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06/03/2013

Etranges rivages Arnaldur Indridasson

etranges rivages,arnaldur idridasson,romans policiers,roman islandeLe bandeau annonce " Erlendur est revenu", soit, il est bien là, dans le livre, je veux dire, mais il est quand même resté coincé dans les replis de sa mémoire, en plus, il se met à voir des fantômes, ce qui n'est pas bon signe ...

Dans son fjord d'enfance, il s'est installé dans les ruines de la maison, la maison où il vivait quand son frère y vivait aussi encore, sa mère, qui aimait rire avant, son père dépressif mais qui jouait du violon de temps en temps, et lui était un grand frère, un peu jaloux d'une petite voiture rouge. Il y dort dans un campement approximatif, à ciel quasi ouvert, se réchauffe dans sa voiture, se douche à la piscine municipale ( détail qui n'est révélé qu'à la moitié du livre, alors que moi, son hygiène corporelle me turlupinait depuis le début, mais bon, c'est dire ma trivialité parfois quand je lis un livre qui m'endort quelque peu). Pourquoi il est là, il ne sait pas trop en fait, toujours son frère disparu qui le coince, je suppose.

Un jour, et toujours sans savoir trop pourquoi, Erlendur suit un vieux chasseur de renard qui va lui raconter une autre histoire de disparition, aussi lointaine ou presque que celle de son frère et sans rapport avec elle. Evidemment, comme c'est une histoire de disparition, elle va lui raisonner dans l'oreille. D'autant plus qu'elle bien tassée au fond du fjord.

Un soir d'une autre tempête, une jeune femme, Mattildur, est partie de son foyer pour aller rejoindre celui de sa mère et n'y est jamais parvenue. Elle est restée coincée quelque part, elle aussi, dans les replis des mémoires des vieux du village, de sa vieille soeur qui s'en souvient à peine, d'un vieux pêcheur, Ezra, qui tabasse les poissons fumés, et de bien d'autres ancêtres aux souvenirs troués, que notre enquêteur va aller interroger, toujours sans trop savoir pourquoi, juste pour savoir.

 Il faut dire quand même que la nuit de la tempête durant laquelle Mattildur a disparu, une patrouille de soldats anglais s'est aussi égarée, sur le même chemin qu'elle, mais dans le sens inverse. Alors que les recherches ont permis de retrouver tous les soldats, vivants ou morts (sauf un corps, mais c'est pour le suspens), elle, personne ne l'a jamais vue.

Il faut dire aussi que Mattildur, elle était un peu mal mariée, et que des légendes ont couru dans le fjord après sa mort, des histoires de vengeance post-mortem et de corps qui faisait du bruit dans le cercueil ...

Erlendur vaque, de maisons en maisons, pour reconstruire l'histoire, retrouvant en passant quelques éléments sur la sienne. Sans vraiment d'ennui, ni vraiment d'intérêt d'ailleurs, j'ai suivi Erlendur sur sa lande ( après tout, j'étais venue pour le retrouver !), quand même, je me demande toujours pourquoi il n'a pas mangé le poisson fumé d'Ezra. Suite au prochain épisode ?

 Du même auteur sur ce même blog :

Betty

La muraille de lave

La rivière noire

Athalie

 

03/03/2013

Entre ciel et terre Jon Kalman Stefansson

entre ciel et terre,jon kalman stefanson,romans,romans islandaisEntre ciel et terre, c'est bien là que l'on peut se sentir en lisant cette drôle de ballade islandaise, entre ciel et terre, lors d'une époque arrêtée dans la dureté des temps et les éléments, où l'homme est bien petit, et le pêcheur islandais encore plus ; la neige, la mer ( paradoxalement on voit peu le ciel et peu la terre, ces deux éléments là étant généralement recouverts par les deux autres), mais pour l'atmosphère de coton fantômatique, ça marche bien aussi, la mer qui gèle et la neige qui recouvre le tout. Tout ça pour dire que l'on ne sait pas trop où l'on est en fait ...

Barour a pris sous sa protection le "gamin" qui a quand même une vingtaine d'année et assez de passé tragique derrière lui pour en être quitte normalement, avec les dieux du malheur et de la misère qui veillent sur le destin des pêcheurs qui les prient. Vu qu'ils ne savent pas nager. Sauf que, lors de cette dernière sortie en mer, dans la barque minuscule, dans un petit matin fragile, ce ne seront pas les dieux qui provoqueront la tragédie, mais les vers d'un poète, égarés dans cet univers de brumes, ceux de Milton, deux ou trois vers du Paradis perdu.

Il n'avait déjà pas grand chose à lui, le gamin, sauf Barour, l'ami poète, sa seule famille, au milieu de ce monde de brutes épaisses et à barbes et à l'âme aussi hirsutes que leur menton, mais, lors de cette pêche, Barour va mourir, parce qu'à cause de son amour pour les vers, il a oublié sa vareuse et qu'il va mourir de froid, sous les yeux du gamin et des autres. Aucun ne l'aidera, aucun ne le peut, ce serait deux morts au lieu d'un.

De retour aux baraquements, le corps de Barour est laissé étendu sur la table et les pêcheurs s'en vont écailler les morues ramenées avec lui. Le "gamin" va alors partir pour le village de l'autre côté de la montagne, celui où ils avaient tous les deux projeté un avenir un peu meilleur et retrouver le fautif, le capitaine aveugle qui a prêté le livre à Barour, et causé ainsi sa mort.

Après, le gamin ne sait pas, mourir sans doute, par fidélité, ou vivre, par infidélité mais goût quand même pour les regards d'une certaine jeune fille, parce que deux femmes sont échouées là aussi, superbes, une femme corbeau et une femme venue d'ailleurs, parce qu'elles vont l'écouter, et qu' on y entend la peine d'un autre capitaine, dont l'amour s'est perdu en cours de route, sauf qu'il ne la retrouve plus, sa route  ...

Un bien beau texte, et malgré quelques dissertations sur la symbolique de la morue ( ce salaud de poisson qui vous tue et vous survit) et ces noms à la prononciation, même mentale, impossible, je suis régalée de cette, étrange, ben oui, poèsie ...

Et un grand merci à Jérôme, sans qui je ne me serait pas lancée dans ce sillage !

 

Athalie