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19/01/2013

Les visages Jesse Kellerman

les visages,jesse kellerman,romans,romans policiers,romans américainsAujourd'hui, je me discipline, point de soeur prise en otage, point de divagations, genre l'anniversaire de ma cousine ou le réveillon de mon beau-frère : un résumé (court avec des paragraphes, m'a dit A.M.), opinion, conclusion.

Il était une fois un jeune marchand d'art à qui tout réussissait, sauf qu'il était fâché avec son richissime papa. Galerie d'art dans un quartier top classe under ground à New York, avant garde contemporaine, ou contemporaine d'avant garde, des trucs qui choquent et qui se vendent. En gros, un manager pour artistes bancales mais bancables, vie privée comblée, fiancée (amoureuse vache) mais séduisante, influante, amour libre ( enfin, qu'il croyait).

Après une enfance meurtrie de petit garçon riche, mais mal aimé, une  jeunesse mouvementée, Ethan Muller, puisque tel est le nom de notre héros de papier glacé pour people en manque d'investissement artistique, est donc un marchand d'art comblé. Il a trouvé sa voie. Sympathique, ouvert, mais très pressé, il aime l'Art et pas forcément l'argent qu'il procure (faut dire que le besoin le taraude peu).

Comme Ethan ne parle plus à son méchant papa, c'est le bras droit de celui-ci, son mentor, qui va l'amener au trésor : une oeuvre d'art brut, délirante mais fascinante de rigueur, un projet colossal mais labyrinthique et surtout anonyme. Des milliers de dessins ont été retrouvés entassés dans un appartement crasseux ( dans un immeuble appartenant à la famille d'Ethan, ce qui aura bien sûr son importance). Un des soucis, donc, c'est que le créateur a disparu, sans qu'un quelconque portrait robot puisse en être établi. Ce qui ne chaut guère à notre dynamique marchand qui se sent pousser une âme d'artiste en reconstruisant le projet, en l'exposant, en le médiatisant, en le vendant.

Et c'est là que l'engrenage s'engrenage, se chausse-trappifi; Un vieil inspecteur (en très mauvais état et à la retraite, mais avec une jolie fille) reconnait dans le puzzle imaginaire les cinq visages de cinq jeunes garçons, victimes trente ans auparavant d'un tueur sexuel en série, anonyme lui aussi. Ces cinq visages avaient disparu, oubliés, et les voilà qui ressurgissent là, sur du papier fragile, aux yeux du presque tout New-York. Voilà qui est effectivement dérangeant, un peu pour tout le monde.

Mais pas dérangé. Le puzzle du labyrinthe temporel est clairement balisé, les morceaux de l'histoire ; l'enquête, les amours, le papa richissime, les coups du sort, les états d'âme ... Tout est très bien huilé, et même si l'on voit parfois les chevilles d'assemblage, l'architecture tient debout et se laisse lire. Evidemment, en acceptant la loi du genre ... Ethan est bien un peu crispant, genre joli coeur malgré lui, mais gars honnête dans un monde de requins, les artistes sont forcément déjantés et les acheteurs richissimes, les secrets de famille bien gardés et les histoires de cœur compliquées avec ce qu'il faut d'eau de mélasse dedans ...

Un parcours de lecture sans grands risques, agréable, en suivant les chemins requis.

 

Athalie