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08/11/2016

La marche du mort, Lonesome Dove, les origines, Larry Mc Murtry

la marche du mort,lonesome dove,les origines,marry mc murtry,romans,romans américains,western et cieDes origines dont on aurait bien tort de se priver car on y découvre Gus et Call dans l'oeuf, encore frais comme des gardons pressés d'en découdre avec l'aventure, toutes les aventures, ils ne sont pas regardant sur la qualité. Ils s'engagent dans le corps des rangers , comme de vrais bleus, à peine si ils savent tirer, encore moins pister. Un Gus et un Call tout neufs, c'est mignon, comme des bébés chasseurs d'Indiens méchants (très méchants et très indiens) qui n'auraient jamais vu d'indiens, d'ailleurs.

Leur première expédition, on comprend tout de suite qu'elle est vouée à l'échec ; toute bâclée et complètement de guingois. Il s'agit, normalement d'ouvrir une nouvelle route vers Santa Fé, mais comme ils sont dirigés par un pseudo major qui n'a pas vraiment la boussole dans l’œil, ils se retrouvent rapidement en plan au milieu de fort, fort, grands espaces, totalement inconnus. Deux pisteurs seulement y connaissent quelque chose, Big Foot, est un de ces deux chevronnés, peu avares de recommandations, notamment sur le mode d'emploi du suicide avant capture par les Comanches. Le second, Shadrach, est un solitaire, taiseux et déjà vieux loup. L'expédition compte encore dans ses rangs clairsemés quelques autres néophytes du scalp, deux chasseurs d'indiens répugnants et lâches et une prostituée, la robuste  Matilda, qui les accompagne pour réaliser son rêve américain à elle ; ouvrir un joli bordel en Californie avant d'être trop vieille et de ne plus pouvoir s'allonger sur la couverture derrière un buisson ou deux pour satisfaire les besoins pressés d'un ranger.

En attendant, elle émerge du Rio Grande en brandissant par la queue une grosse tortue serpentine dont elle avait bien l'intention de faire son petit déjeuner, si une tempête de sable glacée ( ben oui ...) n'avait brutalement assailli le campement et rempli tout le monde de sable. Une vieille indienne et un jeune muet plus tard, la cavalcade commence à grandes enjambées : Comanches en embuscades invisibles, rivières en crue à traverser, cyclones, cadavres de chevaux efflanqués, Gus et Call échappent (presque) à toutes les flèches, lances et tortures , ballottés aux quatre coins du désert par la supériorité tactique de Buffalo Hump, le chef indien légendaire, que personne n'a jamais pu voir sans mourir et dont le regard se révélera, évidemment, insoutenable.

D’embûches en déboires, Call et Gus débutants font leurs premières chevauchées sur les grandes pistes de l'Ouest, sauf que comme elles ne sont pas encore tracées, ils vont souvent s'y perdre et y laisser des plumes. Et si ils finiront (presque) par trouver Santa Fé, ce sera après quelques scènes d'anthologie.

Mais, le grand avantage quand on a déjà lu les derniers volumes de l'épopée des deux ranchers (vieillissants), est que, même quand ils sont acculés entre un ravin et un feu de prairie, engagés volontaires au presque au milieu d'un troupeau de milliers de bisons, avec une cheville ou deux foulées, le dos encroûté de plaies, lacérés de coup de fouet, mourant de faim et de soif ou milieu du canyon de la marche de la mort, on tremble, soit, mais en prenant surtout le temps de savourer tous les ingrédients indispensables à un western bien relevé.

Alors, bien sûr, ils sont encore un peu jeunots, un peu fades, il leur manque l'épaisseur de couenne des durs à cuire qu'ils vont devenir, mais c'est quand même un régal, peut-être justement par cette naïveté qui leur fait tout oser comme tomber amoureux de Clara ou suivre une lady anglaise qui prend le temps d'une aquarelle au soleil couchant ...

So long ... 

 

 

 

 

05/11/2012

Lonesome dove II Larry McMurthy

Lonesome dove II, Larry McMurthy, romans, romans américains, westernLes destins de femmes, écrits par des femmes, je commençais à me dire qu'il fallait que je sorte de la spirale avant de rester complètement bloquée dans le sac de l'aspirateur à malheur.

Donc, j'ai empoigné mon destrier "Lovesome dove II" et suis partie au grand galop voir si Angustus avait bien tiré Lorena, la belle ex-putain du saloon, des pattes de l'affreux et cruel Blue Duck qui l'avait enlevée à la faveur de la désertion amoureuse de Jake, le salaud, parti jouer aux cartes au lieu de veiller sur elle. Il y avait bien Newt qui était chargé de la protéger, mais il a été un peu débordé, le pauvre !

On retrouve le rythme du western en cinémascope comme si on ne l'avait pas quitté au soleil couchant : une fois l'affaire Lorena traitée de main de maître, le troupeau, le chariot, les cow-boy tout le petit monde, tient son cap vers le nord, le Montana, terre promise par Jack (mais pas sûr qu'il y arrive, lui, par contre ...) mené d'une main, de fer, cette fois, par Call. Faut dire qu'il faut se farcir : les pluies diluviennes, les nuages de sauterelles, les voleurs de chevaux, les virées en ville (les jeunots, ils doivent bien en tâter, un jour ou l'autre ...), les grizlis et autres fariboles. Toujours pas d'indiens sanguinaires en vue, mais on se doute bien que cachés derrière une colline ou une autre, ils vont bien finir par dévaler sur les hautes plaines et que là, les plumes vont voler.

Call tient donc son cap, alors que Angustus faribole à sa façon, retrouve son amour d'adolescence : la Clara, devenue maîtresse femme dresseuse de chevaux, dure en coeur comme en affaire, accueillante cependant aux détresses en tout genre dont celle du pauvre Shériff toujours à la poursuite de sa femme qui n'en veut pas  (Qu'est-ce qu'il a comme monde à se croiser par hasard dans les grandes plaines ... les troupeaux, de plus en plus clairsemés, quand même, de bisons n'en croient pas leurs yeux).

Bref, rien ne change et tout continue à l'allure de vachettes au galop, une équipée que l'on lit comme on verrait défiler des images animées. J'espère ( mais j'ai bien peur que non) qu'il y a un III ème épisode, parce qu'il y en a de la bande qui restent en plan à la fin et que si ça se trouve, Angustus va venir leur chatouiller les pieds, ce qui serait bien son genre. Et je ne voudrais pas râter ça.

 

Athalie

16/09/2012

Lonesome dove Larry McMurthy

imagesCAJNQ0X9.jpgMais où est passée ma conscience politique pendant cette lecture ? Sous l'ombre des cactus ? Sous la selle d'un cheval ? Dans les remous du Rio Grande ? C'est honteux, tu me fais honte, disait le séraphin de la cause juste, perché derrière la Athalie lectrice plongée dans les aventures westerniennes de tueurs d'indiens ( enfin ex-tueurs d'indiens, des ranchers qui avaient nettoyé la frontière du Texas des hordes rouges qui encombraient les blancs qui voulaient s'y mettre). Même ex, ce n'est pas une raison, ce sont les aventures d'ex-massacreurs d'indiens magnifiés en cow-boy mythiques que tu es en train de suivre avec des yeux de merlans frits sous tes lunettes de soleil. Le pire, c'est le Augustus, t'as carrément ton ixième béguin de l'été, littéralement sous le charme d'un type crasseux de poussière qui n'a pour toute intelligence que celle de sa grande gueule ... Reviens à toi, Athalie, et tente un résumé objectif ! fin de la parole séraphine.

Il était une fois, dans un ranch pourri, près d'un bled paumé, des ex-ranchers qui tentaient de devenir éleveurs, en volant le bétail des mexicains, principalement. Dans le ranch, il y a Augustus, le philosophe de la bande qui cause sans arrêt, et fait très bien les biscuits. Il y a un cuisinier mexicain qui sonne à tout rompre la cloche et fait peu d'autre chose. Il y a un gamin, qui voudrait bien devenir un homme, un vrai. Le vrai pour lui, c'est le chef de la bande, celui qui n'aime pas les femmes, n'aime pas parler, que travailler, et qui a une jument qui le mord et  qui est peut-être son père. Et d'autres figures toutes aussi technicolor, voire plus. Il y a aussi deux cochons. Dans le bled paumé, il y a une prostituée, dont presque tous les cow-boys sont amoureux, mais, elle, elle rêve d'aller à San Francisco. Arrive un vieux copain des deux ex-ranchers, tueur accidentiel d'un dentiste-maire, joueur de poker charmeur, qui va remporter la prostituée, mais uniquement parce qu'elle le veut bien, pour l'instant. Tout ce monde-là, va partir pour le Montana, là où l'herbe est plus verte, et on part à cheval, en vieille cariole, transbahutant un troupeau de vaches, avec un taureau qui n'est pas clair, et des cours d'eau non plus. Sans compter un shériff un peu lent, sa femme un peu volage, son adjoint un peu couillon ... et là faut s'arrêter et descendre de la selle pour rentrer prendre un whisky dans un saloon, au risque d'en trop raconter et que John Wayne ne croise Lucky Luke et Joly Jumper, la vraie Calamity Jane.

A lire absolument donc, en laissant de côté toute conscience politique ... Sauf que, si l'auteur m'écoute ( ce dont je ne doute pas) qu'il sache que laisser son héroïne dans une situation aussi fâcheuse à la fin du premier tome, relève de la torture morale pour la lectrice et que si Augustus commence à se repentir, je veux bien envisager de l'épouser.

Athalie