Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/12/2012

Rescapée Fiona Kidman

rescapée,fiona kidman,romans,romans nouvelle zélandeUn roman d'aventure, un roman historique, un roman de moeurs, bien charpentré comme la coque d'un navire qui file droit sa route, un bon petit pavé comme on les aime ... "Un destin de femme", encore un à mon palmarès, mais aussi "des femmes" : Betty, "la rescapée", sa grand-mère et son ancienne institutrice devenue par hasard la confidente de l'aventure "honteuse". Le pluriel, ça change quand même un peu et du pluriel, il y en a d'autres aussi, sur fond de mixité pas assumée, de Maori et d'amours circonscrites sur des îles peu paradisiaques.

Betty est la descendante d'un couple de conscrits, des qui sont venus peupler l'Australie en purgeant leur peine loin de l' Angleterre, arrivés là par bateau pénitencièr. La peine purgée, ils se sont faits paysans pauvres, un peu relégués quand même. Betty va prendre soin de sa grand-mère pendant que sa tante prend soin, à sa façon, d'un autre conscrit, John Gard. Lui, il a commencé à s'enrichir un peu, chasse aux phoques, puis chasse aux baleines. Dire qu'il n'est pas un tendre est un doux euphémisme, disons qu'il n'exprime que peu de tendres sentiments. Comme prince charmant, on a vu plus convaincant. Ce rude célibataire a "le tison qui le brûle", et c'est la jeune Betty qu'il va choisir pour l'étendre. Pas vraiment la pleine passion pour elle, pas vraiment un vrai mariage, mais une alliance revêche et rapeuse, mais solide, entre ces deux là.

Deux enfants plus tard et deux comptoirs baleiniers ensuite, la rudesse de cette vie ne leur fait pas peur, entre massacres moaris et massacres de baleines, peu d'épanchements humanistes. Et le naufrage, John doit abandonner sur le rivage Betty et les enfants aux mains d'une tribu de "sauvages noirs". Quand, elle en reviendra, délivrée dans des conditions des plus louches et expéditives, c'est en captive qu'elle voit, et qu'elle est vue de la bonne société de Sydney. Qu'a-t-elle fait ? L'a-t-elle fait ? Qu'a-t-elle subi ? A moins qu'elle n'ait (" Non ....") ... ? Les bonnes langues autour de la table du gouverneur en laissent échapper quelques fantasmes.

Betty n'en dira rien, sauf à son ancienne institutrice, qui n'avait pour elle que mépris et ne jurait que par ses dieux grecs, mais prise elle aussi entre deux eaux de la respectabilité, son oreille se fait compatissante. Pendant ce temps-là, John grogne dans son journal : Betty a fauté, elle est salie, point de salut, sans un mot, ni pour la femme, ni pour la mère.

Evidemment, on finira par savoir le secret. Quant au sort de Betty et de John, le baleinier et la baleinière, ben moi, je n'en dirai évidemment rien. Sauf que les baleineaux n'ont qu'à se tenir loin de leurs eaux.

 

Athalie

 

De la même auteure sur ce même blog, des nouvelles d'un tout autre genre, mais plein de femmes dedans et moins de baleines : http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/06/16/gare-au...

 

PS : et un autre deal de choix.... Merci A.M.

17/06/2012

Gare au feu Fiona Kidman

2607404.jpgLes nouvelles, c'est pas trop ma tasse de chocolat. Je me suis laissée tenter par ce recueil parce que Fiona Kidman, sur un petit plateau d' "Etonnants voyageurs" avait l'air d'une mamie gâteau pas vraiment sage et que je voulais voir ce qu'il avait sous la crème anglaise.

Premières lignes : ouh là ! comment cela se fait-il que je me régale tout de suite autant, ça va retomber .... ( oui, c'est retombé, mais quand même pas trop) : "Le petit italien" : une amie d'enfance force plus ou moins la porte d'Hillary, ancienne provinciale devenue auteure reconnue ( tiens donc ...) et c'est le petit Nino qui rentre, avec toute la saveur d'un premier amour furtif et frustant. "L'historique des faits", où comment un couple adultère se défait comme il s'est fait, dans les bruissements et  les écorchures invisibles du monde. Dans "Extrêmes", des histoires croisées de femmes, toujours, de filles, d'avortement, ou non, de chances, ou non. Et ainsi continuent les tablotins à peine frisottés de permanente de femmes mures, le plus souvent respectables, qui recroisent leur adolescence souvent tremblotantes et discrètes avec de la flamme qui couvait en dessous. Elles ont pu parfois aller plus loin que là d'où elles venaient, mais il semble qu'on ne va pas beaucoup plus loin en Nouvelle Zélande qu'au bord de la mer. (Ce qui est logique pour une île ...) L'Australie se profile bien parfois à l'horizon, mais bon, ce n'est rien d'autre qu'une autre grande île, finalement. Des hommes aussi passent, qui aiment ces femmes fortes-là et les laissent partir ( "Le ciel se fige"), il y a bien quelques moutons aussi, mais peu. La première partie se révélait donc un peu répétitive quand est arrivée la seconde (logique, y'en a trois).

La seconde, donc, est constituée de trois nouvelles liées entre elles chronologiquement : le premier texte retrace ce que l'on peut savoir de l'histoire de Joyce : une jeune fille de la ville, placée dans un foyer pour "accouchement discret", doit abandonner sa fille, et se laisse ensuite épouser par un gros plouc qui a besoin d'une femme pour agrandir sa ferme. Joyce va tenter puis disparaître. Les deux nouvelles suivantes suivent le fil de cette descendance et de ce mystère, de femmes dures en mères aimantes, distantes, sans jamais vraiment lever les voiles.

La troisième partie ne comporte que deux nouvelles, peut-être celles que j'ai préféres, parce qu'après la langueur des amours perdues, elles ont un petit côté claquement de cymbales, un presque retour à la réalité bruyante, alors que ce sont elles aussi ont le plus un certain goût de rêve ( je sais, ce n'est pas clair, mais là, je n'arrive pas à dire autrement, alors je vais laisser comme ça ...). La première nous montre pour une fois, un homme, un  Premier Ministre tant qu'à faire, dont la générosité morale prend peut-être source dans de bien tardifs remords .... Et la dernière, ben la dernière, pour faire bref, elle sent le brûlé et traine des effluves de bal colonial.

Si ses romans sont de la même veine, je pense que je pourrais devenir accro à la Fiona, mais pour l'instant, je vais aller me promener vers le nord, le climat océanien, là, je fatigue ( et puis, toujours pas beaucoup de sauvages en vue, ils les ont cachés où les Maoris ? dans les rayonnages du fond ?)

Athalie