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31/03/2011

La librairie de Banon

P1010107.JPG Banon, c'est dans les Alpes de Haute provence, on avait loué un gîte pas loin l'été dernier, parce que personne n'y va et qu'il y fait chaud. Pourquoi personne ne va dans cet endroit où il fait beau, et chaud et où il n'y a personne, enfin, je veux dire pas de hordes touristiques, m'échappe ... Surtout après y être allée.

A Banon, il y a quelques magasins, peu, mais les essentiels : une boucherie charcuterie avec des chaises dedans, disposées de chaque côté de la fille d'attente (ben oui, il n'y a pas hordes, mais quand même), pour que les mamies descendues du haut du village (qui est haut et la rue pentue ...) puissent s'assoir et se taper la discut avant de remonter ; une épicerie à tout faire, "Super Banon", elle s'appelle, le tenancier aborde un tee-shirt rouge avec le nom dessus et vous vend du fromage de chèvre comme si chacune des crottes était un millésime rarissisme ... (Bon, il faut aimer le fromage de chèvre, mais, nous, on aime, on a fait une telle cure que le sevrage fut rude) Y'a même un brumisateur qui se déclenche quand on entre.... Le top technologique du coin. Parce que c'est paumé quand même comme coin, bien planqué dans les champs de lavande qui font fuir l'envahisseur touristique. C'est paumé, mais c'est beau, c'est super beau.

Y'a pas de supermarché, mais il y a une librairie. Un truc comme ça, ça donne l'idée du village. Devant la librairie, pas loin de la placette à la fontaine (non, je n'invente pas) il y a trois bars avec des terrasses, avec des gens dessus qui mangent des glaces après avoir acheté des livres, ou pas, certains, c'est le pastis. D'autres déambulent dans les rues (pentues) avec un sac plastique à la main : "les bleuets" marqué dessus (c'est le nom de la librairie)

La première fois qu'on y est allé, à Banon, on n'y a pas cru. La deuxième, j'ai regardé si il n'y avait pas un collège quelconque pour demander ma mut. Il n'y en a pas, comme le supermarché. On ne consomme pas bêtement, dans ce pays là, on savoure. Donc, nous, comme on est des touristes,qu'on est pas dans la vraie vie du village, on a savouré les fromages et les odeurs de lavande, et on a consommé des livres. En plus, au gîte, il y avait piscine et transats pour aller avec la lavande et les mûres, à cueillir quand on avait fini les bouquins (et après, il fallait retourner à Banon, en plus, pour le ravitaillement en fromage de chèvre et en  livres ...)

Une histoire que celle de la librairie de Banon : un type, un tournant de sa vie, il a racheté le vieux tabac presse et en a fait l'attraction touristique majeure du coin perdu mais beau et odorant, et pentu et sec comme un coup de trique des romans du père Magnan : cela donne des années plus tard, une vieille maison labyrinthique avec des livres partout. En tas, en vrac, pas comme les supermarchés du livre de chez nous. Avec les dernières parutions, sans la recommandation manuscrite de Sophie (FNAC) et Emile (Virgin) qui entoure le truc à vendre. Ouf !

Frime intime assurée, lire le dernier Dugain, "L'insommie des étoiles" dans les derniers rayons du soir, avant un p'tit blanc, en regardant les lavandes faner. Je ne vous fais pas le bruit des cigales, il n'y en avait pas ...

 

Athalie