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22/06/2013

La patrouille de l'aube Don Winslow

windan-sunset.jpgAprès la baffe énorme de  " La griffe du chien"j'avais bien envie de retâter des biceps de cet auteur, et puis un bon petit polar ne fait jamais de mal à sa bergère revenue (ravie) du marathon de la relecture "Retour à la terre" ...

Donc, armée de lunettes de soleil fictives, je suis partie pour la Californie, San Diego, spots de rêve, Beach Boy, sea sex and sun, avec l'enthousiasme de la néophite. Le surf pas en bandouillère quand même, j'ai horreur des combi qui collent. J'ai aussi horreur des lexiques, or là, il y en a un au début, un lexique des termes de surf + des termes hawaÏens de surf et autres. J'ai horreur des lexiques, tant à la fin qu'au début d'ailleurs, j'ai horreur d'avoir à consulter dix fois le sens du même mot pour le confondre avec un autre de toute façon dix lignes après. Ainsi, sans vouloir savoir ce qu'est un guns ni un pachero, je me suis lancée à l'assaut de la marée montante.

A vrai dire, je suis descendue très vite de la vague et failli jeter le wax à la baille.

La patrouille de l'aube est constituée d'une bande d'amis soudés à la vie à la mort et dont le passe temps favori est d'être assis sur une planche dans l'eau en clapautant des banalités de la vie, à savoir si l'ordre des priorités de l'existence est de manger un taco ou de mater une Betty. Sans compter que le narrateur nous les présente un à un ( un par chapitre), genre défilé de mode à la sauce club des cinqs ...

Sunny : la seule fille, blonde étincelante, surdouée en surf mais condamnée à attendre la vague de sa vie pour devenir autre chose que serveuse dans un rade de surfeurs machos (pléonasme ?)

Dave : le sauveteur de la plage, grand et bronzé, surnommé " le dieu de l'amour", parce qu'il est beau et qu'il drague toutes les Betty de la plage ( ben ouais !)

Jonny : le flic honnête de service, surnommé "Bonzaï", d'origine japonaise ( ben ouais, "bonzaï", ça vient de "bonze", non ?)

Et le héros, Boone, meurtri par la vie, ex-meilleur petit ami de Sunny, détective privé à l'apparence nonchalante mais à l'efficacité aussi tranchante qu' attachante ( forcément) ...

Comme la patrouille est amie pour la vie, je passe les autres, ce sont tous des bras droits du héros, il n'y a pas de pieds gauches.

Boone, for ever, est fils de surfeurs, donc surfeur, for ever. Boone ne connait que la plage, for ever aussi, tant qu' à faire, la plage, le poisson qu'on grille dessus à la fraîche, dans la lueur du soleil couchant ( non, l'histoire ne dit pas ce que l'on fait des combis collantes de sable qui grattent par en-dessous). Mais, attention, Boone n'est que cela, non non non, ce serait trop facile ... Ex flic, lourdé pour une faute qu'il n'avait pas commise, rongé par le remords d'une petite fille morte et le fantôme d'un pédophile, il est devenu détective privé, super, super, super efficace sous sa couche de bronzage nonchalant. Faut pas croire, Boone cache super bien son jeu, il lit aussi !

Arrive Petra, (non, ce n'est pas la fin, c'est juste le début de l'histoire, après les présentations des personnages et je fais super long parce qu'il n'y a pas de raison) une avocate arriviste, brune et pâle, une sorte de vampire froid et aveugle aux  mérites de Boone, qui les lui cache super bien ( mais bon, on sait comment ça se termine le coup de la belle vamp dégoûtée par le balourd de la plage ...). Petra embauche Boone pour retrouver ( tenez vous bien, la phrase va être super longue) une streap-tiseuse qui doit témoigner lors d'un procès à charge contre son ex-petit ami qui aurait monté une arnaque à l'assurance, le problème étant que le procès est le lendemain et que la stripteause a disparu, mais le lendemain, c'est aussi le jour de l'arrivée d'une houle historique sur la côte, et du triomphe annoncé de super Sunny.

Une super journée pour tout faire : l'intrigue ne tient pas debout, même pas sur un pied, et encore moins un pied lesté d'une planche de surf. Mais c'est drôlement bien, d'abord parce que cela va à toute vitesse et que l'on a peine le temps de se rendre compte que c'est n'importe quoi, ensuite parce que c'est n'importe quoi très bien fait, ( mine de rien on apprend plein de trucs sur l'urbanisme de San Diego, à priori, je m'en fiche de l'urbanisme de san Diego, ben, là, non ...) enfin, parce que les super héros, c'est drôlement bien en technicolor, que, mine de rien les super copains, c'est super chouette, et que les super méchants vicelards et fourbes, j'adore.