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27/12/2011

En un monde parfait Laura Kakischke

3860164178_ccb6970b72.jpgEn ce monde parfait, une hôtesse de l'air épouse un pilote de ligne, comme la bergère un prince charmant. Elle a la trentaine, semble empotée mais séduisante, haut perchée, notamment sur des escarpins madrilènes. Jiselle a laissé passer son bout de vie et ses bouts d' amours en figurante expérimentée, spécialisée dans les rôles de demoiselle d'honneur, parce qu'elle porte super bien les robes tartes. Rien d'une prédatrice, lisse comme une annonce d'embarquement dans un aéroport. Alors quand Mark, le très beau, très séduisant, très convoité, très viril, le super héros des  hôtesses de l'air, se met à lui mater les jambes et davantage, dans un romantisme tout aussi calabré qu'un piège à pauvre gourde, elle y croit et trois mois après, mariage. Un peu loupé, mais mariage. Voyage de noces : un peu loupé aussi mais voyage de noces. Faut dire aussi que le bellâtre y met la pédale douce et la joue en finesse, faut dire aussi que la Jiselle, elle met de la bonne volonté à se faire berner. Faut dire qu'il est veuf, qu'il a trois enfants, et plus de gouvernante (enfin, c'est ce qui est dit ...), des attentions à la mesures de ses intentions, une sincérité de papier glacé, une maison dans les bois, et que la Jiselle, elle n'a pas encore vu les trois enfants.

Faut dire que tout n'est pas à mettre sur le dos du marié fielleux, une drôle d'épidémie se propage, des phénomènes météo étranges s'en mêlent, la faune et la flore se détraquent. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant. Surtout que la candide Jiselle, elle va quand même se retrouver un peu toute seule, dans un pays où tout va aller doucement on ne sait où, mais surtout pas vers celui de Oui-Oui ou celui de la petite maison dans la prairie que l'on sait.

C'est efficace, drôle, sarcastique, inquiètant. Aucun grand discours moralisateur, pas d'analyse de "où elle va notre planète, regardez comme on n'a pas été gentil avec elle et réfléchissez-y avant qu'il ne soit trop tard et qu'on se mange tous entre nous, sauvagement, puisque sauvages nous sommes etc...". Plutôt un conte de fées qui se dérègle, une grande fille un peu nunuche qui tente de faire face aux dévastations qui la dépassent, mais avec ses moyens, imparfaits. Comment ne pas s'adapter quand la haine rôde. Pour moi, l'inverse de La route, quitte à faire grincer des dents de A. (qui me pardonneront quand elles le liront, sûrement, et seront même peut-être ralliées à ma "Barbie contre l'Apocalypse", qui sait ?)

Athalie