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26/02/2013

Montserrat Emmanuel Roblès

imagesCAXBKIP6.jpgBon, il va falloir que tu t'y mettes à cette note ...

Pas sûre, pas obligée, non plus.

Faut l'enlever de A. actualité, parce que cela fait un moment que cette lecture, elle ne l'est plus d'actualité...Faut laisser la place : y'a "L'homme de Lewis" qui piaffe, derrière.

Piaffe, piaffe homme de Lewis, tu en chériras encore plus la mer ... (sic !!!)

Pas idée non plus de te mettre à lire du théâtre. Le théâtre, ça se regarde et ça s'écoute. A la lecture, ça perd, à moins d'imaginer, et du coup, la lecture se fait polyphonie virtuelle.

Mais c'est bien le virtuel, ce serait comme un blog où t'entendrait les voix.

Montserrat ou la polyphonie pas corse, en somme, et Athalie en Jeanne d'Arc.

Sous-titre : comment lire du théâtre ?

En allant le voir.

Sous-titre : se mettre quand même à raconter l'histoire au lieu de bavasser.

Montserrat est un officier espagnol, appartenant l'armée despotique qui massacre ceux qui s'opposent à elle dans un pays qui est dit être le Vénézula, en 1812. Mais ce pourrait être ailleurs, à d'autres moments.  Il connait la cachette de Bolivar, un des chefs de l'armée des patriotes qui porte comme il peut l'étendard mal en point de la liberté à conquérir. Bolivar, caché, malade, en fuite, il n'est pas sûr qu'il puisse encore se battre.

Pourtant Montserrat le protège. Si il parle, Bolivar ne s'en sortira pas, la liberté non plus. Si il ne parle pas, il reste peut-être un espoir....

Montserrat est dans les mains de ce dilemne et surtaout dans celles de Izquierdo, cynique massacreur d'hommes, violeurs de femme, et tortureur avisé de consciences.

Six otages sont face à Montserrat, piochés dans la rue par Izquierdo, piochés dans le peuple pour lequel Montserrat doit les sacrifier, six individus qui n'ont rien demandé à la grande cause, et surtout pas à mourir pour elle, en tout cas, pas là ni maintenant : Ricardo, 20 ans, Eléna, 18 ans, la mère 30 ans, dont les deux enfants sont restés seuls et qui vont mourir sans elle, le comédien, qui a joué les héros sur scène, le potier qui a beaucoup d'enfants, le marchand, qui a une si belle femme. Si Montserrat parle, ils sont libres, si Montserrat ne parle pas, ils seront excécutés.

Un par un, ils vont plaider leur cause, ou accepter leur mort. Parfois Montserrat doute. Nous aussi : l'odieux Izquierdo sachant parfaitement mettre à jour l'intime qui fait mouche : sont-ils dignes de cette liberté, du sacrifice de Montserrat ? Ne sont-ils que des pions remplaçables, négligeables par rapport à la grandeur de la Cause  ? Que pèse le poids de l'individuel face à l'abstraction de la notion de liberté collective, surtout quand on est mort, et que la liberté n'est même pas certaine.

La responsabilité individuelle face à l'inertie collective : un texte qui résonne. Même à lire seulement.

 

Athalie

 

Athalie

 

 

28/07/2012

Une maison de poupée Ibsen

ibsen,une maison de poupée,théâtreActe scène 1 : je survole la PAL de Ingannmic, quand une subite envie me prend, et si je lui proposais une "lecture commune", je ne sais pas trop en quoi cela consiste, mais ça a l'air rigolo. Je me lance, elle m'explique ; on décide, et toc ! relire Ibsen, "Une maison de poupée" : voilà qui va me sortir de mes sentiers du moment, du théâtre, du classique, une LC ...

Acte II scène 2 : me voilà devant mes étagères, je veux en ressortir Ibsen pour me le mettre sous le nez. Mes étagères (de livres) sont très bien rangées, (Pérec oblige, par genre, ordre alphabétique et chronologique en même temps, voire collections quand je peux, c'est compliqué, mais je m'y retrouve très bien normalement). I, I, I, pas d'Ibsen ... La lumière se fait, je réalise qu'en fait, je n'ai jamais lu "Une maison de poupée". J'avais confondu avec "Mademoiselle Julie" de Strinberg, dont je n'ai un souvenir si vague que je me demande comment j'ai pu mélanger une pièce que je n'ai jamais lue avec une autre dont je ne me souviens pas ...

Intermède : je vais donc acheter le bon bouquin et en profite pour faire main basse sur d'autres tentations dont "Vivre" de Yu Hua, l'auteur de "Brothers", excellentissime roman, découvert justement sur le blog de Ingannmic. Je me dis que c'est un signe. Tout va bien se passer.

 La scène se situe dans un jardin, une femme est assise sur un fauteuil à fleurs, elle tient "Une maison de poupée" à la main et semble concentrée. Un homme s'approche.

L'homme : j'ai fait les courses, je t'ai acheté un truc que tu adores : des fraises tagada ( du lait concentré nestlé, des palourdes, des escargots farcis ...)

La femme : c'est gentil, mon oiseau des îles, j'espère que tu n'as pas trop dépensé quand même ... Retourne dans ta cuisine, je dois rester un peu seule dans le bureau, j'ai à faire ma note pour ma lecture commune avec Ingannmic.

La transmutation spatio-temporelle s'était accomplie, j'étais dans la maison de poupée d' Ibsen, avec juste une légère inversion des rôles ... Parce que le Helmer, c'est comme cela qu'il lui cause, à sa Nora d'amour (en mieux écrit, évidemment). C'est simple, on a envie de lui filer des baffes, de lui mordre les bajoues, de lui arracher sa suffisance. Nora, c'est l'alouette, lui c'est le corbeau.

Je résume : le jour de Noël, Nora revient avec ses achats, des surprises et du plaisir pour son mari (le corbeau), ses enfants, un peu pour elle (des macarons, auxquels elle n'a pas le droit, normalement. Pourquoi ? Je ne sais pas trop mais c'est Helmer qui le dit, alors ...). Elle est tout guillerette, même un peu trop fofolle, femme-enfant gâtée, mais soit ... Helmer sort de son bureau (ben oui, c'est un homme, il travaille, lui !), lui rappelle qu'elle doit être raisonnable . Soumise, Nora cache ses macarons, et se plie. Pourtant, Helmer vient d'obtenir un nouveau poste, avantageux financièrement, c'est le début d'une nouvelle vie pour Nora, elle voudrait savourer le bonheur, la légèreté. Helmer n'a pas d'ailes, elle, un peu trop (on est parfois même à la limite de l'hystérie, il ne doit pas être facile à jouer, ce rôle). Ce rapport marital planté, se met en place le moteur de l'action, l'argent. Pas l'amour, soyons bien d'accord. Nora s'est endettée, a menti, a triché pour sauver, en cachette, la vie du corbeau (son mari). Et voilà que son usurier a besoin d'elle pour garder son emploi, elle doit convaincre Helmer de le garder, sinon, il dit tout et si il dit tout, Nora perd tout (même si je me dis que perdre un étau pareil ne serait pas vraiment une perte ...). Les rouages s'enclenchent, Nora s'affole et déploie toutes ses belles plumes pour que le mari n'arrive pas à la boîte aux lettres. En vain. Dévoilée, la vérité l'envoie vers la vérité, la sienne, enfin conquise.

Epilogue : je me renseigne sur Ibsen, la société qu'il décrit,dans laquelle il a écrit, la condition de la femme dans cette société, car si l'écriture m'a paru datée, le revirement final peu plausible, les personnages caricaturaux, j'ai vraiment aimé me retrouver à m'interroger sur ce que cette pièce pouvait avoir comme arrière fond : un féminisme problématique, une vie étouffée, cloisonnée à ce qui se fait, aux normes sociales acceptables. Une lecture critique, partagée avec plaisir de découvrir un monde loin du nôtre par certains aspects concrets, mais pas forcément idéologiques. Certes, une femme peut aujourd'hui avoir un compte en banque, mais un compte en banque empêche-t-il de s'enfermer dans les conventions imposées ? Pas si sûre. Pas sûre du tout en fait.

Athalie

Ma première lecture commune (surprise-partie ...), l'avis de Ingannmic est ici :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2012/07/une-maison-de...

 

 

18/02/2012

The Fucking Iron Lady (Phyllida Lloyd)

 

iron lady,la dame de fer,phyllida llooyd,meryl strepJ'aurais préféré écrire un petit mot sur un bouquin ou un film que j'ai aimé. En général, les gens qui grognent me gonflent, mais là, désolé, je ne peux pas me retenir. Ces derniers temps on a loué - souvent avec raison, comme "The Queen" de Frears- les auteurs ou réalisateurs qui s'attaquent à l'histoire contemporaine et propose une vision bien sûr subjective mais souvent éclairante d'évènements ou de personnages qui ont marqué ces dernière décennies. Avec La Dame de Fer, on atteint le degré zéro du biopic fait à la hâte, sans aucune mise en perspective et une narration calamiteuse. Je tiens tout de suite à préciser que mon aversion totale pour la politique de Mme Thatcher n'a rien à voir avec mon jugement sur ce film. J'avais adoré lire le premier tome de ses mémoires (The Downing Street Years), qui contrairement au film permettait au lecteur de juger la fameuse dame non pas sur quelques phrases choc du genre :"we will stand on principles or we will not stand at all", affirmation qui à elle seule semble justifier la guerre des Malouines, mais sur son analyse, que je conteste, mais recevable, de la société brittanique dans les années 80. Je mentionne les années 80, car à ce sujet, celui de la chronologie, le film est égalemment un désastre : on mélange sans vergogne la grève des mineurs (1984), les grèves de la faim en Irlande du Nord (1981), etc... sans essayer de donner aux plus jeunes des spectateurs quelques éléments qui permettraient de s'y retrouver.

En sortant de la séance, je pensais que ce film était une simple hagiographie de Mme Thatcher, sauvée un petit peu par la performance de Meryl Steep.

Quelques heures plus tard, je pense que c'est pire : un sujet passionnant non traité par paresse intellectuelle et une excellente actrice condamnée à un pitoyable exercice d'imitation.

Anonymous

11/02/2012

Rumba de Dominique Abel et Fiona Gordon

 

Un petit bijou et les meilleurs moments sont loin d'être dans la bande annonce ....

Athalie

28/10/2011

Polisse Maïwenn

polisse.jpgJe ne comptais pas faire une note sur ce film, comme A. B. était passée par là avant moi et qu'elle avait dit l'essentiel (sauf que pour Joeystar, je trouvais quand même dommage qu'il s'en sorte aussi bien, cause que vu que que l'on peut savoir du personnage "en vrai", il semble être plutôt un petit peu plus pourri sur les bords que grand sentimental au coeur chaud mais à la main quelque peu leste ...).

Sauf je viens de lire la critique du "Monde" et du haut de ma petite voix, je clame mon désaccord (tout le monde au "Monde" s'en fiche, mais ce n'est pas grave). L'idée générale de l'article est que ce film instrumentalise les enfants pour mettre en valeur les flics, leur névroses, et que c'est du condensé de séries télévisées pour plaire aux stéréotypes du grand public. Ben, si toutes les séries TV étaient comme ça, on pourrait enfin les regarder en toute bonne conscience 'et sans se cacher derrière sa plante verte qu'on a mise devant la télé pour faire croire qu'on faisait autre chose que regarder la télé.

Dès le générique, c'est poignant et drôle. Et puis après, ça embarque, le montage est serré rapide, ça sent le juste.(les gens du "Monde", ils auraient dû regarder "Urgences", du temps où "Urgences" décapait ...) Les enfants sont beaux, respectés, ils ne sont pas montrés avilis, pace que ce n'est pas du vrai, c'est pour cela qu'on peut regarder, sinon, ce serait de l'insoutenable voyeurisme. Déjà qu'il y a des scènes où l'on s'accroche au fauteuil ... l'accouchement de l'enfant mort né d'un viol, la petite fille qui avoue à sa mère que son papa "l'aime trop", la descente dans un camp de roms et les enfants embarqués dans des foyers qui se mettent à danser dans le bus, la maman sans domicile fixe qui vient confier son fils à la brigade, pour qu'il puisse se reposer et dormir au chaud. C'est vrai, il y a des moments qui ne font pas réalistes, mais qui font souffler et rire, ce qui fait que c'est une fiction. Je n'aurais jamais cru rire d'un échange fellation contre portable, d'une définition de la polygamie, d'une policière qui cède le professionnel à l'affectif, tout Coran dehors ... Oui, la réalisatrice aime bien se filmer, oui, il y a des longueurs, parfois décalées (moi, j'ai adoré la scène de danse dans la boite de nuit), oui, Joeystar est (un peu trop) touchant (à mon goût). Mais retour au commentaire de A.B., les acteurs sont vraiment dans une sorte d'humanité, fragile et convaincante, sur un fil qui parfois se casse. Je ne sais "en vrai" comment on rentre chez soi après avoir vu "le vagin d'une fillette de 11 mois explosé". Ce film parle de cette enfance volée sans que l'on ait honte de regarder et d'entendre les horreurs de derrière les portes, sans non plus sauvegarder toute bonne conscience "fleur bleue", épargner désirs névrotiques et stigmatiser les classes sociales plus ou moins "pédophiliques".

Athalie

PS : je mets le lien vers la critique du "Monde", vous me direz si j'ai tout bien compris ...

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/18/polisse-v...

 

 

16/10/2011

The artist

astarisbornjudy-garland-a-star-is-born-1.jpgAvec la copine A., on est retournée au cinéma. Le moral moins dans les chaussettes, mais toujours que toutes les deux vu que la lâcheuse de "Il faut qu'on parle de Kévin" a décidé unilatéralement, de suivre un ordre précis de sorties cinématographiques (on ne sait pourquoi ... si ça se trouve, elle a vu ça dans le marc de café ...), et que nous, on ne suit pas le ryhme des trois cinés à suivre, enfin, pas moi, en tout cas. Faut dire aussi que j'avais oublié de le lui dire.

Même pas presque en retard, tranquilles et tout, on s'est bien calées dans nos fauteuils Gaumont super star sans pop corn (A. O. elle avait pourtant un bon de réduction !) et on a tranquillement décollé dans l'OVNI. Le scénario est cousu de fil blanc (et dans toutes les critiques et blogs, donc je passe vite fait) , une star du muet, orgueil et décadence, une figurante, fraicheur, audace, qui tente et qui gagne dans un Hollywood de paillettes et de strass. Pas grave, le scénar, le plaisir est ailleurs. Dans une sorte de dépaysement qui se fait plaisir et joue avec les codes sans se prendre une tête d'intello réflexif sur l'histoire du cinéma.

Quelques longueurs, mais peu, quelques scènes étonnantes de trouvailles, le jeu de jambes devant derrière un écran de pacotille, le jeu des mains de la future starlette qui se caresse dans le costume de l'acteur tellement admiré, celui des regards lors d'une danse si tendre que la caméra la suit, l'intrusion du bruit des objets dans un monde sans voix ...

On ne sait pas trop où l'on est, du vrai faux muet ou du faux vrai parlant, mais là non plus pas grave. La musique est génialement travaillée, elle devient narrative, les paroles semblent du coup superflues, un vrai tour de passe passe, on n'entend pas leur absence. Jean Dujardin est l'acteur, mais l'actrice est vraiment l'actrice, une réminiscence de Liza Minelli, avec un soupçon de Marilyn, et quelque chose de Judy Garland.

Ce qui fait qu'on ne peut que revoir " Boulevard du crépuscule", "Une étoile est née" et "Eve". Dans cet ordre là.

Athalie

08/10/2011

Il faut qu'on parle de Kévin, le retour

oui oui.jpgAvec deux des copines A., trois avec moi, c'était notre petit défi de copines A. d'aller voir le film (adapté du roman Il faut qu'on parle de Kévin, de Lionel Schiver). Histoire de s'en reprendre un coup de trauma, voir si on avait bien tout vu, tout compris, l'amour maternel pervers, le fils pervers, mais lequel des deux le plus ???  La troisième copine A. a déclaré forfait, il parait qu'elle devait garder sa petite fille ....

L'équipe A. retreinte à deux vigoureuses battantes,  avait le moral dans les chaussettes tombantes, le nez poudré de petites angoisses et le portable à portée de main en cas de crises d'étouffement subits. Il faisait gris et on est rentrées dans la salle obscure. Et on en est ressorties. Finalement, on a survécu. On ne savait plus trop articuler en sortant, mais on marchait quand même droit (enfin, je crois ...). 

Le film est-il bon ? Je ne sais pas trop, en fait. Les premières scènes m'ont semblé nulles, (mais j'étais morte de trouille) : des corps pateaugeant dans une sorte de sauce bolognaise pas cuite. D'autres encore après, très symboliques, presque fantasmagoriques : le sang macule des surfaces, du bon sang de peinture rouge bien gras et poisseux, la poursuite des fantômes d'Halloween, comment manger un litchi à la place d'un oeil ... d'autres scènes tapent juste, bien juste et bien fort : comment résister à l'envie de passer par la fenêtre un bébé qui hurle pendant des heures, rien que pour vous les briser menu, (les oreilles, s'entend), le réconfort du bruit du marteau piqueur qui crie plus fort que lui, ou comment décocher des flèches en plein coeur, au figuré d'abord ....L'actrice est excellente, elle est la mère coupable, pas coupable, mais quand même pas innocente, coupable qui résiste à la culpabilité, Kevin est parfaitement sournois, lucide et terrifiant, la grande maison trop belle, trop grande, déserte et froide, le père ne voit toujours rien, et rien ne vient arrêter le duel, le face à face de ce qui aurait dû être autre.

Qu'est-ce qui dérange dans cette histoire ? Qu'elle soit possible, on le sait, elle l'est, il y a des fils qui tuent. Pas les nôtres, mais ceux des autres, les mères de fils tueurs. Seulement voilà, là, la mère est normale comme nous, elle l'a voulu son fils, lui a sacrifié quelques trucs mais pas trop, comme nous, a voulu un truc normal, qu'il parle, qu'il joue, qu'il dise maman avant papa ... comme nous. Ce qui fait froid dans le dos.

Heureusement que, finalement, la mise en scène se mette en scène, que certaines ellipses se glissent, cela rend l'insupportable presque supportable.

Du coup, ouf, même pas mal. Mais peut-être quand même un peu, parce que y'a la copine A. qui est rentrée à pied, et moi qui suis passée dans une librairie, et qui n'a rien acheté. Ce qui n'est pas normal.

Athalie

PS : désolée pour la pub avant l'extrait, pas trouvé sans ...

03/07/2011

Une séparation Asghar Farhadi

imagesCA6GDYPA.jpgJe ne savais absolument rien sur ce film, aucune idée de quoi il pouvait bien être question, sauf que ceux de nos connaissances qui l'avaient vu en disaient du bien, on avait un petit moment, pas trop la flemme, mon homme et moi, alors on s'est retrouvés devant le ciné.

Incrédulité quand je regarde l'affiche : "Y'a Téhéran marqué dessus". Je n'ai strictement rien contre le cinéma iranien, rien du tout. Sauf que, nous, on ne voit pas beaucoup de films sans qu'il y ait Téhéran dedans. On sait pas pourquoi, un destin. ( ce qui montre bien que l'on ne va pas souvent au cinéma, parce que des films avec Téhéran dedans, c'est pas la majorité de la production cinématographique mondiale, non plus. Mais, nous on tombe dessus.) Mon homme me rétorque qu'il semblerait que ce ne soit pas grave, je ne réponds pas que je ne vois pas pourquoi ce serait grave, ou pas, c'est juste que "Téhéran sans autorisation", on avait juste réussi à ne pas s'endormir.

Le titre annonce un mélo, j'avais prévu de pleurer. Première scène, ça colle plus ou moins. Une femme demande le divorce, son mari refuse, sous le prétexte (pense-t-on, du moins), qu'il ne veut pas quitter le pays parce qu'il doit rester s'occuper qui n'a plus toute sa tête. Sauf que c'est pas glamour, pas de violons, ni de trémolos, presque amusant, lègèrement décalé.  Ensuite, j'ai craint le pire. Comme sa femme le quitte, sans que cela ait l'air de lui beaucoup de peine, le bon fils et bon père s'occupe de trouver une femme pouvant l'aider, passer la journée à garder le malade. Côté glamour et strass, c'est complètement loupé. C'est voile islamique, circulation chaotique, elle est embauchée, s'en va, revient, toujours avecsa petite fille, son mari qui ne sait rien, le salaire peu satisfaisant, elle habite loin. Elle vient quand même, le père malade lui cause des soucis, ne veut plus revenir mais revient quand même ... Là moi, je me disais " ça dure deux heures ..."

Pourtant, dès le départ, il y a quelque chose, bien filmée, bien jouée, bien bruitée, on s'attache à cette histoire, en apparence d'une simplicité quotidienne relativement affligeante et pourtant ... Deux heures plus tard, je sautais intérieurement sur mon fauteuil priant le bon dieu des cinéphiles, pour que cela s'arrête, la spirale, pour qu'il y ait une issue, pour que tout le monde s'en sorte, pour que cela finisse bien, mais non. c'est l'histoire de gens biens, tous, les deux couples, les deux hommes, les deux femmes, pris dans un engrenage que chacun a nourri même si aucun ne l'a voulu. Le scénario est terriblement efficace, certains face à face poignants. Pris au piège de leurs peurs, croyances, profondement humains, tous sincéres, tous, tour à tour, on les comprend, on les aime et les trouve nuls, énervants, obtus, égoïstes. On a envie que l'histoire se désembobine, que l'on revienne à la première scène, quand on croyait encore que séparation voulait dire divorce. Alors que la séparation, elle est pourtout, dans la revendication d'une existence sociale, dans une revanche, parfois violente, parfois désespérée, dans la volonté d'exprimer un amour père-fils-mère, dans les regards qui se croisent et les mensonges pour faire le bien, la recherche d'une intégrité qui mène à la catastrophe.

Je n'ai pas pleuré, pourtant, quand j'y repense, c'est une machine à sanglots, ce film, pire que le pire des mélos. Mais drôlement plus secouant.

Athalie

12/03/2011

True grit, les frères Cohen

bear44.jpgLes enfants n'étant toujours pas là, avec mon homme, on est retourné au cinéma ... Dingue ! En plus, il faisait beau, en plus, c'était pas l'heure qu'on préfère, en plus, j'avais du boulot, en plus on n'était les seuls à avoir eu la même idée saugrenue d'aller s'enfermer dans le noir devant un écran alors que les gens normaux poussent des poussettes dans les rues rennaises pour aller au parc ...

(Il y avait même une A, qui d'ailleurs devait faire sa première note ... )

Ben, ça en valait la peine de ne pas pousser de poussettes dans les rues ensoleillées. Il est rudement bien le dernier des frères Cohen. En trois quatre plans, on y est dans l'enfance du western, dans la nôtre aussi. Tous les codes y sont, la grande rue, la poussière, les lois qui n'en sont pas vraiment ... On entre dedans l'image et on se laisse pousser vers l'action, tranquillement, au rythme des scènes réécrites, des "must have" doucement décalés : la traversée de la rivière, j'ai adoré, mille fois vue, pourtant.

Bon, c'est du Cohen quand même, donc il me faut parfois fermer les yeux, voire les oreilles en plus : le burlesque sanguinolent, je peux regarder, mais seulement la deuxième fois et sur petit écran, donc je n'ai pas su tout de suite ce que le marshall arrachait ou pas dans la bouche du texan, mais on suit quand même. Dès fois, on n'a pas le temps de fermer les yeux ....

Après, ça s'accelère, tellement que j'ai sauté sur mon fauteuil pendant les 20 dernières minutes, genre cabri qu'a oublié que c'est même pas vrai ce qui se passe sur l'écran, et qu'il fait beau dehors et que les gens normaux poussent leur poussettes vers des parcs normaux, où il n'y a pas de serpents qui mordent les petites filles, pas de duel à un contre cinq, ou six, pas de rédemption possible. Et puis la "chevauchée fantastique", la "nuit du chasseur", mais à l'envers ...

Le miracle a dû opérer parce que même au "masque et la plume", il n'ont rien trouvé à redire. C'est dire.

Athalie

En lieu et place de ... 

Discours d'un roi

P3240018.JPGBon, les enfants ne sont pas là et mon homme et moi on a réussi à aller voir un film. Un truc classique, sans images qui tremblent et trucs bizarres qu'on comprend pas (non, je vous rassure j'en ai vu d'autres depuis "Téréhan sans autorisation" comme "Matmud" ou un truc comme ça avec Depardieu, y'a bien une A qui trouvera le bon titre ...). Le film que tout le monde a vu, dont les A, I suppose. Surtout qu'il y a des A qui partiquent la langue anglaise. D'autres, moins.

Comme je suis sans doute celle des A qui va le moins au cinéma, je donne mon avis de spectatrice toujours en retard de plusieurs films ...

Bref, pour moi, y'a du bégaiement là dedans. Le classicisme dans la mise en scène, et des dialogues en frontal, et des champs contre champs ...., et que je te montre ce que je veux te montrer, détails d'époque pour faire vrai, gros plans sur les visage, surtout celui de Berthie, il faut dire qu'il souffre le malheureux, le long couloir qui le mène au studio où il doit prononcer son discours de roi qui annonce la guerre, justement, un condamné à mort qui va vers son exécution ..., sauf que lui il bégaie juste, la grande histoire, c'est quand même le fascisme qui ne bégaie pas, lui, la sortie triomphale, la seconde guerre mondiale en arrière plan ... mais c'est pas très grave, Berthie a réussi à l'annoncer : des scènes superbes : la mort de Georges V, dans le parc entre Berthie et Longe, des dialogues riches et des piques bien humour anglais.

Juste assez bien fait pour que l'on ne s'ennuie pas, tout en regrettant la maestria de "The Queen", cependant.

Athalie

05/03/2011

Bérénice au TNB


"Bérénice" donc, allez hop ! Racine, ça classe sa blogueuse. J'avais passé la journée à mettre de l'engrais soit-disant bio, cher, et surtout totalement inefficace, autour des arbustes de ma pauvre haie qui ne pousse pas (non, elle ne pousse pas, ma haie, des arbustes qui ne prennent même pas 50 cms en un an, on peut pas dire que ça pousse ! Contrairement à ce qu'affirme mon beau-père qui s'obstine à me contredire avec une parfaite mauvaise foi et à tous les copains qui, avec une identique mauvaise foi, pensent me consoler de vivre à la vue de tous ceux qui passent dans la rue.)

Donc, pantalon infâme et pull de même, les ongles noirs pour un résultat que je sais d'avance dérisoire, et 20 euros de plus laissés chez Truffaut. Parce qu'évidemment, j'ai pris aussi l'engrais "spécial plantes méditerrannéennes" pour avoir bonne conscience auprès de mes lauriers roses qui ne poussent pas,donc,mais qui ne fleurissent pas non plus ....
Et le soir, l'intégrale IKKS acheté la veille avec une A anonyme (dans un entrepot de déstockage, faut rester démerde jusqu'au bout ) et la voilà, au bras de son mari préféré, gravissant ce temple de la culture bobo rennaise qu'est le TNB, toute ouïe dédiée au rythme racinien.
Le pire, c'est que j'aime vraiment Racine, et que la représentation valait vraiment la peine de se changer.
Une mise en scène très sobre, le texte, rien que le texte, pas d'effet de sens, de trucs pour moderniser, pour faire du sens, pas de projection d'images vidéos pour donner du sens moderne.
Juste le texte de Racine, l'écoute du texte de Racine, une Bérénice magistrale, un Titus tout minus à côté de cet amour trop grand pour sa chemise serrée. J'ai du coup compris le ridicule d'Antiochus (que je n'avais jamais perçu), en plus compris "l'ironie racienne" dont parlait Barthes, et que je faisais semblant d'avoir saisi dans mes années de fac, il faut bien le dire...
Le mieux de la soirée, c'est le bonheur partagé avec l'homme de ma vie. Et son sourire en sortant (mon homme, il a un super sourire). En plus, il m'a expliqué toute la pièce en sortant, et il explique drôlement bien ... Il adore m'expliquer des choses, surtout quand on est d'accord ... C'est pas un Titus, mon homme !

Athalie

                             

Téhéran sans autorisation S. Farsi

P3240022.JPGAvec mon mari préféré, nous allons peu souvent au cinéma ensemble. C'est pas qu'on aime pas ça, c'est  qu'on a toujours autre chose à faire : les courses, la cuisine, des trucs super importants qui ne peuvent pas attendre le lendemain : rester à la maison regarder la téloche ou un des derniers DVD achetés en promo à la FNAC, glander en causant de notre boulot, de nos enfants. Mais de temps en temps, on prend de bonnes résolutions. "Bon, on se faire un ciné". Et là, les problèmes commencent : je passe le choix du film, toujours légèrement problématique. "Non, celui-là, je le verrai plutôt avec mes copines, non, celui-là, il ne me dit rien. tant pis, j'irais le voir tout seul." "Celui-là, il parait qu'il est pas mal."" Ouais, mais ma copine qui l'a vu me dit que ..."
Ensuite, il y a les horaires, trop tôt,j'ai un paquet de copies à finir ... trop tard, si c'est pour rentrer à onze heure et pas profiter d'une soirée peinarde à la maison après une semaine de boulot, c'est pas la peine ..." Bref, on y arrive dès fois. C'est comme cela qu'on est allé voir "Téhéran sans autorisation". Pendant 1.30, j'ai tenté de ne pas le regarder, peur du fou rire. 1.30, c'est long.
 Surtout devant des images prises au téléphone portable, sans voix off, avec des tremblements, du flou,des mots qu'on ne comprend pas. On comprend pas grand chose. D'où le fou rire. Je ne sais pourquoi elle n'a pas eu l'autorisation, la dame, de filmer. Vu qu'on ne comprend pas ce que l'on voit (à peine), ni ce que l'on entend (à peine).  On était quand même contents en sortant. On n'avait même pas ri. La prochaine fois,je lui interdit, à mon homme, d'écouter "le masque et la plume", ça rend bizarre, les émissions favorites des bobos ... 

Athalie