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28/08/2011

La route de tous les dangers Kris Nelscott

43389.jpgY’a des airs du « Port de l’angoisse », sauf que cela n’a rien à voir, peut-être un peu de « Chinatown », ou alors une résurgence de ces anciennes couvertures des nouvelles de Goodis, comme un  remake du roman policier américain classique depuis Marlowe, le moment ou l’on voit le nom du détective privé affiché en transparence sur la porte vitrée du bureau sordide et une main gantée de noir qui tourne la poignée …. sauf que là, le détective privé est noir et que la femme fatale, n’a au départ, ni même après, rien de la brune pulpeuse qui s’adosse, provocante, au chambranle d’une porte qui n’en avait demandé pas tant. D’abord, elle est blonde, n’a pas de long fume cigarette ni une voix rauque à se faire damner les doubleuses, ne boit que du coca, et  le détective aussi (mais il a quand même un grand cœur derrière son bureau bourru), ce qui peut les rendre suspects de non conformisme au genre. Les premières scènes sonnent pourtant comme cela, avec le poil d’agressivité qui convient au polar noir des années cinquante et encore plus à la situation, car la jeune blonde pas pulpeuse vient demander des comptes au détective inconnu auquel sa mère vient de léguer une coquette somme d’argent, sans que l’on puisse savoir pourquoi, du moins elle. Le problème, c’est que lui non plus, il n’en sait rien, n’a rien demandé et ne connait rien de cette histoire qui lui tombe dessus, de la sienne non plus. Des zones d’ombres qui vont prendre petit à petit sens dans les ombres l’une de l’autre, les vides vont  être remplis, les douleurs vont surgir, et pourtant, ça se lit sans heurt, comme un remake bien fait, un vieux film en noir et blanc au scénario bien huilé.

La toile de fond n’est pas non plus sans rappeler des imagesd’archives, la lutte des noirs pour leur liberté à Memphis, quelques jours avant l’assassinat de Martin Luther King, l’opposition des Blacks Panthers, ces mômes paumés qui commencent à toucher à des trafics qui vont noyer leur cause dans d’autres détresses, plus intimes, la difficulté de se situer dans un camp, la manipulation du FBI,  . Il y a parfois quelque chose de surfait, la blonde bourgeoise pas raciste pour un sous, mais qui a juste un peu peur quand même quand dans les émeutes, parce qu’elle se fait insulter, elle croyait quoi ? que les noirs en lutte, c’était des bambis ? … quelque chose de convenu, « la vérité révélée sur la mort de «  docteur king » seule connue par un gamin du coup pourchassé …. Mais bon, moi, les Bogart, noir ou blanc, ça m’a toujours fait fondre et j’ai toujours rêvé de pouvoir sussurer en ensemble vichy super moulant « If you know how to whistle, put you lips together and blow ». Ce qui n’a rien à voir non plus.

Athalie