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04/03/2014

Robe de marié Pierre Lemaitre

Robe de marié, Pierre Lemaitre, romans, romans français, polarsEnchantée par la lecture de « Au revoir là-haut », où, comme le dit Céline dans un des commentaires sur cette note , on en arrive à aimer le cynisme et et la mauvaise foi crapule, je résiste peu à enchaîner les  titres du même auteur ( quand j’étais petite, et que je finissais un livre que j’avais particulièrement aimé, je lisais et relisais la liste « Du même auteur », souvent située à la fin, comme autant de sucettes à l’anis à venir, là c’est un peu pareil ...). Donc, du polar, ce qui tombe bien, j’avais envie de polars bien polars, de ceux qui ne révolutionnent pas le genre et laissent mes neurones peinards dans leurs charentaises, mais suffisamment polar pour vous plomber délicieusement une après-midi pluvieuse, ou une soirée pluvieuse, voire, une matinée ... « Robe de marié » est juste ce qu’il me fallait.

Face A : Sophie est baby sitter, une drôle de baby sitter quand même, toujours disponible, sans affect, mais avec une béance à l’intérieur. Sophie est folle, à lier, c’est ce qu’elle dit. Elle ne maîtrise pas ses pulsions, se laisse submerger, sans savoir par quoi, ni comment, ni quand ... Et Léo commence à exaspérer Sophie. On comprend qu’avant d’être gardienne d’enfant, Sophie a été autre chose, quoi que ce fût, cette vie là lui a échappé, elle est happée par ses oublis. Sophie oublie tout, même le pire de ses actes. Elle est hantée de fantômes qui passent et trépassent.

De baby sitter, Sophie devient rapidement tueuse en série et s’embarque dans une cavale où il vaut mieux ne pas la croiser, même du regard, et pas non plus la contrarier. On est uniquement dans sa tête lors de cette course folle et tendue d’une folle qui cogite, par contre, très lucidement sa cavale et ses conditions de survie. On ne peut être si raisonnablement taré, ce qui fait que rapidement, le lecteur, en bon lecteur de polar bien ficelé, comprend qu’il y a une face B, le revers joué autrement.

Face A et face B jouent donc la même chanson, on retourne en arrière, avec un autre angle de vue, où les clefs sont données. Les deux faces s’imbriquent évidemment parfaitement, et même si les rouages sont trop bien huilés pour être crédibles, je m’en suis moquée totalement, embringuée dans le jeu de Lemaître, un jeu avec les codes, on sait qu’il sait, il sait qu’on sait ( j’aime bien les cache cache ...).

Bon, la face C perd un peu en force, soit, le jeu perd en mystère ce qu’il gagne en construction. On dirait un rubiks cube. Pas grave. Normalement, je ne finis jamais un rubicks cube. Mais, là, j’en redemande un autre.