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18/11/2012

Ombre et soleil Ake Edwardson

ombre et soleil,ake edwardson,romans,romans suédois,romans policiersAlors, pour celui-là, ce n'est pas comme pour "Le septième fils", j'ai vraiment regretté d'avoir pris la série en route ( c'est le troisième, si j'ai bien compris). Le premier, c'est "Danse avec l'ange", le titre que j'avais noté sur mon-petit-carnet-qui-ne-me-quitte-pas-ou-presque sauf que le livre n'était pas sur les étagères devant lesquelles j'étais et que comme j'avais une fringale de polar, j'ai pris le dessert avant l'amuse gueule.

Ceci dit, ce n'est pas vraiment gênant pour la compréhension de l'histoire, même si l'on sent que les personnages ont déjà du vécu ensemble. Du coup, j'aurais préféré les cueillir encore tout frais et sans histoire : le beau Winter et son allure de Dandy, sa dulcinée d'Angéla avant qu'elle ne soit enceinte, j'aurais aimé les prémisses, quoi ...

Nous sommes donc dans une série, un série que je sens bien "chausson", du genre Ed Mac Bain ou John Harvey, dont on reprend sans faim mais avec appétit. On a une ville, une brigade, un tueur, des équipes qui patrouillent et quadrillent. Sauf qu'au début, le chef n'est pas là, Winter a dû partir pour Malaga, son père s'y meurt. Dans la banlieue espagnole pour Suédois en retraite, Winter s'observe avec quelques détours plus exotiques dans la vieille ville. Ce qui n'a rien à voir avec la suite policière, mais un peu avec la suite sentimentale.

Pendant qu'il déambule, il retrouve sa mère, puis arrive sa soeur, retardée par une grippe. Evidemment, dit comme cela, on ne transpire pas trop nous, mais on s'installe en famille et dans un confort de lecture certain.

En Suède, les choses tranaillent aussi, les équipes rôdent dans les rues de l'avant an 2000 en ayant à l'oeil la jeunesse suédoise qui y vadrouille, dont une fille de pasteur (e) et son ami, attachant fils d'alcoolique avant de devenir témoin numéro un d'un meurtre sonorisé et macabre à souhait. Les choses s'accélèrent un peu au retour de Winter, alourdi quand même par sa future maternité, sans compter que le téléphone traque Angéla et que le tueur semble bien plus proche qu'on ne le souhaiterait ...

Une intrigue un peu convenue et balisée, mais je sens que je vais rapidement récidiver ...

 

Athalie

09/11/2012

Le septième fils Arni Thorarinsson

le septième fils,arni thorarinsson,romans,romans islandais,romans policiers"AhhhAhhhAhhh",AhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh", comment dit-on baillements en islandais ?

A peu près au milieu de la lecture en survol de plus en plus plané de cette lecture , je me suis dit "Tiens je vais prendre celle-là en note". Vu que, pour une fois, je lisais près d'un stylo, je l'ai fait. Le narrateur-journaliste mène l'enquête et en même temps, il pense à des choses essentielles, comme les rapports hommes-femmes, ce qui donne : " Tandis que je rentre à l'hôtel dans l'air froid et tranquille, une phrase d'Agatha Christie me revient en mémoire : un archéologue est le meilleur des époux que puisse trouver une femme : plus elle avance en âge, plus il s'interresse à elle".

Je me suspecte moi-même ne n'avoir poursuivi que pour en trouver d'autres, des comme celle-là. Plus loin encore : " Mon appel de ce matin l'a déconcertée, mais grâce à ma dextérité et et la souplesse naturelle qui me caractérise dans les échanges humains, elle m' autorisé à passer la voir (...)" On pourrait se dire que c'est de l'autodérision, ben non. Parce que notre narrateur, il est cultivé, faut pas croire. Ainsi : " Ainsi, le temps a suspendu son vol numérique pendant que la maison brûlait" ou encore " La vue qui s'offre (...) sur le rivage et sur le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle" ou alors le traducteur s'ennuyait autant que moi, je compatis ... Faut dire que des fois l'action est palpitante : " Des filets de pluie s'écoulent le long de la vitre. j'attrape un morceau d'essuie-tout pour éponger l'eau qui a goutté par terre". Ouf, j'avais eu peur ... Il se serait passé un truc que j'aurais loupé pendant les trois ou quatre derniers chapitres ? Heureusement, non. Faut dire qu'il ne se passe pas grand chose, mais qu'est-ce qu'il en cause, le gars ....

Une maison incendiée, une vieille, historique, dans le fin fond de l'Islande, un camping car volé à des touristes lithuaniens dont on peut,évidemment, se demander ce qu'il font là, trois adolescents gothiques, une commissaire revêche qui fait de la poèsie, un brigadier chef plus réactionnaire qu'alccolique, des avions qui passent leur temps à ne pas décoller, et donc notre journaliste-enquêteur-narrateur, plus une palanquée de personnages qui n'ont pas vraiment d'utilité utile à une intrigue plate à n'en plus pouvoir d'attendre qu'elle se termine ....

Sur la couverture, il est marqué "l'autre islandais", je préfère l'autre.

 

Athalie

 

 

08/10/2012

Nature morte Louise Penny

imagesCAKRTUHM.jpgJ'étais plantée devant mon étagère des "pas encore lus", cherchant un bouquin léger à me mettre sous la couette, un livre demandant quelques neurones mais pas trop quand même, genre qui coule sans faire trop d'histoires, fraises tagada sans trop de crème glacée à l'intérieur. Pas du Oates, quoi. Et Sandor Marais me faisait de l'oeil, mais je n'avais pas envie de gâcher. "Nature morte", donc,  Louise Penny, donc. Je ne sais plus où je l'ai déniché celui-là, un nom qui me disait quelque chose, un jour où j'avais oublié mon carnet de "pile prévue" et que j'ai dû voir sur un étal de " auteure féminin à série à succès". A moins que je n'ai fait un gloubibalga entre Louise Penny, Anne Perçin et Anne Perry. Trois auteures que je n'ai jamais lues, mon blog s'en souviendrait.

Quelques neurones plus tard, me voilà dans un village québécois de carte postale, "Three Pines", avec presque dans l'ordre d'apparition le couple d'homosexuels réfugiés là pour être loin du monde perfide des hommes, des vrais (je blague là !), respectivement amateur d'antiquité et fin cuisinier, hôtes charmants du café tiré à quatre épingles et du confortable hôtel (le seul d'ailleurs) du coin. Et là je ne blague pas, il y a même un moment où le fin cuisinier apparaît ceint d'un sain tabler ... Dans la même presque première scène, on a le reste de la bande : un couple d'artistes peintres, qui font plutôt dans l'abstrait, elle Clara, est très intuitive, et lui, Peter, très renfermé, Ben le gentil garçon un peu poussé en graine quand même, et un peu castré par sa maman, mais depuis qu'elle est morte, il va mieux, et surtout Jane Neal, l'institutrice à la retraite, aimée de tous et de toutes (oserai-je vous dire qu'elle est aussi charmante que vieille fille ? ben oui, faut tout oser quand on a commencé !). doit avoir lieu la sélection des oeuvres pour le prix de peinture local et séïsme de l'amitié, Jane propose au jury pour la première une des oeuvres de sa composition. Jusque là, elle les a si bien cachées qu'on pourrait croire qu'elle en a honte.Je commençais à espérer une grosse cochonnerie (je sais, j'ai mauvais esprit), mais point du tout, c'était juste l'évocation d'un "Jour de foire" dans le village. Ce qui a l'air pour certains membres du jury, d'être une grosse cochonnerie. Ou un chef-d'oeuvre ? Le jury est en émoi. Surtout que le lendemain, la gentille Jane est retrouvée morte dans les bois.

Peut-on assassiner une vieille femme respectable, peintre de croutes à énigmes, membre respectable de l'association des femmes anglicanes, sans être un dangeureux prédateur aux mobiles obscurs et inavouables ? C'est que va devoir découvrir l'inspecteur Gamache, fin observateur de ce petit monde, notamment en restant assis sur un banc au petit matin, mastiquant le croissant frais du fin cuisinier.

Bon, je mets le point final à mes neurones, parce qu'ils ont eu ce qu'ils ont cherché et que ce livre à un mérite, il a un certain exotisme ( quebecois ? point d'interrogation, car je n'y connais rien en littérature québécoise, mais je me renseigne via http://ray-pedoussaut.fr/) et il se laisse lire, et c'est parfois tout ce que l'on peut demander.

 

Athalie

 

21/08/2012

Parti tôt, pris mon chien Kate Atkinson

imagesCAU7FSC3.jpgQui se révèle être, plus ou moins, la suite de "La souris bleue", où du moins, l'on retrouve Jackson, un Jackson qui "regrette dieu" mais égal à lui même, après la tornade Julia, après l'ouragan Tessa, avec un petit garçon en pointillé, mais sans sa fille, ado rebelle devenue ( ce dont on pouvait se douter ...) Un Jackson presque mystique, donc, qui vogue d'abbayes anglaises en abbayes anglaises avec une seule vague enquête sur le feu : découvrir les origines d'Hope Mac Master, née en Angleterre, de parents qui vont se révéler inconnus, adoptée par un couple charmant et menant sa vie en Nouvelle Zélande, une cliente à points d'exclamation et une recherche en suspension. Evidemment, c'est une enquête prétexte à autre chose, prétexte à prendre des routes de campagne, à s'arrêter en chemin. D'autres chemins de traverse ne croisent pas forcément tout de suite les circonvolutions du détective privé en quasi retraite. En forme d'impasse, la route de Tilly, vieille actrice qui finit sa petite carrière dans un roman à succès ( sans qu'elle y soit pour quoi que ce soit), sa mémoire file à vaut-l'eau, mais elle garde l'image d'une petite fille, dans un centre commercial, qui semblait bien avoir besoin d'aide, elle aussi. En forme d'autoroute aléatoire, la route de Stacy. Retraitée de la police, sorte de dragon redouté et efficace, hommasse au coeur tendre, elle garde, elle, le souvenir d'un appartement où un enfant a survécu auprès du corps de sa mère assassinée.. Alors quand elle croise le visage morveux d'une petite fille, rendue presque demeurée par son futur destin pas trop beau, et bien, elle l'achète à sa pute de mère, même pas très cher. Jackson, lui, pendant ce temps là, sauve un chien, ce qui n'est pas pareil évidemment, mais quand même un peu dans le roman, où avoir charge d'âme vous fait basculer les personnages dans l'humanité fragile. Ce qui n'avance en rien l'enquête de Jackson, bien sûr. C'est du Atkinson, quoi ... Mais un Atkinson qui traîne un peu en longueur, surtout au début, le temps de remettre en place tout le passé de Jackson. Même en version courte, quand on le connait déjà, on a envie de passer à la suite. La construction narrative est également un peu moins efficace que dans "La souris bleue", on se croirait parfois dans une carte du GR, mais des viaducs pour passer d'une route à l'autre. Cependant, à lire parce qu'il y a des pages d'une tendresse pointilliste pour une petite fille qui tient sa baguette magique solidement, aussi solidement que Tracy sa bouée de sauvetage miniature.

Athalie

Autre note sur un autre roman de la même auteure sur ce même blog :

Dans les coulisses du musée

 

19/07/2012

Allmen et les libellules Martin Suter

imagesCAE6C2MW.jpgIl n'y a pas que les pavés compassés, il n'y a pas que les histoires glauques menées à un train d'enfer, il y a aussi les plans plan-plan, légers et courts, catégorie à laquel appartient ce policier atypique ( dans mes lectures à moi, mais pas que ...). Dans ce premier tome de ce qui commence à être une série (le second vient de sortir), on passe plus de temps à découvrir le décor, suisse, et les caractériques du personnage, suisse aussi, Allmen donc, qu'à suivre son enquête. D'ailleurs, d'enquête, on ne peut pas dire qu'il y en ai vraiment une, c'est plutôt une suite de tuiles, qui mises bout à bout font un bien agréable passe-temps.

Allmen a été riche, collectionneur de bon goût, voyageur de curiosités, dandy. Allmen est ruiné mais garde de son faste beaucoup de séduisants vestiges.

Allmen n'a pas d'argent, mais il fait (très bien) semblant d'en avoir beaucoup. Ce qu'il a en trop, c'est des dettes. Pour y échapper, il n'ouvre pas son courrier, ce qui est une tactique qui a ses limites.

Allmen a beaucoup, beaucoup, beaucoup de chance, trop pour être honnête, ce qu'il n'est donc pas.

Allmen n'est pourtant pas érotique. La seule conqûete qu'il va subir n'est pas vraiment à la hauteur de ses goûts raffinés.

Allmen vit dans la maison du gardien de ce qui fut sa propriété. La serre y est devenue son salon, il peut y jouer du piano ou contempler ses rayonnages. Allmen est un grand lecteur.

Allmen est un homme d'habitudes : il fait une sieste tous les après-midi, et quand il se résoud à voler quelque chose, c'est toujours la même chose.

Allmen est protégé par un domestique, Carlos, clandestin et bénévole, sans conteste le meilleur cireur de chaussures du monde mais très, très cachotier et très peu loquace.

Et l'intrigue ? Une histoire de libellules pas en toc dont Allmen et Carlos se sortent très bien, en attendant leur prochaine aventure.

Athalie

PS : friandise qui a sauté dans mon escarcelle grâce à

http://voyelleetconsonne.blogspot.fr/2011/06/une-enquetre...

 

06/07/2012

Bleu catacombes Gilda Piersanti

bleu catacombes,gilda piersanti,romans,romans policiersUn petit polar bien énervant et frustrant.

J'aurais dû m'en douter parce que cela a commencé dès le moment du choix devant les rayonnages. Je savais qu'il s'agissait d'une série de quatre romans, formant un cycle saisonnier ( "Les saisons meurtrières"), mais je voulais le premier, or pas moyen de savoir lequel l'était. Chaque titre comportant une couleur, je me suis dit bêtement que la couleur était symbolique de la saison. Donc, j'ai procédé logiquement (pour moi) : "Rouge abattoir" ? le rouge, c'est l'été, donc pas le premier. " Vert Palatino", le vert, c'est le printemps, donc pas le premier. Que je sache, l'année débute par l'hiver, même si on apprend à réciter les saisons à partir du printemps à l'école, ce qui n'est pas logique. (mais bon, c'est peut-être parce l'année scolaire commence en automne qu'après, c'est tout chamboulé, allez savoir ...). Le "Jaune ..." n'était pas là, mais je me suis dit que c'est n'était sûrement pas le premier, parce jaune, c'est proche de l'orange, et que donc, c'est l'automne. Donc, j'ai pris "Bleu catacombes", un peu par déduction, comme je viens de l'expliquer quelque peu longuement, et aussi parce que les catacombes, c'est la mort, le bleu celui des glaciers (très logique avec les catacombes), et donc l'hiver et donc le premier et enfin parce qu'il fallait bien que je me décide. Ben non, c'est le troisième de la série et c'est le printemps. (le bleu du ciel, sans doute ?)

Rome, le printemps, des têtes coupées en série, une escapade à Venise, un fond d'histoire de l'art (Judith et Holopherne, Arthémisia ...), un soupçon d'histoire romaine, le tout shaké bien malsain, il y avait tout pour me plaire.

Sauf que :

  • On connait les coupables dès le premier chapitre et les coupables sont des femmes fatales au charme envoutant.
  • Le récit s'attarde sur la description détaillée des sous-vêtements de l'enquêtrice avant leur lavage. Vu qu'elle ne veut pas les laver chez son nouvel amant qu'elle aime et qui l'aime ...
  • Que le commissaire a une otite et que son fils a disparu depuis longtemps (en Inde, je crois), que sa femme est malade depuis et que l'enquêtrice, c'est comme sa deuxième famille, parce que la première, elle n'est pas terrible.
  • Le petit copain de l'enquêtrice, il est historien d'art et sa collaboratrice lesbienne, ce qui ne change rien à leurs rapports ni à l'absence d'enquête (mais pas à l'absence d'enquêtrice, on ne voit qu'elle !)
  • Les concierges raisonnent en flic et les flics en concierge.
  • Les victimes sont aussi transparentes qu'un glacis sur une fresque du quatrocento ( ce qui ne veut rien dire, mais c'est exprès)

Pour conclure, des ingrédients savoureux noyés dans une sauce insipide.

Athalie

La note que j'aurais dû lire avant :

http://echappees-livres.blogspot.fr/2012/04/bleu-catacomb...

29/05/2012

La muraille de lave Indridason

imagesCAC52HOL.jpgSigurdur Oli, j'ai mis un moment à le resituer. Il fait partie de l'équipe d'Erlendur, soit mais où ? à droite au fond, sûrement, derrière la plante verte, petit falôt formé à des méthodes américaines, ce coup-ci, c'est lui qui mène l'enquête. Les enquêtes, en fait, enfin enquêtes, c'est un bien grand mot et menées aussi. Le dépressif principal est parti en vacances on ne sait où et ne donne pas de nouvelles, comme dans le dernier du même auteur, La rivière noire où c'était Elinborg qui s'y était collée. Sauf que elle au moins, elle était toujours pressée, surbookée, les courses, les enfants qui posent problème, elle s'endormait en zappant devant la télé et tout et tout. Normale. Alors que Sigurdur Oli, c'est le genre belvédère qui a perdu son gaz, il a égaré sa femme sans s'en rendre compte, ne boit pas, ne fume pas, regarde des matchs de sports pas islandais comme d'autres regardent les vaches regarder passer les trains. D'où des enquêtes à sa mesure.

D'abord, sa mère veut qu'il retrouve l' infâme voleur qui pique le journal d'une de ses amies vieillissantes, de droite, comme elle, tous les dimanches matins. Il se met en planque, et râte l'infâme. Ce pourrait être drôle, ça ne l'est pas.  Mais notre sobre enquêteur n'a pas qu'une mère snob et vaguement castratrice, il a aussi  (ben oui) des amis, dont un qui va lui demander de régler "à l'amiable" une affaire de chantage bricolée par des amateurs pour le compte d'une vague connaisance de l'autre qui ne veut pas que ses partouzes nuisent à sa carrière politique. Ce que l'on peut comprendre, en soit, mais c'est long à écrire et en fait, ne mène pas à grand chose. Sigurdur s'en mêle donc, se prend les pieds dans le tapis de sa hiérarchie et de fausses pistes en vrais leurres, confond tout sauf les coupables : accuse un mari, et finit de perdre sa femme ( ce que l'on comprend  ...) . Quand on arrive enfin dans les hautes sphères du pouvoir financier, dont les vrais coupables attendent l'explosion, ben, c'est tellement loin du point de départ, la collusion d'intérêt, le blanchiment d'argent sale, les taux d'intérêt factices et tout le tremblement des geysers artificiels, qu'on y croit plus vraiment. Sauf à une sorte de hasard qui nous a amené là. On monte quand même jusqu'à la montagne de lave, mais uniquement parce que c'est trop tard pour faire demi tour.

Les recherches tâtonnées de Sigurdur Oli s'entrecoisent avec le récit de la vengeance pathétique du "petit Drési" sur le salaud qui a fait de lui une épave, peut-être le meilleur du roman, mais les deux fils sont mal raccrochés et ça balotte.

Bref, la figure de l'enquêteur alcoolique et fatigué est peut-être lassante à force de redites ( voir Ellory Les anges de New-York) mais alors celle de l'enquêteur et propre sur lui et sans compassion et presque sans faille est lisse comme des pages où il ne se passe pas grand chose ...

Athalie

20/04/2012

L'île des chasseurs d'oiseaux Peter May

Gugas_at_Port_of_Ness.jpgFin est écossais, et policier. Il voudrait bien être autre chose, ingénieur en informatique par exemple, mais pour l'instant, non. Comme il vient perdre son fils de huit ans, il est plutôt mal en point, son couple avec Mona bat de l'aile et lui aussi. Juste avant ce drame personnel, il y avait le professionnel : un meurtre avec pendaison et éventration post mortem. Fin vit à Edimbourg mais vient de l'île de Lewis, qu'il a fui dix-huit auparavant, il va devoir y retrouner parce qu'un meurtre similaire au premier vient d'y être commis, une île sombre comme sa mémoire, comme échappatoire imposée à sa douleur intime, une cautère sur une aile de bois .... Pas vraiment chargé de l'enquête, pas vraiment de retour non plus, entre deux, il retrouve, suit des fils, des trames qui se dispersent dans la brume, des vieux copains qui se trainent des souvenirs pas en meilleur état que les "black house" qui se délitent face à la mer, et le souvenirs font des trous à l'âme.

C'est un policier pluvieux et venteux, avec un enquêteur à qui il arrive plus de tuiles en une vie qu'un toit écossais puisse en perdre pendant une tempête, sans compter qu'on y glisse beaucoup, des toits, des falaises, des illusions, dans ce roman. 

L'île de Lewis est un drôle de monde, à l'écart des siècles, avec ses croyances qui vacillent mais plombent quand même sacrément l'atmosphère. Fin y a vécu, d'abord dans une maison repeinte en violet parce que son père avait dégotté sur la plage un énorme baril de peinture, comme un naufrageur des temps d'avant, quand la fureur des tempêtes était aidée par les feux que la pauvreté des hommes allumait sur les rives. Puis, la première tuile est tombée.

D'autres relents des temps anciens taraudent encore, surtout une, celle de la chasse aux bébés oiseaux des albatros, les gugas. Une fois par an, douze hommes de Lewis partent pour ce rite initiatique et fondateur : pas moyen d'y échapper. Quinze jours en autarcie sur un rocher pour massacrer des oiseaux sur un îlot rocheux qui pue et qui glisse, pour ramener sur la terre ferme ce met de choix, qui sera savouré sans savoir, délicate chair en bouche, ce qu'il en coûte vraiment. C'est un peu comme la lectrice de polar, en fait, qui s'en délecte les babines, des tuiles de Fin.

La cruauté de la lectrice n'a d'égal que celle des amatueurs de tourbe brûlée. ( dicton dictée par une faute de faute, et complètement idiot, j'assume)

 

Athalie

PS : merci A.B. encore un conseil qu'Ark vAdor aurait  gardé pour elle (lui ?)

12/04/2012

La souris bleue Kate Atkinson

la souris bleue kate atkinson,roman anglaisMon homme vient de le commencer, et il me dit, "ça commence, bien, La souris bleue", un bain de sang ! Moi "Ah tu es au troisième antécédent ?" Lui : "Non, au deuxième". Il a raison. J'avais oublié les bains de sang. C'est parce qu'ils sont en sourdine, giglant mais en sourdine, comme une douleur qui ne jaillirait pas vraiment, du moins dans l'écriture qui tournicote autour.

La souris bleue est le nom du doudou d'Olivia, une peluche rapée et un poil fatiguée d'avoir été tortillée, un doudou normal. Olivia est la soeur cadette d'une famille de quatre filles, c'est elle la parfaite, la mignonne, l'attachante, la seule aimée, la future victime, la disparue depuis trente ans, un soir d'été, de la tente surchauffée dans le jardin, elle n'est jamais revenue. Fille de Victor et Rosemary ; Victor, pas vraiment un père, une ombre de grand mathématicien et un pauvre type, Rosemary, une mère déjà lassée de l'être à force de l'être trop souvent et de l'avoir été trop tôt. Les trois autres soeurs ont survécu. Premier antécédent.

Deuxième antécédent ; Théo et Laura. Théo, le père en mère poule bien ronde, et Laura, sa fille préférée et parfaite. Un hasard ou deux et le sang gicle.

Troisième antécédent ; Michelle, Keith et le bébé qui pleure, les heures de sommeil qui se grapillent, le temps pour soi contre le temps de la perfection, sauf que l'exaspération rode et la hache flotte par là.

Ouais, mon homme a raison, ça a l'air grave, finalement.

Fin des antécédents ; arrive Jackson, il est détective privé, enfin plutôt vaguement quand même, parce qu'il a surtout mal aux dents et recommencé à fumer. Avant, il avait une femme, une maitresse femme depuis  reconvertie en femme d'intérieur, mais avec un autre, et il a lui aussi une fille : huit ans, elle lui claque le coeur comme une petite bombe qu'elle menace d'être. Lui aussi, il a un antécédent, le numéro quatre, mais on ne le saura que quand les fils des autres seront emmélés les uns dans les autres, sans que l'on ai vu vraiment comment. Pas grave.

Jackson rêve d'une retraite dorée dans un pays de cocagne où la baguette pousserait sur les placettes à pétanque. Sans rire. En attendant, il n'a qu'une enquête sur le feu, et elle ne brûle pas, ni ne fait bouillir la marmite : une hôtesse de l'air bonâsse soupçonnée d'infidélité par son mari idolâtre alors qu'elle passe son temps à tondre sa pelouse, faire des courses et la gueule. Il la suit d'ennui, clopes au bec. Une vieille aux chats lui fait faire quelques premiers détours : toquée fasciste persuadée qu'on ne lui vole que ses félins négros.

De fil en pas d'aiguilles, de suiveur pépére en séducteur malgré lui, de détours en méandres, Jackson va arriver au bout du labyrinthe ; et nous avec, accrochés aux fils de ses virages, circonvolutions, têtes à queues improbables et illusoires romanesques, on s'accroche à la lenteur d'enquêtes qui n'en sont même pas. Enfin, pas des vraies, sauf que c'est juste à savoir comment les pères aiment leur filles, que deviennent les filles disparues (ou pas) dans la tête des autres, ceux qui restent à compter leur âge, trouver, retrouver leur visage et que sont les pères devenus.

C'est drôle et triste comme une souris bleue au fond d'un tiroir, comme une vieille fille qui va à l'enterrement de son père en collants rouges, comme une comédienne ratée mais super sexy.

Une histoire de gâteau en chocolat avec de la crème anglaise dessus et un couteau à l'intérieur. Un vrai régal.

Athalie

 

 

 

 

 

 

01/04/2012

Code 1879 Dan Waddel

image_sorties_id34.jpgBon, il faut que je me dépêche de le noter celui-là, avant qu'il ne disparaisse de ma mémoire, vu que j'ai déjà un peu perdu le fil. Heureusement, y'en a pas deux.

Le fil : en gros, une série de meurtres qui se rattachent rapidement les uns aux autres, comme des petits clips qui se clipsent en faisant "hops, c'est là que je suis, moi". Sur les corps, il y a des codes à décrypter (ça ce fait super vite en plus, dès le premier "et hops, voilà ça de fait !"), et voilà le généalogiste qui passait par là embauché pour sonder le passé. Ben oui, parce qu'il y a aussi une mise en scène des corps et des "modes préparatoires" qui laisse penser, que la série est une redite, que la pièce a déjà été jouée une fois, avec une autre série de corps, dans un Londres plus brumeux, celui des bas-fonds de l'ère victorienne. Tout ça pour dire qu'on peut tous avoir un cadavre logé dans le placard du passé et qu'il faut faire gaffe quand la porte s'ouvre.

Les personnages, l'inspecteur, le généalogiste et l'inspectrice sont juste à point, comme il faut, retournés sur les deux côtés, pas trop saignants et avec tous un petit "poids" sur la conscience : le père tant aimé, une étudiante un peu trop aimée, et l'inspectrice on ne sait pas trop encore, mais comme il semblerait que ce soit le premier d'une série, on sent bien qu'elle va se taper l'incruste chez le génénéalogiste et peut-être même mettre un peu d'ordre dans le tiroir des tire-bouchon.

Dans la narration, il n'y a pas de tiroirs (juste un petit placard à la fin) donc, y a qu'à suivre l'enquête en double, si l'on veut, avec cinq meurtres commis dans le passé brumeux et donc cinq qui vont l'être aujourd'hui, avec indices concordants et course contre la montre pour le dernier. Du balisé.

Moi j'aurais bien aimé un peu plus de victorien à la Jack l'éventreur, avec du relent bien malsain et des miasmes bien putrides. Mais, bon, quand y'a pas, y'a pas.

Un roman à réserver à un après-midi dans un transat, une soirée sous la couette, selon saison ou degré de frilosité.

Athalie

En illustration, une spéciale dédicace en forme de blind test pour Anonymous.

23/12/2011

Traquer les ombres John Harvey

imagesCAS788FS.jpgIl y a tout ce que l'on peut apprécier (ou pas ..) d'un bon vieux polar à atmosphère comme on peut les aimer (ou pas ...) dans ce John Harvey-là. Soit on aime et on se coule dedans comme on enfile des chaussons, les deux pieds biens à plats, tranquilles .... soit on n'aime pas et alors on reprend ses talons aiguilles pour faire de la haute voltige en parachute. Ce qui fait que moi, j'aime bien les chaussons.

Deux enquêteurs dans une ville moyenne, plutôt bourgeoise, en Angleterre ... avant l'ère de la clef USB, sinon, il y aurait deux trois trucs qui ne tiendraient pas dans l'intrigue (il y en a d'autres d'ailleurs, pas mal, mais ce n'est pas très grave, les chaussons peuvent être troués, il n'en restent pas moins confortables). Les deux enquêteurs, confrontés à un meurtre violent, pratiquement sans indices et sans mobile, évidemment, vont dérouler la pelote en faisant un pas en avant et un pas en arrière. Lui, Will, est un jeune père de famille, quelque peu débordé et légèrement rétrograde, mais sympathique ; elle, Helen, femme seule et pas dérangée de l'être, l'alter égo efficace mais point sans vie personnelle quelque peu complexe, ce qui nous fait  "couple littéraire" gentillement formaté. La victime est Stephen, jeune universitaire fondu de cinéma, retrouvé assassiné dans sa douche au milieu d'une maison dévastée. Seulement voilà, il est homosexuel et il avait un amant. Lisses comme des sous neufs, les gars : unis depuis trois ans, intégrés, sans bavures.  Il y a juste que Stephen tentait de faire la biographie d'une ancienne star du cinéma, Stella Léonard, et qu'il venait d'éconduire l'amant, qui avait du mal à s'en remettre. Le lien entre les deux ? Ben, comme dit, ça se tricote. Ou pas.

Du coup, si je n'avais pas d'autres propositions alléchantes à me mettre sous les lunettes, je serais bien retournée faire un tour du côté du bon vieux "cycle de Charles Resnick" (l'enquêteur de Coeurs solitaires, Scalpel, Lumière froide, Proie facile etc et dans le désordre), histoire de retrouver tranquillement un terrain connu et balisé ...

Athalie

21/05/2011

L'armée furieuse Fred Vargas

papillons-autres-animaux-knokke-belgique-1737024189-588304.jpgJe ne vais pas au cinéma, parce que je lis le dernier Vargas ....

Où l'on se demande quelle peut être la composition chimique des crottes de pigeon, où les visions tuent mais pas les trains, où on atteint le niveau 2 en mots de croisés, mais vraiment à la fin, ne croyez pas y parvenir avant, trop facile, où la mie de pain est perfide, comme les lacets d'une paire de baskets, sans parler des costumes à rayures, où les pigeons se civilisent, ce qui peut être inquiétant, (rassurez-vous, le chat est toujours sur sa photocopieuse et Danglard aime toujours le vin blanc ), où les cloportes deviennent des araignées à moins que ce ne soient des crevettes de terre... qui sait ! Adamberg se met à jouer du portable, mais les vaches restent immobiles alors que le sanglier est courant, et le que temps se couvre à l'ouest.

Pourquoi à l'ouest, ça on ne sait pas. Ce qui est sûr, c'est que la chouette est un oiseau, ce qui est quand même rassurant.

Un excellent Vargas, dont on peut rien dire (sinon que si le nom du coupable est donné sur ce blog, ce ne sera pas par moi ...). Juste que quand la boîte à sucre se referme (avec un élastique autour), ben mince, la boîte à histoire aussi.

Athalie

12/03/2011

La rivière noire Indridason

9782864247586.jpgBon, puisque personne ne s'y colle, je m'y mets.

Il est sorti sans crier gare, celui-là.

Il fut un temps où le dernier Indridason mettait notre petit groupe de lectrices en émoi : "Il est sorti", "Oui, je sais, je suis passé le prendre à la Fnac, hier ..", "Mince, j'ai pas le temps cette semaine, j'irai samedi, de toute façon, j'aurai pas le temps de le lire cette semaine.Il est bien ?", "Je ne sais pas, j'ai pas eu le temps de le commencer, et de toute façon, je n'aurais pas le temps cette semaine non plus". Mais, bon, y'en avait une qui l'avait, c'était déjà ça.

Ca avait commencé à "Etonnants voyageurs", une fois de plus ... avec la copine A.B., on flanait dans les rayons, pas vu grand chose encore (Boyden était-il là cette année là ?), voire rien, on traîne entre les piles de livres, histoire de bien se remettre dans l'imaginaire : "tu l'as lu celui-là" "Ah, oui, génial !" et celui-là ?" "Non, connais pas", "Comment tu connais pas ? mais comment t'as fait, il est excellent ! Ben, parce que je suis la dernière bécasse à qui t'en cause ... ( Il faudra qu'on cause d'Euréka street, d'ailleurs). Bref, un libraire qui avait compris qu'on aimait le "rouge qui tâche" nous a conseillé Indridason, on est reparties avec La cité des jarres et La femme en vert, et après ça, c' était parti, on attendait le dernier et après, on a fait comme une tâche d'huile ...

Donc, je passais il y a une quinzaine et quelque dans un des super marchés de bouquins rennais, et je le vois, surprise mais pas d'hésitation, je tends le bras, je l'attrape, le cale avec les autres achetés pour le boulot et hop, passage à la caisse. Y'avait pas assez de monde pour que j'ai le temps de lire le quatrième, je l'ai lu dans le bus. Tiens, pas de Erlendur dans celui-là ... ? (je dois encore écorcher le nom, mais y'a bien quelqu'un qui me rectifiera ...) Pas grave.

Donc, vacances, donc temps de le lire. Et bien, c'est bien de se couler dans les chaussons islandais. Tout y est comme d'hab, c'est lent, l'enquête se traine, les rencontres sont improbables : ah ! la dame des ondes qui a vu un boiteux passer ... tout se trame sans que l'on sache comment on va arriver à la fin, des fois, on se demande si il va finir par en avoir une, de fin. C'est une société étrange qui se montre, d'infinies solitudes, de noirs secrets, une si petite société où l'on peut recenser les malades d'une épidémie de polio et aller les interroger un par un, puis si grande qu'il faille prendre l'avion pour vérifier une simple intuition ... c'est ça qui m'a plu en fait, une forme d'exotisme du froid.

Athalie