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25/06/2014

Vert secret Max Ducos

vert secret,max ducos,littérature jeunesse,albums,pépitesQuand je fais la liste de mes emplettes à "Étonnants Voyageurs", je ne mentionne pas les quelques trouvailles ramenées pour fifille et fiston. En général, je ne les lis pas. Exception faite de temps en temps, comme pour "Le miroir brisé" de Jonathan Coe ( mais bon, c'est Jonathan Coe), et il y a déjà quelque temps, pour "Jeux de piste à Volubilis" du même Max Ducos. Un album découvert grâce aux conseils fort avisés d'une libraire lors de ce même festival.

Cette année, alors que nous commencions à arpenter, ma copine A. et moi, les allées du salon jeunesse et que je lui vantais la beauté du dit volubilis, voilà t'y pas, que, comme par magie, apparait sur un rayonnage copieux, l'album en question, entouré de tout un tas d'autres du même auteur. Me ruant vers eux, je me rends compte que l'auteur en personne était derrière les tas. Je l'ai encensé ( saoulé ?) et il m'a conseillé. Pas évident, j'ai fini par me décider pour "Vert secret", parce qu'il y a plein de jardins dans cette histoire et que fifille aime bien les fleurs et les jardins. L'auteur s'inspire, entre autres, de celui du château du Villandry, qui avait enchanté fifille et moi, moins. J'ai du mal avec les jardins tirés au cordeau, y'a qu'à voir la tête du mien pour comprendre ... Donc, fifille et "Vert secret", j'étais sûre de mon coup.

Petite déception, me dit-elle, lis-le. Vu qu'elle me l'a fourré dans mon lit, puis sur mon canapé de lecture, puis sur mon fauteuil de lecture, j'ai bien compris que je n'y échapperai pas.

Légère déception, je la comprends, mais seulement parce que l'histoire est plus convenue que dans le Volubilis, jolie, juste plus attendue. Flora est une petite fille dessinée à croquer. En vacances chez sa grand-mère, elle découvre dans le grenier à trésors, une marguerite en métal, dont la provenance, mystérieuse, aurait quelque chose à voir avec la légende du château du coin, le château de la Mirandole. Le duc farfelu du même nom, amoureux d'une jeune Marguerite en aurait dessiné les jardins en cadeau à la belle indifférente et y aurait même caché un trésor. Flora, bien sûr, va partir à la recherche du secret, en compagnie d'un jeune garçon, Paolo, fils du jardinier et fin connaisseur des lieux, autant qu'agaçant petit pitre ... 

Convenue, soit, la recherche d'un trésor et la naissance d'une peut-être enfantine amourette, mais que cet album est beau ! dessiné de couleurs tendres et d'une harmonie somptueuse. Les jardins tirés au cordeau, je n'aime pas trop m'y promener, mais dessinés par Max Ducos, c'est juste un moment de délicatesse ravie pour les yeux, un royaume poétique de perspective. On y voit le soleil se jouer des verts tendres et des petites pétales se glissent aux pieds des statues qui mènent les enfants au secret ... Et le cadeau d'amour révélé ferait rêver plus d'une Marguerite indélicate ... Une trouvaille ou deux enchante l'histoire ... Les dessins enchantent tout court ...

Pour aimer d'autres jardins en vrai, il y a à Chalons sur Loire, un endroit magique, le festival des jardins, un pur moment de charmes drolatiques ou vénéneux où sont mis en fleurs et autres compositions, les sept péchés capitaux. A voir absolument.

 

 

26/05/2013

Jeu de piste à Volubilis Max Ducos

jeu de piste à volubilis,max ducos,albums jeunesseQuand je cause de ma liste d'achats de livres à Etonnants voyageurs, je me garde bien d'ajouter ceux que j'ai achetés pour mes enfants (non, ils ne viennent pas avec moi, il y a assez d'une acheteuse compulsive lâchée dans les stands par famille ... et le budget d'achats d'étagères n'est pas extensible non plus...).

Par tradition, je ne leur en ramène qu'un par édition de festival et par personne, et je cherche souvent des trucs vers lesquels ils n'iraient pas forcément, des trucs un peu surprises ...Alors me voilà devant le stand des éditions Sarbacane, où une dame libraire, fort aimable et compétente, d'ailleurs, le genre à connaître parfaitement ses bouquins, me pointe immédiatement du doigt cet album de Max Ducos après que la mére qui sommeille en moi ait tenté de faire un portrait de ma fille en lectrice.

Elle a ouvert cet album et m'a raconté l'histoire en tournant les pages et j'ai plongé dedans ... Une petite fille toute mignonne vit dans une grande maison moderne qui la gêne parce qu'elle n'est pas comme les autres. Elle est grande, très grande, moderne, très moderne, un peu imposante, elle n'est pas à sa taille, elle est perdue dedans et peut-être un peu en elle même avec tout ce grand beau autour ... C'est son père architecte qui l'a construit. Pour la rassurer (mais est-ce vraiment cela ?), il lui a confié que cette maison avait un secret.

Un jour, parce qu'elle n'arrive pas à apprendre sa poésie, la petite fille se met en quête du secret. De pièces en pièces, elle suit un jeu de piste ; retrouve la place d'un carreau de faïence, suit le trajet d'une bille, tourne un robinet à fil rouge, traverse le jardin si doux aux pieds pour rejoindre le fond des hautes herbes qui lui font si peur. Elle découvre le secret. A son retour, elle saura, et pourra apprendre sa poésie.

 Une histoire qui n'a l'air de rien, une enquête en douceur, un texte léger comme une plume qui ouvre toutes les portes, des dessins superbes, aussi grands que tendres, où se nichent de minuscules trouvailles, un tapis à la Mondrian, un ou deux poissons rouges de Matisse, une colombe de Picasso, un esthétique si simple, si épuré, qu'il fait mouche sans pédanterie.

Pendant que je nageais dans les images, la sympathique libraire me disait que j'allais voir, que ma fille elle allait tout comprendre les symboles : les ronds, l'absence, le poids, le plan de la maison, le secret, le sens caché, quoi... Tout en faisant oui de la tête, ( elle en avait l'air si sûre que je ne voulais pas commencer à la faire douter ...) je me disais que si ma fille ne voyait rien, je n'aurai plus qu'à me ruiner en cours de rattrapage de symbolique pour enfant primaire, sans deuxième degré développé.

Tout ce que je puis dire, finalement, c'est que ça n'a pas marché que pour moi, les ronds, la douceur, la fine délicatesse des sentiments non-dits que voilà ... C'est pour huit-neuf ans, normalement.