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28/02/2013

L'homme de Lewis Peter May

l'homme de lewis,peter may,romans policiers,romans historiques,écosse,romans angleterreDans ce deuxième tome, ça y est, Fin Macleod a définitivement largué les amarres. Son divorce d'avec sa femme-amie, est prononcé, sa démission donnée, il n'est plus policier et peut s'installer sur son île, Lewis, et y retrouver tranquille ses fantômes : ses parents morts il y a longtemps dans un accident, son amour de jeunesse, Marsailis, en cours d'exhumation, et son fils , Fionnlag, exhumé au premier tome,  et jeune père peu reconnu depuis peu, à peine esquissé dans  "L'île des chasseurs d'oiseaux". Fin emmène quand même avec lui dans sa nouvelle vie, un autre fantôme, son autre fils, tué  il y a peu aussi, par un chauffard, impuni ( du moins jusqu'ici ...). Sa nouvelle vie se limite ( du moins en théorie) à un seul projet, restaurer la maison qui fut celle de son enfance perdue, quand son père repeignait tout en violet, il s'installe dans sa tente, battue par les vents et les pluies.

Seulement voilà, Fin ne va pas avoir vraiment le temps de n'y poser ne serait ce qu'une poutre sur la charpente de sa maison en ruines, tant sur Lewis se bousculent les affaires à régler, tant privées, qu'intimes ou publiques, en plus, elles se mélangent. Un corps momifié a été retrouvé par hasard dans la tourbière et va réveiller pas mal de souvenirs morts-vivant. Ce pourrait être une découverte historique, et on ne parlerait alors que de " La découverte de l'homme de Lewis", sauf que Néenderthal n'avait pas de tatouage d'Elvis Presley sur le bras. Ce qui complique. Sans compter que ces souvenirs enfouis,  ils sont cachés dans le crâne d'un narrateur qui, chose incongrue, est atteint de la maladie d'Alzeimer. (Qu'à cela ne tienne, une fois qu'on a admis le principe romanesque .... ) C'est donc du fond de la mémoire cassée de Tumord Mac Donald, le père de Marsailis, le grand-père de Fionnlag, le quasi ex-futur beau père de Fin, en fait, que l'histoire va se dessiner, suivie de près par Fin qui sait décoder les signes et anticiper même les restes d'un destin si fragile.

La mémoire intérieure de Tumord fait  surgir une histoire sombre et enfouie sous les varechs et dans la mémoire des landes, avant de l'être dans la tourbe, une histoire de misères et d'orphelins, son histoire et celle de son frère et aussi un peu celle d'une autre petit fille guerrière, une histoire d'orphelinat pas catholique, de défis et d'enfants qui s'aimaient, de fidélité à cet amour et à celui de la mère, une histoire de protection et de fuites. Les silhouettes qui les accompagnent sont peu rassurantes, une histoire d'enfants turbulents que les prêtres en noir et les soeurs silencieuses plaçaient, pour ne pas s'en souvenir, aux bons soins de ceux qui voulaient bien d'eux, sur une île encore plus petite que Lewis, plus fruste, plus encore battue par les vents, où les enfants vont tenter une survie précaire. La délivrance ne sera bien sûr pas celle de la rédemption, mais d'un calvaire enfoui que l'homme de Lewis a fait ressurgir. Et on finira, par maints chemins tortueux par boucler les boucles.

Parce que on met du temps à revenir au point de départ, que c'est bancal et parfois un peu frustant (perso, j'aurais bien aimé avoir un éclairage plus large sur cette histoire de traffic d'enfants), mais c'est une ballade écossaise qui mérite son détour et une halte.

 

Athalie

 

 

20/04/2012

L'île des chasseurs d'oiseaux Peter May

Gugas_at_Port_of_Ness.jpgFin est écossais, et policier. Il voudrait bien être autre chose, ingénieur en informatique par exemple, mais pour l'instant, non. Comme il vient perdre son fils de huit ans, il est plutôt mal en point, son couple avec Mona bat de l'aile et lui aussi. Juste avant ce drame personnel, il y avait le professionnel : un meurtre avec pendaison et éventration post mortem. Fin vit à Edimbourg mais vient de l'île de Lewis, qu'il a fui dix-huit auparavant, il va devoir y retrouner parce qu'un meurtre similaire au premier vient d'y être commis, une île sombre comme sa mémoire, comme échappatoire imposée à sa douleur intime, une cautère sur une aile de bois .... Pas vraiment chargé de l'enquête, pas vraiment de retour non plus, entre deux, il retrouve, suit des fils, des trames qui se dispersent dans la brume, des vieux copains qui se trainent des souvenirs pas en meilleur état que les "black house" qui se délitent face à la mer, et le souvenirs font des trous à l'âme.

C'est un policier pluvieux et venteux, avec un enquêteur à qui il arrive plus de tuiles en une vie qu'un toit écossais puisse en perdre pendant une tempête, sans compter qu'on y glisse beaucoup, des toits, des falaises, des illusions, dans ce roman. 

L'île de Lewis est un drôle de monde, à l'écart des siècles, avec ses croyances qui vacillent mais plombent quand même sacrément l'atmosphère. Fin y a vécu, d'abord dans une maison repeinte en violet parce que son père avait dégotté sur la plage un énorme baril de peinture, comme un naufrageur des temps d'avant, quand la fureur des tempêtes était aidée par les feux que la pauvreté des hommes allumait sur les rives. Puis, la première tuile est tombée.

D'autres relents des temps anciens taraudent encore, surtout une, celle de la chasse aux bébés oiseaux des albatros, les gugas. Une fois par an, douze hommes de Lewis partent pour ce rite initiatique et fondateur : pas moyen d'y échapper. Quinze jours en autarcie sur un rocher pour massacrer des oiseaux sur un îlot rocheux qui pue et qui glisse, pour ramener sur la terre ferme ce met de choix, qui sera savouré sans savoir, délicate chair en bouche, ce qu'il en coûte vraiment. C'est un peu comme la lectrice de polar, en fait, qui s'en délecte les babines, des tuiles de Fin.

La cruauté de la lectrice n'a d'égal que celle des amatueurs de tourbe brûlée. ( dicton dictée par une faute de faute, et complètement idiot, j'assume)

 

Athalie

PS : merci A.B. encore un conseil qu'Ark vAdor aurait  gardé pour elle (lui ?)