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21/08/2012

Parti tôt, pris mon chien Kate Atkinson

imagesCAU7FSC3.jpgQui se révèle être, plus ou moins, la suite de "La souris bleue", où du moins, l'on retrouve Jackson, un Jackson qui "regrette dieu" mais égal à lui même, après la tornade Julia, après l'ouragan Tessa, avec un petit garçon en pointillé, mais sans sa fille, ado rebelle devenue ( ce dont on pouvait se douter ...) Un Jackson presque mystique, donc, qui vogue d'abbayes anglaises en abbayes anglaises avec une seule vague enquête sur le feu : découvrir les origines d'Hope Mac Master, née en Angleterre, de parents qui vont se révéler inconnus, adoptée par un couple charmant et menant sa vie en Nouvelle Zélande, une cliente à points d'exclamation et une recherche en suspension. Evidemment, c'est une enquête prétexte à autre chose, prétexte à prendre des routes de campagne, à s'arrêter en chemin. D'autres chemins de traverse ne croisent pas forcément tout de suite les circonvolutions du détective privé en quasi retraite. En forme d'impasse, la route de Tilly, vieille actrice qui finit sa petite carrière dans un roman à succès ( sans qu'elle y soit pour quoi que ce soit), sa mémoire file à vaut-l'eau, mais elle garde l'image d'une petite fille, dans un centre commercial, qui semblait bien avoir besoin d'aide, elle aussi. En forme d'autoroute aléatoire, la route de Stacy. Retraitée de la police, sorte de dragon redouté et efficace, hommasse au coeur tendre, elle garde, elle, le souvenir d'un appartement où un enfant a survécu auprès du corps de sa mère assassinée.. Alors quand elle croise le visage morveux d'une petite fille, rendue presque demeurée par son futur destin pas trop beau, et bien, elle l'achète à sa pute de mère, même pas très cher. Jackson, lui, pendant ce temps là, sauve un chien, ce qui n'est pas pareil évidemment, mais quand même un peu dans le roman, où avoir charge d'âme vous fait basculer les personnages dans l'humanité fragile. Ce qui n'avance en rien l'enquête de Jackson, bien sûr. C'est du Atkinson, quoi ... Mais un Atkinson qui traîne un peu en longueur, surtout au début, le temps de remettre en place tout le passé de Jackson. Même en version courte, quand on le connait déjà, on a envie de passer à la suite. La construction narrative est également un peu moins efficace que dans "La souris bleue", on se croirait parfois dans une carte du GR, mais des viaducs pour passer d'une route à l'autre. Cependant, à lire parce qu'il y a des pages d'une tendresse pointilliste pour une petite fille qui tient sa baguette magique solidement, aussi solidement que Tracy sa bouée de sauvetage miniature.

Athalie

Autre note sur un autre roman de la même auteure sur ce même blog :

Dans les coulisses du musée

 

12/04/2012

La souris bleue Kate Atkinson

la souris bleue kate atkinson,roman anglaisMon homme vient de le commencer, et il me dit, "ça commence, bien, La souris bleue", un bain de sang ! Moi "Ah tu es au troisième antécédent ?" Lui : "Non, au deuxième". Il a raison. J'avais oublié les bains de sang. C'est parce qu'ils sont en sourdine, giglant mais en sourdine, comme une douleur qui ne jaillirait pas vraiment, du moins dans l'écriture qui tournicote autour.

La souris bleue est le nom du doudou d'Olivia, une peluche rapée et un poil fatiguée d'avoir été tortillée, un doudou normal. Olivia est la soeur cadette d'une famille de quatre filles, c'est elle la parfaite, la mignonne, l'attachante, la seule aimée, la future victime, la disparue depuis trente ans, un soir d'été, de la tente surchauffée dans le jardin, elle n'est jamais revenue. Fille de Victor et Rosemary ; Victor, pas vraiment un père, une ombre de grand mathématicien et un pauvre type, Rosemary, une mère déjà lassée de l'être à force de l'être trop souvent et de l'avoir été trop tôt. Les trois autres soeurs ont survécu. Premier antécédent.

Deuxième antécédent ; Théo et Laura. Théo, le père en mère poule bien ronde, et Laura, sa fille préférée et parfaite. Un hasard ou deux et le sang gicle.

Troisième antécédent ; Michelle, Keith et le bébé qui pleure, les heures de sommeil qui se grapillent, le temps pour soi contre le temps de la perfection, sauf que l'exaspération rode et la hache flotte par là.

Ouais, mon homme a raison, ça a l'air grave, finalement.

Fin des antécédents ; arrive Jackson, il est détective privé, enfin plutôt vaguement quand même, parce qu'il a surtout mal aux dents et recommencé à fumer. Avant, il avait une femme, une maitresse femme depuis  reconvertie en femme d'intérieur, mais avec un autre, et il a lui aussi une fille : huit ans, elle lui claque le coeur comme une petite bombe qu'elle menace d'être. Lui aussi, il a un antécédent, le numéro quatre, mais on ne le saura que quand les fils des autres seront emmélés les uns dans les autres, sans que l'on ai vu vraiment comment. Pas grave.

Jackson rêve d'une retraite dorée dans un pays de cocagne où la baguette pousserait sur les placettes à pétanque. Sans rire. En attendant, il n'a qu'une enquête sur le feu, et elle ne brûle pas, ni ne fait bouillir la marmite : une hôtesse de l'air bonâsse soupçonnée d'infidélité par son mari idolâtre alors qu'elle passe son temps à tondre sa pelouse, faire des courses et la gueule. Il la suit d'ennui, clopes au bec. Une vieille aux chats lui fait faire quelques premiers détours : toquée fasciste persuadée qu'on ne lui vole que ses félins négros.

De fil en pas d'aiguilles, de suiveur pépére en séducteur malgré lui, de détours en méandres, Jackson va arriver au bout du labyrinthe ; et nous avec, accrochés aux fils de ses virages, circonvolutions, têtes à queues improbables et illusoires romanesques, on s'accroche à la lenteur d'enquêtes qui n'en sont même pas. Enfin, pas des vraies, sauf que c'est juste à savoir comment les pères aiment leur filles, que deviennent les filles disparues (ou pas) dans la tête des autres, ceux qui restent à compter leur âge, trouver, retrouver leur visage et que sont les pères devenus.

C'est drôle et triste comme une souris bleue au fond d'un tiroir, comme une vieille fille qui va à l'enterrement de son père en collants rouges, comme une comédienne ratée mais super sexy.

Une histoire de gâteau en chocolat avec de la crème anglaise dessus et un couteau à l'intérieur. Un vrai régal.

Athalie

 

 

 

 

 

 

21/06/2011

Dans les coulisses du musée Kate Atkinson

imagesCAISFYN0.jpgDans les coulisses du musée, il y a vraiment plein, plein de trucs tout foutraques et de traviole, de guingois, et ça brasse les personnages et les époques au point que, des fois, on se perd un peu dedans, et brasse les sentiments aussi, au point qu'on les retrouve, mais au détour, par hasard, juste dans le petit coin de la page.

Les amours sont des désamours, les soeurs disparaissent, les mères aussi parfois ; des photos vont et viennent, anciennes et menteuses, un médaillon passe de main en main, trace d'un temps qui n'était pas mieux, en fait ...Les mariages s'enchaînent et les morts se succèdent, cocasses ou pas, la tristesse est rattrapée dans la vision d'un sapin de Noël qui est resté un peu trop longtemps se dessécher, avec les boules de verre toujours accrochées, dans un fer à repasser oublié, dans un grand placard aux objets trouvés.

Le manque d'amour enfante des filles qui luttent contre les monstres de dessous les lits et les vampires des escaliers, qui aiment Edvis Presley, puis les Beatles, se coiffent les cheveux à la Joan Baez, finalement, des garçons aux cheveux blonds, bouclés comme des anges et des yeux myosotis, du même myosotis que le décor des tasses de café et qui disparaissent ...

Ce sont des histoires, des scènes de comédie, vaudevilles quotidiens où une ménagère pourrait bien s'enfuir avec le perroquet mais finalement non, où un mariage pourrait se dérouler normalement et finalement non, où un voyage en Ecosse pourrait être des vacances et finalement, non (mais ça, on s'en doutait dès le départ ...), où des jumelles pourraient bien avoir quelque chose d'extraterrestre et finalement oui, un peu ...

Valse même pas mélancolique, un joli moment de lecture.

Merci à Agnès de m'avoir fait découvrir cet auteur (entre autres) ....

Athalie

PS : un résumé "normal"

Dès l'instant précis de sa conception, une nuit de 1951, Ruby Lennox commence à voir, à comprendre, à sentir. En particulier, elle sait qu'on se serait bien passé d'elle... Et elle raconte son histoire, celle de ses parents George et Bunty, petits boutiquiers d'York, de ses soeurs, de toute une famille anglaise moyenne, on remonte dans le passé, dans l'arbre généalogique de la famille. Moyenne et ordinaire, sans l'être.