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01/11/2011

La cucina Lily Prior

la cucina,lilly priorUn petit régal que ce petit livre là, qui a failli me coûter un endormissement très tardif, vu que je n'arrivais pas à le lâcher, on se lèche les doigts en dévorant les pages. Cependant, ne pas se tromper dans l'ordre des activités, parce qu'on n'y suce pas que des plats et on n'y plonge pas que les lèvres, ou les yeux ...

Rosa Fiore aime faire la cuisine, réfugiée dans la fattoria de son enfance, à l'est de la Sicile où se cotoient légendes, superstitions, prêtres et mafia, où la terre engrosse les olives aussi sûrement que sa mère enfante, même en double, là où se mêlent sang et plaisir, chair et chair, pâte et meurtres : "C'est le moment de commencer à étaler la pâte. Saupoudre la table de farine et divise le pâton en huit sections égales. Une à une, aplatis-les avec le couteau à pâtisserie, en excerçant une pression vers l'avant, de manière à obtenir une forme rectangulaire. Procède ainsi jusque chaque section de pâte forme une longue bande de l'épaisseur de la lame d'un couteau. Le couteau qui a tranché la gorge de Bartoloméo. Qui est entré dans cette chair jeune et tendre comme un coltello dans du lard". C'est à la deuxième page du premier chapitre, donc c'est comme si je n'avais rien dit .... Le drame suggéré là va faire prendre au personnage un autre chemin dans une autre ville, une autre cucina, pour des plats qui soulagent de sa peine d'amour perdue.  Et quand se présente un prince des sensations fortes, les fantasmes de Rosa Fiore brûlants et dévorants, dodus comme une explosion de rondeurs débordent d'un corset trop longtemps contenu, de l'uniforme de la sage bibliotaire, s'échappent des volcans .

Y a du Fellini dans cette cuisine-là ... un Fellini qui aurait croisé un Botero.

Une tourte à la viande et quelques huitres plus tard, il reste un fumet drôle et excessif, entre burlesque et ridicule, mais aussi un soulagement, trop d'excès aurait pu tuer l'excès. A lire comme on mange des palourdes "a la vongole" avec les doigts, en faisant du bruit avec la bouche et sans renverser la sauce partout.

Athalie