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11/10/2016

Agnès Grey, Anne Bronte

agnès grey,anne brontê,romans,romans anglais,déceptionsLes côtes casées, ça vous incite à faire dans le léger, côté poids du livre. Donc, ma liseuse a (re)pris du service. Elle était pleine à craquer de titres classiques que je n'étais mis de côté, au cas où ... du Dumas, du Austen, des vieux trucs dont j'avais oublié les titres ... Du bout des doigts, j'ai parcouru la liste des pas lus, indiqués par un 0 °/°. il n'y avait que cela et des 1 °/°, quand j'avais cliqué sur la couverture. Du coup, j'ai aussi découvert les KO. En langage liseuse, c'est pour dire court ou long, du moins, c'est ce que j'ai compris. Alors, j'ai pris 0 °/° à 400 KO epub, et c'est comme cela que j'ai découvert Agnès Grey.

L'histoire sent l'autobiographie, même si j'espère que la Anne fut moins cruche que la Agnès ... Fille d'un membre du clergé anglican, Agnès a été élevée en vase clos avec sa sœur dans un presbytère, loin du monde et sans famille extérieure, vu que sa mère a choisi le mariage d'amour plutôt que la fortune. Le père, un peu fantasque et vaguement dépressif, perd le reste de leurs espérances dans une opération commerciale hasardeuse, et voilà Agnès qui décide, pour le bien commun de devenir gouvernante, au grand dam de sa famille, qui bien qu'aimante, a cependant bien conscience qu'elle ne sait quand même pas faire grand chose.

Qu'a cela ne tienne, Agnès se lance dans une première famille. Bien sombre, la famille, la mère est idiote, le père violent, le fils torture les oiseaux et la fille se tord par terre en crises d'hystérie pour rester ignorante. Chouette, du gothique, à la Brontë !!!! Ben non, finalement, Agnès, au lieu de tomber amoureuse du père violent, voire de la mère idiote, ou de se compromettre définitivement en des affres de culpabilité morbides face à son incompétence et à l'incurie de son sort, ben non, elle se contente de jeter l'éponge et d'aller voir ailleurs si le diable y est. Enfin, c'est plutôt le bon dieu de la morale qui guide ses pas, à elle. Et c'est bien dommage, parce que le diable, c'est plus rigolo.

En fait de diable, elle en trouve quand même un petit, dans la jeune personne dont elle se voit confier la charge. Vous devrez vous passer du prénom, parce que ma liseuse n'a pas l'option retour arrière rapide. En gros, la jeune, fille n'est pas un parangon de vertu aux yeux d'Agnès, elle qui s'évertue sans succès aucun à lui montrer le bon chemin. Car malgré son inclination pudique et effacée pour un clergyman aussi froid qu'un hareng saur et aussi démonstratif qu'un poisson plat, notre nonne de l'éducation ne se permet aucune mauvaise pensée, aucune initiative, pas un regard plus haut que l'autre, même quand l'autre reste sur la Bible ... Pas comme l'autre, la mauvaise élève qui papillonne autant qu'elle le peut et tente de briser tous les cœurs possibles à sa portée, même si le cercle restreint du village ne lui permet quand même pas faire les conquêtes qu'elle pense mériter. Une fois mariée à qui elle devait être mariée, le sort se chargera de lui faire regretter sa condition, alors que la souris grise d'Agnès, coulera des jours heureux, ternes, mais moralement ternes.

Bref, un Brontë aussi plat qu'une limande sans citron.

07/10/2016

La fille du train, Paula Hawkins

la fille du train,paula hawkins,romans,romans anglais,polarsVoici un polar qui porte vraiment bien son titre, attention lecture exprès, lecture TGV ... Avant d'en entamer la lecture, assurez vous que avez le temps de la terminer dans la foulée, lecture en aller simple, prévoir le manger et le boire sans descente dans le frigidaire, pas le temps d'aller au wagon bar, la pause pipi s'avère dangereuse, pensez à baliser le trajet pour l'effectuer livre en main ...

La fille, c'est Rachel et elle est dans un bien piteux état dans son train. Elle a perdu mari, amour, maison, rêve et tout éclat. Rachel boit, consciencieusement. Rachel est devenue laide. Rachel le sait, Rachel s'en fout. Rachel n'a plus de raisons, ni de raison, ni de maison. Elle tente juste de se maintenir dans un flot qui l'entraine vers des trous noirs de sa mémoire. Quand elle boit trop, elle ne souvient plus toujours bien des horreurs qu'elle a commises, des hontes qu'elle doit gérer au réveil. Et elle boit bien souvent trop.

Tous les matins, elle se remet à la place qui lui reste, dans le train qui va à Londres, pour faire comme si ...Tous les jours, le train s'arrête, quelques courts instants, travaux sur la voie obligent, devant son ancien quartier, celui où dans sa maison vivent son ex mari, sa nouvelle femme et leur petite fille. Ce n'est cependant pas sa maison qu'elle voit, mais celle d'un autre couple, arrivé après son départ, sa bérézina à elle. Elle ne les connait pas, mais ils ont l'air si heureux, si lumineux, sans faille, pas comme elle. Rachel fantasme, elle nomme la femme Jess, et l'homme Jason, leur invente un métier, des projets, un passé.... Un matin, pourtant, ce n'est pas Jason qui se tient derrière Jess sur la terrasse ...

C'est marrant comme polar, parce que Rachel, plus elle coule, plus elle entraine l'empathie, même quand elle fait tourner bourrique ce méchant Tom, pourtant si patient avec elle, ce mari qui l'a laissée, lassé de ces crises et de sa tristesse, et sa nouvelle femme, cette grue plate d'Anna ... Même quand ses trous noirs la laissent pantelante et grotesque, Rachel, on ne peut pas la croire méchante, pas vraiment, pas comme les autres, la vraie Jess, le vrai Jason ... Mais plus l'histoire des vrais et des faux se met à vaciller, plus le doute se mêle de tout ce que vous lisez, la vision se trouble, jusqu'à plus soif !

20/12/2015

Avril enchanté, Elisabeth Van Arnim

Freesias-Luxury-Bouquet.jpgUn roman antidote à la triste "condition pavillonnaire", qui met en scène deux chrysalides qui vont devenir papillons. Foin de tout réalisme, il faut juste rentrer dans la danse, ici, on baigne dans les fleurs, l'amour de son prochain, et même celui de son mari, c'est dire ...

Il pleut sur Hampstead, une banlieue morne de Londres. Il pleut, il a plu, et il va continuer encore à pleuvoir. Pas un rayon de soleil d'avril en vue. Deux femmes, encore jeunes et qui pourraient même être jolies, si on les regardait un peu, se croisent dans un club. Toutes deux ont lu la même annonce dans le Times : " Particulier loue  petit château médiéval meublé au bord de la méditerranée", en Italie. Nos deux souris grises ne se connaissent pas, mais elles se reconnaissent,  elles sont aussi étriquées et vertueuses l'une que l'autre, et l'une comme l'autre ont terriblement envie de cette folie. Rose Arbuthnat et Lolly Wilkins vont se secouer la poussière et accomplir l'impensable, répondre à l'annonce et partir, quasi en cachette de maris indifférents ou/et acariâtres. Tandis que Lolly a des visions de bonheur, Rose a des scrupules, car Rose a des pauvres, et va devoir les priver de sa charité pour se faire plaisir. La notion de plaisir n'entrant pas dans la pratique normale de Rose, il va falloir toute la passion de Lotty pour qu'elle s'y laisse un tant soit peu aller.... Un peu raide encore dans la posture, quand même ...

Pour souci d'économie, elles vont s'adjoindre deux autres inconnues, sans trop prendre de précautions ; une vieille grincheuse victorienne, Miss Fisher, et une lady, trop belle pour être heureuse.

La comédia se jouera donc à huit mains dans le château de San Salvadore, le château du paradis, où les freesias poussent en dehors des magasins et des vases, où le soleil brille  en un avril bien plus caressant que prévu, les nuages jouent à saute moutons et, etc ...

Les frotti frotta entre les quatre locataires s'emparent des lieux, la vieille grincheuse grince des dents, la Lady s'enfonce dans son coin secret à elle, pour ne plus être admirée, gâtée, adulée, Rose se coltine la nostalgie du désir alors que Lotty cavale en pleine euphorie visionnaire. Et c'est elle qui emporte tout dans la magie de San Salvatore ....

Un livre où l'eau de rose est si rose qu'on ne peut avoir envie que de s'y délecter !

28/01/2015

Les neuf cercles R.J Ellory

63779074.jpgUn policier, ex-engagé dans la guerre du Vietnam qui tourne en rond dans l'enfer de ses souvenirs, quoi de neuf sous la plume de la littérature américaine? Pas grand chose. Vraiment pas grand chose. Mais, ça peut être bon quand même, c'est le dernier Ellory. Malgré quelques déceptions, c'est du solide, Ellory, avec en plus un parfum du sud, un rien de "Seul le silence", un article de Dominique. Et je m'y colle aux neuf cercles.

John Gaines, après l'enfer du Vietnam, a passé le concours pour devenir policier, et est revenu auprès de sa mère, qui a son enfer à elle, un cancer auquel elle résiste depuis des années, peut-être attendant que son fils aime à nouveau, peut-être plus encore, grâce à ses incantations quasi-vaudoues anti Nixon.

Dans la petite ville du Mississipi, on tourne en rond, pantouflarde et tranquille, elle ronronne, et John Gaines aussi, dans un cycle pépère de contraventions civiles et routinières, d'une banalité reposante pour son traumatisme guerrier. 

Mais, surgit l'invraisemblable par les hasards d'une pluie battante : le corps  d'une jeune fille, toujours belle comme le jour, Nancy Denton, disparue depuis vingt ans, sort de la boue. Le corps a été préservé intact, donc (sic), comme son étrange blessure, une mutilation qui sent le bayou et ses sortilèges ... Dans le livre, surgit alors une autre voix, que l'on comprendra par la suite, être celle de Maryanne, la meilleure amie de Nancy, et avec elle, les souvenirs d'une radieuse journée d'été, le groupe des amis inséparables, elle, Nancy, le tendre et fort Mickaël, et les deux frères Wade. De la famille Wade, de la puissante famille Wade. L'un est lunatique, un peu à part, l'autre, un brin jaloux. Ce jour-là, Nancy avait une jolie robe, un pique-nique en forêt, une baignade, un air de tourne disque, une danse, les amoureux, Nancy et Mickaël, Mickaël et Nancy, tournent et s'aiment. Tout le monde s'aime. Et puis, plus rien. Nancy a disparu.

Depuis vingt ans, la mère de Nancy attend, Maryanne flotte entre deux temps, et l'amoureux, Mickaël est devenu une épave. Mis à part eux, toute la petite ville avait oublié,plus ou moins, un drame laissé entrouvert.

Une enquête à handicaps, donc, pour John Gaines, quelque peu inexpérimenté sur ce terrain là, ne disposant pas vraiment d'une logistique à toute épreuve, sans témoins, et avec comme seul suspect, un clochard halluciné, l'ex-amoureux de la disparue ... On se dit qu'il a intérêt à se sortir fissa de ses neuf cercles et d'avoir du ressort. 

Comment dire, même si le personnage tient la route, finalement, que certains coups d'accélérateur m'ont fait parfois y croire, l'intrigue est quand même peu haletante, marque des pauses, cohérentes, vu le contexte, mais les fameux ressorts sont un peu rouillés. Les portes du mystères s'ouvrent une à une avec des grincements poussiéreux, attendus depuis trop longtemps.

Un Ellory moyen, moyen, moyen moins, même. 

30/09/2014

Le phare P.D James

Ma première lecture sur liseuse !!! ( celle de mon fiston, en réalité,  lui, il est re-passé au papier), et je dois le dire, une première tentative mitigée.
Tout d'abord, l'objet fut apprivoisé assez rapidement, je dois le dire fièrement, il s’avère notamment très pratique pour manger en continuant à lire. Manger autre chose que des fraises tagada, je veux dire. J'ai ainsi pu, sans dommage, assouvir une fringale express et irrépressible de tartines de "rillettes Hénaff sur pain italien", alors que l'inspecteur principal (le roman est un policier, de facture classique) se faisait réchauffer un osso bucco. Le pain, c'est ce que j'avais de plus italien chez moi sous la main, et, je peux l'affirmer, la liseuse permet un parfait tartinage de rillettes bretonnes en boite en kit mains libres.

Un truc gênant, mais ce n'est pas la faute de la liseuse, l’affichage des pourcentages. 75% de lu, j'imagine que cela veut dire que c'est bientôt fini ... mais bientôt fini, c'est combien de pages à lire encore ? Bon 25 %, je suppose, mais 25 % de pages sur combien ? Parce que cela fait combien de pages 100 % ? Le livre, vous allez me dire. Mais les pourcentages, moi, ils ne me causent que pendant les soldes : à partir de 50 %, je sais que c'est moitié moins. Fastoche. Mais; là moitié moins de quoi ? Une liseuse, c'est plat et n'affiche pas les prix de départ.

Le principal obstacle, quand même, fut le texte en lui même, d'où mon intérêt croissant pour les pourcentages. Mais qu'il est long, qu'il est long, mais vraiment long ( et je vois la longueur de ma note s'allonger, pas de pourcentages à l'horizon, Hautetfort ne comptabilise pas le nombre d’arrêt en route de la lecture des notes, heureusement pour moi ...). A 47 %, l'inspecteur principal interroge son premier suspect. Dans les 20 % du début, on a eu la présentation de l'inspecteur, de l'inspectrice et du sous inspecteur ( il faudrait que je rouvre la liseuse pour retrouver les noms et les caractéristiques de chacun, et comme je ne sais plus à quels %, ils apparaissent, j'ai la flemme. Disons, un poète, une complexée sociale et un arriviste bel homme mais qui se tient à sa place (pourquoi en dire qu'il est arriviste bel homme, alors ? je ne sais pas, Y'a pas la fonction explication sur la liseuse)

Sur une île au large de l'Angleterre, une mort suspecte nécessite que les trois s'y rendent dare dare, vu que le mort est un écrivain très célèbre. En chemin, on apprend qu'ils font leur sac ( chacun leur tour), ce qu'ils y mettent et pourquoi, qu'ils prennent l’hélicoptère et que l'inspectrice, elle lit pendant le voyage parce qu'elle a un peu peur. On ne sait pas si elle lit sur liseuse, elle. Mais moi en hélico, j'aurais peur aussi, liseuse ou pas ... Surtout qu'elle vient de quitter un amant super top.

L'île a un statut très particulier ; n'y sont reçus que des invités de marque et de marque prestigieuse pour y retrouver calme et sérénité : comprendre, ils sont hébergés dans des cottages en pierre d'où l'on voit la mer, il n'y a pas un seul magasin, ni même une piscine. Les falaises sont battues par les vents, les cheminées fonctionnent, pas de soucis, et le phare est rouge. Normal. 

La paix, le silence, les repas, les bons vins, le bois de chauffage et tout le reste sont fournis par les résidents de l'île, chargés de son administration discrète : le commandant, le médecin, l'infirmière ( sa femme), le marin, la cuisinière, l'intendante, une jeune fille recueillie sur l'île par le marin. Il y a  aussi une invitée à demeure permanente, une intello irascible et son ex-chauffeur (vu que sur l'île, il n'y a pas de voitures, normal) ....On a droit à un portrait pour chacun pareil que les trois autres, sauf qu'ils ne font pas leur sac, mais que certains ont un passé trouble ... Ha, oui, il y a aussi la fille de l'écrivain, et son fiancé, les deux furent exploités par l'écrivain. L'écrivain étant très méchant, personne ne le regrette vraiment. Sauf moi, parce qu'il aurait pu rendre toute cette histoire un plus plus coriace. (on  est a 40%, là)

Voilà, je m'y copieusement ennuyée dans ce texte, comme on l'aura compris, et même, je pense qu'à des moments, mon handicap des pourcentages a contaminé ma logique des phrases. Ainsi, lorsque je lis qu'un homme, retrouvé mort le crâne fracassé sur le sol d'une église, a dû mourir sur place parce que les draps de son lit ne sont pas défaits, je secoue la liseuse pour voir si l'engin n'a pas une fonction boule de neige, ou boule de cristal qui s'est mise sur le mode off, sans prévenir. 

Bref, dernier handicap de la liseuse, elle ne veut pas tourner les pages plus vite, enfin, pas la mienne, elle s'embrouille ...

 

21/01/2014

L'auberge de la Jamaïque Daphnée du Maurier

romans,romans anglais,l'auberge de la jamaïque,daphnée du maurier,cup of tea timeC’est Rébecca qui aurait bu un coup de trop des hauts de Hurlevent et qui du coup, se prendrait un peu pour Jane Eyre.

L’auberge de la Jamaïque se tient au bout des landes connues. Battue par les vents et gangrenée par le mal et la poussière boueuse qui s’y traînent en une lamentation damnation des esprits : bienséance et réalisme s’abstenir !

Mary y vient contrainte par son destin. Elle vivait à Helfort, de l’autre côté de la rivière, enfin, un peu plus loin quoi. Mais c’était un autre monde où même la pluie était douce, les coteaux juste vallonnés comme il faut. La vie de la ferme, la sienne, celle d’une jeune fille pauvre mais courageuse et vaillante à la tâche, lui convenait. Elle aurait pu y couler des vies paisibles, si le destin, donc, n’y avait pas mis son coup d’arrêt fatal. Sa mère est morte, la ferme est vendue. Et le coche l’amène rejoindre sa jeune tante, la sœur de sa mère, sa seule parente, dont elle garde un souvenir frais et gai. Mais première stupéfaction, après le vide de l’auberge délabrée, et l’accueil un tant soit peu brutal de son oncle par alliance, qu’elle découvre, c’est une tante demie folle qu’elle retrouve. Tremblante, une ombre soumise à son géant de mari. Déboussolée, ( on le serait à moins vue la tête du gars) Mary se fait un trou et s’endort. Mal.

Au fil des jours, la tyrannie se précise un peu. Joss Merlyn est alcoolique en de longues crises qui lui délient la langue et des horreurs en sortent. Imprévisible, malade, violent, sa présence a transformé l’auberge en désert. Les coches ne s’y arrêtent plus et les landes bruissent de rumeurs d’un autre âge. Des hommes, la nuit, s’y cachent, s’y cognent, les poutres s’ornent de corde, les portes claquent sur la nuit qui rôde toujours. Des charrettes dans la cour brinqueballent ... Les murs qui s’effritent enterrent de drôles de silences ...

Mais Mary ne va pas se laisser faire et la lande sera le terrain de ses aventures, dignes de la jeune fille courageuse qu’elle est, un peu aveuglée quand même et pas que par la pluie. Elle ira sa route, de cahots en cahots, de rencontres en fuites éperdues. Qui est le pire ? De Joss, de son frère Jem, séduisant voleur de chevaux à l’âme vagabonde, du mystérieux pasteur, albinos qui plus est, et dont le trait cruel révèle des abîmes ? où est le piège ? Mary, prisonnière de son devoir envers sa tante, tente d’éviter le pire et pas toujours pour le meilleur .... prise dans la tourmente des âmes torves qui veulent l’entraîner dans leur tourmente fatale ( AH, AH, AH !!!! "rire sardonique de la lectrice qui connait la fin" ....).

Bref, des échos romantiques anglais gothiques à souhait, bien ventés et pluvieux comme on les aime. Mettez vos capuchons et embarquez des kleenex, rien que pour le plaisir !

07/05/2013

Les petites filles Elizabeth Bowen

imagesCAZDMCBC.jpgNe vous attendez pas à un récit modèle, ni à une histoire de petites filles qui l'auraient été. Les trois sont plutôt veillissantes et de bric et de broc quand l'une décide de retrouver les trois autres, quelques quarante ans après qu'elles ne soient vues pour la dernière fois.

Un livre en trois parties : la première est consacrée à la plus "dynamique" des trois ex-amies : Dicey, dite Dinah ou Diana. ( Là, je vous donne un sacré coup de main parce moi, je n'ai réussi à stabiliser les trois nominations différentes qu'à la moitié du livre, sans compter que les deux autres ont ausssi des surnoms que je mélangeais, ce ne qui fait que j'ai parfois manqué de concentration sur l'histoire). Donc, la première, disons, pour ne pour que vous embrouille et moi non plus, vit dans une villa de la campagne anglaise, visiblement sans souci financier, veuve, deux garçons, mariés. Quand même quelque peu excentrique comme peuvent les grands mères anglaises romanesques, elle est en train de mettre en place un  projet farfelu. Comment  de ce projet va-t-on en venir aux retrouvailles. le chemin est long. La grotte est le premier indice, le second est la balançoire aux cordes inégales. La grotte est le réceptacle du projet : il s'agit d'y réunir des objets intimes, révélateurs, donnés à Dicey-Dina-Diana par ses amis et connaissances, puis de sceller les portes pour laisser ces traces de la civilisation aux bons soins de la sagacité des chercheurs futurs, pour leur édification éclairée.

 Diana-Dicey-Dinha est secondée par une sorte de major Thompson, Franck, veuf aussi que l'on pourrait supposé transi de la veuve tant il se sert à l'aise des drinks dans le salon avec cheminée où l'on se retire le soir au coin du feu, et de Francis, un majordome-espion dont l'efficacité est versatile.

Voilà qui plante un décor fleurant bon le Earl Grey dans son mug à fleurs, avec le soupçon adéquat de rose à l'anglaise.

A cause de la grotte et de la balançoire, Dinha-Diana-Dicey fonce vers un autre projet : retrouver ses deux amies d'enfance, perdues donc de vue un jour de leur onze ans. Elle arrose les journaux de petites annonces, ce qui va considérablement énerver les deux autres. L'une est une sorte de femme au foyer au cynisme triste qui carbure au gin-tonic sans se dépardir de son quand-à-elle, c'est Sheila, dite Sheikie, ou l'inverse. La troisième est Clare, dite Mumbo, elle est devenu une femme d'affaire surbookée, solitaire, active et sinistre comme un corbeau empaillé.

Lorsque les trois se retrouvent, je me dit chic, ça va démarrer. Le ton est agressif, il y a des comptes à régler, des secrets honteux, ça va saigner dans la villa ... Les piques sont rancunières, bourrées de sous entendus. Sauf que moi, j'ai eu un problème de bande-son, je voyais un livre mais les sous-titres étaient en décalage, ou alors le décodeur était crypté, ou le film pas dans la bonne langue ... Cela m'a fait cet effet un peu pour tout, l'histoire du secret, les images des petites filles faisant le secret, des mêmes recherchant le coffre à secret. Les répliques se veulent vives et percutantes, voire caustiques à souhait, ce pourrait être un Lubisch, mais moi, j'ai loupé la cible. C'est tout décousu. Et si quelqu'un sait pour cette histoire des trois sorcières de Mac Beth, je suis preneuse.

( Pour le couteau à beurre aussi, mais je ne voudrais pas abuser)

 

Athalie

 

 

30/08/2012

Black Mamba Boy Nadifa Mohamed

black mamba boy,nadifa mohamed,romans,romans anglais,yémenVoilà un livre dont j'aurais voulu qu'il soit un vrai grand coup de coeur, un sans conditions et sans restrictions. A cause de l'histoire et de l'homme qui l'a vécue, le père de l'auteure dont elle dit se faire le griot, un homme qu'elle présente de sagesse contenue avant de se lancer sur ses traces de petit gamin des rues d'Aden, au Yémen, en commençant presque au début, en 1935. Jama est alors encore le fils d'Ambaro, la courageuse, à peine tolérée sous le toit des autres, elle trime pour quelques sous dans la grande ville, elle peine à trouver la force de s'occuper de lui, Jama, tout en os et en faim. Accolytes d'infortunes plus ou moins fiables, mendicité, débrouillardises, les gamins rêvent d'ailleurs, de sacs d'or et de grosses voitures au milieu des ordures. Mais Ambaro le lui répète, pour lui, Jama, ce sera différent, il est né sous une bonne étoile, elle le sait parce qu'un énorme serpent, le Blak Mamba, lui passé sous le ventre alors qu'elle état enceinte et et il est reparti, sans piquer. Elle y croit, son fils moins, surtout lorsqu'elle meurt. Commence sa quête au gamin, la recherche de son père qui est parti depuis longtemps, lui, le fantasque joueur de luth, derrière une frontière, chercher fortune. Par petits bouts de rencontres et à sacrés coups de volonté, Jama avance vers les déserts instables et la guerre que mène les Italiens contre les anglais pour le contrôle d'un empire fascite qui vu de là-bas, se délite déjà. L'armée enrôle et utilise avec dédain pour ses fanfaronades criminelles et cruelles les hommes de ce pays-là pour leur pitoyable défaite. Jamba ne se perd pas, se décourage, fait des détours mais ne perd pas de vue le destin que lui a donné sa mère. Et pourtant, l'odyssée est long d'être terminée avec qu'il n'écoute la voix de sa Pénélope pour revenir, peut-être à un apaisement.

L'histoire de Jamba est exemplaire, presque hagiographique, une farouche résistance tranquille aux mépris, aux humiliations, pas après pas, murs après murs, frontières après frontières, Jamba va son pas. Un héros admirable, donc, mais pourtant un roman qui ne m'a pas emportée avec lui. Il m'a manqué un souffle plus fort, un ouragan plus stylistique et plus romanesque pour être vraiment soulevée. Mais j'ai trouvé plein d'excuses : la force de l'histoire vécue, en vrai, par son propre père ne doit pas être facile à s'apprioprier, et puis, c'est un premier roman. Enfin, je dis ça, mais je ne suis pas écrivain pour un sous, moi, c'est juste que quand un bonhomme a vécu un truc comme ça, ben, chapeau bas.

Athalie

23/06/2012

Arlington Park Rachel Cusk

arlington park,rachel cusk,romans,romans anglaisArlington Park est un quartier, genre "beau quartier", ou alors une sorte de banlieue un peu cossue, entourée d'autres qui le sont moins, une sorte de guetto choisi, étouffant, à part, protégé des miasmes de la pauvreté. Il y pleut beaucoup mais il n'y a pas d'air. Le premier chapitre donne le ton, en une superbe description d'une averse torrentielle et intrusive.

A Arlington Park vivent des femmes, des femmes mariées, essentiellement, des femmes au foyer avec enfants. Les maris sont des fantômes, du genre qui travaillent toute la journée dans un bureau, ailleurs et ouvrent la porte le soir du foyer avec la bonne conscience du salaire gagné. Leur rôle est réduit à cette fonction financière. Elles, elles sont vampirisées par leur quotidien répétitif, réduites aussi à quelques aspirations matérialistes, des rêves limités au confort aténiable dans leur classe moyenne, pouvant se voir de l'extérieur, comme dans un cycle de lavage, elles ont mis leur vie sur programme long avec prélavage pour que tout soit bien propre. Moi, ça m'a fichu le cafard.

Les chapitres du roman en présente une, à chaque fois, au centre, en commençant par Juliet, l'ex élève brillante qui se vit comme "assassinée" par le mariage, puis, Amanda, Maisie, Solly .... A chaque fois, chacune est analysée, décortiquée, aspirée, puis au chapitre suivant, rejetée en périphérie, avant que finalement le dernier chapitre ne les regroupe en un diner "à la bonne franquette" entre voisins et vagues connaissances. Horrible vase clos qui se referme. Entre temps, on aura les occupations essentielles de leurs journées : le papotage entre mamans fraichement libérées par le temps scolaire, qui se retrouvent un moment pour boire un café chez la névrosée du ménage, Amanda, dans sa cuisine aseptisée, son salon design, dans sa maison rénovée avec goût du jour : les murs ont été abattus pour faire de l'espace, tellement d'espace que c'est vide, et les petits garçons n'ont pas le droit de tendre la main vers la vitre de la fenêtre parce qu' après, il va falloir enlever les traces.

Une fois, elles vont sortir pour une virée shopping dans un centre commercial, avec poussettes, et enfants et cafétaria intégrée : " un restaurant qui ressemblait au purgatoire. Il était au dernier étage et il y avait de grandes photos de champs verts sur les murs, et des fenêtres partout pour que l'on puisse voir les routes. (...) C'était comme les objets trouvés, mais pour les gens". Cela vous donne l'ambiance de l'ennui pesant, quand manger là-dedans devient une distraction rare, presque un moment d'évasion. Il y a aussi un parc à Arlington Park, où passent les femmes qui rentrent leur marmaille et parfois s'arrêtent à l'aire de jeu : " Elles poussaient les balançoires. (...) Elles semblaient confuses et inconsolables". Il y a Christine, qui se fait un titre de gloire d'avoir vu sa lettre publiée dans la gazette locale : défendant bec et ongles le droit des mères à encombrer la chaussée avec leur 4X4 pour aller chercher les enfants à la sortie de l'école. Il y a Sony qui découvre la liberté dans les senteurs des huiles de bains de la locataire de sa chambre d'ami. Il y a Juliet, dont le suprême moment d' épanouissement personnel est de goûter sa revanche un vendredi soir par mois, parce que ce jour-là, c'est son mari qui va chercher les enfants pendant qu'elle tient son "salon littéraire" : quinze lycéennnes qui se balancent sur leur chaises dans la bibliothèque scolaire en mangeant des gâteaux.  

Des vies qui pataugent dans des feuilles mortes, avec plus au bonne conscience de leur chance, elles qui ont "tout" ... On en a jusqu'au cou. Recroquevillée dans mon fauteuil, j'ai craint l'asphyxie mentale. Une lecture plombante, à lire armée d'une antidote "barbie girl" :  triple ration de fraises Tagada à tremper dans un tube de lait concentré nestlé sucré ou toute compensation de poids.

Athalie

Le commentaire par où cette lecture est arrivée :

http://lillyetseslivres.canalblog.com/archives/2012/04/01...

07/05/2012

Les anges de New York R.J Ellory

images.jpgTraduction du billet d'Anonymous par Athalie ( traduction libre de droits) :  " C'est quoi cette putain d'enquête avec ce putain d'inspecteur dans cette putain de ville qui avait des putains de saints ... ? "

Ce en quoi Anonymous exagère quelque peu parce que si les saints sont bel et bien vérolés, il n'y a qu'une prospituée réelle dans cette histoire, elle est même plutôt sympa, même si pas souvent là, et de toute façon, elle s'appelle Eve, ce qui doit être un clin d'oeil appuyé ou je ne m'y connais pas en références bibliques. Et Franck Parish, l'inspecteur, le héros, il a bien besoin d'une âme charitable pour s'étancher vu qu'il se trouve dans une sorte d'impasse, un petit enfer qu'il s'est fait avec les dents. Divorcé, sa femme le déteste encore, un grand fils auquel il n'a pas parlé depuis déjà un certain temps, sans qu'il sache vraiment pourquoi,, une grande fille qu'il bichonne tellement que l'amour paternel vire au harcèlement, et une culpabilité qui vire à l'obsession, sans compter la mort de son dernier coéquipier, son alcoolisme persistant, la moitié de sa paie en moins et plus de permis de conduire. Il est collé de près par sa hiérarchie qui lui a collé une psy, d'office et obligatoire. Ce qui fait beaucoup pour un seul homme, même si il l'a bien cherché son carcan.

On comprend aussi que sa dépendance principale, c'est son boulot, l'honneur de son boulot, même si cet honneur se passe de la légalité, sur la tangente des règles et des cadres, un gars pas droit mais pour le droit.

Une nouvelle enquête commence, un corps d'une jeune fille de seize ans, pas violée, en apparence, ( ben oui, faut des stades dans l'horreur ...), mais aux ongles bien vernis et aux cheveux coupés, pas comme elle devrait être : une puis deux, puis trois, puis ... et même si notre enquêteur plombé trouve rapidement le lien et tente de tisser la toile, les fils sont si tenus que l'enquête n'avance pas et ça le mine et le plombe encore plus. Sans compter l'autre mine, la souterraine, le père et sa toile d'araignée à lui, l'intime, et l'officielle. L'officielle : John Parish faisait parti des "Saints de New-York", et il a nettoyé la ville de la pègre et la mafia, il est mort au champ d'honneur, couvert de médailles et de gloire sanctifiée.  L'intime : John Parish  est un immonde salaud corrompu. Comme Franck est sommé par sa hiérarchie de suivre une psychanalyse en interne, le lectuer oscille entre les les deux lectures, l'épique et l'incertaine.

La construction du roman est dans la plus classique de celle des romans d'Ellory que j'ai lus jusqu'ici, un coup d'enquête dans le présent, un coup d'enquête dans le passé, et on recommence, sauf que comme l'enquête sur les meurtres avance doucement, et que la psychanalyse aussi, au bout d'un moment, on n'avance plus tellement ni sur un des terrains, ni sur l'autre, on piétine, et de redites en redites, le côté inspecteur au bout du rouleau mais tellement humain, lasse. Une petite déception donc, mais qui ne m'empêchera pas de me jeter sur le prochain du même auteur.

Athalie

PS : les anciens du même auteur : Seul le silence, Vendetta, Les anonymes

 

08/04/2012

Le garçon dans la lune Kate O'Riordan

Piquets01.jpgDans la lune, c'est là où je devais être en le lisant, sur une autre orbitre, ma fusée a eu des ratées, je ne suis pas partie à l'allumage, et j'ai mal arrimé ma capsule spatiale. Suis passée à côté de la cible. sans exploser en plein vol, malgré tout.

Je me disais, voili voilà une histoire de garçon rêveur, terre à terre que je suis. Mais en fait non. Il y en a quand même un, au centre d'une galaxie nébuleuse, ses parents. Sam a sept ans. pas plus. Définitivement. Etoile filante.

Les deux satellites en orbitre autour de leur étoile solaire, leur centre du monde, Sam, donc, c'est Brian et Julia. Ils n'ont rien de brillant, sauf ce gamin, le leur. Un couple, marié depuis 10 ans, ils s'aiment, pas sûrs de ça et pas contre ça, ils montent et ils descendent, sans trop de roulis. Ils s'agacent, sans plus, sans vraiment d'éclats ni de raison raisonnable. Brian est est son bain, Julia prépare leur départ pour le séjour traditionnel de la petite famille chez le père, celui de Brian, en Irlande, après un passage sur le ferry et une visite chez le frère. Les talons de Julia claquent dans le couloir, elle couche son fils, respire son odeur, claque les portes, met tout en ordre, occupée, autoritaire, responsable. Brian traine dans son bain, la désire, elle se laisse faire. Ils partent, reproches quotidiens. Rien ne se remet en cause.

Je m'étire un peu. ça ne m'agace pas, non, ça pourrait, ça sonne à côté pour moi, je ne sais pas pourquoi, je n'entends pas les reproches de Julia, les excuses de Brian.

Et puis, le Noël va prendre une autre trajectoire et c'est Brian et Julia qui vont exploser en plein vol, sans parachute.

On change de fusée. Ce sont les familles qui deviennent les cibles. Celle de Brian dont on découvre l'enfance déchirée à coups de coups de ceinture par son père et d'amour pour ses frères, un Brian qui s'entortille dans une culpabilité indicible, comme dans des barbelés d'une enfance sans couleur, dans une ferme qui suinte la crasse : quelques moments de bravoure contre la loi paternelle, celle du plus fort, de la sélection pas naturelle, seuls les plus forts de ses enfants seront dignes de vivre ( de survivre) . Celle de Julia est sans violence, juste une soeur plus aimable que sa mère a mieux aimé, un père qui est plus souvent au fond du jardin à faire pousser ses fleurs qu'à regarder et entendre grandir sa fille.

Une histoire simple, dramatiquement simple. Je suis juste rester les regarder s'agiter, sans trop savoir pourquoi je suis restée au bord ...

Athalie