties : résumé puis opinion. Pas d'intro, ni de conclusion, du simple.

Résumé : Mardochée est un pauvre juif marocain, de vieille souche juive et marocaine, qui a connu de belles aventures (mais il ne nous les raconte pas, c'est bête ...). A la place il raconte ses difficultés à faire vivre sa famille, son départ pour Alger et ses difficultés pour y faire vivre sa famille (je me répète parce que lui aussi, c'est un résumé, alors, je suis l'ordre). C'est cependant un homme érudit, et aussi un homme aux abois. C'est pour ces deux raisons que le bibliothécaire de la ville, le recommande comme guide à Charles de Foucauld, qui veut explorer le Maroc pour faire connaître ce pays aux Français et donc ainsi préparer la colonisation. Mardochée raconte ce périple jusqu'à leur retour, un an plus tard, à Alger. (C'est un résumé, alors c'est court, normal, et on peut raconter la fin parce que que on sait dès le départ qu'il va revenir, et que c'est historique, on peut vérifier sur Wikipédia)

Opinion :  C'est là où ça se corse ...parce que je n'ai pas tout compris ... Quand j'ai entendu l'auteur expliquer ce qu'il avait voulu faire, j'ai trouvé l'idée pas mal du tout (évidemment, sinon, je ne l'aurais pas acheté, le livre), l'idée de raconter le périple de Foucault mais du point de vue de son guide, homme oublié de l'histoire, alors que l'autre, il a été canonisé, quand même, ( ce qui donne quand même envie de le voir se faire désinguer), donner une voix à l'anonyme, ça me plaisait bien. Donc, Mardochée est le narrateur, un narrateur qui se dit rongé par le remords d'avoir aidé à la destruction de son peuple, en ne comprenant pas tout de suite le véritable but du voyage. On peut le comprendre. Seulement, il nous le dit dès le départ, alors après, évidemment, il se répète, et vu qu'il nous dit aussi tout de suite qu'il n'a compris qu'après, nous on le sait tout de suite et du coup, on s'ennuie un peu ....Vu que les péripéties s'enchainent, mais que c'est toujours un peu les mêmes ; les brigands, les espions, et comment ils s'en sortent, les trahisons, les dénonciations et comment ils s'en sortent ... c'est fou le nombre de trucs qui servent à rien dans ce bouquin, parfois deux embuscades et deux sauvetages en deux pages, pour recommencer la page suivante, ça finit par lasser son lecteur qui reste en rade dans une oasis, parce que si c'est pour recommencer la même chose à l'oasis suivante, autant rester dans la première. Pas sans intérêt,mais décevant, pour résumer. 

13/06/2011

Blues pour Elise Léonora Miano

26351643_jpeg_preview_large.jpgMoi, et je suis loin d'être la seule, j'aime bien Léonora Miano. D'abord, elle a écrit de superbes textes dont Contours du jour qui vient, angoissants et âpres comme des coups de poing cauchemardesques, le genre qui vous colle dans vos draps, les yeux au plafond dans le noir, vu qu'il est deux heures du matin et que vous ne pouvez pas rallumer la lumière que vous venez d'étendre après avoir fini le livre à cause de l'homme qui dort à côté de vous et qui va finir par râler si vous continuez à faire n'importe quoi au milieu de la nuit.... Ensuite, parce ce qu'elle a une voix extraordinaire, qu'elle est sacrement belle et qu'elle dit des trucs avec lesquels je suis d'accord (en étant toujours loin d'être la seule) sur l'Afrique et la violence faite à ce continent, entre autre colères et virulences stylistiques.

Mais là, Léonora Miano s'est adoucie et c'est bien dommage, retrouver de la colère éviterait une certaine fadeur ... Il est sûrement drôlement juste de vouloir montrer que les françaises de couleur ont des blessures d'enfance et des amours contrariés comme les françaises blanches, qu'être noires ce n'est pas seulement être sans papier et vivre dans la misère, qu'on peut être noires et avoir des problèmes "normaux" ( donc d'enfance et d'amour ...) l'intention, oui, on adhère, à priori, mais l'intention ne faisant pas le bon livre, à la lecture, j'ai moins suivi.

"Les bigger than life" : Asaska, Estelle, Elise, Shade, Malaïka sont des femmes, noires, françaises, qui ont fait des études, ont un travail et pas de problème de carte de séjour, ni d'intégration : un groupe de bonnes copines, solidaires et tout, qui jouent du portable, se donnent rendez-vous dans des bistrots et cherchent le "bon" mec, parfois le trouvent ou l'ont trouvé ... So what ? A lire des histoires banales de femmes noires, soit, mais banales, comme des blanches, moi, j'ai fini par me demander quel était l'intérêt du bouquin, pas de l'intention, mais de ce que je lisais. Je ne doute pas que les femmes noires aient les mêmes soucis que les femmes blanches, je doute juste de l'intérêt de le lire, pas de le dire, mais d'en faire un roman. Blanches et noires, c'est pareil, ben oui, et alors ?

Sauf que, quand même, même si elles ont un air de préfabriqué ces femmes quelque peu "barbies girls" : il y a la voix de Bijou dans dans son taxi phone et un moment de "vrai" très drôle dans la tactique de la séduction et dans sa langue, il y a la scène dans le salon de coiffure où se pose une autre question, pour moi incongrue : garder les cheveux crépus est-il un acte politique ou doit-on s'en contre fiche ? j'avoue que je n'avais jamais réalisé que se faire couper les cheveux (ou non) puisse être un acte politique. Le dialogue avec ma coiffeuse s'aventure rarement sur ce terrain. Il faut dire que la longueur ou la couleur de mes mèches ne m'engage à pas grand chose, sauf à être plus ou moins bien coupée. Pas elles. Et encore, je n'avais jamais pensé à Obama comme modèle encombrant d'un noir devenant un homme blanc réussi.

Et je ne sais pas si je lirai la suite puisque suite il y a aura, mais cela n'enlève de toute façon rien du tout à la profondeur de la voix d'une femme noire et alors ...

Athalie

PS : oui, je sais, ça fait un peu lyrique comme fin, et je n'aime pas le lyrisme, mais vous me rectifirez.....

09/06/2011

Naissance d'un pont Maylis de Kérangal

Bon, vu que "Etonnants voyageurs" arrive, il va falloir que je liquide mes lectures de l'année, moi. images.jpg

Retour en septembre, avec la sempiternelle rentrée littéraire, les "must avoir-lus" vite fait, mais que en fait on n'a pas le temps, vu que la rentrée, c'est surtout les "must à faire" vite fait (inscriptions des enfants à des activités diverses et variés, retrouver des chaussures normales pour aller bosser et quitter les tongs rose "petit bateau" ... se rendre compte que le bureau est dans le même état qu'on l'avait laissé, et que non, on n'a pas trié les papiers qu'on devait classer dans les classeurs, achetés à cet effet (des nouveaux, parce que les anciens, n'on arrivait pas à classer dedans, alors peut-être qu'avec des nouveaux ... ben, non.)(C'est bien la multiplication des parenthèses, mais là, je suis un peu paumée dedans en fait.)

Donc, les dernières sorties, j'avais commencé à Banon, pour celles et ceux (le A pouvant être masculin, la preuve, mon homme), qui suivent les notes, même pas chronologiques, c'est comme les parenthèses. Mais en septembre, j'ai quand même trouvé le temps de lire celui-là, dans nouveautés "goncourables". A priori, comme déjà dit, les ponts, ça ne me dit pas grand chose. Et bien, j'ai fini par m'y interesser, pas à la construction évidemment, de toute façon, ce n'est pas le sujet, enfin, pas techniquement parlant, je veux dire qu'on n'apprend pas à construire un pont, en plus avec mon vertige, c'est hors de question.

La construction qui est interessante, c'est plutôt celle du roman. Elle n'a rien de révolutionnaire (contrairement au pont fictif, romanesque qui l'est, lui.) mais les narrations croisées sont bien faites. De l'ouvrier à l'ingénieur, en passant par le décideur, le projet du récit suit celui des fonctions des personnages dans le projet : Summer Diamantis, la femme qui aime le béton, Verlaine, le voltigeur, Sanche, le meneur d'homme ........Un côté kaléidoscope et "force qui va" comme dirait le père Totor. Il ya un monde là dedans, une image de la démesure du monde qui est en train de se construire ailleurs au nom de la modernité. Cela se passe dans une Californie imaginaire, mais cela pourrait être en Chine, en Asie, là où semble se jouer quelque chose comme une ambition un peu folle et mégalo, oublieuse d'un truc bizarre finalement, l'homme. C'est  peu démonstratif, en fait, c'est moi qui rajoute. Bien sûr, il y a les indiens en contre point, un autre monde, la tradition qui disparait... 

Toute l'énergie passe aussi dans le style, par moment surfait, mais dynamique, presque mimétique d'avec les travaux qui avancent, les drames qui ont lieu, de ceux qui pourraient avoir lieu. Un poil "roman à l'eau de rose" sur la fin, mais c'est tant mieux, parce que finalement on n'aimerait pas que cela se finisse mal, en fait.

Athalie

Pour lire un avis contraire, mais qui est mieux dit que le mien :

http://blog.matoo.net/index.php/archives/2011/01/21/naiss...

26/05/2011

Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary Doumenc

affiche_Madame_Bovary_1933_1.jpgC'est mon côté "prof de lettres qui se la pète". Comme je ne vais quand même pas me lancer sur une note critique d'Emma Bovary (pourquoi pas Phèdre, tant qu'on y est), je botte en touche sur cette petite curiosité (que j'ai lu il y a longtemps, pour éviter l'ire des A, qui elles, vont au cinéma).

L'idée de départ est drôle, pas extraordinaire, non plus, pas super originale, mais quand on aime Emma, ça accroche. Emma ne se serait pas suicidée, elle aurait été assassinée, il s'agit donc de savoir par qui et pourquoi. Comme dans un roman policier logiquement construit, je veux dire pas comme dans un Fred Vargas, ni un Indridarson, il y a enquête, témoignages des suspects possibles, suppositions et solution. Pas très logique, d'ailleurs la solution ... mais ce qui est plaisant, je ne dis pas tordant, mais amusant, c'est de voir les personnages de Flaubert dire autre chose que ce qu'il leur a fait dire, mais faire ce qu'il leur a fait faire. C'est un peu comme dans un musée de cire, où les traits étaient figés et qu'ils se mettent à bouger. Léon, Rodolphe, Charles témoignent, des scènes sont revues, pas changées, revues sur un autre angle, des silhouettes entrevues prennent corps, la caméra change d'épaule.

Juste plaisant, donc, pour les amoureux et les inconditionnels.

Athalie

 

21/05/2011

L'armée furieuse Fred Vargas

papillons-autres-animaux-knokke-belgique-1737024189-588304.jpgJe ne vais pas au cinéma, parce que je lis le dernier Vargas ....

Où l'on se demande quelle peut être la composition chimique des crottes de pigeon, où les visions tuent mais pas les trains, où on atteint le niveau 2 en mots de croisés, mais vraiment à la fin, ne croyez pas y parvenir avant, trop facile, où la mie de pain est perfide, comme les lacets d'une paire de baskets, sans parler des costumes à rayures, où les pigeons se civilisent, ce qui peut être inquiétant, (rassurez-vous, le chat est toujours sur sa photocopieuse et Danglard aime toujours le vin blanc ), où les cloportes deviennent des araignées à moins que ce ne soient des crevettes de terre... qui sait ! Adamberg se met à jouer du portable, mais les vaches restent immobiles alors que le sanglier est courant, et le que temps se couvre à l'ouest.

Pourquoi à l'ouest, ça on ne sait pas. Ce qui est sûr, c'est que la chouette est un oiseau, ce qui est quand même rassurant.

Un excellent Vargas, dont on peut rien dire (sinon que si le nom du coupable est donné sur ce blog, ce ne sera pas par moi ...). Juste que quand la boîte à sucre se referme (avec un élastique autour), ben mince, la boîte à histoire aussi.

Athalie

20/05/2011

Laurent Gaudé Eldorado

LAUREN~1.JPGC'est drôle, mais dès fois, il faut abandonner un auteur pour le retrouver après. ça ne marche pas à tous les coups, mais parfois oui. Et alors, c'est bien.

Avec la copine Anne, un soir, on est allé voir Laurent Gaudé en conférence. Et oui, on fait des trucs comme ça, nous. Des trucs classe, dans des endroits culturels et tout, en province, soit, mais après on les raconte, c'est bien, ça fait province aussi de les raconter (genre, on n'a que ça sous la main). Athalie et Anne Bovary (s) ...

En tout cas, c'était bien. D'abord, il est pas mal du tout le Gaudé, cheveux argentés, le verbe suave, le teint hâlé mais pas trop UV sur le retour. Classe, quoi. Et intéressant aussi (on n'est pas que des Bovary (s), on est aussi des lectrices à cerveau entre les oreilles, faut pas croire). Il présentait Ouragan, la copine Anne l'a acheté, et moi j'ai acheté Eldorado, parce qu'il était en poche et que, je me méfiais un peu ... C'était super La mort du roi Tsongor et Le soleil des Scorta, mais ... justement. Je ne voulais pas abuser des bons crus (pour une fois, diront les copines, je sais !). "Eldorado" trace  l'histoire de plusieurs exilés qui se croisent, pas tous et pas vraiment. L' exilé principal, c'est le commandant chargé à la fois de sauver les clandestins qui arrivent de leur misère africaine vers la pseudo terre promise italienne, et de les arrêter ensuite pour qu'ils soient retenus en centre de détention. Evidemment, la contradiction, ça exile un peu, de soi-même, pour commencer. Et puis, un jour, il y a le regard d'un clandestin sur lui, le sien sur une femme qui a perdu son enfant dans le voyage. Et il tangue, prend le gîte dans la voile de sa conscience et part dans le sens inverse.

Et puis, il y a les deux frères qui cherchent à rejoindre l'Europe pour échapper à la misère. Leur exil à eux n'est pas celui de leur conscience, c'est l'économique, celui qu'on voit dans les journaux, celui donc, qui indigne, du moins les gens normaux.

L' intérêt du livre est dans ce croisement, le politique et le personnel, le réel et le fantasme, une impossible rédemption, des deux côtés ; l'exilé finalement solitaire de son frère, qui va chercher la survie, tout en se sentant coupable de survir, le pauvre qui cherche la richesse, et le riche qui cherche une vérité à travers l'exil choisi. Même si la fin du récit vire à la métaphore symboliste humanitaire gnan-gnan et allucinée et quelque peu foireuse ... Il est bien ce Gaudé, bel homme ou pas.

Et puis, il écrit drôlement bien aussi :

A Catane en ce jour, les pavés des ruelles du quartier sentaient la poiscaille. Sur les étals serrés du marché, des centaines de poissons morts faisaient briller le soleil de midi.

J'aime bien les poisssons morts qui font briller le soleil... ça inverse.

Athalie

 

24/04/2011

Homo Erectus Benaquista

ACi14.jpg

Avec un titre pareil, il fallait bien que ce soit le premier titre de rattrapage des vacances ... Homo erectus : tout un programme. Bien que, fidèle à un seul depuis plus de dix ans, et fermement décidée à le rester, connaître d'autre "Homo" dans cet état-là, en tout bien tout honneur, et sans risque, calée au fond de "mon fauteuil à lire dans mon coin", le pantacourt relevé (beige, un nouveau, acheté hier, beige, mais plus large et plus long que les autres beiges)  pour commencer à faire bronzer des mollets pâlichons ... par Benaquista, je savais pertinemment que je ne risquais que peu le pornographique violent. Juste la déception. Ce qui est d'ailleurs plus ou moins le cas. Plus, d'ailleurs que moins. Benaquista, on connaît le principe, ça tient pas debout, mais on sourit et ça coule. Ben là, ça coule trop de source, qu'ils sont sympas ces hommes là, qu'ils sont plein de bons sentiments, que ce monde est gentillement foutraque et insolite, et tout s'arrange bien proprement !

Une idée : les confessions d'un groupe d'hommes en public, prétexte à des histoires banales, d'amours bancales, pas mal. Puis, trois d'entre eux, leur histoire, le dépressif, le philosophe plus ou moins raté, l'amateur éclairé et compatissant de prostituées. C'est celui-là qui m'a le plus énervée, et que je te rencontre de "belles âmes", les clichés des putes bien méritantes et bien braves et bien exotiques et amoureuses de leur gentil client qui va leur faire découvrir la gentillesse tout buvant de la vodka directement dans leur  vagin. Mais il les sauve après, la polonaise, la mytho, la trop grosse ... Ben tiens ! Il est gentil le monde de Oui-Oui ... Et le dépressif qui découvre une fée dans son salon, et le philosophe qui se rend compte que la staritude, c'est tout pourri ...

D'erectus, il ne reste pas grand chose, finalement.

Athalie

Et puis, non, même pas bon, je n'arrive pas à mettre un Benaquista dans les Aéviter ...

03/03/2011

Le coeur cousu Carole Martinez

Parce qu'il y a plein d'autres choses dans les livres que les livres. Surtout à "Etonnants voyageurs". Il faudrait raconter toutes les rencontres. Y'aurait un côté arrière garde.
Alors une année, c'était Carole Martinez.ça avait  commencé l'année d'avant, cette histoire. Dernier jour, dernière heure. Le truc débile : le prix "Ouest France". Tout lecteur breton normalement constitué ne lit pas le prix "Ouest France" , surtout quand le lecteur tient à sa dignité de lecteur, surtout quand c'est une lectrice snob, genre moi. Vous imaginez les bouffes entre copains " T'as lu le dernier prix Ouest France ?" La honte.
Et puis, une femme de mon âge (deux ans de moins en fait, je le saurais plus tard) monte au café littéraire ; elle ne pleure pas, non, mais on voit qu'elle ne sait plus où elle est, qu'elle est vachement émue cette écrivaine d'avoir eu ce prix "Ouest France". Et puis, on voit que ce n'est pas  le problème, que l'histoire c'est avec les lecteurs qu'elle l'a eu.
Alors, du coup, confiance. Je fonce. J'achète un des derniers de la pile (y'en avait pas beaucoup il faut dire). Et me voilà Le coeur cousu en main, ne sachant si j'avais dépensé 23 euros pour rien ou si le pouvoir des rêves allait s'ouvrir pour encore alourdir un sac de futurs (métaphore filée) . Gagné, l'histoire, le bonheur, le livre qu'on arrête pas, le pari.
Coeur cousu, pour moi, c'est juste une voix qui me parlait. Juste.
Alors, la voir l'année suivante, causer un peu, l'entendre dans ses doutes... Juste commencer à lui dire un petit peu le bonheur de l'avoir lue.
Le côté marrant, c'est qu'il y avait plein de lectrices qui passaient lui dire à quel point c'était bien et qu'on avait pas du tout la même vision du livre; couture ? coq ? Garcia Marquez ? Mère Courage ? ... Du coup, j'ai recommandé plein de Terre des oublis (tout et rien à voir)
Athalie

03/08/2009

La perfection du tir Mathias Enard

Dans cet été plutôt caractérisé par les pavés et la littérature pas française, un petit livre est sorti de ma pile prévue, un livre écrit par  un Français, et qui plus est, semble avoir le vent en poupe, puisque "Zone", sa dernière publication en date, a obtenu le Prix France Inter. Ce dernier roman, donc, qui était un pavé, je l'ai reposé sur la pile sous le nez de l'auteur (c'est toujours un geste pas terrible à faire, mais bon ...) et j'ai pris le petit d'à côté, du même auteur quand même, vu que j'étais devant lui au festival "Etonnants voyageurs", j'avais oublié de le dire.

Il faut dire que des pavés j'en avais déjà quelques uns dans le sac, dont un écrit par un Français. c'était prendre assez de risques comme ça ... ( le pavé écrit par un français qui dèjà dans le sac, c'est "Là où les tigres sont chez eux", génial, donc comme déjà dit, mais je ne le savais pas encore ...)
Entrouvert juste après ce très bon pavé, les premières pages de "La perfection du tir" m'ont fait un peu peur .... Je l'ai vite refermé pour ne pas avoir trop vite fait d'idées toutes faites (Ah ! les pauvres livres lus après un très bon, leur destinée est parfois injuste ! ). Méfiante, je suis donc repartie vers une autre de mes activités préférées de cet été, poncer et repeindre mes fenêtres.
Ce devoir à moitié accompli, (et le sentiment du devoir presque accompli, ça fait du bien et ça motive pour faire autre chose de pas terminé non plus), je m'y suis remise, au petit opus.

Bon, on est pas dans le grand, mais ça se lit. En tout cas, pas d'autofiction branle nouille comme j'en avais eu l'impression au départ. On est dans le même système de narration que dans "Les bienveillantes", c'est-à-dire dans la tête d'un tueur qui aime tuer, et même, pour qui tirer du haut d'un toit sur des inconnus est la presque unique raison de vivre. C'est un autre lieu, un autre moment que le livre de J. Littell (le conflit n'est pas vraiment situé d'ailleurs, mais la guerre de l'ex-Yougoslavie est clairement évoquée), et le narrateur est moins gênant pour le lecteur que celui de Littell. C'est un salaud, mais un salaud sans idéologie. Juste le goût de tuer. Pas celui de violer, c'est déjà ça, juste un peu celui de torturer, mais avec plus de réticence que les autres,  quand même, et cela permet de le suivre sans trop se sentir voyeur .... On suit, donc, mais sans vraiment non plus adhérer, spectateur d'horreurs qui ne concernent pas le narrateur, et du coup le lecteur, de peurs provoquées sans vraiment être menées.
L'écriture est sèche, convient au sujet, sûrement, mais bon sécheresse, point trop n'en faut ....
Il restera à lire "Zone", sans doute quand il sera en poche, parce que les pavés écrits par des Français, il ne faut pas en abuser non plus, je risquerai l'overdose. Et j'ai mes fenêtres à finir de poncer.

Athalie

10/07/2009

Là où les tigres sont chez eux, Jean Marie Blas de Roblès

images.jpgLà, c'est du lourd !!! Au sens propre d' un pavé de 700 pages, au sens propre encore, parce ce que ça brasse là-dedans .... Des personnages, du sens (parfois trop), des éruditions, des lieux, des époques, de la végétation, du politique, du social, du religieux, bref y'a de tout et beaucoup. Un "livre monde" dirait cet ampoulé de Michel Le Bris .... Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie de Roblès. D'abord, ça me disait rien, en premier parce que c'était le Prix Médicis et que les prix littéraires attribués à des auteurs français en général, ça sent le nombrilisme et le post nouveau roman transformé en une fade autofiction quinze mille fois déjà lue quand c'était encore "ce qu'il fallait avoir lu" (genre du temps où Houellebec passait pour un écrivain).
Mais 700 pages pour une autofiction, ça paraissait quand même beaucoup, et puis, il avait un air d'anti roman De Roblès, et puis une fois de plus entrainée par l'ambiance d'achat de notre festival du livre préféré, j'ai fait comme les autres A. et je me suis dit que ça pouvait être pas mal.
(Là où je suis pas peu fière, c'est qu'en plus, je l'ai terminé, le pavé d'érudition multi mondes).
Il y a le monde du moine moyennageux, le XVI-XVII européen, et le monde du journaliste quelque peu blasé, aveuglé à lui-même dans le Brésil aujourd'hui.
Deux personnages qui tiennent le fil entre les deux mondes, un fil parfois tenu, d'ailleurs, mais qui tient le choc dans l'ensemble.
Autour des fils, il y a les toiles : la bêtise, la corruption, le goût du savoir inutile, l'inutilité de l'érudition, le goût des livres malgré tout, la perte du goût des combats, personnels et politiques. Comme si tout avait déjà été fait et dit, que savoir ou vouloir savoir, ou paraître savoir, paralysait en fait, du moins dans le monde actuel, celui du journaliste qui vit au brésil, entouré de morts et de drames, morts et drames dont il ne voit d'ailleurs rien. Alors qu'il pense voir et savoir. Surtout savoir. (je sais pas si je suis claire, là ...)
L'objet de son travail est le moine moyennageux, qui lui, est montré comme ficelé dans une croyance tenace et dépassée dans la possibilité de comprendre le monde selon des schémas non rationels, l'anamorphose, l'analogie.... Et pourtant, me semble-t-il, c'est des deux, le seul qui réussit à agit et à construire, même mal, même de traviole, même bancal, il lui est donné un pouvoir sur les choses.
Quelle morale ? Je n'en sais rien, je ne suis pas critique littéraire, juste une simple lectrice de pavés. Juste assez curieuse pour goûter un peu de cette interrogation. Si elle existe vraiment dans le livre, d'ailleurs ....

Bon, aussi un peu ésotérique sur ce coup là ...

Athalie