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13/01/2013

La vérité sur l'affaire Harry Quebert Joël Dicker

la vérité sur l'affaire harry quebert,joël dicker,romans,romans français,rentrée littéraire 2012,prix goncourt lycéenJe marchais dans le long couloir qui caractérise ( entre autre mais non des moindres) mon lieu de travail, et comme il est très, très, long, il laisse largement le temps de papoter bouquins (entre autre). Nous devisions  donc avec un habitué des lieux, comme moi, qui avait la poche de la veste déformée par un gros bouquin mais crapahutait sans vergogne pour rejoindre le bus qui lui permettrait, dixit, de se caler. Je m'intrigue : " C'est La vérité sur l'affaire Harry Quebert, peux plus m'arrêter, je me leste avec, au cas où j'aurais un trou." Un trou ?

Un livre qui leste et fait se caler son lecteur dans le bus, c'est pour moi. Sauf que moi, j'ai attendu l'option en vacances, fauteuil face à la mer. Sauf que la mer, je ne l'ai pas beaucoup regardée ...

Avec ma soeur, on est allée faire des courses à la superette du village de nos vacances de Noël, qui ferme à 7.00 pile et qu'après, t'as plus rien. c'est dire l'urgence pour que je sorte de mes pages, parce qu'autrement, j'aurais pas bougé de mon fauteuil, et pas à cause de la mer.

A l'aller :

" Alors tu comprends, un jeune écrivain vient de faire un succès public énorme, Marcus Goldman. Ben oui, il est juif, pourquoi ? Mais non, ça n'a rien à voir avec Mauss. Si, il y a bien sa mère qui le tanne au téléphone pour qu'il se marie, paranoïaque et complétement égocentrique, elle le prend pour un génie et elle a peur qui se loupe. Tu vois ? Non. Pas grave, elle n'a pas beaucoup d'importance dans l'histoire, en fait, mais le personnage est drôle. Non, je ne m'égare pas. La superette est toujours ouverte, tu vois bien ? Donc, depuis toujours, Marcus veut être un écrivain, un grand, écrire le live, le grand livre. Non, ce n'est pas un arriviste, il croit vraiment à sa quête, mission, oui, comme tu veux ... Des rillettes de sardine, non, je n'aime pas trop, prends plutôt au maquereau. Il nage en plein succès, en pleine euphorie, son premier livre a été un succès énorme, médias, sa tête en tête des gondoles, agent, secretaire,  starlette ... Mais après, impossible d'écrire le deuxième, panne séche, complétement vide, il tente plusieurs retraites, se cherche. Oui, c'est un peu creux en fait, mais je ne sais pas pourquoi, je te jure qu'on est happé dedans. C'est comme les craquelins ? Oui, c'est ça, avec de la compote de pommes. Alors, Marcus va se tourner vers son ex-mentor, Harry Quebert, qui gite dans un petit village tout mignon où tout le monde se connait et les connait, le grand écrivain qui a bouleversé la littérature avec son premier roman, "Les origines du mal", et lui, l'ex petit Marcus, son protégé, son poulain, son double en plus jeune, son fils par procuration. Ils se retouvent tous les deux dans La Grande Maison d'Ecrivain au bord de la mer. Ben oui, c'est cliché, complétement même, tu as l'impression de regarder une carte postale. Non, je n'ai pas dit que c'était de la grande littérature, non plus. J'ai pris le vin blanc pour les moules ? Tu es sûre ? C'est bon, on peut y aller."

Sur le chemin du retour :

" J'en étais où ? Je ne te saoule pas là, t'es sûre ? Donc, Marcus n'arrive pas à écrire là non plus, mais par contre il va trouver la  boite de Pandore, une boite qui renferme le grand secret du grand écrivain,  son amour pour une jeune fille de quinze ans, un amour impossible, évidemment, vu que Harry est beaucoup plus âgé et que cela ne se fait pas, un amour clandestin, quoi ! Ben oui, c'est poncif, et encore je ne te dis pas tout. La jeune fille a disparu depuis trente ans, un meurtre non élucidé, tu penses bien, et l'affaire Harry Quebert va pouvoir commencer et Marcus devenir grand. On peux changer le sac de côté, c'est lourd, là.  En plus, ce n'est même pas bien écrit, la jeune Nola, Nora ? non Nola, je crois, elle sonne faux, comme une Lolita ratée, tu vois ? Sauf que le bouquin, il te retourne comme une crépe, t'as plein de pistes, tu fonces dedans comme une voiture de patrouille lancée en plein galop et tu te retrouves comme une mouette happée en plein vol, je te jure, c'est efficace, mal écrit et tout ce que tu veux mais rudement bien."

Je vous passe le rangement des courses et la cuisson des moules.

 

Athalie

 

PS : merci à ma soeur !

 

 

09/09/2011

Du domaine des murmures Carole Martinez

dame.jpgComme un long rêve qui s'étire dans un Moyen Age chimérique et brutal, ou un air de madrigal couvert, par interminence ,du fracas des armes et des hennissements des coursiers fabuleux, des épées qui tranchent et transpercent les nouveaux nés.

Ne pas s'arrêter, surtout pas, au quatrième de couverture, peu engageant. (Qui a pu écrire ce truc-là ???). Qu'attendre de cette histoire qui commence par enfermer son héroïne entre quatre murs, seule avec son dieu et sa foi vibrante, dévorante, après qu'elle se soit mutilée pour échapper à un mariage contraint, soit, il avait pas l'air terrible, terrible le mari ... mais quand même ... Foi délirante qui lui fait choisir, vouloir, ne vouloir que cloitrer ses quinze ans entre des murailles de pierre sans porte et deux grilles, dont la plus grande s'ouvre sur l'obscurité d'une église ?

Escarmonde, le prénom dit l'inverse de ces ténèbres là, de la foi qui asservit et la condition subie de fille et femme à marier, à prendre : éclats de la lumière des feuilles et des simples, du vent et des tissus qui glissent sur les peaux ou flottent dans le soleil des croisades perdues, monde qu'elle a refusé et l'empreigne, la mord et la tord, monde qui emporte la recluse loin du huis clos que l'on pouvait craindre.

Les mots de Carole Martinez, c'est une boîte à musique ou une lanterne magique. De ce domaine des murmures, s'échappe une voix qui dessine des légendes, vend des reliques gargantuesques, peint des fées qui aiment tellement l'amour qu'elles peuvent en changer de couleur, colorie des belles dames du temps jadis, enfermée dans la ronde d'un chateau de brume, qu'un Desdichado a aimé et qu'il pleure encore, le luth dans les étoiles.

Moi, quand la dernière page s'est tournée, j'ai bien vu qu'il y avait une  licorne qui s'était planquée vite fait derrière le rosier grimpant, au fond du jardin.

Athalie

PS : désolée, A. B. j'ai fini par faire la note avant toi, à force de dire du bien de ce bouquin, j'ai eu peur de friser l'overdose de superlatifs. Et évidemment pour les retardatrices Coeur cousu