Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/07/2012

Ce crétin de Stendhal Jean Bernard Pouy

gare.jpgJ'adore Jean Bernard Pouy pour plein de raisons plus ou moins valables et pas vraiment littéraires et surtout pas objectives. D'abord, il dit qu'il aurait voulu être Pérec à la place de Pérec, ensuite, il a écrit "La Belle de Fontenay", un de mes polars français néo-polar préférés ( que je continue à conseiller sans jamais vouloir le relire, de peur d'être déçue, je préfère rester dans le flou de mes souvenirs de mon panthéon mythique), et "Larchmütz 5632" : un homme qui donne un pouvoir télépathique à une vache ne peut pas être foncièrement écolo-puriste, troisièmement, il a une maison en Bretagne et parle de cette région avec un regard qui sélectionne les instantanés décalés du tourisme, les papis mamies dans  des cafés en formica, les mamies derrière le comptoir, les papis devant, avec la mer en toile d'horizon, celle qui sert à pêcher des palourdes et des tourteaux, celle du lisier et des algues vertes. Il retourne la carte postale en restant dedans, et ça c'est fort. Et enfin, enfin, je ne sais pas, elle me touche, cette grande gueule des combats perdus, du temps où j'avais pris le néo polar français pour mes bibles, où  je découvrais Oppel avec "Brocéliande sur Marne", Daeninckx avec "Meurtres pour mémoire", "Le bourreau et son double", Dessaint et ses escargots dans la télé, Benaquista et ses madonnes-maldonnes .... et tous les autres, je vibrais aux social-traitres, et Jonquet balançait "Les orpailleurs" (soupirs et nostalgies ..... smileys à imaginer)

Depuis un moment cependant, je ne lis plus les polars de Pouy, souvent seuls les titres m'amusent et ses intrigues, trop farfelues et répétitives m'ont lassée. Ce qui n'enlève rien au goût que l'on peut avoir pour le bonhomme et ses idées rocailleuses, ses trouvailles tirées par le goût du jeu de mots. "Ce crétin de Stendhal" est donc arrivé par un chemin de traverse. "Le monde" a lancé pour cet été une série de publications de "petits polars" le jeudi, et A.L.M. lit le "Monde", donc en passant par le jardin, elle me l'a laissé. Evidemment, Stendhal n'a rien à faire dans cette histoire de vengeance improbable. L'intrigue ne vaut pas le début de la ficelle pour la nouer, je passe donc à l'essentiel de l'intérêt, pour moi, de cette nouvelle anecdotique : Pouy y décrit comme personne l'arrivée d'un train dans dans la gare de Rosporden. Et ça, c'est pas dans beaucoup de romans qu'on le trouve, il faut le dire. Juste une phrase pour le clin d'oeil : "Seuls quelques rares TGV s'y arrêtent, comme à contrecoeur, pour déverser des touristes qui ont décidé d'aller, coûte que coûte, se faire piéger dans la ville close de Concarneau." Effet facile, mais ça me fait rire, je visualise ...

A suivre, peut-être, dans la série des " petits polars du monde" : Caryl Ferey, le chouchou du moment, parce que j'arriverai peut-être enfin à lire un de ses textes jusqu'au bout, et Michel Quint pour retrouver, peut-être, le charme de "Cake walk".

Athalie