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28/01/2015

Les neuf cercles R.J Ellory

63779074.jpgUn policier, ex-engagé dans la guerre du Vietnam qui tourne en rond dans l'enfer de ses souvenirs, quoi de neuf sous la plume de la littérature américaine? Pas grand chose. Vraiment pas grand chose. Mais, ça peut être bon quand même, c'est le dernier Ellory. Malgré quelques déceptions, c'est du solide, Ellory, avec en plus un parfum du sud, un rien de "Seul le silence", un article de Dominique. Et je m'y colle aux neuf cercles.

John Gaines, après l'enfer du Vietnam, a passé le concours pour devenir policier, et est revenu auprès de sa mère, qui a son enfer à elle, un cancer auquel elle résiste depuis des années, peut-être attendant que son fils aime à nouveau, peut-être plus encore, grâce à ses incantations quasi-vaudoues anti Nixon.

Dans la petite ville du Mississipi, on tourne en rond, pantouflarde et tranquille, elle ronronne, et John Gaines aussi, dans un cycle pépère de contraventions civiles et routinières, d'une banalité reposante pour son traumatisme guerrier. 

Mais, surgit l'invraisemblable par les hasards d'une pluie battante : le corps  d'une jeune fille, toujours belle comme le jour, Nancy Denton, disparue depuis vingt ans, sort de la boue. Le corps a été préservé intact, donc (sic), comme son étrange blessure, une mutilation qui sent le bayou et ses sortilèges ... Dans le livre, surgit alors une autre voix, que l'on comprendra par la suite, être celle de Maryanne, la meilleure amie de Nancy, et avec elle, les souvenirs d'une radieuse journée d'été, le groupe des amis inséparables, elle, Nancy, le tendre et fort Mickaël, et les deux frères Wade. De la famille Wade, de la puissante famille Wade. L'un est lunatique, un peu à part, l'autre, un brin jaloux. Ce jour-là, Nancy avait une jolie robe, un pique-nique en forêt, une baignade, un air de tourne disque, une danse, les amoureux, Nancy et Mickaël, Mickaël et Nancy, tournent et s'aiment. Tout le monde s'aime. Et puis, plus rien. Nancy a disparu.

Depuis vingt ans, la mère de Nancy attend, Maryanne flotte entre deux temps, et l'amoureux, Mickaël est devenu une épave. Mis à part eux, toute la petite ville avait oublié,plus ou moins, un drame laissé entrouvert.

Une enquête à handicaps, donc, pour John Gaines, quelque peu inexpérimenté sur ce terrain là, ne disposant pas vraiment d'une logistique à toute épreuve, sans témoins, et avec comme seul suspect, un clochard halluciné, l'ex-amoureux de la disparue ... On se dit qu'il a intérêt à se sortir fissa de ses neuf cercles et d'avoir du ressort. 

Comment dire, même si le personnage tient la route, finalement, que certains coups d'accélérateur m'ont fait parfois y croire, l'intrigue est quand même peu haletante, marque des pauses, cohérentes, vu le contexte, mais les fameux ressorts sont un peu rouillés. Les portes du mystères s'ouvrent une à une avec des grincements poussiéreux, attendus depuis trop longtemps.

Un Ellory moyen, moyen, moyen moins, même. 

29/06/2011

Vendetta Ellory

gomorra3.jpgTroisième Ellory "noté" ici, à croire que j'ai des auteurs fétiches .... "Vendetta", moi, je le mettrai entre "Seul le silence", en un pour l'instant, malgré une intrigue quasi inexistante et une fin pas palpitante, un très bon bouquin ( Je sais, c'est pas logique. Mais mon homme vient de le finir et il est d'accord avec moi, comme quoi on est super raccord dans nos in-cohérences ...), et "Les anonymes" en trois.

"Vendetta", ça se lit comme un thriller et une saga sur la mafia, en alternance. Y'a un héros de chaque côté, un du côté du bien, et un, donc, du côté du mal. Pour l'alternance, c'est bien, ça équilibre le rythme de la lecture, ça rassure. Du côté du bien, un obscur agent du FBI ( il n'en est pas vraiment d'ailleurs, mais on va dire, pour simplifier, parce que autrement, il faudrait que je me lève pour aller chercher le bouquin et là, j'ai la flemme), et du côté du mal, un tueur de la "Cosa nostra", mais cubain, ce qui a son importance, que je ne dirai pas, évidemment.

Suite à un enlèvement et des concours de circonstances plus ou moins improbables (pas grave), les deux se retrouvent enfermés pendant une semaine et quelque. Le Bien doit écouter le Mal lui raconter sa vie, toute sa vie, et c'est pas agréable à entendre (mais à lire si, y a plein de pages bien sanglantes ...) mais c'est la condition pour résoudre le problème du début (l'enlèvement). Le Bien subit donc l'autobiographie du Mal, qui en profite pour retarder la révélation finale en retraçant une certaine histoire du crime et de la souterraine politique ... passionnant, en fait. Le Bien, il est aussi un peu impatient parce que amoché, violemment alcoolique, obsédé par son boulot, quitté par sa femme et sa fille qu'il aime, et que elles, elles l'aiment aussi, sauf qu'il a un tant soit peu exagéré, qu'il pourrait se faire pardonner mais qu'il faudrait pour cela que le Mal se dépêche un peu. Ce que l'autre n'a pas envie de faire et nous non plus.

Il n'y a qu'au bout d'un moment que ça a commencé à me démanger les entournures, parce que le Mal, il se met à exprimer des sentiments humains, voire nobles, on commence à le comprendre, plus ou moins ... et moi, je n'ai pas envie de sympathiser, même en fiction, avec un tueur de la mafia. La mafia, on sait bien que ce n'est pas le Parrain, la fidélité à la parole donnée, aux valeurs de la famille et tout le romantisme de Little Italie ...

Mis à pas ce petit bémol, "Vendetta" se dévore, sauf la fin qui est naze, mais bon là aussi, c'est normal dans le genre, et puis on lira le quatrième, pour voir.

Athalie