Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/12/2011

L'année du jardinier Karel Capeck

pivoine.jpg

Un drôle de petit bouquin, une drôle de petite lecture ...

Cueilli par hasard, en passant dans un grand truc commercial où on vend des TV, des radio réveil, des trucs numériques à n'en plus finir que je ne sais même pas que ça existe dans la vraie vie ni dans quel sens ça se plante, pas. Bon. Avec mon homme on sortait d'un grand débat sur la taille de l'écran qu'on va s'offrir pour Noël. Je sais, ça fait rêver. Nous, on est à fond pour la magie de Noël .... 60, 80 cms de diagonale d'écran (ben, oui, la taille, c'est en diagonale, pourquoi ? parce que c'est marqué sur l'étiquette rouge autocollante sur les écrans, avec d'autres infos, qui m'échappent aussi, je m'en fiche, moi, je veux un truc avec un look sympa qui aille bien avec mon meuble T.V super branchouille.). Mais comme il y avait des livres aussi, et que je ne peux ressortir d'un truc où l'on vend des livres sans en acheter un, au cas où tous les magasins qui vendent des livres fermeraient définitivement leurs portes ... Un peu comme les jardineries, en fait.

Le livre est découpé en petits chapitres, un par mois, avec les occupations jardinières pour chaque, pas des vraies, mais des presque vraies. On va ainsi de janvier à décembre, de l'attente de la saison nouvelle à l'attente d'une autre saison nouvelle. Entre deux chapitres, des digressions, jardinières aussi, sur la différence entre le jardinier "de fleurs" et le jardinier de légumes", sur les achats frénétiques de plantes qu'on n'a pas encore, sur l'éternelle volonté du jardinier de recommencer son "oeuvre", sur les affres de la mauvaise terre, dont quelques pages sur la terre argileuse : sa dure conquête, son peu de reconnaissance et de constance,  (là je m'y suis vue, avec mon sac de compost et ma binette à lutter contre le destin qui m'a fichu une terre dure comme un caillou en été, glaiseuse  quand il a plu, avec en life les commentaires exaspérants de mon jardinier-expert de beau père "Mais tu vois bien qu'elle pousse ta haie", quand le truc ridicule qu'il voulait tailler atteignait à peine les trente centimètres deux ans après deux ans de soins attentifs, ou alors "Il faudrait que tu mettes de l'engrais", quand je venais, de rage, de vider l'arrosoir entier de "corne de sang séchée bio" au pied du machin qui ne faisait que me narguer, des pucerons plein les maigres brindilles). Il ya aussi des énumérations infinies de noms de fleurs, inconnues mais poétiques à souhait, parce qu'inconnues (Jules Verne fait la même chose avec les noms de poissons, mais, je ne sais pas pourquoi, le poisson, ça me parle moins), la peur de l'orage subit et violent qui va briser en quelques secondes une beauté éphémère de quelques jours ( mes pivoines !!!) et l'attente de quelques mois ( ou années en ce qui concerne les pivoines, ce qui explique le cri d'angoisse précédent), la peur du vide, le goût du trop plein, la lutte incessante contre les mauvaises herbes et les cailloux dans les plates bandes qui doivent se régénérer depuis le centre de la terre,c'est pas possible autrement qu'il y en ait encore, la compulsion compulsive des catalogues où les plantes proposées sont toujours celles qu'on voudrait avoir mais qui ne poussent pas comme dans les magasines où tout est toujours harmonie parfaite.

Un petit livre de curiosités, mais à réserver aux A. qui ont un jardin et qui y plantent des trucs. Les autres passeront leur chemin sans regrets ( à moins que l'homme de A.M.L. ne se reconvertisse en jardinier "des fleurs" ...).

Athalie

PS : si vous avez un avis sur plutôt 60 ou plutôt 80 de diagonale, pour la taille de l'écran ....