Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/10/2012

Pourquoi être heureux quand on peut être normal Jeanette Winterson

pourquoi être heureux quand on peut être normal,jeanette winterson,romans,romans anglaisAprès quelques détours par Echenoz, me revoilà allant cueillir ma Jeannette et ses malheurs sur le quai de lecture où je l'avais laissée, avec quelques remords quand même ...

Journal d'une lectrice en demi teinte :

Premier jour : ma dealeuse A.M. est passée avec sa cargaison de tentations et me l'a laissé, ce livre que j'avais vraiment, vraiment envie de lire, après en avoir tellement entendu parler cet été, toujours en bien, mais comme je savais qu'elle l'avait, pour une fois, j'ai résisté à l'achat compulsif ( Bon, j'en ai fait d'autres à la place, ce qui compense)

Deuxième jour : j'ai une heure devant moi, je peux décider de ne rien faire, donc de lire, donc de laisser tomber ce que j'aurais pu faire d'autre pour ouvrir ce livre. Je salive, m'installe, en évitant de baver (le livre n'étant pas à moi). Premier chapitre : ça commence mal, ce truc m'ennuie et m'agace. J'adore pleurer au cinéma et même sur un bouquin, même en tâchant les pages, et aussi compâtir à la tristesse des enfances malheureuses des orphelines abandonnées chez une maman très méchante et un papa impuissant et lâche. Soit. Mais j'ai horreur que l'on me prenne par la main en me mettant le kleenex dedans d'avance. J'aime bien qu'on me laisse venir, tranquille. C'est du vécu, je n'en doute pas. ça m'agace quand même.

Troisième jour : description de la classe ouvrière de Manchester, un peu d'ouverture historique, je prend l'air, mais peu. J'ai envie de laisser tomber, mais bon, Jeannette s'en prend plein la figure, petite fille adoptée mais non désirée, sur son pas de porte, dans son cachot intime, je ne peux quand même pas déroger. Quoique.

Quatrième jour : je relativise. Il y a des moments qui me font rire (mais je suis pas du tout sûre que ce soit l'intention de l'auteur, je sens que je passe de plus en plus à côté du bouquin, moi). J'adore l'évocation de la mère, folle à lier apocalyptique, collectionneuse de vaisselle victorienne à mettre sous vitrine sacrée, amoureuse de Noël, qui ne dort jamais dans le lit conjugal pour éviter "l'acte" et autres fariboles dictées aux humains par le démon. Le trait se fait presque tendre, tente de comprendre d'où elle sort la sorcière adoptive, du coup, je compatis. Que l'enfant adoptée ne sorte pas fraîche comme une rose et qu'elle rencontre quelques problèmes avec la notion d'amour, ma foi, rien d'étonnant.

Cinquième jour : je recommence à me lasser. Des va-et-vient entre les "c'était mieux avant" et "c'est pas beau maintenant". Même les paysages industriels, ils étaient mieux, c'est dire, avant il y avait des usines, maintenant, il y a des supermarchés.

Sixième jour : (pas sûre que ce soit vraiment dans l'ordre de la narration, en fait, je décroche de plus en plus). Jeanette a voté pour Taecher. Que Saint Jonathan Coe me pardonne, je continue quand même ma lecture. ( Il faut dire qu'elle le regrette après, en devenant féministe et homosexuelle)

Septième jour : bon, il faut que je termine parce que j'ai une autre psychanalyse sur le feu et que les interrogations de Jeanette sur pourquoi elle n'arrive pas à aimer, pourquoi l'homosexualité n'est pas une tare génétique et le féminisme une autre tasse de thé, je renonce.

Bilan : plein de trucs bien, sûrement une autobiographie de qualité, mais qui n'aura pas emporté ma fibre romanesque à moi. Des tableaux de la vie ouvrière du nord de l'Angleterre, de cette misère sentimentale qui casse les rêves mais permet la réalisation d'un parcours de femme en lutte, louable et honnête. Mais c'est moi qui suis restée sur le quai de la gare, finalement.

 

Athalie

 

Merci A.M. !