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27/11/2011

Plage Marie Sizun

marie sizun,plageLa couverture est ninichisme  : de de "nini", "ni kitsch ni à faire" et de "chisme", dérivé poli de "à chier". Le ninichisme n'a peur de rien, même du pire. Donc vu que le titre du roman est Plage, la couverture représente une plage, genre bretonne, vu que ça se passe en Bretagne, on reconnait à cause de la petite presqu'île rocheuse qui s'avance vaguement derrière avec la grande maison dessus et les pins parasols. La Bretagne sud quoi ... ou nord d'ailleurs, mais pas Lorient et son port de pêche en tout cas, ni Quiberon et ses baraques à frites, ni Saint Malo et les plateaux de fruits de mer avec les algues en plastique dessous, histoire que les anglais ne les mangent pas en salade, non, la vraie Bretagne, celle des cartes postales ou des aquarelles vendues la peau des fesses à Carnac ... Vu que l'héroïne est une femme seule qui attend son amant marié pour une semaine (sauvage ??? on n'ose y croire, vu comment elle est coincée ...), sur la couverture, on a une femme seule. Elle dessine ou écrit, un grand chapeau de paille sur la tête, avec une fleur rouge dessus (la symbolique de l'âme passionnée qui se cache en elle, on n'ose y croire non plus ...). Coincée, donc, toute habillée, pas le pull habituel et le paréo, mais une sorte de sarreau bleu ( en contre point harmonique avec la couleur de la mer aquaréllisée, je suppose, sinon, je ne vois pas, parce que les vrais sarreaux bretons sont noirs, je le sais, j'en ai un, acheté à la foire à la brocante de Saint Jacut, A.B. peut témoigner)

Mais une couverture peut être trompeuse. Donc, fi des clichés étalés. L'idée me disait bien : une plage et ses estivants, une petite station balnéaire, un rien surannée, un hôtel. Une femme attend son amant marié (je sais, c'est laborieux, mais faut remettre l'ennui en ordre) et regarde les autres, en famille eux. Voilà, c'est ça qui me disait bien au départ, le voyeurisme solitaire, la petite sociologie du quotidien et du rien. La plage, ça révèle des bouts de conversation (la queue aux caisses de Super U aussi, mais là, je suis moins réceptive à l'écoute des petites humanités qui ne sont pas les miennes...), des saynètes drôlatiques, des morceaux d'intime, des sourires vagues que l'on fait caché derrière les pages de son bouquin dont on tourne vaguement les pages, des petits aperçus de la vie des autres, comme la sienne, mais en moins bien quand même (sinon, c'est pas drôle et je n'écoute pas...)

Il y a quelques traits de cela au début, clichés de vacances tristes, nostalgiques, touchantes quand même : l'ado coincée entre ses parents snobinards, la vieille dame au chien super ridée-bronzée qui crève de solitude, la colonie de vacances pour cas sociaux, la jeune femme divorcée et ses deux enfants, les Allemands qui prennent toute la place (pourquoi des Allemands, les Italiens aussi, ça prend de la place sur une plage, mais pas forcément en Bretagne, soit.). Et puis vient la pluie, et l'ennui, pas seulement celui du personnage, du coup. Y'a bien la virée lamentable à la pointe du Raz, un ratage touristique qui aurait pu être troussé, mais non, les couleurs de l'aquarelle se diluent ... Le pire, c'est qu'après, comme elle perd son portable, l'amant ne peut plus la joindre. Là ça devient vraiment dindissime, tellement qu'on en craint un rebondissement. Le pire, c'est qu'il y en a des tentatives, aussi plats qu'une mer d'huile sans sardines.

Mais je ne vous dirai pas si l'amant arrive ou non, trop fastoche ... De toute façon le quatrième le dit "Qu'il vienne ou non, elle ne sera plus jamais la même", un bouleversement intime les pieds dans le sable et le chapeau de paille sur la tête.

Athalie

PS : explication pour l'illustration : je voulais trouver aussi ninichisme que la couverture, mais trop de choix. Du coup, là, c'est du sable de Gâvres, du vrai. Gris. Avec des cailloux dessus. En face de Lorient.