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29/12/2012

Cold in hand John Harvey

cold in hand,john harvey,romans,romans anglais,romans policiersMa foi, j'ai dû louper un épisode ou deux de la série, moi. D'abord, je ne savais pas qu'Harvey avait repris la série de Nottingam, celle avec Resnick. Du coup, bien contente, la Athalie se lèche les babines. J'ouvre, et oh ! nouvelle surprise, v'là Resnick, qui s'est mis en couple ! Ma foi encore, ça m'a fait un choc ! Un peu comme si Wallander sortait de sa dépression chronique ou que Erlendur retrouvait enfin son frère ( Oui, je sais qu'il est mort, le frère, mais bon, c'est pour dire l'ampleur du choc)

Resnick, l'immigré polonais qui trainait sa langueur au rythme du jazz à l'ancienne, celui qui n'avait jamais rien de normal à manger dans son frigidaire, ce qui ne l'empêchait pas de se tacher la cravate avec, celui qui se contentait très bien de ses trois chats pour seule conversation humaine... Bon, ben le voilà maqué, et amoureux, sacrément même, avec la petite dernière de sa brigade, la Lynn Kellog, qui débarquait juste de sa campagne mais apprenait vite. Ben, elle a gravi les échelons, la jeunette... Et aussi au commissariat.

Resnick, non, pas vraiment, il attend plus ou moins la retraite, alors que elle, elle vient de mettre fin avec brio et douceur à une prise d'otage d'un pauvre forcené à bout de course. Tambour battant, elle file rejoindre le resnick pour une douce soirée de la saint valentin quand sa route va croiser celle de Kelly Brent qui est en train de transformer une jalousie amoureuse en une rixe entre deux bandes adolescentes. Lynn s'interpose, deux coups de feux éclatent. La policière n'a presque rien, la jeune fille est morte.

Très vite, le père accuse, Lynn se serait servie de Kelly comme bouclier. Elle est responsable, elle doit payer pour ça et aussi pour toute sa haine au père, haine de tous et surtout des blancs : un sacré provocateur au bagout bien senti. Resnick se retrouve responsable de l'enquête pour innocenter sa belle, ce qui va lui faire tourner ses cornichons au vinaigre.

Une deuxième enquête commence, Lynn toujours en première ligne, au centre d'une nébuleuse : prostitution, traffic d'armes, corruption. Un requin lui offre des fleurs et tourne autour des pots. Rien n'amadoue la Lynn jusqu'à ce que tout s'arrête et que Resnick ne soit bien obligé de reprendre là où Lynn est tombée.

A la fin, on ne saura pas vraiment tout sur tout, des bouts d'histoires flotteront encore, perdus en route par inadvertance narrative ou lectrice. Mais ces changements de rythme, de la description d'états d'âme souffreteux, de colère sociale et frustration raciale, de la description flaneuse d'une boutique de masseuses importées, d'une banlieue, lents et fouillés, sans en avoir l'air, mènent aux moments de charme d'un repas partagé, ces coups d'yeux incisifs mais dans les coins, mènent son lecteur par le bout du nez.

Pourvu que Resnick ne prenne pas encore sa retraite, même si sur ce coup-là, il aurait de quoi se reconvertir au jardinage.

 

Athalie

 

Du même auteur sur ce même blog : http://aleslire.hautetfort.com/archive/2011/12/22/traquer...

 

23/12/2011

Traquer les ombres John Harvey

imagesCAS788FS.jpgIl y a tout ce que l'on peut apprécier (ou pas ..) d'un bon vieux polar à atmosphère comme on peut les aimer (ou pas ...) dans ce John Harvey-là. Soit on aime et on se coule dedans comme on enfile des chaussons, les deux pieds biens à plats, tranquilles .... soit on n'aime pas et alors on reprend ses talons aiguilles pour faire de la haute voltige en parachute. Ce qui fait que moi, j'aime bien les chaussons.

Deux enquêteurs dans une ville moyenne, plutôt bourgeoise, en Angleterre ... avant l'ère de la clef USB, sinon, il y aurait deux trois trucs qui ne tiendraient pas dans l'intrigue (il y en a d'autres d'ailleurs, pas mal, mais ce n'est pas très grave, les chaussons peuvent être troués, il n'en restent pas moins confortables). Les deux enquêteurs, confrontés à un meurtre violent, pratiquement sans indices et sans mobile, évidemment, vont dérouler la pelote en faisant un pas en avant et un pas en arrière. Lui, Will, est un jeune père de famille, quelque peu débordé et légèrement rétrograde, mais sympathique ; elle, Helen, femme seule et pas dérangée de l'être, l'alter égo efficace mais point sans vie personnelle quelque peu complexe, ce qui nous fait  "couple littéraire" gentillement formaté. La victime est Stephen, jeune universitaire fondu de cinéma, retrouvé assassiné dans sa douche au milieu d'une maison dévastée. Seulement voilà, il est homosexuel et il avait un amant. Lisses comme des sous neufs, les gars : unis depuis trois ans, intégrés, sans bavures.  Il y a juste que Stephen tentait de faire la biographie d'une ancienne star du cinéma, Stella Léonard, et qu'il venait d'éconduire l'amant, qui avait du mal à s'en remettre. Le lien entre les deux ? Ben, comme dit, ça se tricote. Ou pas.

Du coup, si je n'avais pas d'autres propositions alléchantes à me mettre sous les lunettes, je serais bien retournée faire un tour du côté du bon vieux "cycle de Charles Resnick" (l'enquêteur de Coeurs solitaires, Scalpel, Lumière froide, Proie facile etc et dans le désordre), histoire de retrouver tranquillement un terrain connu et balisé ...

Athalie