Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/03/2013

Entre ciel et terre Jon Kalman Stefansson

entre ciel et terre,jon kalman stefanson,romans,romans islandaisEntre ciel et terre, c'est bien là que l'on peut se sentir en lisant cette drôle de ballade islandaise, entre ciel et terre, lors d'une époque arrêtée dans la dureté des temps et les éléments, où l'homme est bien petit, et le pêcheur islandais encore plus ; la neige, la mer ( paradoxalement on voit peu le ciel et peu la terre, ces deux éléments là étant généralement recouverts par les deux autres), mais pour l'atmosphère de coton fantômatique, ça marche bien aussi, la mer qui gèle et la neige qui recouvre le tout. Tout ça pour dire que l'on ne sait pas trop où l'on est en fait ...

Barour a pris sous sa protection le "gamin" qui a quand même une vingtaine d'année et assez de passé tragique derrière lui pour en être quitte normalement, avec les dieux du malheur et de la misère qui veillent sur le destin des pêcheurs qui les prient. Vu qu'ils ne savent pas nager. Sauf que, lors de cette dernière sortie en mer, dans la barque minuscule, dans un petit matin fragile, ce ne seront pas les dieux qui provoqueront la tragédie, mais les vers d'un poète, égarés dans cet univers de brumes, ceux de Milton, deux ou trois vers du Paradis perdu.

Il n'avait déjà pas grand chose à lui, le gamin, sauf Barour, l'ami poète, sa seule famille, au milieu de ce monde de brutes épaisses et à barbes et à l'âme aussi hirsutes que leur menton, mais, lors de cette pêche, Barour va mourir, parce qu'à cause de son amour pour les vers, il a oublié sa vareuse et qu'il va mourir de froid, sous les yeux du gamin et des autres. Aucun ne l'aidera, aucun ne le peut, ce serait deux morts au lieu d'un.

De retour aux baraquements, le corps de Barour est laissé étendu sur la table et les pêcheurs s'en vont écailler les morues ramenées avec lui. Le "gamin" va alors partir pour le village de l'autre côté de la montagne, celui où ils avaient tous les deux projeté un avenir un peu meilleur et retrouver le fautif, le capitaine aveugle qui a prêté le livre à Barour, et causé ainsi sa mort.

Après, le gamin ne sait pas, mourir sans doute, par fidélité, ou vivre, par infidélité mais goût quand même pour les regards d'une certaine jeune fille, parce que deux femmes sont échouées là aussi, superbes, une femme corbeau et une femme venue d'ailleurs, parce qu'elles vont l'écouter, et qu' on y entend la peine d'un autre capitaine, dont l'amour s'est perdu en cours de route, sauf qu'il ne la retrouve plus, sa route  ...

Un bien beau texte, et malgré quelques dissertations sur la symbolique de la morue ( ce salaud de poisson qui vous tue et vous survit) et ces noms à la prononciation, même mentale, impossible, je suis régalée de cette, étrange, ben oui, poèsie ...

Et un grand merci à Jérôme, sans qui je ne me serait pas lancée dans ce sillage !

 

Athalie