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07/10/2016

La fille du train, Paula Hawkins

la fille du train,paula hawkins,romans,romans anglais,polarsVoici un polar qui porte vraiment bien son titre, attention lecture exprès, lecture TGV ... Avant d'en entamer la lecture, assurez vous que avez le temps de la terminer dans la foulée, lecture en aller simple, prévoir le manger et le boire sans descente dans le frigidaire, pas le temps d'aller au wagon bar, la pause pipi s'avère dangereuse, pensez à baliser le trajet pour l'effectuer livre en main ...

La fille, c'est Rachel et elle est dans un bien piteux état dans son train. Elle a perdu mari, amour, maison, rêve et tout éclat. Rachel boit, consciencieusement. Rachel est devenue laide. Rachel le sait, Rachel s'en fout. Rachel n'a plus de raisons, ni de raison, ni de maison. Elle tente juste de se maintenir dans un flot qui l'entraine vers des trous noirs de sa mémoire. Quand elle boit trop, elle ne souvient plus toujours bien des horreurs qu'elle a commises, des hontes qu'elle doit gérer au réveil. Et elle boit bien souvent trop.

Tous les matins, elle se remet à la place qui lui reste, dans le train qui va à Londres, pour faire comme si ...Tous les jours, le train s'arrête, quelques courts instants, travaux sur la voie obligent, devant son ancien quartier, celui où dans sa maison vivent son ex mari, sa nouvelle femme et leur petite fille. Ce n'est cependant pas sa maison qu'elle voit, mais celle d'un autre couple, arrivé après son départ, sa bérézina à elle. Elle ne les connait pas, mais ils ont l'air si heureux, si lumineux, sans faille, pas comme elle. Rachel fantasme, elle nomme la femme Jess, et l'homme Jason, leur invente un métier, des projets, un passé.... Un matin, pourtant, ce n'est pas Jason qui se tient derrière Jess sur la terrasse ...

C'est marrant comme polar, parce que Rachel, plus elle coule, plus elle entraine l'empathie, même quand elle fait tourner bourrique ce méchant Tom, pourtant si patient avec elle, ce mari qui l'a laissée, lassé de ces crises et de sa tristesse, et sa nouvelle femme, cette grue plate d'Anna ... Même quand ses trous noirs la laissent pantelante et grotesque, Rachel, on ne peut pas la croire méchante, pas vraiment, pas comme les autres, la vraie Jess, le vrai Jason ... Mais plus l'histoire des vrais et des faux se met à vaciller, plus le doute se mêle de tout ce que vous lisez, la vision se trouble, jusqu'à plus soif !