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10/03/2014

Tokyo Mo Hayden

Tokyo, Mo Hayden, romans, romans américainsVoilà, c’était le titre de mon titre mystère. Me voilà soulagée ... D’abord parce que j’ai drôlement bien résisté à toute tentation de tricher, je suis assez fière de moi. Ensuite, j’ai détaché soigneusement et tranquillement la couverture après avoir terminé ma lecture (j’ai même lu la postface avant, c’est dire ...). Et en plus j’avais raison, ce n’est pas un auteur japonais, ni même Amélie Nothomb déguisée en Borgès. Ouf. !

Mo Hayden est une auteure que je n’avais jamais lue, j’en avais entendu parler, notamment par mon homme, mais sagement, il n’a rien deviné non plus....  Mo Hayden, je croyais que c’était du polar, en fait. Je n’avais pas tout fait vu juste, mais par contre, c’est du noir, du noir qui tâche et qui décoiffe sa bonne femme !!!

Deux histoires s’entrecroisent ; celle de Grey, la jeune fille anglaise, vingt ans et du passif derrière, une valise pleine, voire deux, à la recherche de sa pierre philosophale : un film, tourné à Nankin en 1937, un film qui montre son cauchemar, sa torture, son secret ... du moins quelque chose qui y ressemble d’assez prêt pour lui prouver qu’elle n’est pas une folle perverse, comme on le lui a répété, à cause d’un truc qu’elle a fait, qu’on ne sait pas mais que l’on devine ignoble ( et qui l’est ...). Grey est d’abord éconduite dans sa recherche auprès du vieux professeur chinois, Shi Chongming, détenteur du fameux film et reconverti en spécialiste de la médecine chinoise, soit-disant ( ben oui, ce sont des personnages à plusieurs couches, et comme il faut garder le secret, je peine à trouver un fil dans cette note, moi ...)

Elle part donc à la découverte de Tokyo, enfin si l’on veut, parce qu’elle en voit surtout les nuits de building et les monstres cachés en leur sein. Sans compter l’étrange demeure où elle échoue, un autre monstre à elle toute seule, avec des trucs tout pourris à l’intérieur, un jardin étouffant d’un passé dont on ne souhaiterait pas voir surgir la queue d’un mollusque. Et pourtant, il va en surgir pas mal des monstres des profondeurs.

Le première semble si beau et si charmant que Grey en a son cœur et son corps qui palpitent. Jason ( j’ai cherché les argonautes et je ne les ai pas trouvé, par contre, il y a du Médée, dans l’air, c’est sûr !) va permettre à Grey de devenir hôtesse de charme dans un club chic, tenu par une monstre plutôt drôle, une japonaise toute petite et aux dents cariées qui se prend pour le double de Marilyn Monroe, et s’habille comme la star tous les soirs ( Vous pensez « freaks », vous n’avez pas tord ...), il y a aussi les deux blondes russes à talons aiguilles, mais elles, elles ne font pas peur, ça va.

Par contre, le club est fréquenté par un certain nombre de mafieux surgis, eux, des profondeurs humides, dont un, en fauteuil et malade, mais pas à plaindre du tout, et sa « Nurse », une sorte d’androgyne avec des antennes de killeuse. Les deux histoires alors se croisent à nouveau, le professeur lance Grey à coup de chantage à la recherche du secret poisseux du mafieux ...

Pour ne pas allécher la chose ( y’a pas de raisons ...), on lit aussi le journal du professeur, alors qu’il était encore jeune, plein d’illusion sur la victoire de la Chine et des forces de progrès, mais que les Japonais se rapprochaient de plus en plus de Nankin, précédés de rumeurs d’atrocités commises qu’il ne voulait pas croire. Et pourtant, quand ses yeux devront s’ouvrir, il ne verra que l’innommable et le film, le fameux film, on comprendra pourquoi il ne pouvait pas être montré.

Un livre dérangeant donc, difficilement classable, pas vraiment historique, pas vraiment polar mais on peut difficilement plus noir ! On plonge dans des abysses obscurs et reptiliens, serpentins, le genre qu’on se dit que si la porte s’ouvre, il y a un « ça » tout visqueux qui vous vous sucer le sang et que ça va faire mal ...

Rajoutez à ce ça, le fait que je ne savais pas ce que j’étais en train de lire, que je ne savais pas qui m’avait proposé cette lecture, et bien, je peux dire maintenant que je ne suis pas prête d’oublier cette expérience ( amusante, mais si ...), le genre à vous faire vous ratatiner les doigts de pieds dans le lit en hurlant quand le chat laisse traîner sa moustache sur votre gros orteil qui dépassait de la couette.

Un grand merci à mon anonyme qui a si bien allié « le fond et la forme » ....