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02/09/2013

Home Toni Morrison

Home, Toni MorissonJe n'avais jamais lu la grande dame de la littérature américaine. Elle me fichait un peu la trouille, à vrai dire, le prix Nobel, les encens, l'incontournable, par moi contournée jusqu'ici. Je ne sais pas pourquoi, je m'imaginais un truc super intello ( je n'ai rien contre les trucs intellos en général, mais là, si ... le côté révérences unanimes, peut-être ...). J'étais persuadée que j'allais rester en bas de la montagne de la grande dame, en regardant l’inaccessible Nirvana, pour à jamais resté neiges éternelles de ma désolation.

C'est alors que V., grande connaisseuse et fine lectrice de l'écriture américaine entre autres choses, ( V., oui, c'est une spéciale dédicace, ne rougis pas ...) m'a prêté "Home". J'avais acheté et mis de côté "Beloved", mais il était gros, "Home" est petit. Un petit, ça fait moins peur. En plus, il était marqué dessus que ce petit livre était une sorte de condensé de son œuvre. Commencer par un condensé + un petit condensé, me voilà convaincue de gravir la montagne.

V., je n'aurais qu'un reproche à te faire, pourquoi tu ne m'as pas dit avant que Toni Morrison, c'était juste beau ?  Pas bien écrit, pas bien construit, pas bien je ne sais quoi, juste beau. Grand petit livre, une claque, un coup de cœur, lu en deux heures au bord de ma piscine d'été, sans même faire un plongeon dedans, ce qui fait que le bouquin, il n'a même pas une éclaboussure, juste fermé un sourire aux lèvres, un goût de trop peu, deux heures accro à Franck Money, deux heures shootée au malheur, à l'amour et au bonheur.

L'histoire, euh ... une sorte de minimum de condensé de l'indispensable. Franck Money est un vétéran de la guerre de Corée, noir de peau, de là-bas revenu cabossé de l'âme, mais cela avait commencé avant, une histoire de chevaux qui se dressent debout comme des hommes, et d'hommes qui enterrent un autre, comme un chien. Il s'évade d'un hôpital psychiatrique dont il ne sait ce qu'il y faisait. Il a quitté la seule femme qui lui faisait un peu de bien, Lilly, pour aller chercher sa petite sœur, Cee,  qui voulait tout bien faire, parce qu'elle est née dans le ruisseau. Il a juste reçu un mot "elle mourra", alors il y va, en claudiquant, mais il y va. Il croise ses souvenirs, d'autres gens aussi comme lui, un peu cassés, mais beaux de la petite lumière qui mène les rêves au bout de la route. Un peu cabossée aussi, mais ce n'est pas très grave finalement.

Odyssée du malheur, Odyssée sans Pénélope, Pénélope-Lilly tisse une autre toile, peut-être celle de l'intégration du rêve d'être blanc, Franck et Cee vont prendre une autre route, pour trouver la place où ils doivent être et s'y tenir, debouts, juste. Pas plus, pas moins, juste beaux.

Je ne voudrais pas verser dans le lyrisme dithyrambique ( si cela se trouve, c'est déjà fait, tant pis ...), car si ce livre pourrait tirer des larmes, il est tout sauf larmoyant.

Juste beau.

Je sais, je me répète.