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27/08/2011

Des vies d'oiseaux Véronique Ovaldé

imagesCA4PRP2L.jpgJ’avais bien aimé l’année dernière Ce que je sais de Véra Candida, malgré le côté un peu roman de fille qui se bat contre le dur destin et le côté réalisme magique, dont depuis qui on sait n’est pas facile à suivre.

Mais là, Des vies d’oiseaux, m’a pas mal énervé parce que je l’ai acheté hier à Carcassonne (parce qu’à Carcassonne il n’y a pas que des boutiques à touristes et des guides qui prennent ces mêmes touristes pour des cons finis en dégoisant des blagues creuses et des approximations historiques d’un air supérieur de monsieur je sais et toi t’es qu’un pauv’ ignare, il y a aussi une librairie normale,  avec un rayon catharisme, quand même …). Et voilà, je viens de le finir. Pas pu m’en empêcher. Pas vraiment essayé. J’ai lu dans la voiture, j’ai même failli continuer sur le bateau à promenade touristique ( et oui, j’ai dit concession, les enfants en rêvaient) sur le canal du midi. Mais, là j’ai résisté parce que la guide était sympa et qu’elle avait l’air de bien l’aimer son canal. Donc, j’ai passé deux heures sans lire.

Les deux premières parties sont un vrai bonheur, la troisième, j’ai trouvé que le rythme se tassait un peu. Mais, c’est peut-être parce que j’étais trop dans l’immersion. Et puis la jolie Paloma est peut-être un peu lisse, si sa mère est floue, sa fille (oui j'avais oublié de dire que, c'est entre autre, l'histoire d'une mère et d'une fille) est peut-être un peu trop claire, en sur exposition.

Le style est ciselé à souhait, mais pas moyen d’en donner un exemple, pourtant j’ai cherché, pour une fois, c’est trop dentelle à voir dans l’ensemble. La lecture danse entre les mots, palpite et papillonne, arabesque et virevolte pour une histoire toute simple, celle d’une solitude, d’une rencontre et puis d’une autre solitude et d’une autre rencontre.

Vida Izzara se vit par procuration, elle est la femme de Gustavo, en robes d’intérieur surannées, elle a pris place dans sa cuisine, devant la baie luxueuse, d’une maison luxueuse, construite par son mari luxueux et regarde pousser les roses parfaitement ordonnée. Ce n’est même pas de l’ennui, c’est une forme d’acceptation dans une ville luxueuse et vide d’une existence immobile. Le mari, il n’est même pas atroce, juste pas là, dîners d’affaire et symposiums, assistante et non secrétaire. Sa femme  a visiblement cessé de l’intéresser depuis un certain temps déjà, puis a décidé ne pas s’en inquiéter, enfin, c’est vague et confus, une esquisse , comme elle, une jolie fille que le beau jeune homme plein d’avenir qu’était Gustavo, a choisi de tirer de la fange de Irigoy, une ville de la misère de nulle part, pour la placer dans un tableau où elle a dû avoir une place. Sa fille est partie, elle n’a pas vraiment su faire non plus avec elle. C’est une sorte de femme sans squelette, en décalé. Et puis, elle rencontre Taïbo. Et puis, ne pas s’attendre à un raz de marée amoureux, se laisser bercer par les vaguelettes.

C’est doux, c’est tendre, découpé en petits chapitres, des touches qui rajoutent et complètent, parfois s’arrêtent sur un moment en dehors : la scène du diner de « Mais qui saura d’où je viens ? », les deux pages de « Mon cœur en sautoir », quelques lignes par ci par là, une sorte de collections éphémères de petits mots de grâce. Peut-être bientôt oubliés … je me méfie de l’effet immersion en fin de vacances !!!!

Autre bonne nouvelle de la journée, mis à part que l’on foutra plus les pieds à Carcassonne, c’est que d’après mon homme, Carole Martinez a sorti un nouveau bouquin.

PS : cette note a été écrite avant que je revienne de l'Aude et retrouve Internet, d'où l'inutilité de ma dernière annonce .... devancée par A. finaude.