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10/08/2014

Le tort du soldat Erri de Luca

C’est une première rencontre pour moi avec cet auteur connu et reconnu et que je ne connaissais pas, je veux dire que j’avais un nombre étonnant de fois, soulevé un de ses livres de la pile de nouveautés et qu’à  chaque fois, je l’y avais reposé. Pourquoi ? Aucune idée ….

Seulement voilà, il y a quelques mois, je suis rentrée dans une petite librairie indépendante dans une petite ville un peu éloignée de mes points d’achats d’habituels, et il m’est impossible de ressortir d’une petite librairie indépendante posée dans une ville quelque peu oubliée des grands axes culturels, sans contribuer à la cause. J’ai choisi, pour mon geste de solidarité, ce petit livre, en grande partie parce qu’il était petit, il faut le dire. C’est donc un petit geste de solidarité ….

Et sans doute un mauvais choix de ma part, car, je dois le dire, je suis restée parfaitement hermétique à l’intérêt de ce texte. Intouchée par les personnages et leur histoire, un récit alterné d’une rencontre unique et fortuite, et des conséquences, restées sans lendemain, à leur propre connaissance.

Le premier récit est tenu par un intellectuel italien, spécialiste de l’écrivain juif Isaac Bashevis Singer, assassiné par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Il est en train de traduire du Yiddish le dernier chapitre du dernier roman de cet auteur, qui a deux fins différentes. Un truc autour de la vérité, auquel je n’ai pas compris grand-chose. Il vagabonde entre souvenirs de ses visites à Birkenau, évocations du Ghetto de Varsovie et récit des ses escalades montagnardes, notamment celle qui le mène à l’auberge de la rencontre dans les Dolomites. Il y croise un couple, le père et sa fille. Un échange de regards plus tard, ils partent, et lui aussi, chacun de leur côté. Exit l’intellectuel.

La femme croisée prend la suite, elle se révèle être la fille d’un criminel nazi, non encore débusqué, et donc toujours en fuite, et surtout toujours nazi dans l’âme, convaincu que son seul tort est « le tort du soldat », c’est-à-dire d’avoir obéi  et d’avoir perdu la guerre, et que la guerre a été perdue car l’idéologie nazie ne s’est attaquée qu’à la population juive et non à l’âme juive. Affublé d’une fausse identité, il a vécu à Vienne sous un uniforme de facteur et tente de résoudre les mystères de la kabbale pour atteindre la compréhension de l’échec  …. Sa fille n’a rien voulu savoir de ses crimes, elle a décidé de l’accompagner de cette indifférence, elle décrit cet homme sans haine et sans amour.

 

Du coup, moi, j’ai trouvé cette histoire quelque peu plate : une femme frigide de la tête,(seul frémissement, le souvenir des vacances enfantines sur une île de soleil et le frôlement des mains d’un jeune garçon, muet …) un érudit solitaire et un nazi droit dans ses bottes et silencieux. Ces personnages me sont restés des énigmes, passant dans un décor peu animé, quelque chose d’un peu guidé et étriqué où même les Dolomites me sont apparues esquissées avec un arrière plan de Suisse Normande ( enfin, telle que je m’imagine la Suisse Normande, c’est-à-dire avec les couleurs du chocolat Milka, ce qui n’a strictement rien à voir avec le roman !!!!). Je me suis donc égarée en ces pages, sûrement très belles et bien écrites et un auteur à retenter, dans quelque temps ….