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03/10/2015

Millénium 4, Ce qui ne me tue pas, David Lagercrantz

millenium,ce qui ne nous tue pas,david lagercrantz,romans,romans policiers,série policières,romans suédoisJe n'avais aucunement l'intention de lire cette suite hautement médiatisée de la fameuse trilogie de feu Steig Larsson. Aucunement. Et encore moins l'intention de l'acheter. Aucune suite, ne pouvait selon moi, reproduire les mêmes effets d'addiction aux aventures spidées de la déjantée Lisbeth Salander et du sagace idéaliste Mickaël Blombkvist au cœur pas de pierre. Aventures pourtant écrites avec autant de subtilités qu'un lance flamme narratif.

La lecture du tome I m'avait valu quelques (peu) nuits d'insomnie hiératiques, me donnant une allure de zombie échevelée le lendemain matin où je croisais quelques collègues dans le même état que moi, vu qu'on lisait le même livre. Silence sur la suite oblige, nous nous adressions des "chuts" énamourés et anxieux de ne pas trop en dévoiler. Pas question que l'un d'entre nous ne fuite.

Le deuxième tome, me valut une sortie fébrile sous la pluie d'un soir d'hiver venteux, titubante vers la première librairie venue ( carte de fidélité ou pas) dans un état de manque éprouvant à voir. J'allais finir le premier, l'angoisse du vide m'avait fait sortir de ma couette de lecture avant que ne sonne la glas de la fermeture des commerces. J'étais arrivée à temps, trempée, mais à temps. Au retour, j'ai réintégré la couette, j'ai lu, j'ai vaincu.

Le troisième ... je ne sais plus bien, une impression de foutraque pas fini, je crois. Mais toujours ce sentiment d'urgence, impossible à vaincre, par contre.

Et pourtant, donc, cette suite, je l'ai achetée, je l'ai lue, ou plutôt, je l'ai dévorée, presque aussi rapidement que les trois premiers tomes, parce que, et oui, tout y est tout comme il doit être. C'est toujours aussi mal écrit mais drôlement bien ficelé. Le nouvel auteur, en viager définitif, s'est coulé dans le moule et j'ai couru après Lisbeth. Toujours aussi mal embouchée et rancunière, elle a gardé son tee-shirt et ses tatouages, ses subtilités de langage qui réduisent le boulot de l'auteur à des interjections péremptoires pour les dialogues, et sa pointe de vitesse supersonique pour la partie récit. Surtout qu'ici, elle même court au secours d'un petit garçon aussi autiste que surdoué, qui se trouve être également le seul témoin d'une scène de crime. Elle ne s'essouffle jamais, Lisbeth, même trouée par quelques balles, même devant un ex-tueur à gage soviétique, elle balance le tibia genre Kill Bill pour la sauvegarde du presque orphelin.

Le père, Frauss Bolder a récupéré son fils de la garde de sa mère en perte d'image d'elle même, et de l'affreux beau-père qui se saoule avec la pension alimentaire, avant de se planquer découvrir son fils d'amour tendre, et cacher son secret informatique qui pourrait bien rendre le monde virtuel tout puissant. Geek en fuite de son entreprise, il se découvre à son tour traqué par une organisation imparable et obscure ... Et là, ce n'est que le début ( en gros, les deux premiers chapitres), pendant que, en alternance, on découvre les activités de nos deux héros cultes qui restent fidèles à eux mêmes et à leur obsession. La pureté pour les deux, même si ce n'est pas la même, l'éradication des méchants, et c'est pour cela qu'on les aime.

Lisbeth fait sauter les verrous de la défense ultra sophistiquée de l'agence de renseignements made in USA, en artiste hackeuse qu'elle demeure for ever and for the devil, ce qui fait sauter en l'air quelles puces galeuses qui faisait leur beurre du crime ...Une Milady du bien aux allures de punkette qui aurait revêtu son armure de guerrière (par contre, elle mange toujours n'importe quoi ...).

Michaël est attaqué de toute part par ses confrères qui le prennent pour un "has been" et par un actionnaire jaloux de sa rigueur intellectuelle et notre héros  a bien besoin d'un nouveau scoop qui attaquerait le grand capital au scalpel.

Entre lui, l'incorruptible, et la hackeuse qui n'oublie jamais un coup donné, c'est le chat et la souris lancés à grande vitesse dans les méandres de l'internet souterrain, contre les injustices du mal ... Sans compter que Camilla repointe son dard.

Bref, si David Lagercrantz n'invente pas  d'autres ficelles que celles mises en place par Larsson, il les utilise drôlement bien et franchement, j'ai jubilé en retrouvant les fondamentaux, sans compter qu'il ménage une porte de sortie vers une autre suite. Bon filon ne saurait se tarir ?

 

 

 

 

03/09/2015

Tu ne verras plus, Pascal Dessaint

tu ne verras plus,pascal dessaint,romans,romans français,romans policiersQui a pu assassiner un honnête taxidermiste avant de lui arracher les yeux ? Sa femme, Mireille, aux allures d'urne funéraire, dont la passion ornithologique se révèle des plus douteuse ? Son confrère, trop falot pour être complètement innocent ? Un des membres d'une de ces associations loufoques qui organisent des manifestations déglinguées dans le but de piéger les coupables de trafics animaliers ?

Félix Detrey est l'enquêteur passablement déjanté qui va se charger de trouver la réponse.  Visiblement, il a déjà sévi dans d'autres titres du même auteur, ce que je découvre ici, car j'avais depuis un certain temps négligé de suivre cet auteur, dont j'avais pourtant beaucoup aimé les récits graves, noirs, un peu barrés aussi ( dont les excellents "La vie n'est pas une punition" et "Mourir n'est peut-être pas la pire des choses", deux titres qui donnent une idée de la couleur de l'univers de Dessaint)

Félix est donc passablement alcoolique, passablement dépressif, passablement obsédé et profondemment humaniste, ce qu'il récuserait à grands coups de verres de blancs, pour sûr. Il vit sur une péniche, vu qu'il sous loue son appartement à la petite copine de Marc, un de ses adjoints qui file un mauvais moment. Félix a pour compagnie Paul, un iguane de bonne composition, un voisin qui se prend pour un capitaine Haddock, et accessoirement, Elisa, sa compagne botaniste partie pour l'instant récolter des graines exotiques sur la terrasse d'une usine dans le nord de la France, ce qui laisse à Félix le temps de quelques fantasmes, quelques verres, quelques envies suicidaires et d'une enquête. Ben oui, il est policier quand même ...

 J'aime l'univers de Dessaint parce qu'il a quelque chose de la course poursuite immobile et soluble dans l'air du temps qui passe. On y tangue aux mouvements de l'âme du héros qui se bourlingue tout seul, enquête à peine, laisse faire les autres, ses adjoints, ses suspects ... Lui, il enchaîne les rencontres de doux frappadingues en attendant de tomber sur le coupable. C'est sûr, on sait d'avance que là n'est pas vraiment l'essentiel et que lorsque Félix lui mettra la main dessus, on en aura un peu pitié, finalement.

Dessaint néglige les lignes droites et construit son récit comme une déambulation dans les quartiers de Toulouse, dans les émois des acolytes de Félix ; le généreux Marc que l'on soupçonne de prendre quelques chemins de traverse, le scrupuleux Rachid, qui, en panne de trombones à démantibuler, s'attaque aux mouches.

"Tu ne verras plus" est donc un polar sans montagnes russes et sans coups de cymbales, d'un noir bitumé de très bonne facture.

 

08/08/2015

Les temps glaciaires, Fred Vargas

fred vargas,les temps glaciaires,romans,romans français,romans policiersUn dernier Vargas acheté le jour même de sa parution, dévoré en deux jours et pas de note écrite dans la foulée. A vrai dire, parce que je ne savais quoi en dire, ce qui fait que quelques mois après, j'en sais encore moins. J'attendais que ça décante ou fasse pschitt, et finalement, rien ne bouge. Mais comme il faut bien que je finisse par ranger ce livre dans les nouvelles étagères prévues à cet effet, tant pis pour la clarté de ma pensée ...

Je n'arrive donc pas à me faire une idée claire : je suis déçue ou je ne suis pas déçue ? Ben non, pas complètement, mais il y a quand même un peu de ça ... Déjà, parce que je me pose la question, or, normalement, moi Vargas, je gobe. J'avale tout, les errances adamsbergiennes, les tribulations obscures de l'enquête, le bestiaire qui tourne à la ménagerie fantasque, les intrigues foutraques qui retombent malgré tout sur leurs pattes bancales.

Comme d'habitude, on part ici de loin et de pas grand chose. Une histoire de lettre postée  in-extrémis avant le faux suicide de l'émettrice, une vieille dame, Alice Gauthier. Une vieille femme sans histoire aucune. Le destinataire lui-même ne la connaissait pas. Amédé Masfauré, qu'il s'appelle et Alice lui annonce des révélations sur la mort de sa mère, dix ans auparavant. A Amédé, on lui avait dit qu'elle était morte de froid sur une île rocher, lors d'un voyage en Irlande. Pour l'Islande, c'est sûr, la mort aussi, le froid aussi, le rocher, pareil, mais c'est sur le "morte de ..." qu'Alice veut se libérer de certaines confidences, avant de mourir (parce qu'avant qu'elle se suicide pour de faux, elle était déjà condamnée, en fait). Ce qui fait que une condamnée à mort qui se suicide avant d'avoir fait ses révélations qu'elle voulait faire in-extrémis encore, et qui plus est sans avoir terminé son puzzle de mille pieces reproduisant un tableau de Corot, alors qu'elle avait commencé par le ciel, et que le ciel, c'est le plus dur, c'est louche ...

Après, bon, ben après cette constatation digne des circonvolutions policières peu orthodoxes des vagabondages à la Vargas, ça se complique, à cause de Robespierre et du démon de l'île islandaise qui appelle Adamsberg du plus profond de sa voix maléfique ... Et de deux ou trois autres trucs que je vous passe dont une histoire de signe runique et de guillotine ... Un mélange improbable, donc, dont Vargas sait tirer les ficelles, sans qu'on y croit une seconde, ce qui n'a aucune importance, tellement on se régale, normalement.

Normalement. Mais j'ai le régal qui a coincé. D'abord, à cause des dialogues, si efficaces chez Vargas d'ordinaire, tant ils ne sont pas informatifs, plutôt loufoques et décalés et parfaitement jouissifs. Et bien, là, ils sonnent fabriqués, ils cherchent le bon mot, la bonne chute, le bon décalage, et ils se voient y arriver, comme si Vargas se regardait les écrire.

Mais, il y a pire, elle a touché à Danglard. Danglard, c'est mon nounours en plume, l'encyclopédie faite homme, l'assurance anti tangage qui se noie dans le vin blanc pour rester droit ...Que le fidèle des fidèles d'Adamsberg, se sente tenté par la trahison, je n'ai pas aimé. Mais vraiment pas. Pourquoi pas faire de Camille une amoureuse transie, tant qu'on y est ?!

Donc, paradoxale, je suis, j'avoue ... Déçue que Vargas fasse du Vargas et déçue qu'elle sorte un personnage de ses rails ... Je vais juste attendre le prochain du coup. Mais promis, si Adamsberg devient cohérent, je me fendrai d'une ridicule lettre de protestation véhémente et désespérée.

 

28/07/2015

Les ombres mortes, Christian Roux

les ombres mortes,christian roux,romans,romans policiers,romans françaisAu festival de Saint Malo, ce jeune (et bien agréable à regarder) auteur, de chez Rivages et à moi inconnu, était assis à côté de Pascal Dessaint. Comme on se tapait la discute à propos du débat de la matinée, que je tentais vaguement de leur résumer, de Charybde en Charlie, on s'est fait la peau de P. Val.

Du coup, je me suis laissée tentée par la découverte de la prose écrite de Christian Roux, vu que j'étais déjà convaincue par sa prose orale (non, le physique avenant de l'auteur n'a rien à voir là-dedans, ni son charmant sourire, ni sa gentillesse attentionnée pour une vieille briscarde des stands voyageants).

Me voilà replongée, comme au bon vieux temps du polar noir à la française, dans le noir social, dans la bonne vieille veine de ce que Rivage publiait de mieux dans le genre alors que Raynal dans la série noire tenait le cap et que surgissait le Poulpe et ses grands bras ....

Ces "ombres" sont donc rentrées dans ma bibliothèque avec leur cortège d'"ombres", Pouy, Oppel, Benaquista, etc ... toute la bande quoi de ces lectures jubilatoires qui me laissent un nostalgique souvenir ...

Et de ce côté là, du côté du noir social, le titre tient toutes ses promesses, avec quasi tous les ingrédients et un scénario à la fois très ficelé, très construit, totalement bancal et improbable, et au final, efficace !

Liste des ingrédients ( attention, liste non exhaustive et dans le désordre) :

Un héros amnésique hanté par un unique souvenir, flottant dans sa mémoire : un œil qui se taille la route tout seul, hors de sa tête, sur un trottoir

Trois paumés qui voulaient, par un acte unique et meurtrier, faire leur part de la révolution anti capitaliste,

Un frère machiavélique,

Un chien rouge, 

Un flic véreux amoureux fou d'une belle sans papier qui finit par se prendre pour la Belle au bois dormant,

Un flic redresseur de torts, poursuivi par une affaire tordue, qui arrive juste au moment pile,

Une victime collatérale, qui n'a finalement que l'intérêt de déclencher la cascade des coïncidences (et il y en a ...)

 Deux femmes amoureuses du même homme, mais pas dans la même vie,

Un père juif, et collaborateur,

Un ami fidèle qui peut cacher qui vengeur masqué ....

Ce qui peut paraître beaucoup pour une seule sauce, sans compter que certains comptent double, voire triple ... un côté too much qui fait que le roman tient son carnet de route de "roman noir social" mais qu'il faut quand même s'accrocher pour adhérer aux virages en épingles à cheveux ( quand ils ne sont pas tirés par ...)

Avis au amateurs !

 

 

 

03/03/2015

Les nuits de Reykjavik Arnaldur Indridason

les nuits de reykjavik,romans,romans policiers,séries policières,romans islandeOù l'on découvre Erlendur jeune, mais pas plus gai pour autant que par la suite, à croire que cet homme ne connaîtra jamais un moment de joie ..... je ne sais pas, moi, juste un frémissement de plaisir devant un plat de pommes de terre aux choux, une seconde d'extase face à un dos de cabillaud fumé ... face à lui, les icebergs font demi-tour de désespoir, ou fondent de tristesse compatissante ...

Un titre qui pourrait être sous-titré "Erlendur au pays des clochards", puisque l'on ne va guère quitter cet aspect de la "grande" ville, un zoom qui balise la ville de personnages à la vie sordide, forcément ... L'histoire commence un an après la mort de l'un d'entre eux, Hannibal, qu'Erlendur a croisé plusieurs fois avant sa chute mortelle dans une flaque d'eau noirâtre, le jeune policier avait aidé un peu l'homme cabossé. 

Pourquoi un an après ? Allez savoir avec Erlendur  ... peut-être avait-il sombré dans un coma post traumatique suite à un moment de jouissance précoce dont il n'espérait pas tant ....

Donc, depuis un an, il repense à ce jour où Hannibal a été retrouvé noyé dans une fosse par des enfants qui jouaient dans d'anciennes tourbières abandonnées (non aménagées pour, il va sans dire ...), sous le ciel bas et lourd qui va avec, et donne sa singularité à la géographie "indridasonnienne". Une première scène qui vous plombe, un quartier de sonorités rauques : Hvassaluti, derrière le boulevard Miklabrant, bordé par les immeubles de Storagerdi, c'est là où vivent les enfants qui jouant à naviguer sur les fosses d'eau sur le radeau qu'ils ont construit avec des détritus de bois, vont accrocher un sac plastique qui n'était pas un sac plastique mais l'anorak vert d'Hannibal, avec Hannibal dedans ... (ouf, je retombe sur le début de l'histoire ... Il fait si noir là-dedans que j'ai bien cru que j'allais en perdre la trace. Moi, je pense qu'Indridason écrit avec un stylo fluo, ou à pile, ce n'est pas possible autrement ...).

Erlendur commence une enquête, ou plutôt, tâtonne, furète, croise les pertes et de petits détails en rencontres et souvenirs, il déterre des passés glauques de clochards, qui bien évidemment, croisent des traces de disparues.

Que le plaisir d'un dernier Indridason soit de retrouver la première enquête d'Erlendur, qui contient déjà toutes les autres, voilà qui peut paraître paradoxal et anecdotique, surtout qu'on ne saute pas de joie, même aux meilleures nouvelles ( si, si, il y en a, quoique ....) au pays où le soleil ne semble jamais vraiment se lever, et dont la géographie imprononçable fait le charme de l'exotisme du froid. 

Anecdotique mais pour les fidèles de la série, Marion fait son apparition ici, et il est toujours impossible de savoir si ce personnage est féminin ou masculin. j'ai guetté toutes les terminaisons des participes passés, aucun indice ne filtre !

13/02/2015

Catharsis Erik Axl Sund

Prater,_Wien.jpgAprès une pause passée, en gros, à digérer les deux premiers tomes en allant faire autre que de tourner des pages pleines de crimes sordides, je reprends ma "catharsis" à moi et me jette dans ce troisième et dernier tome, histoire d'en finir avec l'addiction. Et je m'essouffle assez rapidement. 

Je prends même le temps de lire la quatrième et là oups ! Je découvre que "ce livre est porté par une écriture térébrante". C'est quoi cet adjectif qui a un goût de fautes de frappe ? Fière de ma découverte sarcastique, je déchante vite car "térébrante" existe et qualifie "une douleur profonde donnant l'impression d'un clou que l'on enfonce dans les tissus". Et c'est exactement cela dont souffre Sofia depuis le début, en réalité. Comme quoi, j'aurais mis trois tomes à trouver un adjectif juste pour qualifier un personnage, moi, alors qu'il avait qu'à retourner le bouquin ...

Côté histoire, il faut le dire, je ne suis plus très bien ... En plus de Victoria qui avait déjà tendance à disparaître-réapparaître, et à Sofia, son alias aux multiples autres alias, est apparue Madeleine, d'abord entre les lignes, elle prend ici, petit à petit, la place des deux autres, qui du coup s'estompent et se diluent dans les crimes précédents.

J'ai un peu de mal à recoller les morceaux précédents avec la nouvelle venue ... Mais Jeanette, toujours fidèle limière, suit mieux que moi les méandres de sa propre enquête, et si moi, j'ai un peu oublié comment elle en est arrivée à tout comprendre, elle, elle a l'air de savoir où elle va et donc, je la suis, y'a plus qu'à lui faire confiance à elle, c'est la seule qui reste la même depuis le début. 

Des coupables potentiels, pourtant, le nombre se restreint, et Jeanette resserre l'étau autour du méchant absolu. Elle ne sauvera pas tout le monde, mais Sofia se délivrera d'elle(s)-même(s).

En refermant ce troisième tome, l'addiction est passée, j'ai eu mon compte de carnages et d'abominations. Finalement, reste un un petit goût de vacuité. Tant de crimes, tant de fils obscurs à suivre, tant de personnages, tant de voix égarées pour tant de voies de garage, et pour aboutir à peu de choses à en dire. "Térébrante" me restera, par contre, et le goût des lectures communes sur canapé !

Encore merci A.P. !

 

11/02/2015

Trauma Erik Axl Sund

Prater,_Wien.jpgEntre le premier tome et le second, j'ai changé de décor. J'ai quitté mon canapé de lecture habituel, mais j'ai emporté mon plaid.

Décor : un havre de paix sur la côte bretonne, (un poil frisquet le havre, mais là n'est pas le propos), un autre canapé, ma copine A. vautrée dessus, mon plaid autour. Moi, dans le fauteuil en face, orientée soleil, "Annabel" en main, mais sans le plaid, alors qu'il fait super froid dans "Annabel" ...  j'entends A. finir de relire "Personna" en déclarant 'Il me faut la suite". Je ne peux qu'acquiescer, il nous faut la suite.

Ce qui fut fait (un grand merci aux librairies indépendantes de la côte bretonne, on a frisé le rapatriement en urgence vers l'intérieur des terres ...).

Retour au havre de paix, toujours quelque peu frisquet, quand même (mais là n'est toujours pas le propos) . Je finis "Annabel" en piquant le plaid de fiston, qui en échange m'a piqué mon caban ( qui lui va super bien, mais là n'est toujours pas le propos) et fifille, le manteau de la fifille de A. (qui lui va super bien aussi). Ben oui, eux, ils sortent du havre de paix (il faut bien aller chercher le pain). Nous, moins, à cause d'"Annabel" et de "Trauma". (et puis, comme les autres vont chercher le pain, les moules et le vin blanc, ma foi ...)

Ma copine A, relève parfois la tête : " Tu sais Sofia, et ben si ça se trouve ..." -"Ne me dis rien ..." - un silence plus tard "Tu sais le médecin légiste ?" - "le gentil ? Non pas lui, ne me dis rien ...." - "Je ne dis rien, mais tu te souviens dans le premier, la petite fille juive qui s'enfuit ..." -" Non, ça se complique, elle revient ? - "Je ne dis rien, je te dis ..."

Conclusion, les copines qui lisent en face de vous, le prochain bouquin que vous allez leur piquer, c'est encore pire que les blogs qui spoilent. Les blogs, au moins, vous pouvez vous boucher les oreilles.

Ha, oui, l'intrigue ? Puisque je suis sortie du havre de paix avec "Trauma" en main et "Catharsis" pas loin ( et que j'ai récupéré mon plaid) ... Ben en fait, ça se complique ... Une nouvelle série de crimes prend la suite des corps des jeunes garçons momifiés, qui restent quand même en arrière plan. On sent que le cercle devient concentrique, on se rapproche du centre (mais lequel ?) névralgique, l'inceste pullule toujours, et même se multiplie, comme les personnalités multiples de Sofia qui tente de résister à Viktoria, comme elle le peut. 

Jeannette reste la même, plus ou moins, de plus en plus proche de Sofia, qu'elle a embauché pour dresser le portrait psychologique du tueur-ou de la tueuse, qui signe cette fois-ci ses crimes d'un bouquet de tulipes jaunes et tend à la police des coupables de crimes anciens qui se relient à une institution pour jeunes filles, pas vraiment catholique.

Toujours aussi écrit à l'emporte pièce, toujours aussi addictif.

02/11/2014

La princesse des glaces Camilla Läckberg

La liseuse a failli m'en tomber des mains. Vous saviez, vous, qu'il existait un modèle de soutien gorge avec gel incorporé dans les balconnets et qui, du coup, garantit un balancement élégant et naturel des seins placés dans les coussinets ? Moi non.  Je me demande comment une information aussi essentielle a pu échapper si longtemps à ma curiosité naturelle ... Pour la marque, je n'en sais rien pour l'instant, la porteuse de cette petite merveille, Erica, personnage principal et enquêtrice, en a gardé le secret, la sale égoïste ... et pour votre sagacité émoussée, ben non, je n'ai pas la page où elle l'enfile ( ni le pourcentage), je ne sais pas encore cocher les pages sur la liseuse de fiston.

Il n'y a pas que cette information ( primordiale pourtant) dans ce polar, mais rien que celle-ci valait bien une note, mes investigations suivront ... Mis à part cette histoire de soutien gorge, qui, vous l'aurez compris, a retenu toute mon attention, elle est pas mal ficelée l'autre histoire, la principale, l'enquête, puisque ce n'est pas un catalogue de vente par correspondance, mais un polar. 

La coquette Erica, celle qui enfile le fameux soutien gorge, est écrivaine de biographies romancées de romancières. Célibataire et charmante, serviable et un petit peu fouille partout sans le faire vraiment exprès, elle vient de perdre ses parents, et le temps du deuil, s'est réfugiée dans la maison de son enfance, douillettement placée dans un petit village côtier de l'ouest de la Suède, Fjällbacka, dont elle connait la communauté depuis toujours, et pour cause. Alexandra, une ex-amie d'enfance d'Erica est retrouvée dans sa maison d'enfance à elle, mais moins douillettement lovée puisque congelée dans l'eau de sa baignoire avec les poignets tranchés. Meurtre maquillé en suicide ? Mais oui, bien sûr ....  Erica va alors soulever les secrets, les lourds secrets, comme autant de petits dominos bien sagement alignés dans l'intrigue. Ils se succèdent dans un dévoilement un peu attendu, mais paradoxalement, plutôt reposant. Alexandra (la morte) était une princesse de son vivant (l'histoire ne dit pas si elle aussi portait un soutien gorge à gel, mais, à mon avis, c'est le genre de nana à ne même pas en avoir besoin). Cependant à l'adolescence, elle s'est murée dans une indifférence glaçante à l'amour d'autrui et a subitement disparu de l'horizon d'Erica, qui n'a jamais compris pourquoi, et en garde une certaine blessure. Belle, aimée, riche, Alex adulte tient une galerie d'art où elle expose des tableaux de la bête (un peintre talentueux et un ivrogne crasseux en même temps). Le fil conducteur est donc le meurtre de la belle et la découverte des lourds secrets, cependant, moi, j'ai bien aimé aussi les intrigues et personnages secondaires ( le fameux soutien gorge, quoique discret, y joue d'ailleurs un rôle décisif) : le tout mignon et tout pelucheux ( de "peluche") Patrick, le commissaire incompétent à la chevelure instable, le méchant Lucas et la pauvre Anna (la soeur d'Erica qui a bien des malheurs, et pas de soutien gorge à gel) et surtout, surtout, le vieux Eilert Berg et son évasion programmée de la tyrannie domestique de son affreuse bobonne ( celle là, c'est sûr, même le miraculeux soutien gorge ne peux rien pour elle)

Il s'agit du premier tome d'une série de cinq avec la même enquêtrice et dans le même cadre peinard. Le souci de ce type de série ( comme celle sur l'île de Lewis de Peter May) qui se terre en de minuscules communautés, est de trouver les crimes et les secrets suffisamment nourrissants et sans redondance. Ce qui fait que plutôt que de lire la suite, je me suis mise de côté de la même auteure "Cyanure", qui se déroulerait hors de cette bulle.

30/09/2014

Le phare P.D James

Ma première lecture sur liseuse !!! ( celle de mon fiston, en réalité,  lui, il est re-passé au papier), et je dois le dire, une première tentative mitigée.
Tout d'abord, l'objet fut apprivoisé assez rapidement, je dois le dire fièrement, il s’avère notamment très pratique pour manger en continuant à lire. Manger autre chose que des fraises tagada, je veux dire. J'ai ainsi pu, sans dommage, assouvir une fringale express et irrépressible de tartines de "rillettes Hénaff sur pain italien", alors que l'inspecteur principal (le roman est un policier, de facture classique) se faisait réchauffer un osso bucco. Le pain, c'est ce que j'avais de plus italien chez moi sous la main, et, je peux l'affirmer, la liseuse permet un parfait tartinage de rillettes bretonnes en boite en kit mains libres.

Un truc gênant, mais ce n'est pas la faute de la liseuse, l’affichage des pourcentages. 75% de lu, j'imagine que cela veut dire que c'est bientôt fini ... mais bientôt fini, c'est combien de pages à lire encore ? Bon 25 %, je suppose, mais 25 % de pages sur combien ? Parce que cela fait combien de pages 100 % ? Le livre, vous allez me dire. Mais les pourcentages, moi, ils ne me causent que pendant les soldes : à partir de 50 %, je sais que c'est moitié moins. Fastoche. Mais; là moitié moins de quoi ? Une liseuse, c'est plat et n'affiche pas les prix de départ.

Le principal obstacle, quand même, fut le texte en lui même, d'où mon intérêt croissant pour les pourcentages. Mais qu'il est long, qu'il est long, mais vraiment long ( et je vois la longueur de ma note s'allonger, pas de pourcentages à l'horizon, Hautetfort ne comptabilise pas le nombre d’arrêt en route de la lecture des notes, heureusement pour moi ...). A 47 %, l'inspecteur principal interroge son premier suspect. Dans les 20 % du début, on a eu la présentation de l'inspecteur, de l'inspectrice et du sous inspecteur ( il faudrait que je rouvre la liseuse pour retrouver les noms et les caractéristiques de chacun, et comme je ne sais plus à quels %, ils apparaissent, j'ai la flemme. Disons, un poète, une complexée sociale et un arriviste bel homme mais qui se tient à sa place (pourquoi en dire qu'il est arriviste bel homme, alors ? je ne sais pas, Y'a pas la fonction explication sur la liseuse)

Sur une île au large de l'Angleterre, une mort suspecte nécessite que les trois s'y rendent dare dare, vu que le mort est un écrivain très célèbre. En chemin, on apprend qu'ils font leur sac ( chacun leur tour), ce qu'ils y mettent et pourquoi, qu'ils prennent l’hélicoptère et que l'inspectrice, elle lit pendant le voyage parce qu'elle a un peu peur. On ne sait pas si elle lit sur liseuse, elle. Mais moi en hélico, j'aurais peur aussi, liseuse ou pas ... Surtout qu'elle vient de quitter un amant super top.

L'île a un statut très particulier ; n'y sont reçus que des invités de marque et de marque prestigieuse pour y retrouver calme et sérénité : comprendre, ils sont hébergés dans des cottages en pierre d'où l'on voit la mer, il n'y a pas un seul magasin, ni même une piscine. Les falaises sont battues par les vents, les cheminées fonctionnent, pas de soucis, et le phare est rouge. Normal. 

La paix, le silence, les repas, les bons vins, le bois de chauffage et tout le reste sont fournis par les résidents de l'île, chargés de son administration discrète : le commandant, le médecin, l'infirmière ( sa femme), le marin, la cuisinière, l'intendante, une jeune fille recueillie sur l'île par le marin. Il y a  aussi une invitée à demeure permanente, une intello irascible et son ex-chauffeur (vu que sur l'île, il n'y a pas de voitures, normal) ....On a droit à un portrait pour chacun pareil que les trois autres, sauf qu'ils ne font pas leur sac, mais que certains ont un passé trouble ... Ha, oui, il y a aussi la fille de l'écrivain, et son fiancé, les deux furent exploités par l'écrivain. L'écrivain étant très méchant, personne ne le regrette vraiment. Sauf moi, parce qu'il aurait pu rendre toute cette histoire un plus plus coriace. (on  est a 40%, là)

Voilà, je m'y copieusement ennuyée dans ce texte, comme on l'aura compris, et même, je pense qu'à des moments, mon handicap des pourcentages a contaminé ma logique des phrases. Ainsi, lorsque je lis qu'un homme, retrouvé mort le crâne fracassé sur le sol d'une église, a dû mourir sur place parce que les draps de son lit ne sont pas défaits, je secoue la liseuse pour voir si l'engin n'a pas une fonction boule de neige, ou boule de cristal qui s'est mise sur le mode off, sans prévenir. 

Bref, dernier handicap de la liseuse, elle ne veut pas tourner les pages plus vite, enfin, pas la mienne, elle s'embrouille ...

 

21/09/2014

Travail soigné Pierre Lemaitre

Je me suis dit : "Sors des lectures glauques Athalie, t'as eu ton compte." Je me suis dit, "un bon polar, ça va faire la transition, faut sortir du glauque en douceur". Mais, rien sous la main, sauf le deuxième tome de la trilogie de Lemaitre, "Alex". Or, il se trouve que je n'aime pas commencer une trilogie par le milieu. (ce n'est pas comme les chaussons aux pommes). Puis, un déclic. Une de mes complices de lectures estivales a le sésame, le roman que je sens que je veux lire. Le dernier Peter May, le premier de sa seconde trilogie. Mon homme ayant zappé le bon nom, et me voilà avec le premier de la trilogie de Lemaitre. Là, je me dis, c'est un signe. ( de quoi? mystère  ... ) 

Donc, je ne sais donc toujours pas si le dernier Peter May est glauque ou pas, mais "Travail soigné", je vous le dis, c'est du lourd.

Pierre Lemaître plante son commissaire et sa brigade. Tiens, je me suis encore dit (je me cause beaucoup en ce moment), il fait dans le genre Ed Mac Bain et Fred Vargas, la concurrence va être rude, me suis-je encore gaussée, faisant la difficile qui sait tout et qui a tout vu.

Camille Verhoeven est d'abord caractérisé à grands traits caractéristiques, vu que c'est le commissaire. Camille est donc petit, mais vraiment petit, petit, Camille a une faille d'enfance, une mère adorée, peintre et distante, une mère qui fumait trop et qui n'est plus là pour le regretter, elle lui a laissé comme un goût d'artiste. Mais Camille est aussi un meneur d'homme, d'une équipe d'hommes éclectiques à souhait ; Armand est le tatillon, radin à l'excès, mais qui ne lâche jamais sa proie d'un quart de poil, Maleval, le bien nommé est le vers dans le fruit, fêtard, amateur de jeux d'argent et de femmes, il est le gros bras maillon faible, et Louis est le décalé, l'esthète, le raffiné, le fidèle second au cœur tendre, droit et sensible, tout en intuitions délicates. Et pour finir, la femme de Camille, Irène, la belle Irène, son cadeau de sa vie à lui, rien qu'à lui, fidèle et enceinte jusqu'aux yeux de leur premier fruit de l'amour.

On rentre dans le livre en plein meurtre, du genre sanguinaire délirant : deux corps, deux femmes, une mise en scène élaborée et cinglée, aucun indice, aucun suspect. L’enquête commence, un peu dans tous les sens, normal, vu la scène de crime, puis le savoir-faire de l'auteur aidant, elle prend son rythme de croisière, ainsi que la série des meurtres suivants, dont on découvre qu'ils ont des précédents, et qu'ils auront aussi des suivants, si le commissaire et son équipe ne se torturent pas rapidement les méninges. Rien de bien nouveau dans l'horizon du polar, soit.

Mais l'auteur est un roublard qui connait son polar et petit à petit, chaque scène de crime se révèle avoir un double littéraire et du coup, je me suis prise au jeu, la charpente classique tient le rythme et j'ai fini par ne plus même faire trop attention aux redondances (ben oui, Camille est petit, vraiment petit, Camille rentre tard, trop tard, Louis est gentil, vraiment gentil ...) pour foncer vers la fin, juste terrifiante. Du coup, je vais aller voir la suite, parce que j'aime bien quand les gyrophares sont en retard et que le commissaire reste planté dans son remords. Mais, bon, c'est glauque quand même ...

07/08/2014

Le rocher aux corbeaux Peter Robinson

Où l'on retrouve l'inspecteur Banks,  pépère mais plus beau gosse que Maigret du "Voyeur du Yorshire", toujours marié, intègre, et content de son sort en ce beau pays où il est venu pour fuir la violence londonienne ( sauf qu'il est un peu moins obsédé par l'opéra que dans le premier et que sa descente de pintes de bières prend de la vitesse ...)

Dans un petit village touristique, dans la douce et paisible vallée de Swainsdale, vivait un homme paisible et doux, Harry Steadman, un historien passionné d'archéologie industrielle depuis les Romains jusqu'à nos jours, en gros ... Il avait trouvé en cette vallée sa terre d'élection et travaillait son sujet, financièrement libre, et ayant laissé de côté toute ambition de carrière, passionné par sa recherche intellectuelle et par la pertinence de sa science nouvelle. Harry, c'est simple, tout le monde l'aimait, un historien sans aucune histoire, même pas drôle (le type, il devait être ennuyeux comme une chemises à petits carreaux bleus et blancs, avec des manches courtes, le col fermé jusqu'en haut, le genre "chemisette pour hommes" de chez Damartd vous voyez le truc ? la poussière, elle est déjà grise avant de se déposer dessus.) Comment un type pareil, dans un endroit a-t-il bien pu se retrouver la tête fracassée, le corps abandonné en pleine nuit et en pleine lande ? Diantre de mazette ....

L'inspecteur, de son pas toujours pépère, piétine. Aucun suspect en vue, même en rase campagne. La femme hérite, aussi terne qu'un fond de tapisserie à petites fleurs, mais elle a un alibi solide. Les copains du pub, non, mais aucun mobile, une vague histoire de dispute pour un bout de terrain avec des ruines romaines ... Pas de quoi bouter hors du domaine des vivants un historien placide. Il y a bien la belle Penny, ex-chanteuse de folk du terroir à succès, elle a tout plaqué pour couler ses jours dans son village. Il y a bien un été dix ans avant ...

Bref, un meurtre au pays des bisounours ... un huis-clos champêtre, juste un peu troublé par une adolescente qui croyait en savoir bien plus qu'elle n'aurait dû le croire.

Sur ce deuxième tome, l'action commence quand même un peu trop tardivement pour que l'on aie pas auparavant épuisé d'épuisements vains toutes les possibilités de solutions ... Une légère déception par rapport au premier, il est cependant fort probable que je retrouve un jour le goût (pépère) de cette série, qui a son charme tranquille.

Encore merci V. ! ( et donne-moi des nouvelles d'Angustus, quand tu en auras ...)

08/05/2014

Des noeuds d'acier Sandrine Collette

des noeuds d'acier,sandrine collette,romans,romans français,romans policiersLe noir dans les livres, (seulement, hein ...) J'aime bien, peu me chaut le chaos du monde, je ne déteste point m'y plonger du fin fond de mon canapé.

Et bien là, dubitative et refroidie, je suis, les pieds dans le plaid, je me demande de quoi ça cause, ce que je viens de lire ... Ce que je sais, c'est que je n'y ai point cru à cette histoire qui s'annonçait des plus barbares. 

Un préambule parle de "l'affaire Théo Béranger" en précisant que ce que l'on va ensuite lire est le journal de Théo, écrit après "L'affaire" qui aurait fait la une des journaux, une affaire suante d'horrible. Du coup, j'ai cru que c'était Théo, le tueur, faut dire qu'il en a l'air ... Il s'annonce comme un gros, gros, gros méchant sans remords aucun et encore plein de hargne après 18 mois de prison. Il en sort sans repentir, 18 mois enfermé avec des gros, gros durs, bien pires que lui, qui lui ont cherché des noises, et surtout un qui l'a attaqué à coups de tronçonneuse. Ben oui, Théo faisait partie d'une équipe chargée d'entretenir des espaces verts (je passe ma dubitative moue face à la possibilité que l'administration carcérale confie des tronçonneuses à des condamnés pour leur réhabilitation, d'ailleurs, il le dit lui-même, que c'est une drôle d'idée, (passons, c'est un roman, pas un traité de formation des matons dans les prisons françaises ...). Théo sort de l'enfer.

Il y a survécu, et il est bien décidé à ne rien lâcher. Sa première envie est d'aller rendre visite à sa victime qui s'avère être son propre frère qu'il a balancé par jalousie, par accident, et qui n'est plus qu'un légume bavant que Théo va lorgner et terroriser avec plaisir. Mais la vengeance tourne court et l'ex-taulard doit s'enfuir dans une cavale qui le mène à une fermette qui fait chambre d'hôte et une hôtesse à bigoudis et potager qui lui fait des grosses tartines pour ses casse croûtes de randonneur. Marcher pour tenter de retrouver un nouveau souffle. Soit. J'attends toujours le drame .... qui arrive sous la forme inattendue d'un pépé tout cassé et de son frère pas mieux, qui vont réussir à séquestrer le Théo dans leur cave pour en faire leur chien, leur esclave à tout faire dans la ferme, par ailleurs fort délabrée.

Le chien d'avant, Luc, est toujours enfermé dans la cave, dans un sale état faut dire, il a l'os du tibia qui lui sort du tibia.Huit ans qu'il est réduit à satisfaire les vieux pour survivre et il donne le mode d'emploi à Théo ; il faut obéir, travailler, sans espoir, plaire aux tortionnaires. Soit. Cela aurait pu être un huis clos fébrile et tendu, mais, voilà, je n'y ai pas cru. C'est bête cette rengaine prosaïque qui nuisait à mon adhésion : comment deux vieux pas en forme peuvent arriver à tenir en laisse un homme depuis huit ans sans que rien ne se voit, puis un autre, arrivé là dans la pleine force de l'âge ( sans compter la métamorphose de l’hôtesse en bigoudis en Messaline incestueuse ...)? Bon, d'accord, Luc et Théo ont des chaines aux pieds et les vieux pointent un fusil ... Mais c'est quoi le but ? d'enchaîner les sévices et les explications de l'impuissance ? A force répéter que la situation est incroyable, le récit pointe le mal du doigt, si même le narrateur peine à croire à la crédibilité de sa situation fictive, comment moi, pauvre lectrice, puis je y adhérer ?

Un nouveau genre annonce le quatrième de couverture, le "captivity thriller", pas convaincue par ce cauchemar  ...

14/04/2014

Les liens du sang Thomas H. Cook

les liens du sang, Thomas H. Cook, romans, romans policiers, romans américainsTout ce que l’on sait au départ, c’est qu’un certain David est en prison. Et que ce David, ma foi, a l’air, un peu comme tout le monde, normal et donc angoissé de se retrouver là. Mais si lui sait pourquoi, pas nous. Ce que l’on sait aussi, c’est que le sang a coulé ; lequel ? De qui ? Si lui le sait, il ne le dit pas (évidemment). Et ce que l’on sait enfin, c’est que le sang a déjà coulé et qui cela commence à faire beaucoup. La structure est donc classique pour un polar, il y a un passif, plus  un crime, et on va nous donner les éléments au fur et à mesure et en alternance ; la confession de David à l’inspecteur Pétrie, assis devant lui, genre Bouddha qui prend des notes, et ce qui est confessé, en partant du départ et en louvoyant quand même un peu pour qu’on ne devine pas trop vite ( Moi, je n’ai rien deviné, mais je ne suis pas un critère, dans les polars, ce que j’aime, c’est l’attente, pas la solution.)

On découvre quand même rapidement l’arrière plan du drame non-dit. David est un petit avocat d’une petite ville de province, sans ambition, marié, une fille bien sous tout rapport, une sœur, Diana, celle par qui le drame arrive. Non seulement David n’a rien d’extraordinaire, mais en plus, il en est profondément convaincu. . Il faut dire que lorsque les dernières paroles que vous avez entendues de la bouche de votre père ont été ; « Tu n’es que poussière pour moi », on peut comprendre que l’estime de soi en prenne un coup. Surtout qu’avant celles-là, ce n’est pas d’affection que David a été nourri mais de livres et de folie. Le Vieux, le père, n’était que haine, il dressait des listes des noms de ses ennemis, les tapait à la machine, les hurlait dans la maison, voire au dehors, passait des coups de fils rageurs, vociférant sa paranoïa à coup de citations livresques. Ambiance de peu d’enfance.

La grande sœur de David, Diana, était meilleure que lui en citations, elle en connaissait des pages et des pages et c’était elle qui calmait le vieux, à coup de récitations, jusque la nuit de sa mort ... Après la mort du vieux fou, Diana s’est mariée à un jeune chercheur très scientifique et très prometteur et Diana a mis Jason au monde. Sauf que Jason n’était pas vraiment un enfant comme les autres, la folie du Vieux avait coulé dans ses veines, version pacifiste, mais quand même ... Et Jason est mort. Un accident dit le tribunal ( pas d’inquiétude, je suis toujours sur le premier chapitre ...), mais pas Diana.

Et Diana dérape ... ou pas ? Elle cherche des pistes, trouve rapidement un coupable, dirige ses foudres vers lui et Diana sait y faire, question foudre. Elle fouille dans des meurtres ancestraux, se trouve une alliée dans la gentille fille-fille de David. David dérape, qui protéger ? Quels liens du sang coulent dans les veines ? Qui sait de qui la folie guette-elle la raison ?

C’est marqué thriller. C’en est un. De bonne facture, de ceux dont ne peut rien, rien dire, ce qui fait ma foi, une note courte pour une fois !!!

16/03/2014

Le duel Arnaldur Indridason

Arnaldur indridason, le duel, romans, romans policiers, série policière, roman islandeJe commence à me demander pourquoi, je persiste, moi … un brin de masochisme, un soupçon de nostalgie pour un auteur beaucoup apprécié ? mais de moins en moins convaincue. Le dernier paru, "Le livre du roi", m’avait déçue, l’avant dernier, bof, celui d’avant pas mieux. Bref, je crois que depuis "Betty", ma  foi, je manque d’enthousiasme pour Indridason.

Le duel ne m’a donc pas plus palpitée que cela. On sait que le rythme est peu trépidant chez Indridason, c’est le type polar du froid qui prend son temps, aime partir d’un rien, juste un meurtre genre fait divers, et construire autour un puzzle au goût d’inachevé parfois. On sait aussi, que depuis un moment, l’auteur s’amuse à faire apparaître-disparaître, son personnage récurent, l’inspecteur déprimé Erlendur. Après les descendants, ses adjoints, la fine cuisinière  Elinborg et Sigurdur Oli ( dans « La muraille de lave »), Elinbrog toute seule dans « La rivière noire », voici l’ascendante, sa mentore à lui, que l’on connaissait jusqu’ici, vieillissante, à la retraite, et bien malade (je me demande même si l’auteur ne l’a fait mourir quelque part …), Marion Brien. On passe de l’après Erlendur ( quoique, un retour s’esquisse dans « Etranges rivages ») à l’avant Erlendur  ( qui apparaît quand même dans les dernières lignes, un messager à la déjà triste figure)

La première pièce du puzzle est, cette fois encore,  une figure anonyme attachante, un jeune homme, Ragnar, un peu naïf et totalement inoffensif, un fondu de cinéma, si fondu qu’il enregistre les bandes son des films sur son magnétophone à cassette ( on est dans les années 70.) Ragnar est retrouvé poignardé dans une salle obscure, à la fin d’une séance. Le cartable a disparu avec le magnéto et personne n’a rien vu, lors de cette banale séance de 5.00 à la salle à moitié vide. Personne, enfin si, en fait, quasiment  chacun a vu un bout de quelque chose ; une belle femme et son amant, un clochard aviné, une bouteille de rhum … Marion va relier les bouts de mégots et les demi mensonges en se jouant des ragots médiatiques pour arriver à tout remettre à la bonne place.

Ce qui m’avait motivée pour ce dernier né de la série (même à l’envers, ça fait une série …) était l’arrière plan du duel, le championnat du monde d’échec entre les deux balèzes du jeu, venu chacun de son côté du rideau de fer, sur la terre d’Islande comme point stratégique de la géo-politique en pleine guerre froide et enjeux économique de la pêche aux harengs (ou à la morue, je ne sais plus …). J’aimais bien l’idée que l’histoire glaciaire fasse frotti-frotta  avec un polar du nord.  Ma curiosité a été émoussée. En réalité, le duel reste en arrière plan, on se demande même ce qu’il fait là, finalement (mis à part pour faire un quota d’étrangers présents en Islande, et donc autant de suspects potentiels …), comme un jeu de pions accessoire. Bon, c’est relié quand même, l’auteur sait y faire …

Autre fil de dessous, l’histoire de l’enfance de Marion, qui a eu la tuberculose et a été soignée, et, dans un sanatorium, elle a fait la rencontre de sa vie …  Liée à une grande famille qui ne voulait pas d’elle, c’est le chauffeur, Athanasius, qui l’a prise sous son aile, et voilà que, sans rapport aucun, la belle histoire d’amour connaît ici une fin … ça fait comme un cheveu dans une soupe au vermicelle. Une lecture bien tiède, donc.

11/02/2014

Au lieu dit du Noir Etang H. Cook

au lieu dit du noir etang,henry cook,romans,romans policiers,pépitesLa petite ville de Chatham en Nouvelle Angleterre a été secouée il y a des années par un sombre drame, un procès, celui d’une trop belle jeune femme venue d’ailleurs et sans doute mal taillée pour la vie restreinte qui lui a été offerte là. Melle Channing a été jugée sous les cris de haine, coupable, mais de quoi ? On ne sait trop ce qui est vraiment arrivé, ce qu’il leur est arrivé à elle, à monsieur Reed, à sa femme, sa fille. Qui a tué qui ? Qui est mort ? Ce que l’on sait, c’est que le narrateur, Henry, alors adolescent au début des années cinquante, rêvant d’ailleurs, et maintenant retraité solitaire installé là, dans les mêmes rues quasi immobiles, n’y est pas pour rien. Mais pour quelque chose jusqu’où ?

Le roman est tout entier construit et tendu sur cette incertitude balancée tristement entre deux temps. Il nous mène en bateau jusqu’au bout. Qui était vraiment Melle Channing ? une tueuse au sang froid, une amoureuse passionnée, une artiste de l’âme torturée, une victime d’un mensonge, d’un songe ? Et puis comment elle, si solaire, si attirante, pour l’Henry adolescent a-t-elle pu si follement aimer le triste monsieur Need ? Deux solitudes se sont croisées, deux âmes pantelantes se sont reconnues et ont croisé leur bras sans qu’on ne le voit.

Melle Channig vient d’Afrique. Elle a bourlingué dans l’Europe des hauts lieux culturels, elle connaît des choses que Chatham ne soupçonne même pas. Libre penseur, son père l’a élevée dans ses principes, très, trop ? libres. Sans argent après sa mort, une vague connaissance l’envoie dans la petite ville, mal taillée pour la recevoir. Elle tente de s’y fondre en acceptant le poste, spécialement créé pour elle à l’école de Milton, de professeur d’arts plastiques. Une innovation révolutionnaire pour cette école de garçon où les principes vertueux sont l’œuvre du père d’Henry, sa création, sa raison de vivre. Un homme tranquille qui avait un rêve à sa mesure. L’objet amoureux, monsieur Need est le professeur de littérature de cette même école, des mêmes garçons. A l’étroit comme elle dans cette peau de chagrin de la vie. Sauf qu’avant elle, il ne semblait pas le savoir, pas vraiment. Quelle révélation de lui a-t-elle faite ? peut-être dans l’entre deux rives de l’étang qui sépare leur deux maisons, lui d’un côté avec femme et enfant, et elle de l’autre, avec ses dessins d’ailleurs.

Henry doit sa connaissance des faits à son intimité avec elle. D’abord forcé par son si respectable père que l’ado l’en méprise, puis comme par une étoile noire attiré.

Ce que l’on sait, aussi, c’est que le procès fut la fin du rêve de Henry père et peut-être de Henry fils. Pour le reste, on ne peut rien en dire, il faut lire ce va-et-vient entre le temps qui fut et celui qui a fui. Petit à petit, se soulève une partie du mystère, et pourtant tout dit est depuis le début, l’opacité est au cœur de ce roman, pas policier, vraiment, et où le « noir du crime » prend des accents romantiques et sensuels quasi à la Jane Eyre ( j’en rajoute un peu quand même ...).

Une vraie bonne lecture, une découverte pour moi d’un auteur à suivre, rencontré chez Margotte

04/12/2013

Les apparences Gillian Flynn

les apparences,gillian flynn,romans,romans policiers,romans américains,pépitesJe ne sais pas si vous avez vu, mais la robe, sur la couverture, révèle à la lumière d'une lampe de chevet, la nuit, un reflet argenté du plus bel effet, en apparence ...

En apparence aussi, Nick est très méchant et Amy est très gentille. Ammy est parfaite dans sa quête du mari parfait, indulgente et magnanime, alors que Nick s'emmêle les pattes dans ses petits mensonges qui deviendront grand et pouraient l'avaler tout cru si ... Il faut dire qu'ils ne sont pas dans le même espace temps. Les chapitres alternent le journal d'Amy, qui commence le 8 janvier 2005. Transportée d'amour, elle y annonce : "J'ai rencontré un garçon !" Amy est riche, née unique de parents prents qui s'aiment toujours d'amour tendre, des parents qui ont écrit pour elle ( contre elle ?) une série à succès mettant en scène une petite fille modèle qui résout tous les problèmes de sa vie parfaite avec un parfait bon sens moral. Bre, son double, en mieux. Ammy "la vraie" est une new-yorkaise pourrie gâtée mais qui le sait, et cela ne gêne pas. Tout le monde connait la Amy de papier, mais celle de chair est évidemment, plus, complexe, disons.

 Nick vient de la middle-middle classe, voire sous middle, ses parents ne sont pas parfait, mais il a un double lui aussi, sa soeur. Qui ne résout pas tous les problèmes avec un solide bon sens, lui non plus d'ailleurs. Nick semble être un brave petit gars, qui est tombé dans les bras de la parfaite Amy "en vrai" et tout roule.

Mais de mois en mois, Nick devient trouble, Nick ment, Nick s'échappe, Nick reproche, Nick par çi, Nick par là. Là commence le récit de Nick, le jour de leur cinquième anniversaire de mariage et le jour où Amy a disparu de la nouvelle maison, pas celle le nid d'amour de New-York, non, l'autre, la moche, celle de leur nouvelle vie d'anciens tourtereaux. En cinq ans, la façade de la perfection s'est sacrément lézardée. Nick a perdu son travail, Amy aussi, et une grande partie de sa richesse. Les parents de Nick mal en point et les voilà se coinçant dans le Misssouri, dans la ville natale de Nick, en fin de vie économique, la ville, et en pleine décomposition, comme ce couple. Tout est laid et sordide, tout couve dans la marmitte. Mais qui dit vrai ? Qui est la vraie Amy, celle d'Amy ou celle de Nick ? Qui est le vrai Nick ? La brave gars un peu paumé ou le salaud qui ne veut pas faire mususe avec sa gentille femme ? ( qu'est-ce qu'elle m'a énervée la Amy avec sa chasse au trésor rituelle pour chaque anniversaire de mariage et homard à la clef. Heureusement, mon homme est comme moi, il ne les compte pas, ça fait vieillir, ceci dit, je n'aurais rien contre un homard, à bon lecteur de mes notes par dessus mon épaule, salut ...)

Pas moyen donc de ne pas dévorer à toute vitesse ces vraies-fausses et fausses vraies confidences, ces sous entendu de demi vérités qui peuvent se retourner dans l'autre sens comme toute bonne claque qui ne se perd pas. Car ceci n'est qu'un aperçu de la première partie ... Et il y en a deux. Evidemment. A chacun sa chance : Nick ou Amy ?  La petite fille modèle ou la méchante Sophie ?

A lire aussi de la même auteure : "Les lieux sombres", j'ai aussi lu ( mais un peu moins apprécié) : "Sur ma peau"

09/11/2013

Le dernier lapon Olivier Truc

le dernier lapon,olivier truc,romans,romans policiers,romans français,les tombés à plat.Un polar ethno, ethno du bout du monde, froid, le bout du monde, je n'ai rien contre, le côté, découverte d'une civilisation minoritaire et en danger de disparation pour cause de politique identitaire limite fasciste et de gros méchants loups économiques qui veulent manger la dite civilisation, à priori, je suis pour. Surtout si on me promet tout cela sur rythme trépidant d'une enquête policière menée par un homme et une femme, lui moins jeune et un peu usé par la vie, mais pas trop et surtout pas alcoolique (ouf, ça nous change ...), et elle, jeune émoulue de l'école. Il pourrait y avoir du frottis-frotta sous une tente laponne ....

Sauf que, je ne sais pas ce qui m'est arrivé, j'ai dépassé ma limite de neige autorisée, je me suis vautrée dans les congères de l'intrigue, je me suis gourée d'aurore boréale, j'ai planté le scooter des neiges dans une hutte à lapon, bref, je ne sais pas, mais je me suis bloquée sur un détail à la noix .... la répétition du temps d'ensoleillement, enfin, du temps de jour, au début de chaque chapitre. Bon, faut dire que je m'ennuyais un peu aussi ... A chaque début de chapitre, du coup, je me disais "Bon, ça fait un peu plus, mais c'est pas beaucoup quand même". Reflexion idiote dans un polar, où normalement on recherche le nom de l'assassin. Ben, pas moi. Bloquée sur mon truc idiot. En plus, cela n'a aucune incidence sur le déroulement de l'enquête, à croire que rechercher la vérité avec ou sans jour, c'est pareil. Ce que je veux bien croire, mais alors, pour quoi le temps de jour, il est indiqué ? (j'ai prévenu, c'est complétement idiot comme fixette ...)

Je me suis donc égarée dans le grand nord et attendu que l'expédition, les rennes, les lapons, les explorateurs sans scrupules, les éléveurs à l'ancienne, à la moderne, les tambours, les grands sachem, le méchant enquêteur et le gentil, tout le monde se calme et descendent de scooter pour faire pareil. Par contre ( et c'est toujours aussi idiot), mais si quelqu'un peut me dire à quoi correspond le premier chapitre, je suis preneuse. Pas réussi à resituer cette histoire de lapon poursuivi et de bucher dans l'histoire du tambour, moi ... Ce ne peut pas être Mattis ( il n'a pas été brulé, ou alors je n'ai rien compris), ni le père de Klemmet (? si ? mais pourquoi il n'en dirait rien alors ?) celui d' Aslak, là, je suis sûre de moi. Celui de Mattis alors ... J'ai sûrement loupé un truc, parce que ce n'est pas la faute du bouquin, il se lit même plutôt bien, c'est de l'honnête polar ethno.

Ce n'est pas très grave comme problème ceci dit, le livre peut commencer au deuxième chapitre, finalement, mais alors pourquoi Olivier truc a écrit le premier, l'est pas idiot l'auteur, c'est donc moi ! Je n'aime pas me sentir comme un renne égaré. Même si moi, j'ai gardé mes deux oreilles de chaque côté de ma tête, ce qui est déjà pas mal vu les moeurs locales.

21/07/2013

L'indien blanc Craig Johnson

l'indien blanc,craig johnson,romans,séries policières,romans policiers,romans américainsTroisième tome des aventures de Walt Longmire, le shériff préféré d'un certain nombre de lectrices, dont moi, il s'annonçait moins nature writing, centré sur un drame se déroulant en dehors du petit comté d'Absoraka, Wyoming, où sévit d'habitude le super héros, souvent cabossé, et sa bande de bras cassés. Après deux scènes loufoques et décalées, Walt commençant sa campagne de réélection par une séance de lecture calamiteuse auprès d' enfants que "La belle au bois dormant" laissent parfaitement de marbre, puis une intervention de Walt, toujours, en pompier d'un couple en plein duel au soleil, il part pour Philadelphie, rendre visite à sa fille, Cody, "la plus grande juriste de tous les temps".

Henry conduit le shériff à destination avec le chien, toujours sans nom et sans laisse. L'indien blanc, ce n'est pas lui, lui, il est toujours indien-indien et va installer son expo de photos, celles qui ont été triées dans l'épisode précédent, comme quoi, mine de rien, les choses avancent dans cette série.

Walt en papa pépère en vacances, pourquoi pas ... Papa poule inquiet pour sa grande fifille qui semble s' être fiancée avec un certain Davon, ce qui ne lui plait guère d'office, par principe, et en plus d'être le fiancé potentiel de sa Cody d'amour, le Davon est allergique aux chiens. La rencontre s'annonce mal. Et moi, le Davon, tout de suite, je ne l'ai pas senti non plus, mais évidemment, pas pour les mêmes raisons, c'est juste que Davon, je l'ai associé à une savonette à cause d'une certaine marque de cosmétique. Impossible de me défaire de l'image d'un truc blanc qui mousse et glisse sous la douche. Il s'avérera d'ailleurs que je n'avais pas tout à fait tort.

Evidemment, rien ne se passera comme prévu. Walt va bien retrouver sa fille mais directement à l'hôpital, sans passer par la case retrouvailles, elle est dans le coma justement à cause du gars Davon, qui lavait bien des trucs, mais des trucs pas clairs. Evidemment, le papa shériff va se lancer à la poursuite dudit gars, puis de d'autres, responsables collatéraux. Il aura évidemment toujours, son compte de gnons, donnés et recus, plutôt reçus d'ailleurs, de pansements, d'entorses en tout genre, de courses poursuites, à pieds, en voitures et à cheval ( au sens propre !), avant de finir, lessivé mais vainqueur, à bout des méchants. 

Côté coeur, c'est aussi la course entre la mère de Vic ( ben oui, elle habite à Philadelphie ...), un piège à embrouilles, et Vic elle même, un autre piège à embrouilles, mais cela, on le savait déjà : une rivalité entre deux sourires de louves et Walt, cette fois-ci, ne s'enfuira pas tout à fait assez vite des appâts tendus.

L'histoire policière, heu ... un jeune intello qui a viré indien, un jeu de piste dans la ville, un truc comme cela, je crois .... finalement, l'intrigue amoureuse est la moins tordue. C'est dire. Comment Walt arrive au bout de l'écheveau tout en veillant sa fille chérie ? ben, c'est à cela qu'on reconnait les super héros ! ( Henry fait homme médecine, il faut le dire, et panneau conducteur aussi)

Un tome un peu en dessous des deux premiers, j'ai trouvé, l'enquête ne tenant que peu la route, mais pas question d'abandonner Walt Longmire pour un embouteillage narratif subsidiaire ...

 

22/06/2013

La patrouille de l'aube Don Winslow

windan-sunset.jpgAprès la baffe énorme de  " La griffe du chien"j'avais bien envie de retâter des biceps de cet auteur, et puis un bon petit polar ne fait jamais de mal à sa bergère revenue (ravie) du marathon de la relecture "Retour à la terre" ...

Donc, armée de lunettes de soleil fictives, je suis partie pour la Californie, San Diego, spots de rêve, Beach Boy, sea sex and sun, avec l'enthousiasme de la néophite. Le surf pas en bandouillère quand même, j'ai horreur des combi qui collent. J'ai aussi horreur des lexiques, or là, il y en a un au début, un lexique des termes de surf + des termes hawaÏens de surf et autres. J'ai horreur des lexiques, tant à la fin qu'au début d'ailleurs, j'ai horreur d'avoir à consulter dix fois le sens du même mot pour le confondre avec un autre de toute façon dix lignes après. Ainsi, sans vouloir savoir ce qu'est un guns ni un pachero, je me suis lancée à l'assaut de la marée montante.

A vrai dire, je suis descendue très vite de la vague et failli jeter le wax à la baille.

La patrouille de l'aube est constituée d'une bande d'amis soudés à la vie à la mort et dont le passe temps favori est d'être assis sur une planche dans l'eau en clapautant des banalités de la vie, à savoir si l'ordre des priorités de l'existence est de manger un taco ou de mater une Betty. Sans compter que le narrateur nous les présente un à un ( un par chapitre), genre défilé de mode à la sauce club des cinqs ...

Sunny : la seule fille, blonde étincelante, surdouée en surf mais condamnée à attendre la vague de sa vie pour devenir autre chose que serveuse dans un rade de surfeurs machos (pléonasme ?)

Dave : le sauveteur de la plage, grand et bronzé, surnommé " le dieu de l'amour", parce qu'il est beau et qu'il drague toutes les Betty de la plage ( ben ouais !)

Jonny : le flic honnête de service, surnommé "Bonzaï", d'origine japonaise ( ben ouais, "bonzaï", ça vient de "bonze", non ?)

Et le héros, Boone, meurtri par la vie, ex-meilleur petit ami de Sunny, détective privé à l'apparence nonchalante mais à l'efficacité aussi tranchante qu' attachante ( forcément) ...

Comme la patrouille est amie pour la vie, je passe les autres, ce sont tous des bras droits du héros, il n'y a pas de pieds gauches.

Boone, for ever, est fils de surfeurs, donc surfeur, for ever. Boone ne connait que la plage, for ever aussi, tant qu' à faire, la plage, le poisson qu'on grille dessus à la fraîche, dans la lueur du soleil couchant ( non, l'histoire ne dit pas ce que l'on fait des combis collantes de sable qui grattent par en-dessous). Mais, attention, Boone n'est que cela, non non non, ce serait trop facile ... Ex flic, lourdé pour une faute qu'il n'avait pas commise, rongé par le remords d'une petite fille morte et le fantôme d'un pédophile, il est devenu détective privé, super, super, super efficace sous sa couche de bronzage nonchalant. Faut pas croire, Boone cache super bien son jeu, il lit aussi !

Arrive Petra, (non, ce n'est pas la fin, c'est juste le début de l'histoire, après les présentations des personnages et je fais super long parce qu'il n'y a pas de raison) une avocate arriviste, brune et pâle, une sorte de vampire froid et aveugle aux  mérites de Boone, qui les lui cache super bien ( mais bon, on sait comment ça se termine le coup de la belle vamp dégoûtée par le balourd de la plage ...). Petra embauche Boone pour retrouver ( tenez vous bien, la phrase va être super longue) une streap-tiseuse qui doit témoigner lors d'un procès à charge contre son ex-petit ami qui aurait monté une arnaque à l'assurance, le problème étant que le procès est le lendemain et que la stripteause a disparu, mais le lendemain, c'est aussi le jour de l'arrivée d'une houle historique sur la côte, et du triomphe annoncé de super Sunny.

Une super journée pour tout faire : l'intrigue ne tient pas debout, même pas sur un pied, et encore moins un pied lesté d'une planche de surf. Mais c'est drôlement bien, d'abord parce que cela va à toute vitesse et que l'on a peine le temps de se rendre compte que c'est n'importe quoi, ensuite parce que c'est n'importe quoi très bien fait, ( mine de rien on apprend plein de trucs sur l'urbanisme de San Diego, à priori, je m'en fiche de l'urbanisme de san Diego, ben, là, non ...) enfin, parce que les super héros, c'est drôlement bien en technicolor, que, mine de rien les super copains, c'est super chouette, et que les super méchants vicelards et fourbes, j'adore.

 

 

 

30/04/2013

La griffe du chien Don Winslow

Le pavé est rude à avaler, 827 pages de réalités socio-politiques sans concession, une plongée en apnée dans les doubles jeux des USA et les narcotrafiquants sud-américains. A priori, pas vraiment pour moi, à la limite du docu-fiction, me disais-je, lestée par le poids du dit-pavé, plombée dès le premier chapitre par un bain de sang hyper réaliste, le coeur presque déjà au bord de l'écoeurement.

Le héros, si tant est qu'il puisse ainsi être dénommé, est Art. Ancien du Vietnam, il a déjà envoyé des hommes à la mort, les mains sales des opérations de nettoyage, il connaît. Métis, moitié américain, moitié mexicain, il pensait être du bon côté en s'engageant dans la lutte contre les narcos. Il pensait avoir un certain pouvoir, il va commencer par se faire rouler dans la farine. Il appartient à la DEA ( une sorte d'administration officielle chargé de s'occuper des méchants mexicains qui inondent les gentils USA de la "boue mexicaine"), et trouve sa hiérarchie bien peu efficace et timorée dans cette guerre larvée. Ce pourquoi il conclut en douce une sorte d'alliance avec Tio Barrera, membre éminent de la police mexicaine en façade, aussi vérolé qu'un canon à poudre en réalité. Croyant mettre fin à la culture du pavot, Art collabore à une gigantesque opération de destruction massive des champs cultivés (et aussi des personnes qui cultivaient, mais bon, là, c'est accessoire pour tout le monde ...) et croyant ainsi berner ses supérieurs qu'il trouve trop lymphatiques et hypocrites ( officiellement, il a été décrété que la "boue mexicaine" n'existe pas, que la police mexicaine s'en occupe de toute façon, et que donc, il n'y a pas de traffic, ni de "narcos"), Art ne fait rien que moins que de contribuer à la naissance d'un cartel, " La fédération", machine à inonder le marché de la drogue, encore plus puissante, efficace et redoutable que la précédente.

Les territoires de production vont être définis, famille Barrera en tête, Tio, El patron, Raul l'exécuteur, Adam, le comptable. Art va devenir seul contre tous, "le seigneur de la frontière" et mener sa propre guerre, sa vengeance, les deux ayant les mêmes visages, visages multiples et identiques du côté du Bien et du côté du Mal, ceux des mécanismes sanglants des pouvoirs politiques aux commandes. Plus rien d'humain là dedans.

La lecture est insoutenable et impossible à lâcher : c'est un roman excessif pour une réalité excessive qui vous saute à la gorge, explose par l'intensité de ce qui est démontré, l'Amérique Centrale comme un vaste terrain pour cynismes sans limites : les narcos vivent dans de vastes demeures, roulent dans les belles voitures, à ciel ouvert, tout est bon pour garder le pouvoir d'un côté, pour se voiler la face de l'autre. C'est un jeu de massacres où le Bien et le Mal ont les mêmes armes, où ils se combinent et s'entrelacent. C'est un jeu de poursuites sans aucune morale et d'intérêts où qui perd est mort et qui a gagné est mort aussi.

Art seul contre tous, cela est un peu gros, soit, d'autres figures passent et tiennent le romanesque : Nora, la call-girl au presque grand coeur, Callan, le tueur au sang froid mais yeux de biche, un prêtre humaniste, des exécuteurs qui avalent des pêches .... mais toujours le fil est sa guerre, sans répits. Et quand vous pensez en avoir assez lu, assez vu, assez compris, assez d'assister à des exécutions, des tirs en rafale qui laissent flotter les corps comme des objets de pacotille, et bien, ça recommence ... pour que la drogue se répande dans les veines rouillées des acros, et l'argent dans les poches de ceux qui se les remplissent.

Ce roman grouillant, pesant, tonitruant, je l'ai avalé, écoeurée, vidée, dégoûtée, révoltée, j'ai avalé jusqu'à la moindre balle tirée, jusqu'au moindre crâne éclaté, la moindre gorge tranchée, corps découpés. Je ne sais pas si je regarderai un reportage sur ce même sujet avec le même oeil écarquillé d'horreur, tant je me suis dit qu'il n'y avait que la littérature pour vous exposer à la figure la vérité avec une telle puissance de frappe.

Un grand merci à Ingannmic, qui a eu l'initiative de cette lecture commune, (et à Jean Marc qui en est à l'origine), lecture d'un indispensable coup de poing à côté de laquelle, du coup, la vision d'Ellory dans Les anonymes ou Vendetta, parait presque angélique ....

Gridou rejoint le choeur des louanges, à qui le tour ?