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24/09/2014

Le chien qui louche Etienne Davodeau

"Le chien qui louche" est une croûte, une vraie croûte, dans les grandes largeurs, elle représente, de manière fort logique, un chien qui louche, un portrait de chien, et rien d'autre ; portrait qui va être accroché dans une des salles les plus prestigieuses du Louvre et cette bande dessinée raconte cette odyssée obscure et inconnue.

Sa porte d'entrée est Fabien, lui aussi obscur et ordinaire personnage, qui est, la plupart du temps, gardien de salle au musée, il change de salles, ne s'y ennuie pas. Il a rencontré une dulcinée et vient de faire connaissance avec sa tribu d'hommes, frères, père, grand-père, ce sont les Benion. Un peu étranges avait-elle prévenu, ce qui s'avère fort juste. Les Benion font depuis des siècles dans le siège provincial, dans le meuble de qualité et se tiennent les coudes. Pour démontrer leur puissante ascendance, ils retrouvent pour Fabien l'oeuvre de l'artiste ancestral, "Le chien qui louche", donc, et à leur manière quelque peu bourrue et autoritaire, ils vont entraîner le pauvre gardien amoureux dans une entreprise de reconnaissance du génie familial.

Un mystérieux habitué du Louvre plus tard, monsieur Balouchi, membre d'une aussi mystérieuse "République du Louvre, et voilà qu'entre en ces lieux majestueux, Gustave Benion, avec " son misérable cortège des peintres du dimanche" ...

Bon, l'intrigue manque de ressorts, c'est certain, mais c'est aussi drôle et surtout, le rendu du Louvre par les traits de plume de Davodeau arrête vraiment le regard. De ce lieu, il montre les salles surpeuplées et les coins déserts : de "La victoire de Samothrace" et sa foule d'admirateurs photographiant ( où la beauté de la statue éclaire plus que les flashs et semble alors si solitaire ...), au vide plein d'échos de la cour Puget, les statues de pierre y semblent résonner des mots des visiteurs qu'ils n'ont pas. Le Louvre vu comme une sorte de sanctuaire à double face, une publique, pour les stars, et une intime.

Pour moi, le sujet de la bande dessinée, c'est ce Louvre là, où les statues se dressent solitaires où les œuvres et les gardiens du temple contemplent d'un regard indulgent, les agités qui passent dans leur présent, de la hauteur que donnent les siècles de présence silencieuse.