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16/03/2014

Le duel Arnaldur Indridason

Arnaldur indridason, le duel, romans, romans policiers, série policière, roman islandeJe commence à me demander pourquoi, je persiste, moi … un brin de masochisme, un soupçon de nostalgie pour un auteur beaucoup apprécié ? mais de moins en moins convaincue. Le dernier paru, "Le livre du roi", m’avait déçue, l’avant dernier, bof, celui d’avant pas mieux. Bref, je crois que depuis "Betty", ma  foi, je manque d’enthousiasme pour Indridason.

Le duel ne m’a donc pas plus palpitée que cela. On sait que le rythme est peu trépidant chez Indridason, c’est le type polar du froid qui prend son temps, aime partir d’un rien, juste un meurtre genre fait divers, et construire autour un puzzle au goût d’inachevé parfois. On sait aussi, que depuis un moment, l’auteur s’amuse à faire apparaître-disparaître, son personnage récurent, l’inspecteur déprimé Erlendur. Après les descendants, ses adjoints, la fine cuisinière  Elinborg et Sigurdur Oli ( dans « La muraille de lave »), Elinbrog toute seule dans « La rivière noire », voici l’ascendante, sa mentore à lui, que l’on connaissait jusqu’ici, vieillissante, à la retraite, et bien malade (je me demande même si l’auteur ne l’a fait mourir quelque part …), Marion Brien. On passe de l’après Erlendur ( quoique, un retour s’esquisse dans « Etranges rivages ») à l’avant Erlendur  ( qui apparaît quand même dans les dernières lignes, un messager à la déjà triste figure)

La première pièce du puzzle est, cette fois encore,  une figure anonyme attachante, un jeune homme, Ragnar, un peu naïf et totalement inoffensif, un fondu de cinéma, si fondu qu’il enregistre les bandes son des films sur son magnétophone à cassette ( on est dans les années 70.) Ragnar est retrouvé poignardé dans une salle obscure, à la fin d’une séance. Le cartable a disparu avec le magnéto et personne n’a rien vu, lors de cette banale séance de 5.00 à la salle à moitié vide. Personne, enfin si, en fait, quasiment  chacun a vu un bout de quelque chose ; une belle femme et son amant, un clochard aviné, une bouteille de rhum … Marion va relier les bouts de mégots et les demi mensonges en se jouant des ragots médiatiques pour arriver à tout remettre à la bonne place.

Ce qui m’avait motivée pour ce dernier né de la série (même à l’envers, ça fait une série …) était l’arrière plan du duel, le championnat du monde d’échec entre les deux balèzes du jeu, venu chacun de son côté du rideau de fer, sur la terre d’Islande comme point stratégique de la géo-politique en pleine guerre froide et enjeux économique de la pêche aux harengs (ou à la morue, je ne sais plus …). J’aimais bien l’idée que l’histoire glaciaire fasse frotti-frotta  avec un polar du nord.  Ma curiosité a été émoussée. En réalité, le duel reste en arrière plan, on se demande même ce qu’il fait là, finalement (mis à part pour faire un quota d’étrangers présents en Islande, et donc autant de suspects potentiels …), comme un jeu de pions accessoire. Bon, c’est relié quand même, l’auteur sait y faire …

Autre fil de dessous, l’histoire de l’enfance de Marion, qui a eu la tuberculose et a été soignée, et, dans un sanatorium, elle a fait la rencontre de sa vie …  Liée à une grande famille qui ne voulait pas d’elle, c’est le chauffeur, Athanasius, qui l’a prise sous son aile, et voilà que, sans rapport aucun, la belle histoire d’amour connaît ici une fin … ça fait comme un cheveu dans une soupe au vermicelle. Une lecture bien tiède, donc.

06/03/2013

Etranges rivages Arnaldur Indridasson

etranges rivages,arnaldur idridasson,romans policiers,roman islandeLe bandeau annonce " Erlendur est revenu", soit, il est bien là, dans le livre, je veux dire, mais il est quand même resté coincé dans les replis de sa mémoire, en plus, il se met à voir des fantômes, ce qui n'est pas bon signe ...

Dans son fjord d'enfance, il s'est installé dans les ruines de la maison, la maison où il vivait quand son frère y vivait aussi encore, sa mère, qui aimait rire avant, son père dépressif mais qui jouait du violon de temps en temps, et lui était un grand frère, un peu jaloux d'une petite voiture rouge. Il y dort dans un campement approximatif, à ciel quasi ouvert, se réchauffe dans sa voiture, se douche à la piscine municipale ( détail qui n'est révélé qu'à la moitié du livre, alors que moi, son hygiène corporelle me turlupinait depuis le début, mais bon, c'est dire ma trivialité parfois quand je lis un livre qui m'endort quelque peu). Pourquoi il est là, il ne sait pas trop en fait, toujours son frère disparu qui le coince, je suppose.

Un jour, et toujours sans savoir trop pourquoi, Erlendur suit un vieux chasseur de renard qui va lui raconter une autre histoire de disparition, aussi lointaine ou presque que celle de son frère et sans rapport avec elle. Evidemment, comme c'est une histoire de disparition, elle va lui raisonner dans l'oreille. D'autant plus qu'elle bien tassée au fond du fjord.

Un soir d'une autre tempête, une jeune femme, Mattildur, est partie de son foyer pour aller rejoindre celui de sa mère et n'y est jamais parvenue. Elle est restée coincée quelque part, elle aussi, dans les replis des mémoires des vieux du village, de sa vieille soeur qui s'en souvient à peine, d'un vieux pêcheur, Ezra, qui tabasse les poissons fumés, et de bien d'autres ancêtres aux souvenirs troués, que notre enquêteur va aller interroger, toujours sans trop savoir pourquoi, juste pour savoir.

 Il faut dire quand même que la nuit de la tempête durant laquelle Mattildur a disparu, une patrouille de soldats anglais s'est aussi égarée, sur le même chemin qu'elle, mais dans le sens inverse. Alors que les recherches ont permis de retrouver tous les soldats, vivants ou morts (sauf un corps, mais c'est pour le suspens), elle, personne ne l'a jamais vue.

Il faut dire aussi que Mattildur, elle était un peu mal mariée, et que des légendes ont couru dans le fjord après sa mort, des histoires de vengeance post-mortem et de corps qui faisait du bruit dans le cercueil ...

Erlendur vaque, de maisons en maisons, pour reconstruire l'histoire, retrouvant en passant quelques éléments sur la sienne. Sans vraiment d'ennui, ni vraiment d'intérêt d'ailleurs, j'ai suivi Erlendur sur sa lande ( après tout, j'étais venue pour le retrouver !), quand même, je me demande toujours pourquoi il n'a pas mangé le poisson fumé d'Ezra. Suite au prochain épisode ?

 Du même auteur sur ce même blog :

Betty

La muraille de lave

La rivière noire

Athalie