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12/02/2012

Mistero doloroso Anna Maria Ortese

Botticcelli_Zephora-2.jpgDans ce livre, les mots ont une odeur de pois de senteur : vagues mais entêtants, fleurs qui s'égrainent sur une liane têtue, impossible bouquet à faire, trop fragiles et tendres, une tenace fugacité.

Je n'ai jamais autant regretté de ne pas connaître l'italien, en italien ces mots là doivent être odeurs de rose et d'égouts et musique aussi, un truc un peu baroque, sans trop, un vieux concerto de Vivaldi, mais en vinyl, pour les grincements. L'histoire ne tient que dans cette musique sacrée et populaire, une histoire de regards croisés entre un prince et une petite poucette simplette de la catégorie de ceux qui sont au service de, que l'on ne regarde pas.

A Naples, à la fin du XVIII ème, une petite fille, fille d'une couturière, va lever les yeux vers son éblouissement, un charmant, mais triste charmant, désabusé de l'être avant même d'avoir existé. Dans une silencieuse incantation en quelques rencontres, elle, Flori se remplit de sentiments vagues, mais bruissants, pour l'image rêvée de Cirillo, le prince. Mais un prince peut briser, sans même vouloir y toucher, la lumière des petites filles pauvres. Pourtant, lui, il avait le choix entre deux prétendantes, deux comme lui, aussi lumineuses qu'un lustre de pacotille, l'une et l'autre de soie et de brocart vêtues. Qu'avait à regarder de simples pieds nus et une couronne de romarin ? L'amour semble naître en même temps que sa triste et douloureuse révélation, entre un ange sorti d'un tableau du quattrocento et un trop nostalgique prince. Le livre conclut : "Et le reste n'est qu'un profond ennui".

On joue avec les codes du conte, d'une douce mais si douce cruauté que les mots cisèlent le meurtre d'un rêve en bleu et or. Quelque chose du Magasin zinzin, voire Du domaine des murmures

Athalie