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16/03/2016

A la grâce des hommes, Hannah Kent

WBC-Islande-Skaftafell-Svartifoss-5.jpgAttention le charme de ce livre est prégnant et insidieux. Il s'agit du premier roman d'une auteure australienne qui, tant qu'à faire dans l'exotisme, le situe dans le nord de l'Islande, et le plante dans la vallée de Votnsdaleur, qui lui même s'ouvre sur la mer du Groenland. C'est dire l'ouverture vers le large.

Dans cette vallée, est née, a vécu, a travaillé, Agnès Magnusdottir, servante de ferme. Le 13 mars 1828, elle a été condamnée à mort comme complice pour le meurtre de Nathan, propriétaire de la ferme où elle travaillait et, aussi, son supposé amant. On ne sait trop pourquoi elle l'aurait tué, comme on ne sait trop si c'est vrai.

En attendant son exécution, voulue exemplaire par le maire de police du canton, Björn Blöndal, la tête d'Agnès devant être tranchée sur le sol islandais, et non en Finlande, comme l'exigeait la tradition politique, le problème se pose du temps de la détention, avant que le bourreau ne soit désigné. Ce temps est nouveau en Islande, indéfini et flexible, quoique forcément final. Il n'y aura pas de pitié pour Agnès. Pas de ce côté là en tout cas.

Agnès est alors placée dans une famille de la vallée, comme prisonnière domestique et à demeure. Margret et Jon ont deux filles et une ferme peu prospère. Mais ils sont obéissants à l'autorité virile et obtuse du maire, qui ne leur laisse d'ailleurs pas le choix. Et c'est ainsi qu'Agnès se fait humble criminelle partageant l'espace contraint de la ferme, des champs et de la badstofa (la chambre à coucher collective).

Et c'est alors que monte le charme insidieux de cette histoire si simple que la grâce des hommes n'a pas écouté.

Agnès connait bien la vallée, et même cette ferme, elle y a travaillé, avant de rencontrer Nathan. Pour elle, il y est question d'enfance perdue, d'enfants aimés, de femmes qui ployaient. Méprisée, Agnès n'avait pas bonne réputation, fille facile dit-on, elle savait lire, elle voulait s'élever, elle qui connaissait aussi bien les sagas que la misère.

Avant d'être exécutée, Agnès doit venir au repentir chrétien, le vrai, celui défini par le dogme de la norme. Cependant, elle a le choix du pasteur, elle se souvient d'un jeune homme, un sous révérend, Thovardur Jonsson, parce qu'une fois, il lui avait fait passer un gué sur son cheval, et que ce jour là, il y avait eu de la compassion dans l'air. Et comme pour une fois, elle a le choix, elle choisit celui-là.

Penché sur la parole de la condamnée, jour après jour, Thovardur va laisser couler ses mots à elle hors de sa prison, quitte à ce que la divine parole, voulue par les hommes, en perde un peu de sa superbe raison. Le roman suspend cette parole jusqu'au bout et la laisse prendre un peu de place, entre travaux des champs, travaux d'aiguilles, fauche des foins, abattage des moutons, silences et reconnaissances.

Agnès tait l'essentiel, au lecteur de tendre une autre oreille.

 

 

08/02/2016

Yeruldelgger, Ian manook

yeruldegger,ian maook,romans,romans policiers,roman mongolie,déceptions,pavésLes traditions des nomades mongols se perdent, seules quelques femmes continuent à jeter du lait aux quatre points cardinaux pour souhaiter bon voyage à celui qui s'en va, les yourtes se réduisent à peau de chagrin dans la grisaille des banlieues sordides. Les séries américaines y résonnent et même dans les grands espaces encore vierges, les vieux nomades savent préserver une scène de crime.

Les Coréens ravagent les réserves nationales à grands coups de quads surpuissants et assassins, et pas seulement pour la faune et la flore, gare aux petites filles blondes qui font du tricycle sur leur terrain de jeux ... Ils violent en picolant, et pas que les grands espaces non plus.

L'ultra nationalisme se prend des airs de troisième Reich de pacotille, et se donne des allures de vengeur masqué en coupant les couilles des chinois : missions commandées déguisées en scènes crapuleuses ... Dans les égouts des villes abandonnées par l'ex-ère communiste, grouillent les damnés de la misère, dont il sort parfois, miracle de la bonne nature humaine, malgré tout,  un gentil garçon à l'humour attendrissant ...

Les Chinois rachètent les terres rares, aux minéraux affriolants et pillent ce qui restait de l'âme fière des ancêtres. Tous se prostituent, la police est corrompue, toutes et tous, non ....

Un nouveau Gengis Khan brandit la croix de la résistance, Yeruldelgger. Il a l'âme pure de ceux qui ont beaucoup souffert et n'ont plus rien à perdre. Sa femme est devenue folle après l'assassinat de leur petite fille, Kim, sûre de sa culpabilité à lui. Son autre fille, Saraa, se vautre dans la pire des fanges pour le lui faire payer.

Ce qui n'empêche nullement l'âme droite et fière, (mais blessée), de Yeruldelgger de se dresser seule contre tous. Il mène toutes les enquêtes (la petite fille dans le désert et les chinois émasculés) de front, aidé quand même par quelques moines ressurgis de son enfance, et deux fidèles qu'il lance à la chasse de la justice, (tel "Charlie et ses drôles de dames") ; Solongo, la médecin légiste aux doigts de fée qui attend son heure d'amour, et Oyan, l'inspectrice toujours fidèle, walkyrie violée, amazone ressuscitée ....

Tel le phénix de ses dames, Yeruldelgger ressurgit toujours de ses cendres, infaillible, insubmersible, étanche aux balles, coups, flèches (mince, j'avais confondu avec Jolly Jumper), missiles (James Bond, sors de ce corps !) et vous balance des serpents dans la fosse du méchant en leur chatouillant d'un doigt habile le nombril, étrangle à mains nues des hydres post nucléaires (non, là j'anticipe, c'est dans le deuxième numéro ...). Et évidemment, il vous débusque d'un coup de baguette magique grosse comme une ficelle plombée (même moi, j'avais deviné !), le grand méchant manipulateur à l'âme vile et noire comme les entrailles du profit capitaliste ... (Beurk !!!! C'est pas bien le capitalisme !!!), tout en dégustant des marmottes cuites de l'intérieur, et en ramenant la morale dans un village corrompu aux côtés d'une prostituée au grand cœur.

La Mongolie en mode post apocalyptique même en mode deuxième degré, c'est pas passé. Mon seuil de tolérance a saturé.

16/12/2012

Rescapée Fiona Kidman

rescapée,fiona kidman,romans,romans nouvelle zélandeUn roman d'aventure, un roman historique, un roman de moeurs, bien charpentré comme la coque d'un navire qui file droit sa route, un bon petit pavé comme on les aime ... "Un destin de femme", encore un à mon palmarès, mais aussi "des femmes" : Betty, "la rescapée", sa grand-mère et son ancienne institutrice devenue par hasard la confidente de l'aventure "honteuse". Le pluriel, ça change quand même un peu et du pluriel, il y en a d'autres aussi, sur fond de mixité pas assumée, de Maori et d'amours circonscrites sur des îles peu paradisiaques.

Betty est la descendante d'un couple de conscrits, des qui sont venus peupler l'Australie en purgeant leur peine loin de l' Angleterre, arrivés là par bateau pénitencièr. La peine purgée, ils se sont faits paysans pauvres, un peu relégués quand même. Betty va prendre soin de sa grand-mère pendant que sa tante prend soin, à sa façon, d'un autre conscrit, John Gard. Lui, il a commencé à s'enrichir un peu, chasse aux phoques, puis chasse aux baleines. Dire qu'il n'est pas un tendre est un doux euphémisme, disons qu'il n'exprime que peu de tendres sentiments. Comme prince charmant, on a vu plus convaincant. Ce rude célibataire a "le tison qui le brûle", et c'est la jeune Betty qu'il va choisir pour l'étendre. Pas vraiment la pleine passion pour elle, pas vraiment un vrai mariage, mais une alliance revêche et rapeuse, mais solide, entre ces deux là.

Deux enfants plus tard et deux comptoirs baleiniers ensuite, la rudesse de cette vie ne leur fait pas peur, entre massacres moaris et massacres de baleines, peu d'épanchements humanistes. Et le naufrage, John doit abandonner sur le rivage Betty et les enfants aux mains d'une tribu de "sauvages noirs". Quand, elle en reviendra, délivrée dans des conditions des plus louches et expéditives, c'est en captive qu'elle voit, et qu'elle est vue de la bonne société de Sydney. Qu'a-t-elle fait ? L'a-t-elle fait ? Qu'a-t-elle subi ? A moins qu'elle n'ait (" Non ....") ... ? Les bonnes langues autour de la table du gouverneur en laissent échapper quelques fantasmes.

Betty n'en dira rien, sauf à son ancienne institutrice, qui n'avait pour elle que mépris et ne jurait que par ses dieux grecs, mais prise elle aussi entre deux eaux de la respectabilité, son oreille se fait compatissante. Pendant ce temps-là, John grogne dans son journal : Betty a fauté, elle est salie, point de salut, sans un mot, ni pour la femme, ni pour la mère.

Evidemment, on finira par savoir le secret. Quant au sort de Betty et de John, le baleinier et la baleinière, ben moi, je n'en dirai évidemment rien. Sauf que les baleineaux n'ont qu'à se tenir loin de leurs eaux.

 

Athalie

 

De la même auteure sur ce même blog, des nouvelles d'un tout autre genre, mais plein de femmes dedans et moins de baleines : http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/06/16/gare-au...

 

PS : et un autre deal de choix.... Merci A.M.

10/07/2012

L'âme des guerriers Alan Duff

l'âme des guerriers,alan duff,romans,romans nouvelle zélandeUn livre de lâches colères, de lâches violences, de lâches défaites et de lâches oublis. Moi qui cherchais partout des maoris dans la littérature nouvelle zélandaise ( ça se dit ça ?) et australienne, ben voilà, j'ai trouvé. Et ça cogne dur.

Beth Heke a échoué, comme tant d'autres maoris à la dérive, désocialisés, déclassés, dans la cité des pins, une cité pour maoris, pour maoris défoncés comme les trottoirs, suite de maisons de terrains vagues où les pneus poussent sur les pelouses à la place des fleurs. A côté, juste à côté, il y a le domaine de "M. salopard de blanc Trambert avec sa majestueuse maison de maîtres et ses prés à n'en plus finir qui viennent s'échouer contre la limite des cages minables construites (....) pour que l'on puisse héberger un autre lot de nullités à la peau marron." C'est Beth qui parle, pas encore saoûle, mais cela ne saurait tarder, pas encore battue, mais cela ne saurait tarder non plus. Parce que c'est comme cela dans la cité des pins, on est abonné à la crasse de l'âme, même quand la rage d'en sortir s'en mêle. Beth, dans le naufrage de cette vie là, tente parfois une certaine dignité, contre son homme, contre les autres, pour ses enfants. Elle tente, parfois quand elle le peut ,de les éduquer, de les soigner, de les aimer, de ne pas tout laisser aller. Mais elle a du mal. Beaucoup de mal, elle ne doit pas lutter que contre elle-même, mais aussi surtout contre son homme, Jack, aux rêves agités de violence, pour qui se battre est sa dignité à lui. Il est craint, redouté, on le flatte, on lui paye à boire, il aime cette reconnaissance illusoire, et préfère toucher les indemnités gouvernementales plutôt que de travailler, frapper, boire.

Le rêve de Nig, l'aîné, est de rejoindre un gang, celui qui singe tatouages et fraternité rituelles maori au bénéfice d'une même et autre violence, gratuite cette fois, être violent pour dire qu'on appartient à une communauté même si ce n'est que manipulation rémunérée des blancs pour que la basse besogne soit accomplie. Son plus jeune frère, Boogie, et sa plus jeune soeur, Grace tentent d'autres portes de sorties, mais il y a en peu, entre maison de redressement et des murs trop hauts pour être franchis.

Les coups de poing pleuvent sur "la tribu perdue" et l'on comprend que ce roman ait fait polémique à sa sortie en Nouvelle Zélande au moment des tentatives de construction-réhabilitation de la culture des ancêtres comme solution à la misère sociale et intellectuelle. Le narrateur ne les épargne pas, ces descendants de guerriers qui n'en sont plus que des fantômes, et si les blancs colonisateurs sont coupables, les maoris ne sont pas que des innocents ignorant de leur misère. Beth est lucide, se voit rouler dans le caniveau, y voit les autres s'y torcher en y prenant plaisir, saouls et placides, finalement, devant leur sort. Pour résumer, ce qui me semble être une sorte de morale romanesque et en reprenant certains titres de chapitres, certes, il y a "ceux qui possèdent l'histoire", qui l'ont confisquée à "ceux qui en ont une autre, mais "la vie est à ceux qui se battent"et sûrement pas avec les poings.

Beth encore : " Beth venait de réaliser que sa maison - non, pas seulement la sienne mais toutes les maisons dans lesquelles elle étaient entrée - ne contenaient pas de livres. Cette pensée l'avait frappée comme l'un des coups de poing de Jake, allez savoir pourquoi. (...) Au bout d'un moment, elle avait eu une sensation de perte, presque de deuil. Et elle avait pensé, Mais bon sang, qu'est-ce qui me prend ? Et même si cette maison ne contient pas de livres ? La belle affaire. Mais ça continuait à la ronger."

Athalie

 

 

05/07/2012

La carte du monde invisible Tash Aw (2)

Session de rattrapage, parce que ma note est quand même très (trop ?) subjective ....

Athalie

04/07/2012

La carte du monde invisible Tash Aw (1)

la carte du monde invisble,tash aw,romans,romans nouvelle zélandeTash Aw, c'est le beau jeune homme sur lequel on a été plusieur(e)s à craquer lors du dernier "Etonnants voyageurs" (pas quand même à la hauteur du sombre solaire Joseph Boyden, mais presque). Charmant, intelligent, conquérant .... sauf que moi, finalement, je n'ai pas été si conquise que cela par ce roman présentée lors du festival comme "à l'origine d'une littérature du post-colonialisme", pas par l'auteur, évidemment, qui est trop chou pour ne pas être également modeste .... (rien que cela !) Je n'en attendais pas tant, bien sûr, ç'aurait été faire fi d'oeuvres "post coloniales" bien trop conséquentes pour je me lève de mon fauteuil de bureau pour aller en retrouver les titres sur mes étagères ... Mais je pensais avoir à faire à une sorte de fresque historique, plus historique que fresque et aussi plus au vitriol, et que finalement, l'histoire est bien là mais par petits morceaux et que le vitriol est un peu trop dilué à mon goût.

La fresque attendue s'entrevoit par l'évocation de parcours intimistes, des parcours croisés de personnages plongés dans la complexité de leur rapport avec l'Indonésie, avec leur origine, avec eux mêmes. Le personnage central est un jeune garçon, Adam. Il a vécu en orphelinat avec son grand frère avant d'être recueilli par Karl. Karl est hollandais et blond, comme les colonisateurs de l'île dont il a fait son pays, Nusa Pedro, au large très large de la ville pieuvre de Jakarta. Il s'est installé là après des années à fuir l'Europe. En voulant se plonger dans un exotisme à la Gauguin, il va s'en éloigner petit à petit, notamment en croisant Margaret. Margaret l'a aimé, jeune fille, puis elle a aussi croisé Bill et Mick. Mais ces croisements sont pour plus tard, et pas forcément amoureux. Il y a aussi le grand frère et sa famille d'adoption, mais ça va devenir compliqué comme note.

L'histoire commence alors que Karl est arrêté par les militaires indonésiens en pleine chasse anti communistes, dans les années soixante, avec des échos de guerre froide et de révolution de l'indépendance qui tourne à la dictature. . Karl n'est ni communiste, ni révolutionnaire de rien, mais bon, il fallait bien commencer par sa disparition pour que Adam se mette à sa recherche et avec de vagues indices, ne retrouve Margaret, Bill et Mick et que les fils se nouent. Des fils peu solides quand même et un tissage tellement lâche que souvent j'ai flotté. L'arrière fond politique est confus, les émeutes claquent en permanence et les manigances américaines pour conserver des liens avec le pouvoir en place se mêlent artificiellement à cette quête identitaire d'un orphelin suffisamment näïf et pataud qu'il manque devenir poseur de bombes entourloupé par la bonne parole d'un diablotin au double visage, universitaire le jour, extrémiste la nuit. Heureusement, il va être cueilli au passage par une princesse activiste. (Bon, là je suis un peu dure quand même ...)

Une première déception de la pêche ramenée de ce festival, mais pourtant ce roman a quelque chose, que je n'ai pas su saisir. Donc, je me garde de côté en session de rattrapage, le premier roman du même auteur "Le tristement célébre Johnny Lim".

On a toutes nos faiblesses ...

Athalie

 

17/06/2012

Gare au feu Fiona Kidman

2607404.jpgLes nouvelles, c'est pas trop ma tasse de chocolat. Je me suis laissée tenter par ce recueil parce que Fiona Kidman, sur un petit plateau d' "Etonnants voyageurs" avait l'air d'une mamie gâteau pas vraiment sage et que je voulais voir ce qu'il avait sous la crème anglaise.

Premières lignes : ouh là ! comment cela se fait-il que je me régale tout de suite autant, ça va retomber .... ( oui, c'est retombé, mais quand même pas trop) : "Le petit italien" : une amie d'enfance force plus ou moins la porte d'Hillary, ancienne provinciale devenue auteure reconnue ( tiens donc ...) et c'est le petit Nino qui rentre, avec toute la saveur d'un premier amour furtif et frustant. "L'historique des faits", où comment un couple adultère se défait comme il s'est fait, dans les bruissements et  les écorchures invisibles du monde. Dans "Extrêmes", des histoires croisées de femmes, toujours, de filles, d'avortement, ou non, de chances, ou non. Et ainsi continuent les tablotins à peine frisottés de permanente de femmes mures, le plus souvent respectables, qui recroisent leur adolescence souvent tremblotantes et discrètes avec de la flamme qui couvait en dessous. Elles ont pu parfois aller plus loin que là d'où elles venaient, mais il semble qu'on ne va pas beaucoup plus loin en Nouvelle Zélande qu'au bord de la mer. (Ce qui est logique pour une île ...) L'Australie se profile bien parfois à l'horizon, mais bon, ce n'est rien d'autre qu'une autre grande île, finalement. Des hommes aussi passent, qui aiment ces femmes fortes-là et les laissent partir ( "Le ciel se fige"), il y a bien quelques moutons aussi, mais peu. La première partie se révélait donc un peu répétitive quand est arrivée la seconde (logique, y'en a trois).

La seconde, donc, est constituée de trois nouvelles liées entre elles chronologiquement : le premier texte retrace ce que l'on peut savoir de l'histoire de Joyce : une jeune fille de la ville, placée dans un foyer pour "accouchement discret", doit abandonner sa fille, et se laisse ensuite épouser par un gros plouc qui a besoin d'une femme pour agrandir sa ferme. Joyce va tenter puis disparaître. Les deux nouvelles suivantes suivent le fil de cette descendance et de ce mystère, de femmes dures en mères aimantes, distantes, sans jamais vraiment lever les voiles.

La troisième partie ne comporte que deux nouvelles, peut-être celles que j'ai préféres, parce qu'après la langueur des amours perdues, elles ont un petit côté claquement de cymbales, un presque retour à la réalité bruyante, alors que ce sont elles aussi ont le plus un certain goût de rêve ( je sais, ce n'est pas clair, mais là, je n'arrive pas à dire autrement, alors je vais laisser comme ça ...). La première nous montre pour une fois, un homme, un  Premier Ministre tant qu'à faire, dont la générosité morale prend peut-être source dans de bien tardifs remords .... Et la dernière, ben la dernière, pour faire bref, elle sent le brûlé et traine des effluves de bal colonial.

Si ses romans sont de la même veine, je pense que je pourrais devenir accro à la Fiona, mais pour l'instant, je vais aller me promener vers le nord, le climat océanien, là, je fatigue ( et puis, toujours pas beaucoup de sauvages en vue, ils les ont cachés où les Maoris ? dans les rayonnages du fond ?)

Athalie

 

14/06/2012

La gifle Christos Tsiolkas (2)


midnight oil - beds are burning par kareem93

19/05/2011

Le Livre d’Hanna Géraldine Brooks

Haggadah.jpgEn attendant le dernier Vargas que mon homme n'a pas encore réussi à m'offrir ....

Un petit bouquin sans doute anecdotique, ce n'est pas du grand, mais on n'en pas toujours besoin de lire du grand, ça fatigue Madame Bovary tous les jours, et puis au moins, on n'est pas décue, pas comme pour Homo erectus, par exemple...

Un livre pas prise de tête et bien construit, un peu cousu de fil blanc, mais ce n'est pas très grave : une spécialiste de livres anciens australienne, qui a quelques soucis de communication avec sa mère ( des pages savoureuses, sur le rapport à la réussite, et un innocent pied de nez à l'image de la femme féministe qui a réussi, mais pas tout, finalement, c'est pas original, mais moi, ça m'a fait rire ...) rencontre un livre rare ancien, une sorte de Bible juive si j'ai bien compris, et y relève des peites miettes de rien du tout : un poil de chat, une trace de vin ... des traces de rien qui servent de prétexte aux retour arrière qui retrace l'histoire du livre perdu, oublié et et retrouvé (reperdu ?), des traces pour dire l'histoire des persécutions millénaires contre les juifs en Europe depuis la fin del Andaluz (j'adore ce mot).

Un livre qui balade son lecteur de guerres en guerres, ça n'a pas l'air gai, les persécutions contre les juifs, non plus d'ailleurs, c'est pas gai. Mais j'ai aimé parce que c'est érudit sans être pontifiant, et puis ça cause de traces et de transmission et moi, j'aime bien les traces et les transmissions.

 Athalie