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27/03/2012

L'insomnie des étoiles Marc Dugain (note de rattrapage)

marc dugain,roman françaisCe n'est pas le roman de Dugain que j'ai préféré, mais " le pas mal du tout quand même" étant plus facile à rattraper, parfois, que "l'excellent "qui résiste à la note, ( voir en bas de la page deux liens vers deux présentations du Seigneur des porcheries, roman qui m'avait si sciée que je me lancerai pas dans un rattrapage sur ce coup là, vu que tout y est dit), je reviens vers cette "insomnie", moins percutante que La malédiction d'Edgar ou Une excécution ordinaire, mais quand même.

Dans un monde d'abord "infini et clos", flottent Maria, sa faim, sa soif, ses bribes de souvenirs. On ne sait quand, ni où, ni qui elle est. Une ferme, un silence, une adolescente, on avance dans un brouillard dense et lourd. Y a du danger autour, c'est sûr, ça se sent dans le vent, dans l'immobilité humide et froide. Maria a perdu ses lunettes, c'est peut-être aussi pour cela qu'on y voit pas très clair. En tout cas, du coup, elle ne peut plus lire les lettres qui sont arrivées, celles de son père, lettres silencieuses, donc d'un disparu en uniforme. On dirait que c'est tout ce qui lui reste. Mais de quoi ? Le brouillard stagne et l'écriture, prégnante et serrée fait qu'on voudrait le trouer. Doucement, quelques éléments bougent, profilent des contours : une sorte de débacle, des profiteurs rodent, inspectent repartent, reviennent, se servent. Maria s'en cache, se terre dans les coins. Mais où et quand est-elle ? La ferme est vidée, un cadavre reste, encombrant, se décompose sans se laisser oublier. Le temps passe, c'est un eu plus de lumière, et apparait droit dans ses bottes un capitaine en uniforme, Louyne, sauveur ? prédateur ? sauveur, ouf. Il récupère Maria et on commence à peu mieux voir le paysage historique.

Donc, on est en Allemagne, après la défaite nazie, les alliés viennent faire le ménage. Le village où les français ont été affectés à la remise en marche du normal, est dans le sud du pays. Petit, perdu, rien de bien grave ne semble s'y être passé. Le nazisme les a frôlé de son aile, à en croire les habitants, sans que l'apocalypse fasciste n'y ai pris corps, ni âme. Soit.

Sauf que Maria a un truc qui cloche, et le village aussi, finalement, et que les deux sont quelque peu liés, ce que Louyne va chercher et trouver. Enquête policière au pays des amnésiques volontaires, le roman donne à voir l'arrière du fond du crime, rend visible l'infâme ordinaire, puis l'infâme tout court. Ce qui est petit à petit ainsi révélé n'est peut-être pas  aussi surprenant, aussi mystérieux qu'on ne soit complètement chamboulé et retourné. On peut  y voir évidemment une faiblesse romanesque. Maria ne devient qu'un prétexte, un fil d'Ariane, elle s'efface, se dilue dans l'histoire si sombre de la Grande. Louyne, oui, un peu trop toujours droit dans ses bottes, sans doute, justement parce qu'il n'en a pas des doutes. Résolument du côté du bien. Le romanesque aurait aimé un rien de vacillement, un peu moins de minimalisme lapidaire, un pas de côté, même un petit ...

Dommage, sans doute, pour le roman, ce qui n'enlève rien me semble-t-il, à la qualité du propos, la justesse de la démarche. Le romanesque peut sûrement passer après l'histoire, quand l'Histoire doit être dite. Ce qui est super sentencieux, comme phrase droite dans ses bottes, d'ailleurs.

Athalie

Donc, Le seigneur des porcheries ....

http://voyelleetconsonne.blogspot.fr/2012/03/le-seigneur-...

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2009/12/seigneur-des-...

qui est aussi un "must" de A.B, d'ailleurs, c'est par elle que comme souvent, j'ai ouvert ces pages !