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12/05/2015

L'arabe du futur, Riad Sattouf

l'arabe du futur,riad sattouf,romans graphiques,autobiographiesQuand mon homme est rentré à la maison avec cette bande dessinée sous le bras, honte à moi, mais j'ai lâché le Modiano en cours illico presto ( ce qui lui vaudra quelques aventures ...) et je me suis ruée sur ce titre, ô combien louangé, me semblait-il. (voir les restrictions d'Hélène)

Et rapidement, je n'ai pas compris ce qu'il y avait à louanger autant là ... Je passe sur le dessin, je n'y connais rien et il m'a semblé assez classique pour un roman graphique tels qu'on les lit depuis un certain temps, monochrome tirant vers le gris, avec des nuances de vert, jaune,bleu, pour distinguer les époques ( enfin, je suppose ...), et des gros traits noirs pour les personnages, très cadrés moyen.

Il est donc question de la jeunesse de l'auteur au Moyen Orient de 1978 à 1984. L'auteur est blond, très blond, ce qui lui vaut l'admiration de tous, vu qu'il est né d'un père sunnite syrien et d'une mère bretonne. Mère que le père a draguée de manière pitoyable au restaurant universitaire de la Sorbonne, et elle, prise de pitié, futla bonne copine qui se rend au rendez-vous.

Pauvre mais ambitieux, le père court après son titre de docteur en histoire, l'obtient sans gloire, se branche les oreilles de rancœur à Radio Monte Carlo avant de décrocher un poste de "maître" en Lybie. Premier séjour en dictature pour la famille. La mère, soumise, se convertit à un repassage éternel et à l'ennui. L'auteur ne découvre pas grand chose du pays, et nous non plus, du coup. Les affiches de propagande, les lézardes des murs des appartements, les restrictions alimentaires ... Cependant, rien n'entame les certitudes paternelles dans la croyance en la réussite de la politique de Kadhafi, et surtout dans la recherche de la sienne, qui si, elle pouvait se concrétiser sous la forme d'une Mercedes serait davantage la bienvenue encore.

Profondément agaçants, les personnages se limitent à leur hauteur de vue, et le narrateur à celui de son enfance, pas de distance critique, il reste dans l'admiration du père, et on se demande bien pourquoi, vu qu'en même temps, il en dresse un portrait de faux-cul de première.

La famille retente sa chance en Syrie, un retour aux sources auprès de la famille paternelle, et un nouvel espoir pour le père, construire une grande maison. Hafez El Assad remplace Kadhafi et le même point de vue d'un appartement vide sur un autre pays encore plus pollué, plus sale ... les habitants y sont les mêmes, ils puent la sueur, pour les femmes, l'urine, pour les hommes, les enfants y sont violents, stupides et morveux. Ils ne jouent pas avec les chiens, ils les enfourchent ... 

Le père est toujours aussi borné, l'enfant, toujours aussi, blond, la mère suit.

Je n'ai jamais fichu les pieds dans une dictature arabe, la véracité de la vision donnée n'est donc ce qui m'a dérangée, vu que je n'en sais rien. Juste, je me demande quel est l'intérêt de livrer cette vision, peut-être enfantine, mais justement, parce qu'enfantine, réduite à des sensations primaires et égocentriques et aux "analyses" politiques à très courtes vues d'un père spongieux et incohérent ....