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29/05/2012

La muraille de lave Indridason

imagesCAC52HOL.jpgSigurdur Oli, j'ai mis un moment à le resituer. Il fait partie de l'équipe d'Erlendur, soit mais où ? à droite au fond, sûrement, derrière la plante verte, petit falôt formé à des méthodes américaines, ce coup-ci, c'est lui qui mène l'enquête. Les enquêtes, en fait, enfin enquêtes, c'est un bien grand mot et menées aussi. Le dépressif principal est parti en vacances on ne sait où et ne donne pas de nouvelles, comme dans le dernier du même auteur, La rivière noire où c'était Elinborg qui s'y était collée. Sauf que elle au moins, elle était toujours pressée, surbookée, les courses, les enfants qui posent problème, elle s'endormait en zappant devant la télé et tout et tout. Normale. Alors que Sigurdur Oli, c'est le genre belvédère qui a perdu son gaz, il a égaré sa femme sans s'en rendre compte, ne boit pas, ne fume pas, regarde des matchs de sports pas islandais comme d'autres regardent les vaches regarder passer les trains. D'où des enquêtes à sa mesure.

D'abord, sa mère veut qu'il retrouve l' infâme voleur qui pique le journal d'une de ses amies vieillissantes, de droite, comme elle, tous les dimanches matins. Il se met en planque, et râte l'infâme. Ce pourrait être drôle, ça ne l'est pas.  Mais notre sobre enquêteur n'a pas qu'une mère snob et vaguement castratrice, il a aussi  (ben oui) des amis, dont un qui va lui demander de régler "à l'amiable" une affaire de chantage bricolée par des amateurs pour le compte d'une vague connaisance de l'autre qui ne veut pas que ses partouzes nuisent à sa carrière politique. Ce que l'on peut comprendre, en soit, mais c'est long à écrire et en fait, ne mène pas à grand chose. Sigurdur s'en mêle donc, se prend les pieds dans le tapis de sa hiérarchie et de fausses pistes en vrais leurres, confond tout sauf les coupables : accuse un mari, et finit de perdre sa femme ( ce que l'on comprend  ...) . Quand on arrive enfin dans les hautes sphères du pouvoir financier, dont les vrais coupables attendent l'explosion, ben, c'est tellement loin du point de départ, la collusion d'intérêt, le blanchiment d'argent sale, les taux d'intérêt factices et tout le tremblement des geysers artificiels, qu'on y croit plus vraiment. Sauf à une sorte de hasard qui nous a amené là. On monte quand même jusqu'à la montagne de lave, mais uniquement parce que c'est trop tard pour faire demi tour.

Les recherches tâtonnées de Sigurdur Oli s'entrecoisent avec le récit de la vengeance pathétique du "petit Drési" sur le salaud qui a fait de lui une épave, peut-être le meilleur du roman, mais les deux fils sont mal raccrochés et ça balotte.

Bref, la figure de l'enquêteur alcoolique et fatigué est peut-être lassante à force de redites ( voir Ellory Les anges de New-York) mais alors celle de l'enquêteur et propre sur lui et sans compassion et presque sans faille est lisse comme des pages où il ne se passe pas grand chose ...

Athalie

12/03/2011

La rivière noire Indridason

9782864247586.jpgBon, puisque personne ne s'y colle, je m'y mets.

Il est sorti sans crier gare, celui-là.

Il fut un temps où le dernier Indridason mettait notre petit groupe de lectrices en émoi : "Il est sorti", "Oui, je sais, je suis passé le prendre à la Fnac, hier ..", "Mince, j'ai pas le temps cette semaine, j'irai samedi, de toute façon, j'aurai pas le temps de le lire cette semaine.Il est bien ?", "Je ne sais pas, j'ai pas eu le temps de le commencer, et de toute façon, je n'aurais pas le temps cette semaine non plus". Mais, bon, y'en avait une qui l'avait, c'était déjà ça.

Ca avait commencé à "Etonnants voyageurs", une fois de plus ... avec la copine A.B., on flanait dans les rayons, pas vu grand chose encore (Boyden était-il là cette année là ?), voire rien, on traîne entre les piles de livres, histoire de bien se remettre dans l'imaginaire : "tu l'as lu celui-là" "Ah, oui, génial !" et celui-là ?" "Non, connais pas", "Comment tu connais pas ? mais comment t'as fait, il est excellent ! Ben, parce que je suis la dernière bécasse à qui t'en cause ... ( Il faudra qu'on cause d'Euréka street, d'ailleurs). Bref, un libraire qui avait compris qu'on aimait le "rouge qui tâche" nous a conseillé Indridason, on est reparties avec La cité des jarres et La femme en vert, et après ça, c' était parti, on attendait le dernier et après, on a fait comme une tâche d'huile ...

Donc, je passais il y a une quinzaine et quelque dans un des super marchés de bouquins rennais, et je le vois, surprise mais pas d'hésitation, je tends le bras, je l'attrape, le cale avec les autres achetés pour le boulot et hop, passage à la caisse. Y'avait pas assez de monde pour que j'ai le temps de lire le quatrième, je l'ai lu dans le bus. Tiens, pas de Erlendur dans celui-là ... ? (je dois encore écorcher le nom, mais y'a bien quelqu'un qui me rectifiera ...) Pas grave.

Donc, vacances, donc temps de le lire. Et bien, c'est bien de se couler dans les chaussons islandais. Tout y est comme d'hab, c'est lent, l'enquête se traine, les rencontres sont improbables : ah ! la dame des ondes qui a vu un boiteux passer ... tout se trame sans que l'on sache comment on va arriver à la fin, des fois, on se demande si il va finir par en avoir une, de fin. C'est une société étrange qui se montre, d'infinies solitudes, de noirs secrets, une si petite société où l'on peut recenser les malades d'une épidémie de polio et aller les interroger un par un, puis si grande qu'il faille prendre l'avion pour vérifier une simple intuition ... c'est ça qui m'a plu en fait, une forme d'exotisme du froid.

Athalie