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18/09/2013

Ni fleurs ni couronnes Maylis de Kérangal

ni fleurs ni couronnes, maylis de Kérangal, Deux textes courts qui se répondent en écho, alors que les deux histoires n'ont à priori presque rien à voir l'une avec l'autre, elles sont pourtant indissociables comme deux soeurs jumelles en miroir. "Ni fleurs ni couronnes" est une histoire glacée, "Sous la cendre" est une histoire brûlante.

Dans la seconde, deux jeunes hommes, Pierre et Clovis,deux amis rencontrent une jeune fille avant de prendre le bâteau qui les mènera à Stromboli. Antonia, une longue branche pas vraiment belle pour l'un, et pour l'autre délicieusement charnelle. D'elle, on sait aussi peu de choses : juste qu'elle aimerait vivre en cette île sombre et lumineuse. Cette nuit-là, ils vont gravir le Stromboli, par jeu, défi, en jouant du moins un drôle de jeu de corps et de désirs.

Dans la première, un jeune homme seulement et une jeune fille, aussi, un naufrage, celui du Lusitana. La jeune fille n'est pas du village, Finbar, si mais, il allait en partir pour aller chercher, comme ses frères avant lui, fortune ailleurs. Elle, elle est  venue là pour chercher un cadavre dans l'eau noire, un amant, un amour, sans doute ... La mer ne rend pas les cadavres que l'on cherche, pas forcément. Et arrive le temps des primes données pour les morts retrouvés, et les plus riches morts sont les plus fortement dotés. Alors, sans trop de mots, ces choses-là sont dites entre eux ...

Dans une histoire, on plonge dans l'eau glacée des hauts-fonds du trouble du désir, dans l'autre, dans la moite ascencion de son mystère. L'une et l'autre sont d'une force d'écriture assez singulière. Denses, rondes, tendues, les phrases sont moins maniérées que dans "Corniche Kennedy" ou "La naissance d'un pont" (maniérées au sens baroque du terme, je veux dire alambiquées exprès pour faire joli, mais pas joli bêtement). Le style est plus classique, en fait, mais prenant à coup sûr les accents de contre points des textes ultérieurs de cette auteure. (Bon, je sais, je ne devrais pas essayer de parler style, je me prends toujours les pieds dans mes phrases, moi, sur ce coup là). Cette plume a en tout cas et la manière de prendre le mot rare au filet. Comme dans "Corniche Kennedy", le corps est central et dynamique ( de dynamite, à conjuguer comme un verbe) les regards où tout se joue, sans douceur et peut-être même sans amour, mais dans une grande beauté, inutile, et donc d'autant plus nécessaire.

Un petit bijou, avais-je dis de "Pierre, feuille, ciseaux", mais alors je ne connaissais pas encore cette perle rare, irrégulière et acérée.

Le seul problème, c'est que maintenant, je crois bien que j'ai tout lu de la Maylis, et rien d'elle ne se pointe en cette rentrée littéraire ...