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08/10/2011

Il faut qu'on parle de Kévin, le retour

oui oui.jpgAvec deux des copines A., trois avec moi, c'était notre petit défi de copines A. d'aller voir le film (adapté du roman Il faut qu'on parle de Kévin, de Lionel Schiver). Histoire de s'en reprendre un coup de trauma, voir si on avait bien tout vu, tout compris, l'amour maternel pervers, le fils pervers, mais lequel des deux le plus ???  La troisième copine A. a déclaré forfait, il parait qu'elle devait garder sa petite fille ....

L'équipe A. retreinte à deux vigoureuses battantes,  avait le moral dans les chaussettes tombantes, le nez poudré de petites angoisses et le portable à portée de main en cas de crises d'étouffement subits. Il faisait gris et on est rentrées dans la salle obscure. Et on en est ressorties. Finalement, on a survécu. On ne savait plus trop articuler en sortant, mais on marchait quand même droit (enfin, je crois ...). 

Le film est-il bon ? Je ne sais pas trop, en fait. Les premières scènes m'ont semblé nulles, (mais j'étais morte de trouille) : des corps pateaugeant dans une sorte de sauce bolognaise pas cuite. D'autres encore après, très symboliques, presque fantasmagoriques : le sang macule des surfaces, du bon sang de peinture rouge bien gras et poisseux, la poursuite des fantômes d'Halloween, comment manger un litchi à la place d'un oeil ... d'autres scènes tapent juste, bien juste et bien fort : comment résister à l'envie de passer par la fenêtre un bébé qui hurle pendant des heures, rien que pour vous les briser menu, (les oreilles, s'entend), le réconfort du bruit du marteau piqueur qui crie plus fort que lui, ou comment décocher des flèches en plein coeur, au figuré d'abord ....L'actrice est excellente, elle est la mère coupable, pas coupable, mais quand même pas innocente, coupable qui résiste à la culpabilité, Kevin est parfaitement sournois, lucide et terrifiant, la grande maison trop belle, trop grande, déserte et froide, le père ne voit toujours rien, et rien ne vient arrêter le duel, le face à face de ce qui aurait dû être autre.

Qu'est-ce qui dérange dans cette histoire ? Qu'elle soit possible, on le sait, elle l'est, il y a des fils qui tuent. Pas les nôtres, mais ceux des autres, les mères de fils tueurs. Seulement voilà, là, la mère est normale comme nous, elle l'a voulu son fils, lui a sacrifié quelques trucs mais pas trop, comme nous, a voulu un truc normal, qu'il parle, qu'il joue, qu'il dise maman avant papa ... comme nous. Ce qui fait froid dans le dos.

Heureusement que, finalement, la mise en scène se mette en scène, que certaines ellipses se glissent, cela rend l'insupportable presque supportable.

Du coup, ouf, même pas mal. Mais peut-être quand même un peu, parce que y'a la copine A. qui est rentrée à pied, et moi qui suis passée dans une librairie, et qui n'a rien acheté. Ce qui n'est pas normal.

Athalie

PS : désolée pour la pub avant l'extrait, pas trouvé sans ...