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13/02/2015

Catharsis Erik Axl Sund

Prater,_Wien.jpgAprès une pause passée, en gros, à digérer les deux premiers tomes en allant faire autre que de tourner des pages pleines de crimes sordides, je reprends ma "catharsis" à moi et me jette dans ce troisième et dernier tome, histoire d'en finir avec l'addiction. Et je m'essouffle assez rapidement. 

Je prends même le temps de lire la quatrième et là oups ! Je découvre que "ce livre est porté par une écriture térébrante". C'est quoi cet adjectif qui a un goût de fautes de frappe ? Fière de ma découverte sarcastique, je déchante vite car "térébrante" existe et qualifie "une douleur profonde donnant l'impression d'un clou que l'on enfonce dans les tissus". Et c'est exactement cela dont souffre Sofia depuis le début, en réalité. Comme quoi, j'aurais mis trois tomes à trouver un adjectif juste pour qualifier un personnage, moi, alors qu'il avait qu'à retourner le bouquin ...

Côté histoire, il faut le dire, je ne suis plus très bien ... En plus de Victoria qui avait déjà tendance à disparaître-réapparaître, et à Sofia, son alias aux multiples autres alias, est apparue Madeleine, d'abord entre les lignes, elle prend ici, petit à petit, la place des deux autres, qui du coup s'estompent et se diluent dans les crimes précédents.

J'ai un peu de mal à recoller les morceaux précédents avec la nouvelle venue ... Mais Jeanette, toujours fidèle limière, suit mieux que moi les méandres de sa propre enquête, et si moi, j'ai un peu oublié comment elle en est arrivée à tout comprendre, elle, elle a l'air de savoir où elle va et donc, je la suis, y'a plus qu'à lui faire confiance à elle, c'est la seule qui reste la même depuis le début. 

Des coupables potentiels, pourtant, le nombre se restreint, et Jeanette resserre l'étau autour du méchant absolu. Elle ne sauvera pas tout le monde, mais Sofia se délivrera d'elle(s)-même(s).

En refermant ce troisième tome, l'addiction est passée, j'ai eu mon compte de carnages et d'abominations. Finalement, reste un un petit goût de vacuité. Tant de crimes, tant de fils obscurs à suivre, tant de personnages, tant de voix égarées pour tant de voies de garage, et pour aboutir à peu de choses à en dire. "Térébrante" me restera, par contre, et le goût des lectures communes sur canapé !

Encore merci A.P. !

 

15/11/2014

Le livre d'un été Tove Janson

Comme ce qui pourrait être une ritournelle ou un manège magique : une petite fille, un papa, une grand-mère, une île dans le golfe de Finlande, une île dans un archipel d'îles, plates et grises et fleuries de petites fleurs éphémères, et en fait, pas un été, mais des étés, des myriades d'étés qui n'en font qu'un, l'été, l'été pur par excellence celui de l'enfance, un concentré d'été à lui tout seul, un moment arrêté et juste, juste par fait car ponctué de ces imperfections subtiles qui suspendent le temps.

Dans ce temps de l'été, petite fille, grand-mère, et papa à la pipe vient en quasi autarcie sur leur île, il ne s'y passe presque rien. la petite fille et le grand-mère s'aventurent dans une cueillette, une excursion en barque, une baignade. elles causent, et jouent, des jeux de rien : d'une boite d'allumettes, elles construisent Venise, d'une grosse vague, la grand mère sauve le palais de doges des eaux. Des dialogues, qui l'air de rien non plus chamboulent l'endroit des âges et font grandir.

Le livre est construit sur ces minuscules saynètes, des anecdotes dans le temps qui passe doucement, jusqu'au prochain été parfait et pareil au autres où l'on rangera dans la véranda les pots, dans la chambre d'amis, les cannes et les hameçons, et autres objets éparpillés,  et où seront laissées aux éventuels naufragés les consignes pour ouvrir la trappe de la cheminée. il y a les pétards mouillés des feux de la Saint Jean, la visite d'un voisin, un vieux bonhomme qui fuit sa famille, le jour de la grande tempête où Sophie (la petite fille)  s'est prise pour dieu par ennui et l'a bien regretté ensuite, les commandes du père sur les magasines de vente de fleurs par correspondance, des tulipes pour fleurir l'île, une véritable entreprise que la sécheresse manqua de faire capoter et qui seront sauvées avant le naufrage de la grande saucisse orange en plastique ...

Sophie s'ennuie parfois dans ce temps qui s'étire, colère, injuste, veut grandir, ne pas être là dans ce temps qui ne s'écoule pas alors que d'autres passent faire la fête sur la plage  ... La grand-mère regarde et tire de quelques mensonges consolateurs une leçon pour petite fille, apaise les peines d'amour : pourquoi son chat préféré ne l'aime pas ? Pourquoi plus on aime plus on souffre ? D'autres peines s'annoncent, en attendant elle protège, en fumant en cachette sa deuxième cigarette de la matinée, pose sa canne pour un bain de mer, arrose la pâquerette sauvage d'eau douce avant que la pluie ne tombe, au cas où ...

Un roman de pleine mer qui a la saveur, si douce des eaux calmes et tendres ... Merci à toutes celles qui m'ont tentée !

Une des tentatrices : luocine mais grace à elle j'en ai retrouvé une autre Hélène