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25/07/2012

Little bird Craig Johnson

little bird,craig johnson,romans,romans américains,romans policiersCe ne sont pourtant pas les avertissements qui m'ont manqué (notamment ici et ), mais rien n'y a fait ... Walt Longmire, c'est fait, je vous aime ... Vu qu'on est quand même pas mal sur le coup, entre les lectrices et les personnages, je ne sais comment vous allez vous en sortir, alors que vous ne finissez quand même pas très frais après cette première aventure ( "Little bird" est le premier de la série, après c'est "Le camp des morts", après, je ne sais pas mais ce n'est pas dur à trouver, c'est très suivi comme addiction).

Pourtant, à-priori, Walt n'a pas vraiment la carrure d'un séducteur : dépressif ( sa femme est morte depuis quatre ans, il semblerait que ce soit la cause), il se laisse aller, négligé sur lui et autour de lui. Sa maison inachevée ressemble à une cage à souris en bois avec des trous, meublée en caisses de bières et quand il prend une douche dans sa baignoire desmaillée, le tombeur (involontaire) de ces dames se métamorphose en un "burrito de vinyl (...), scellé sous vide", vu que les rideaux de douche sont eux aussi irrésistiblement attirés par lui. Pas non plus surchargé de travail, pas ahomme d'action non plus, il traite vaguement les affaires courantes de la petite ville dont il est le shériff, entouré d'un adjoint à mi-temps, d'un incapable raciste, d'une adjointe mal dégrossie, fragile, mal mariée, mais efficace. Heureusement que la bourgade est placide, entre "journée des crèpes" et décoration urbaine à régenter.

Il y a quand même le dossier "Little bird" qui le turlupine, (parce Walt est lent, mais a le sens de la justice). Little Bird est le surnom de la jeune indienne handicapée qui a été violée par quatre jeunes imbéciles arrogants, et blancs. Condamnés à des peines ridicules, ils continuent à chasser, pêcher, jusqu'à ce que l'un d'entre eux s'étale définitivement au milieu d'un troupeau de moutons, totalement irrespectueux d'ailleurs. L'enquête peine à démarrer, les indices sont légers comme des plumes et on attend, un peu longtemps d'ailleurs que Walt se décide à y croire. En attendant, donc, on est très occupé à faire connaissance avec tout ce monde, un peu plouc, un peu déglingué. Et tout doucement, on se rapproche de la Réserve. Tout à côté de la bourgade, on dirait un autre monde, ignoré, où l'on accède pas sans passerelle, et celle de Walt est son meilleur ami, Henry, aussi trognon que lui, mais meilleur cuisinier, moins prude et surtout indien. Il tient un café par intermittances sociales et s'occupe pas mal de notre héros. Les liens d'une amitié virile et complice occupent autant leur temps que la recherche des fantômes indiens et autres. La solution de l'énigme (peu crédible) laisse notre Walt dans un sale état d'âme, dont on rêverait de le consoler ...

Une lecture souvent drôle et pourtant, la présence, invisible, de la communauté indienne, le mépris méfiant envers le personnage d'Henry, en dit bien autant que des discours moralisateurs sur les "grandes causes" à défendre.

Suite à venir, forcément !

Athalie